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L’histoire pour le plaisir

Pierre Guérin de Tencin

samedi 4 janvier 2014, par ljallamion

Pierre Guérin de Tencin (1679-1758)

Ambassadeur vers le Saint-siège de 1721 à 17 24 et de 1739 à 1742-Archevêque d’Embrun de 1724 à 1740)-Cardinal en 1739-Archevêque de Lyon en 1740-Ministre d’état en septembre 1742

Pierre-Paul Guérin cardinal de Tencin (1679-1758), archevêque de Lyon. Emplacement actuel, Trésor de la Primatiale de Lyon

Né à Grenoble. Petit fils de François Guerin qui acheta la charge anoblissante de conseiller au parlement de Grenoble. Son épouse, Justine du Faure, lui apporta la petite terre de peu d’importance appelée Tencin, qui faisait partie du domaine de Monteynard. François remplaça son patronyme par celui de cette terre et, juste avant sa mort en 1672, acheta pour faire bonne figure, en bordure des vignes de son domaine, un vieux castel sarrasin à demi ruiné appelé simplement le château de la Tour.

Son père Antoine Guérin devint conseiller au parlement de Grenoble puis premier président à Chambéry lors de l’occupation française. Il épousa Louise de Buffévent qui lui donna deux fils, dont Pierre-Paul Guérin de Tencin, et trois filles, dont l’une, Alexandrine, devint la fameuse dame de Tencin et une autre, Marie-Angélique, fut la mère d’Antoine de Feriol de Pont-de-Veyle et de Charles-Augustin de Ferriol d’Argental.

Après avoir étudié chez les Oratoriens à Grenoble puis, étant le fils cadet, Pierre-Paul dut suivre à Paris le séminaire oratorien de Saint-Magloire. Si ses connaissances générales n’étaient pas extraordinaires, ce fut néanmoins un bon latiniste et un excellent théologien.

En 1700, il suit le cardinal Le Camus, évêque de Grenoble, pour l’assister pendant la durée du conclave. Le Pape choisi, le cardinal Albani, se jugeant indigne de la charge, refuse. Ce sera le jeune de Tencin qui sera chargé de le faire changer d’avis. Il y réussira fort bien et le cardinal est finalement élu sous le nom de Clément XI. Louis XIV lui attribue l’abbaye de Vézelay, qui lui vaut 12’000 livres de revenus le 15 avril 1702.

L’archevêque de Sens, Mgr de La Hoguette, qui l’a pris en amitié, le nomme peu après archidiacre de sa cathédrale. Finalement il reçoit la prêtrise puis obtient un canonicat.

Il entra à la Sorbonne en 1702 À la Sorbonne, il remplit les fonctions de prieur et passe sa licence et obtint le doctorat en 1705. La même année, il devint député du clergé pour la province de Vienne, en qualité de chanoine prébendier du prieuré de La Mure, dans le diocèse de Grenoble.

En 1710, le diocèse de Sens le désigne pour siéger à l’assemblée du clergé, chargée de verser des sommes d’argent au roi qui en manquait cruellement. En effet la fin du règne de Louis XIV fut très sombre pour la France. Le pays ne connaissait que défaites et famines. Le vieux roi sollicita ainsi son clergé pour soulager les finances royales et ce dernier répondit favorablement.

Protégé de Dubois depuis 1714 et secondé par sa sœur qui ne déplaisait pas au cardinal, l’abbé de Tencin fut à l’origine de la conversion de Law au catholicisme le 17 septembre 1719. Il ne se contenta pas toutefois de ce rôle de convertisseur : il prit une part active au Système. Officiellement il ne fut chargé que de la gestion des aumônes gouvernementales. Ce qu’il fit avec compétence et autorité. Cependant, comme d’immenses fonds passaient par ses mains, le public de l’époque n’eut aucun doute sur les profits qu’il avait pu réaliser dès les débuts du système. Il passait également pour l’un des principaux conseillers de Law

En 1721, à un moment où l’opinion publique était très remontée contre lui, l’abbé de Tencin perdit définitivement un procès contre l’abbé Étienne de Veissières, au sujet d’une dépendance de l’abbaye de Vézelay, et acheva ainsi de se perdre aux yeux du monde qui ne vit plus en lui "qu’un abbé habile et fripon, capable de tout pour s’enrichir ".

Ce fut à nouveau le cardinal Dubois qui le remit en selle. Il l’envoie à Rome pour accompagner le Cardinal de Rohan en tant que son conclaviste, pour soutenir la candidature du cardinal Conti* (innocent XIII), contre l’octroi de la pourpre pour le ministre français Dubois. Il dû son avance rapide à sa soeur, Claudine Alexandrine Guérin de Tencin, maîtresse influente d’un salon célèbre.

La récompense ne tarde pas, il est nommé chargé des affaires du roi Louis XV à Rome le 6 novembre 1721.

Il est resté à Rome en tant que chargé d’affaires française jusqu’à Benoît XIII, avec qui il fut très influent et qui l’a consacré archevêque d’Embrun le 26 juin 1724.

Mais il est rappelé en France et envoyé dans son diocèse où il reste en disgrâce quelque quinze ans. Il présida le concile d’Embrun contre les jansénistes du 16 août au 28 septembre 1727 qui vit la condamnation de l’archevêque Jean Soanen.

Créé cardinal au titre cardinalice Santi Nereo e Achilleo le 23 février 1739 grâce à l’aide du Prétendant Stuart, il est reçu primat de Lyon le 24 septembre 1740, avec une pension de 366 000 livres par an. Le bordereau de ses aumônes quant à lui était d’environ 200 000 livres l’année.

Il est resté à Rome en tant qu’ambassadeur français jusqu’en 1742, quand il a pris la possession de l’archiépiscopal de Lyon, qu’il il avait hérité le 19 novembre 1740.

Le Roi Louis XV l’a nommé ministre d’état sans portefeuille en septembre 1742, siégeant au Conseil du Roi. Après la mort du premier ministre, à qui il a dû beaucoup de son avancement politique, son influence a commencé à diminuer. La mort de sa soeur, Madame Tencin, le 4 décembre 1749, lui enleva toute possibilité d’ambition politique, et en 1752 il se retira à Lyon.

Installé dans son diocèse, il résolut de s’y consacrer exclusivement, multipliant ses visites pastorales, s’occupant avec zèle des moindres détails de son administration, indifférent désormais aux querelles religieuses, aux événements politiques, laissant même tomber sa correspondance avec Benoît XIV qui ne devait guère lui survivre.

Il décède à Lyon en 1758.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Pierre-Paul Guérin de Tencin/ Portail du catholicisme/ Primat des Gaules