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Lancelot Voisin de La Popelinière

samedi 9 mai 2020, par ljallamion

Lancelot Voisin de La Popelinière (vers 1541-1608)

Sieur de La Popelinière-Homme de guerre, historien et écrivain

Le Bas-Poitou est l'ancienne division du Poitou, correspondant à sa partie occidentale.Né à Sainte-Gemme-la-Plaine en Bas-Poitou [1]. Ses parents, Joachim Voisin, seigneur de La Popelinière et Marie Le Tourneur sont représentatifs de la petite noblesse bas poitevine naissante, enrichie par la carrière des armes et le négoce, puis par la gestion des fermes des abbayes de Moreilles [2] et de Saint-Michel-en-l’Herm [3], dans le Marais poitevin [4].

La Popelinière reçoit d’ailleurs sa première instruction de l’abbé de Moreilles, avant de fréquenter le Collège royal et plusieurs universités. Il étudie notamment à Poitiers [5] et à Toulouse, où il s’imprègne de l’humanisme du temps.

Converti au protestantisme à l’âge de 16 ans, il fait partie des étudiants qui se révoltent contre le Parlement de Toulouse [6] en 1562, au début de la guerre civile.

Il combattra dans les rangs huguenots pendant 15 ans, tout en se livrant, lors des moments de répit, à des études érudites en histoire.

Il prit part aux premières guerres civiles et, dans la 5ème guerre de Religion [7], celle de 1574/1576, commanda l’expédition des protestants contre l’île de Ré.

À partir de l’édit de Beaulieu [8], confirmant la paix d’Etigny-lès-Sens en mai 1576, il ne s’occupa que de travaux littéraires. Il devient l’ami de l’abbé de Saint-Michel-en-l’Herm. Sa modération et sa tolérance religieuse lui donnent un rôle de négociateur et de médiateur entre les partis opposés.

Il est connu notamment pour sa rédaction des T“rois Mondes et de L’Amiral de France sur la question coloniale”. La Popelinière est aussi l’auteur d’ouvrages importants sur l’histoire des guerres de Religion, à savoir “La Vraye et entière Histoire” [9], puis “L’Histoire de France” en 1581. En 1599 il fait paraître une œuvre fondamentale concernant l’écriture de l’histoire à son époque : il s’agit de “L’Histoire des Histoires”. L’Idée de l’histoire accomplie. Plus le dessein de l’histoire nouvelle des François.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Pascal Rambeaud, "La vie de Lancelot Voisin, sire de La Popelinière" dans La Popelinière, L’Histoire de France, éd. critique sous la dir. de Denise Turrel, Genève, Droz, 2011

Notes

[1] actuel département de la Vendée

[2] Moreilles est une commune française située dans le département de la Vendée.

[3] Saint-Michel-en-l’Herm est une commune du centre-ouest de la France, située dans le département de la Vendée en région Pays de la Loire.

[4] Le Marais poitevin est une région naturelle de France à cheval entre les départements de Vendée, des Deux-Sèvres et de Charente-Maritime.

[5] Poitiers est une commune du Centre-Ouest de la France, préfecture du département de la Vienne. Profitant de la faveur royale et de la présence de nombreux érudits parisiens exilés, Poitiers obtient la création d’une université en 1431. Elle compte 4 000 étudiants à la fin du 15ème siècle. Parmi la douzaine d’Universités ouvertes dans l’équivalent de la France actuelle, elle fut suffisamment renommée pour accueillir et former des esprits brillants tels que Descartes, François Rabelais, Joachim du Bellay ou Pierre Ronsard. La ville s’assoupit à la Renaissance. De fait, peu de changements ont lieu dans le tissu urbain, à part le percement de la rue de la Tranchée, et la construction de ponts qui remplacent les anciens gués. Quelques hôtels particuliers datent de cette époque : hôtels Jean-Baucé, Fumé, Berthelot, notamment. La ville tire sa prospérité essentiellement de ses fonctions administratives : justice royale, évêché, monastères, et l’intendance et le Bureau des finances de la généralité du Poitou.

[6] Le parlement de Toulouse fut mis en place à Toulouse en 1443 par Charles VII. Ce parlement est une cour de justice repris sur le modèle de celui de Paris, créé par Saint Louis pour juger en appel au nom du roi. Le parlement de Toulouse doit beaucoup à l’action menée par les états de Languedoc, qui depuis longtemps le réclamaient, au nom de l’éloignement du parlement de Paris et de la spécificité du droit méridional. Le parlement de Toulouse sera donc le premier du genre créé en province. Il étend au début son ressort du Rhône à l’Atlantique, des Pyrénées au Massif central, mais la création du Parlement de Bordeaux, en 1462, lui enlève la Guyenne, une partie de la Gascogne, les Landes, l’Agenais, le Béarn et le Périgord. Le 4 juin 1444, le nouveau parlement de Toulouse s’installe dans une salle du château narbonnais, mais sa rentrée solennelle n’a lieu que le 11 novembre suivant. Il traite des affaires civiles, criminelles et ecclésiastiques. Par lettre patente datée le 19 juillet 1474, le roi Louis XI ordonna que le Quercy ressorte désormais au parlement de Toulouse, à la suite de la fin de l’apanage de la Guyenne, à savoir la mort de Charles de France en 1472. Par ailleurs, cette lettre indique que le parlement devait se réfugier à Revel à cause de la peste : « Actum Revelli, in Parlamento, tertia die Septembris, anno Domini millesimo quadrigentesimo septuagesimo-quarto. ». En 1590, Henri IV crée un parlement rival de celui de Toulouse à Carcassonne, où se rendent les parlementaires qui lui sont fidèles.

[7] Cette guerre s’ouvre par le complot des Malcontents au printemps 1574. Depuis le renforcement du pouvoir royal et la faveur accordée par le roi aux radicaux du parti catholique, un mouvement de fronde naît au sein même de la cour et de la famille royale. L’opposition est menée par François d’Alençon, le propre frère du roi contre le gouvernement de Catherine de Médicis et les partisans de Henri d’Anjou alors roi de Pologne. Il a le soutien du clan des Montmorency, des monarchomaques et de tous les déçus de la monarchie.

[8] L’édit de Beaulieu, également connu sous le nom de paix de Loches, est signé à Beaulieu-lès-Loches par Henri III de France le 6 mai 1576. Il met fin à la cinquième guerre de religion en reconnaissant le culte protestant et en lui accordant de nombreuses garanties. Il est aussi appelé paix de Monsieur, le frère du roi, appelé Monsieur, en étant le principal bénéficiaire malgré sa trahison.

[9] qui connaît trois éditions revues et augmentées de 1571 à 1578-1579