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Appien d’Alexandrie

mercredi 29 avril 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 20 décembre 2014).

Appien d’Alexandrie (vers 90- ?)

Historien grec de l’époque romaine

l'Histoire romaine de Appien d'AlexandrieSa vie est très mal connue. Les sources sont la préface de “l’Histoire romaine” où l’auteur se présente en une phrase et une ou deux autres allusions autobiographiques dans l’ouvrage ; une lettre d’Appien à Fronton et la réponse de Fronton, une lettre de recommandation en latin de Fronton à l’empereur Antonin le Pieux, enfin “le codex 57” de la Bibliothèque du patriarche Photius, qui est consacré à l’ouvrage historique d’Appien.

Appien exerça la fonction de procurateur [1] jusqu’après l’avènement de Marc Aurèle.

Photius écrit qu’il fut florissant sous les règnes de Trajan et d’Hadrien, la mention du premier correspondant sans doute au début de la brillante carrière d’Appien à Alexandrie [2].

À la fin du “livre XXIV de l’Histoire romaine”, il évoque le fait qu’il dut fuir Alexandrie pendant la révolte des Juifs de 116/117 [3] pour se réfugier en Arabie Pétrée [4].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de P. Goukowsky, « Appien d’Alexandrie, prêtre de Rome sous Hadrien ? », CRAI, 142-3, 1998

Notes

[1] Dans la Rome antique le terme procurateur désigne au départ un personnage nommé par un autre pour s’occuper d’une tâche précise, mais l’usage le plus courant du terme, à partir d’Auguste désigne un fonctionnaire impérial choisi par l’empereur romain dans l’ordre équestre ou parmi ses anciens esclaves, on parle alors de procurateur affranchi.

[2] Alexandrie est une ville en Égypte. Elle fut fondée par Alexandre le Grand en -331 av. jc. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque, qui fonda sa notoriété. La ville d’Alexandrie est située à l’ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

[3] La guerre de Kitos ou révolte des exilés est une insurrection quasi-générale et simultanée des Juifs contre les Romains. Elle a lieu de 115 à 117, au cours des campagnes menées par Trajan contre l’Empire parthe. Naissant dans les cités à forte composante juive de l’Empire parthe, l’Adiabène et l’Osroène, la révolte s’étend aux cités du pourtour de la Méditerranée, en particulier Cyrène, Alexandrie et Chypre. Très peu de sources parlent de cette révolte en Judée et Galilée. Il s’agit d’une des révoltes les plus importantes de l’histoire de l’Empire romain et il faudra plus que le seul général Lucius Quietus pour la réprimer. Elle n’a cependant pas eu le même impact pour l’historiographie que la Grande révolte (66-73 de l’ère commune) ni que celle de Bar Kokhba (135). De nombreuses sources, y compris juives, l’ignorent totalement.

[4] La province romaine d’Arabie ou Arabie pétrée est créée en 106 par la conquête du royaume Nabatéen (dont la capitale est Pétra) qui fut un des derniers royaumes du Moyen-Orient sous protectorat romain. Débouché des caravanes venues du Sud arabique ou du golfe Persique, il occupait une région importante pour les liaisons stratégiques des Romains entre l’Égypte d’une part, la Judée et la Syrie d’autre part.