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L’histoire pour le plaisir

Ahmet III

samedi 16 mai 2020, par ljallamion

Ahmet III (1673-1736)

23ème sultan de l’empire ottoman

Fils de Mehmed IV , Ahmet III succéda le 21 août 1703 à Moustafa II , son frère, qui venait d’être déposé par les janissaires.

Il donna asile à Charles XII de Suède, après la défaite de Poltava [1], battit Pierre le Grand sur le Prout [2] en 1711, et conquit la Morée [3] sur les Vénitiens, mais il fut vaincu par les Impériaux à Peterwaradin [4] en 1716, perdit Belgrade, et fut forcé de signer en 1718 avec l’Empire la paix de Passarowitz [5].

Le règne d’Ahmet III est marqué par une velléité de réforme. L’empire est en position défensive depuis la fin du 17ème siècle, son territoire se rétrécit [6] et sa démographie accuse un certain recul.

Le sultan sent donc bien que la réforme est nécessaire et c’est ainsi qu’il s’entoure d’un grand vizir à l’esprit réformateur, Nevşehirli Damat Ibrahim Pacha . La longévité politique de Damat Ibrahim est peu commune ; de fait, le sultan comprend que la réforme doit s’inscrire dans un processus de longue durée, d’où la nécessité que le grand vizir se maintienne dans ses fonctions.

Ahmet III favorise les contacts avec l’Occident et témoigne d’une véritable ouverture culturelle. La pénétration de la culture occidentale est décelable par les palais construits à la vénitienne en bordure du Bosphore.

L’esprit de réforme se heurte néanmoins à la réaction des janissaires [7], jaloux de leurs privilèges, et qui par mécontentement avaient déjà déposé Mehmet IV en 1687 et Mustapha II en 1703.

Le sultan succombe à la pression des janissaires emmenés par leur agha [8] Patrona Halil et doit abandonner son grand vizir, Damat Ibrahim, qui est alors exécuté.

Dépourvu de son principal appui, le sultan ne tarde pas à abdiquer. C’est ainsi que s’achève l’ère des tulipes [9] et que s’ouvre le règne de Mahmoud 1er . Ahmet III meurt 6 ans plus tard en prison, à 62 ans.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Ahmet III/ Portail de l’Empire ottoman/ Catégories : Empereur ottoman

Notes

[1] La bataille de Poltava (ou Pultawa) eut lieu le 8 juillet 1709 entre l’armée de Pierre 1er de Russie et les troupes de Charles XII de Suède avec l’appui des cosaques d’Ukraine du hetman Ivan Mazepa dans le cadre de la Grande guerre du Nord. La victoire russe décisive a fait perdre à la Suède son rang de grande puissance militaire.

[2] formant maintenant la ligne de frontière entre la Roumanie et la Moldavie

[3] Le despotat de Morée était une province de l’Empire byzantin, puis un État grec plus ou moins dépendant de cet Empire, État fondé au milieu du 14ème siècle dans la péninsule du Péloponnèse, ayant pour capitale la cité de Mistra près de l’ancienne Sparte. La taille de son territoire a varié au cours de son existence, mais a fini par inclure presque toute la péninsule. Le territoire était généralement dirigé par un ou plusieurs fils de l’empereur byzantin contemporain, voire à un membre de la famille impériale à qui on donnait le titre de despote.

[4] Petrovaradin est une ville et une municipalité urbaine de Serbie situées dans la province autonome de Voïvodine et sur le territoire de la Ville de Novi Sad, dans le district de Bačka méridionale. Le 5 août 1716, Petrovaradin fut le site d’une importante bataille dans laquelle le prince Eugène de Savoie vainquit les Ottomans commandés par le grand vizir Ali Coumourgi. Le Prince Eugène s’empara ensuite de Belgrade en 1717, obligeant les Turcs à signer le Traité de Passarowitz en juillet 1718. Pendant la période autrichienne, Petrovaradin fut rattachée à la Frontière militaire. En 1848-1849, au moment de l’insurrection serbe contre les Habsbourg, la ville fit partie de la Voïvodine de Serbie.

[5] La paix de Passarowitz du 21 juillet 1718 est le traité qui met fin à la guerre de 1714-1718 entre l’Empire ottoman et la république de Venise commencée en 1714. Le Saint Empire était intervenu aux côtés des Vénitiens en avril 1716. Le traité est signé dans la ville serbe de Požarevac (connue des historiens sous son nom allemand de Passarowitz) par Ibrahim Aga et Mehmed Aga, représentants du sultan ottoman Ahmed III, par le baron Damian Hugo von Virmont et le comte Talman, représentants de l’empereur Charles VI, par Carlo Ruzzini pour Venise et par le chevalier Robert Sutton et le comte de Collyer représentant la médiation de la Grande-Bretagne et de la Hollande. Quelques jours après, la république de Venise signe un traité avec les représentants du sultan.

[6] concessions territoriales suite aux traités de Karlowitz et de Passarowitz

[7] Les janissaires formaient un ordre militaire très puissant composé d’esclaves d’origine européenne et de confession chrétienne, ils constituaient l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane, à l’apogée de l’Empire ottoman. Les janissaires appartenaient à la classe des « esclaves de la Sublime Porte », qui occupait les postes les plus influents dans l’administration et l’armée. Ils ont commencé en tant que corps d’élite d’esclaves, composé de jeunes garçons chrétiens kidnappés qui ont été forcés de se convertir à islam, et sont devenus célèbres pour leur cohésion interne et leur discipline. Contrairement aux esclaves typiques, ils étaient régulièrement payés. Interdit de se marier ou de s’engager dans le commerce, on s’attendait à leur dévouement total au Sultan. Au 17ème siècle, en raison d’une augmentation spectaculaire de la taille de l’armée permanente ottomane, la politique de recrutement initialement stricte du corps a été assouplie. Le corps a été aboli par le sultan Mahmoud II en 1826 lors du Vaka-i Hayriye dans lequel 7 000 janissaires ont été massacrés à Constantinople, 120 000 dans tout le pays sur 140 000 janissaires.

[8] chef

[9] L’Ère des Tulipes ou Période des Tulipes (21 juillet 1718 - 28 septembre 1730) est une période de l’histoire ottomane qui débute avec le traité de Passarowitz et s’achève avec la rébellion de Patrona Halil. Relativement pacifique, cette période a vu le début de l’occidentalisation de l’Empire ottoman. Le nom de la période est issu de la mode des tulipes au sein de la cour ottomane. Cultiver cet emblème culturellement ambigu était devenu une pratique célébrée