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François 1er face à la réforme

dimanche 31 mars 2013

François 1er face à la réforme

Mais ce roi, en dépit d’un concordat signé en 1516 avec le pape Léon X, concordat qui lui accorde le droit de désigner les évêques, commence à perdre un pouvoir, jusqu’alors incontesté, sur la conscience de ses sujets. Dès 1512, le Commentaire sur les épîtres de Saint Paul de Lefèvre d’Étaples assure que la doctrine du Christ est tout entière dans les Saintes Écritures. Il remet en cause les dogmes et affirme que nos œuvres ne sont rien sans la grâce. Il devient vicaire général de Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux, qui commence en 1516 d’épurer les mœurs des prêtres de son diocèse, de mettre fin à la concussion. La Sorbonne est exaspérée par les thèses des biblistes de Meaux. Mais les colères de Luther, qui a affiché ses 95 thèses sur les murs de l’église de Wittenberg en 1517, ses diatribes et ses invectives contre l’Église romaine sont autrement graves. Dès 1523, un autodafé de ses livres est ordonné. “On commence par brûler les livres, on finit par brûler les personnes !” Cette certitude d’Érasme de Rotterdam ne tarde pas à devenir une réalité. Mais dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, des placards protestants ayant pour titre "Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale" sont affichés dans tout Paris et certaines villes de province dont Amboise et Orléans et même jusqu’à la porte de la chambre du roi à Blois. Cet acte sacrilège est dirigé par un pasteur, Antoine de Marcourt, un pasteur protestant de Neuchâtel. Cette affaire fera changer d’avis le souverain à propos des protestants. Le roi de France avait jusque-là fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, n’hésitant pas à s’allier avec les protestants d’Allemagne et le sultan de Constantinople.

La réponse de François 1er vis-à-vis de ce parjure fait passer le message suivant à travers le pays : "200 écus versés à quiconque dénoncera les auteurs de l’attentat". Ces derniers ainsi que leur complices risquent le bûcher. Les prisons se remplissent très rapidement de prisonniers protestants. Le 7 novembre, 7 personnes sont condamnées. Le 15 novembre, 6 prisonniers sont brûlés. Au total, des dizaines d’hérétiques seront brûlés sur les bûchers et cela dans tout le royaume.

le 13 janvier 1535, un édit est pris contre les imprimeurs séditieux, rendant l’imprimerie hors-la-loi et ordonnant la fermeture des librairies. Le 21 janvier, le roi assiste à une grande procession expiatoire où les reliques sont mises en évidence : la couronne d’épines, une goutte de sang du Christ et une goutte de lait de la Vierge. Le souverain déclarera le soir même lors de son discours : "Si mon bras était infecté de telle pourriture, je le voudrais séparer de mon corps".

6 hérétiques seront brûlés devant le Parvis Notre Dame où le roi fera la déclaration suivante : "Je veux que ces erreurs soient chassées de mon royaume et ne veux excuser personne... Si mes enfants en étaient entachés, je voudrais moi-même les immoler".

Henri VIII, roi d’Angleterre excommunié en 1534 parce que le pape a refusé d’annuler son mariage, fait le choix de la Réforme comme d’autres en Suisse, aux Pays-Bas, comme les princes allemands de la ligue de Smalkalde. L’attitude politique contre les huguenots va éloigner les princes allemands du monarque français.

A la voix de Luther se joint celle de Jean Calvin qui a fait ses études à Paris, à Bourges et à Orléans. Au milieu de l’année 1535, les représailles commencent à se calmer. En effet, l’édit de Concy du 16 juillet 1535 suspend les poursuites en cours à la condition qu’ils jurent de vivre dorénavant en "bons et vrai chrétiens" et de renier leur religion, le protestantisme dans un délai maximum de 6 mois. Cet édit fait réagir très vivement Jean Calvin et le mouvement de Réforme se répand dans tout le pays. En dépit des bûchers, des massacres, des guerres, la vérité religieuse de la France ne sera plus jamais celle qu’espère le roi. L’Affaire des Placards est le signe de la fin de la "belle Renaissance" et de la tolérance religieuse.

C’est le 10 novembre 1555 que l’amiral français Nicolas Durant de Villegagnon relâche dans la baie de Guanabara, au Brésil. Il amène avec lui 600 colons. Après s’être battu en Méditerranée contre les Barbaresques et les Turcs, ce protestant de 45 ans reçoit du chef des protestants français, Gaspard de Coligny, la mission de créer une colonie en Amérique du sud. Le roi de France Henri II met une flotte à sa disposition. Dans la magnifique baie de Guanabara, le marin construit des établissements baptisés Fort-Coligny et Henryville. Il projette d’en faire la capitale d’une “France antarctique”. Mais 2 ans plus tard, l’amiral, revenu à la foi catholique, entame des disputes théologiques avec certains de ses anciens coreligionnaires. Il n’hésite pas à les faire périr et s’en justifie dans une lettre adressée au prédicateur protestant Jean Calvin.

En juillet 1559, le roi Henri II qui aimait les fêtes et les tournois, avait été blessé à l’œil par un éclat de bois en rompant des lances contre le comte de Montgomery. Ce tournoi avait été organisé à Paris, rue Saint-Antoine, à l’occasion de deux grands mariages, dont celui d’Élisabeth, fille du roi de France, avec Philippe II, roi d’Espagne. Les meilleurs chirurgiens furent requis pour soigner le souverain. Parmi eux l’illustre Ambroise Paré et le chirurgien attitré du roi d’Espagne, André Vésale. Des prisonniers se virent infligés une blessure de même nature que celle du roi pour guider les chirurgiens dans la voie du traitement. Mais cette cruauté ne suffit pas à sauver le roi. Le 10 juillet 1559, Henri II meurt après 10 jours de grandes souffrances. En mourant à 40 ans, le roi laisse trois fils qui lui succèderont à tour de rôle et une veuve, Catherine de Médicis, qui règnera comme régente, sans compter une maîtresse toujours aimée, la belle Diane de Poitiers, alors âgée de 60 ans. En 12 années de règne, Henri II avait mis fin aux guerres d’Italie par le traité du Cateau-Cambrésis, repris Calais aux Anglais et occupé Metz, Toul et Verdun. Mais il avait aussi préparé le terrain à de terribles guerres entre catholiques et protestants.

La Réforme est de plus en plus implantée en France, notamment chez les grands seigneurs. François II, jeune roi malade qui disparaît prématurément et Charles IX qui lui succède, et qui meurt jeune de la tuberculose, n’ont réussi à apaiser le pays. La tolérance qui existait auparavant laisse place à l’intransigeance des groupuscules qui s’arment. 8 guerres de religion vont se succéder. Catherine de Médicis, et son chancelier Michel de l’Hospital, tentent dans 3 édits une conciliation avec les réformés. En 1563 avec l’Édit d’Amboise, en 1568 avec l’Édit de Longjumeau et en 1570 avec l’Édit de Saint germain. Hélas elle ne réussit pas à rétablir la paix intérieure et son attitude se radicalise. Si l’amiral de Coligny, réformé, a une influence grandissante sur le roi, la famille des Guises conduit l’opposition catholique. En France, la violence est partout, son expression la plus tragique sera le massacre de la Saint Barthélemy le 24 août 1572.

En 1567 les Portugais détruisent ce qui reste des établissements établis dans la baie de Guanabara et ils fondent à la place la capitale du Brésil, Rio de Janeiro. L’expédition française laissera néanmoins des traces durables dans l’Histoire des mœurs. L’un de ses membres, le moine André Thévet, rentrera au pays avec une herbe inconnue dans ses bagages. Son nom le tabac.

En Août 1572, tandis que les noces de Henri de Navarre et de Marguerite de Valois, sœur du roi Charles IX, s’achèvent dans la confusion, la reine mère Catherine de Médicis se laisse convaincre d’en finir avec les protestants. Leur proportion est alors évaluée à 30% dans la population française et encore plus dans la noblesse. Pour la reine mère, le salut de la monarchie lui impose désormais de céder aux pressions du peuple. Celui-ci, majoritairement catholique et excité par la propagande des Guise, réclame la tête des protestants.

Le 22 août un coup d’arquebuse éclate rue des Fossés Saint Germain. L’amiral de Coligny, qui n’a cessé de voir son influence s’affirmer sur le jeune roi Charles IX, est blessé au bras. On retrouve l’arquebuse avec laquelle le coup de feu a été tiré. Elle appartient à un garde du corps de Monsieur. La colère du roi éclate. Les amis de Coligny n’en doutent pas, la reine mère Catherine de Médicis a commandité l’attentat. Elle ne tolère pas l’emprise que l’amiral, entré au conseil 1 an plus tôt, a pu prendre sur son fils Charles IX. Elle a laissé Henri de Guise venger la mort de son père François, assassiné par un huguenot 9 ans plus tôt. Elle a voulu croire que cette vengeance la disculperait. Mais craignant d’être découverte, elle rend visite à Coligny blessé, qu’Ambroise Paré vient de panser. Elle envoie Gondi, l’un de ses fidèles, exposer au roi les dangers qu’il court, les huguenots complotent d’attaquer le Louvre, d’enlever, de tuer le roi peut-être. Mais le roi apprend aussi que l’attentat manqué contre Coligny a été commandé par sa mère. On l’assure que c’est pour conjurer le complot huguenot. Catherine elle-même finit de convaincre son fils. Charles IX ordonne : “Tuez-les tous ! Mais tuez-les tous, pour qu’il n’en reste pas un pour me le reprocher”. La liste de ceux qui doivent mourir est dressée.

Henri de Navarre, qui vient quelques jours plus tôt d’épouser Marguerite de Valois doit être, comme Condé, épargné. Ils doivent revenir au catholicisme. Les portes de Paris sont fermées. Des bateaux enchaînés barrent la Seine.

Aux premières heures du 24 août, les cloches de Saint Germain l’Auxerrois sonnent, c’est le signal, la tuerie commence. Henri de Guise court chez Coligny avec quelques hommes d’armes. Besme fait face à l’amiral qui lance “Si c’était un homme du moins, c’est un goujat”. Le goujat le frappe. Le corps de l’amiral est défenestré. Un Suisse agrippe le huguenot Saint-Martin. “Hélas, qu’ai-je donc fait ? Si tu n’as rien fait cela doit te consoler, tu mourras innocent”. Il lui perce le cœur. Dans la nuit qui n’en finit pas, le maréchal de Tavannes hurle : “Saignez, saignez, la saignée est aussi bien au mois d’août qu’au mois de mai !” En quelques heures le massacre est consommé. Un bourgeois de passage à Paris note : “Il n’y avait point de ruelles de Paris quelque petite qu’elle fut où l’on en ait assassiné quelques uns. Le sang coulait dans les rues comme s’il avait beaucoup plu”. Nul ne sait combien il y a de morts. Le livre des sépultures de l’Hôtel de Ville de Paris n’en mentionne que 1 100. Dans les jours qui suivent, 10 000 huguenots encore sont tués en Province. Catherine de Médicis confie : “Il valait mieux que cela tombe sur eux que sur nous”. Et devant le parlement, elle déclare encore : “Tout ce qui est advenu dans Paris a été fait non seulement par mon propre consentement mais par mon commandement et de mon propre mouvement”. La paix civile ne reviendra que le 22 mars 1594, lorsque Henri IV entrera dans Paris.

Henri III tentera de pacifier le pays. Il signe la paix de Bergerac en 1577. Mais la mort du duc d’Anjou, successeur présumé, en 1584, pose le problème de désigner celui qui sera roi après Henri III. En effet ce dernier n’a pas d’héritier. Ainsi Henri de Navarre est-il le candidat ayant le lien parental le plus proche, mais il est protestant. En face de lui se trouvent les candidats catholiques Philippe II d’Espagne, le duc de Lorraine, Charles III et Henri de Guise.

Les États Généraux sont favorables à ce dernier mais il meurt assassiné, sur ordre du roi, le 23 décembre 1588. Avant de mourir, Catherine de Médicis demande et favorise la réconciliation entre Henri III et Henri de Navarre qui vont tous deux tenter de contrecarrer la résistance des ligueurs parisiens. Coup de théâtre, Henri III meurt, assassiné, le 1er août 1589. Ainsi s’éteint la dynastie des Valois qui a contribué, au travers de ses 13 rois, à former un état français doté d’un pouvoir royal fort qui fait de la France un pays puissant en Europe, et d’une unification de son territoire suite aux différents rattachements, influant une réelle conscience d’appartenir à une même communauté.

C’est en 1576 avec la signature de l’Édit de Beaulieu que la 1ère ligue est formée en Picardie. Des gouverneurs refusent de remettre leur ville aux protestants comme le prévoyait cet édit. Ce fut notamment le cas pour le gouverneur de la Picardie, Jacques d’Humières qui refuse de voir sa ville de Péronne dans les mains d’ Henri de Condé. Cet incident est suivi de près par les espagnols catholiques depuis les Pays-Bas tous proches. Avec les seigneurs des environs, Michel d’Estournel et Jacques d’Happlaincourt, le 5 juin 1576 il signe un texte. Plusieurs villes les rejoignent dans cette résistance Abbeville, Saint-Quentin, Beauvais, Corbie par exemple pour la Picardie. Très liée à la famille des Guise, cette ligue s’étend à tout le territoire français.

Le 2 décembre 1576, Henri III prend le commandement de cette ligue après avoir modifié des passages dans lesquels son autorité était affaiblie. En effet, dans un texte datant de novembre 1576, les ligueurs soumettaient le roi aux décisions des États Généraux. Dorénavant, il n’existe plus que la ligue officielle commandée par le roi. Les réformés obtiennent une liberté de conscience, mais pas de culte.

L’agitation qui avait gagné tout le pays se calme, par la force. En effet, les États généraux ayant refusé de financer la 6ème guerre de religion, Henri III finira par ne plus pouvoir en supporter le coût. A Bergerac est signée la paix le 14 septembre 1577, paix confirmée par l’Édit de Poitiers du 17 septembre 1577. Ce dernier accorde le droit de culte aux réformés dans les faubourgs des villes. Des places de sûreté leur sont attribuées et ce pour 6 ans. Enfin, les ligues et associations sont interdites. Cet édit, parait sévère pour les catholiques, mais permet un répit de 7 ans. Mais dans cette crise, l’autorité royale a été mise à mal.

En 1584, meurt le duc d’Alençon, prétendant au trône de France à la mort d’Henri III. La crise de sa succession est ouverte. En effet, Louise, femme d’Henri III est stérile. Le roi désigne alors Henri de Navarre comme successeur. Seulement, ce dernier refusant de renier le protestantisme soulève des oppositions. L’Espagne s’en mêle et le commandeur Moreo, envoyé par Philippe II, roi d’Espagne, négocie le traité de Joinville le 31 décembre 1584 qui marque le soutien de Philippe II et qui accepte de verser chaque mois 5000 écus à la Ligue. Ce traité désigne le cardinal Charles de Bourbon comme héritier du trône au décès d’Henri III, en sa qualité de plus proche parent catholique. En fait c’est un vieil homme manipulé par le duc de Guise qui peut alors mener son combat contre les réformés. Henri III sent cette forte détermination catholique et le confie à Villeroy le 14 août 1584 : "Villeroy, parleray-je librement ? Oui ; car c’est à un mien serviteur très-affectionné et obligé, et puis j’en seray soulagé pour le moings, en ayant deschargé mon coeur à personne qui n’en fera que ce qui est requis pour le bien de mon servyce [...] Or je sçay bien, ce me semble, ce qu’il faudra, mays je suis comme ceulx qui se voyent noyer et par obéissance sont plustôt comptens [contents] de l’estre que de se sauver [...]. Il faudra que tous prennent courage et se noyent en la barque avec moy et non à cest heure jouer à l’esbahy." Henri III n’ayant pas les moyens de lutter contre cette ligue catholique confie à sa mère, Catherine de Médicis, de négocier avec Henri de Guise. Ainsi est signé le traité de Nemours le 7 juillet 1585, véritable avancée des catholiques intransigeants.

Les réformés y perdent la liberté de conscience, Henri de Navarre perd ses prétentions à la succession du trône s’il reste protestant. Par ce traité, le roi accepte de financer la Sainte Ligue dans leur lutte contre les huguenots. Henri de Guise devient commandant des armées du roi. Les princes de la Ligue obtiennent des places importantes.

Durant cette période, une ligue se forme à Paris. Elle est d’origine roturière, composée de bourgeois, et non de nobles. Bien que se ralliant à la première ligue, cette dernière est beaucoup plus radicale. Dotée de sa propre milice, cette ligue a la maîtrise de la ville. Le noyau principal de cette ligue constitue une sorte de société secrète, avec ses réunions régulières, son serment qui lie tous les membres et son argent venant de dons et cotisations. Des personnes membres vont dans les autres régions de France et d’autres noyaux de cette ligue se forment en Touraine, Champagne, Bourgogne notamment.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire du 16ème siècle/ Le 16ème siècle en France (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)