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Andries Van Wesel dit André Vesale ou Vésale

lundi 18 février 2013

Andries Van Wesel dit André Vesale ou Vésale (1514-1564)

Anatomiste et médecin

Andries Van Wesel dit André Vesale ou Vésale Anatomiste et médecin

Il fut considéré par de nombreux historiens des sciences comme le plus grand anatomiste de la Renaissance, voire le plus grand de l’histoire de la médecine. Ses travaux, outre qu’ils ont fait entrer l’anatomie dans la modernité, mettront fin aux dogmes du galénisme qui bloquaient l’évolution scientifique depuis plus de 1000 ans aussi bien en Europe que dans le monde islamique. Il est l’auteur d’un des livres les plus novateurs sur l’Anatomie humaine, “De humani corporis fabrica”. Il est aussi un grand humaniste de son époque.

Il est né à Bruxelles, alors sous la dépendance du Saint Empire romain germanique, dans une famille de médecins. Sa maison située juste en face de la colline des exécutions, l’a amené à voir de nombreux cadavres et des squelettes nettoyés par les oiseaux durant son enfance. Ce fait a dû jouer un grand rôle dans sa vocation. Son grand-père, Everard van Wesel, fut le médecin particulier de Maximilien 1er, alors que son père, Andries van Wesel, a servi Maximilien comme apothicaire et fut, plus tard, le valet de chambre de son successeur Charles Quint. Andries encouragea son fils à poursuivre la tradition familiale, et l’inscrit chez les Frères de la vie commune à Bruxelles pour apprendre le grec et le latin selon la tradition de l’époque.

En 1528, il s’inscrit à l’Université de Louvain d’abord pour apprendre les arts puis la médecine en 1530 et, quand son père fut nommé valet de chambre du roi en 1532, il décida de poursuivre ses études à l ’Université de Paris, ville où il s’installa en 1533. Il étudia les théories de Claude Galien sous la direction de Jean Fernel et du grand Jacques Dubois, un des médecins les plus réputés de l’époque, mais également fervent partisan du galénisme. De fait celuis-ci fut le plus farouche adversaire de Vésale lorsqu’il publia ses œuvres. C’est à cette époque qu’est né l’intérêt de Vésale pour l’anatomie, et on l’a souvent vu examiner des os au Cimetière des Innocents.

La guerre entre la France et le Saint Empire l’obligea à s’exiler au bout de 3 ans. Après un court service dans l’armée impériale, il rentre à Louvain où il termine ses études sous la direction de Johannes Winter von Andernach et obtient son doctorat en 1537. Sa thèse, “Paraphrasis dans nonum librum Rhazae medici arabis clariss ad regem Almansorum de affectum singularum corporis partium curatione”, est un commentaire sur le neuvième livre de Rhazes. Il ne reste que peu de temps à Louvain avant de quitter la ville à cause d’un différend avec son professeur. Puis, après un bref séjour à Venise il se rend à l’Université de Padoue à Universitas aristarum, l’école de médecine la plus réputée d’Europe. Au bout de 2 jours d’examen, l’université lui offre un poste de lecteur en chirurgie, preuve de ses capacités. Il enseigne également la chirurgie et l’anatomie à l’Université de Bologne et à l’Université de Pise. Auparavant, ces matières étaient enseignées principalement par la lecture des textes classiques, de Galien surtout, suivie de dissections d’animaux par un chirurgien barbier dont le travail était dirigé par l’enseignant. Aucune expérience n’avait été réalisée pour actualiser les travaux de Galien, considérés comme des références irréfutables. Vésale, pour sa part, innova en utilisant la dissection comme principal outil d’enseignement, réalisant le travail lui-même, tandis que ses étudiants sont regroupés autour de la table. L’observation directe est devenue la seule source fiable de connaissance et cette révolution entraîne une rupture considérable avec la pratique médiévale.

Il conserve pour ses étudiants des dessins méticuleux réalisés au cours de son travail sous forme de six grands tableaux anatomiques illustrés. Quand il constate que certains d’entre eux ont été largement copiés, il les publie tous en 1538 sous le titre de “Tabulae Anatomicae sex”. Il poursuit son travail en 1539 avec une version actualisée du manuel anatomique de Galien, Institutiones Anatomicae. Lorsqu’il arrive à Paris, un de ses anciens professeurs publie une attaque contre cette version. En 1538, il publie également une lettre sur le prélèvement sanguin, ou la saignée et obtient du juge Mercantonio les cadavres des condamnés, et va même jusqu’à retarder leur exécution de façon à ce que les corps soient frais lorsqu’il en aurait besoin pour les disséquer. Il réalise un grand nombre de schémas anatomiques détaillés.

Dès lors, Vésale constate rapidement des erreurs dans les descriptions de Galien et comprend qu’elles s’appliquent au singe et non à l’homme. Il va entreprendre la rédaction d’un traité d’anatomie destiné à corriger les erreurs de l’Opera omnia de Galien. En 1540, il confirme son hypothèse en disséquant à Bologne le cadavre d’un singe et celui d’un homme et montre que l’appendice tel que le décrit Galien n’existe que chez le singe. Découragé par ces controverses, il continue pourtant à en susciter d’autres, cette fois non seulement sur les œuvres de Galien mais aussi sur celles de Mondino de Liuzzi et même d’Aristote.

En 1543, après 4 ans de travaux incessants, il publie ses découvertes à Bâle chez Jean Oporin dans “De humani corporis fabrica”, couramment appelé la Fabrica et dédiée à Charles Quint. Cette œuvre monumentale sur l’anatomie humaine, 7 volumes de 700 pages, illustrée notamment par des dessins d’un élève du Titien, Jan Van Calcar, est imprimée et riche en détails, mais surtout novatrice, car elle dénonce au moins 200 erreurs de Galien.

Bien que son travail n’ait pas été le premier à s’appuyer sur les constatations d’autopsie, ni même le premier ouvrage de cette époque, la valeur de sa production de planches très détaillées et complexes, et le fait que les artistes qui les ont réalisées avaient réellement assisté à la dissection en fait un instantané devenu classique. IL n’avait que 30 ans au moment où la première édition de la Fabrica fut publiée.

Dans ce travail, il devient aussi la première personne à décrire le mécanisme de la respiration ouvrant la voie à la réanimation.

Cette véritable bombe dans l’histoire de l’anatomie apparaît l’année même où Copernic publie son “De revolutionibus orbium coelestium” qui devait révolutionner l’astronomie en affirmant que la Terre n’occupait pas le centre de l’Univers.

Suite à la parution de La Fabrica, les déchaînements des galénistes l’écœurent, il fait une dernière démonstration publique à Padoue en décembre 1543. Puis, dans un accès de colère ou de lassitude, il brûle tous ses documents scientifiques, ses livres et ses travaux. Il abandonne sa chaire de professeur.

Peu de temps après la publication, on lui propose le poste honorifique de médecin impérial à la cour de Charles Quint. Il informe le Sénat de Venise qu’il quitte son poste à Padoue, ce qui incite Cosme 1er de Médicis, grand-duc de Toscane à l’inviter à venir développer l’université de Pise qui était alors en déclin. En 1544, il passe à Bologne, à Pise et il accepte de devenir le chirurgien de l’empereur Charles Quint puis de Philippe II d’Espagne. Dans ses fonctions à la cour, il doit affronter les moqueries des autres médecins qui le traitent avec le mépris dû à un barbier.

Il se marie avec la fille d’un notable bruxellois et pour le reste de sa vie, il devint le médecin des grands, il suit les déplacements de la cour, soigne les blessures de guerres ou de tournois, réalise des interventions chirurgicales et des autopsies, et écrit des lettres personnelles pour résoudre des problèmes particuliers sur des questions d’ordre médical. Avec Ambroise Paré Il fut même appelé au chevet du roi de France Henri II, blessé à l’œil par une lance lors d’un tournoi et qui devait décéder quelques jours plus tard.

En 1546, il publie ses recherches sur l’influence de la Racine de Chine contre la goutte dans un court texte intitulé “Radicis Chynae”. Il recommande l’usage de cette plante, avec autant de vigueur ainsi qu’il défendait auparavant ses découvertes en anatomie. Cela suscite une nouvelle série d’attaques contre son œuvre, qui fait alors l’objet d’une demande de condamnation auprès de l’empereur. En 1551, Charles V saisit une commission à Salamanque pour enquêter sur les implications religieuses de ses méthodes. Le travail de Vésale est autorisé par le conseil, mais les attaques se poursuivent.

Après l’abdication de Charles, il reste à la cour auprès de son fils Philippe II qui le tient en grande estime et le récompense par une pension à vie et fait de lui un comte palatin. En 1555, il publia une édition révisée de De Corporis.

En 1564 il se rend en pèlerinage en Terre Sainte. Il navigue avec la flotte vénitienne sous les ordres de James Malatesta par la route de Chypre. A son arrivée à Jérusalem, il reçoit un message du Sénat de Venise lui demandant à nouveau d’accepter le poste de professeur à Padoue, qui était devenu vacant à la suite de la mort de son ami et élève Gabriele Falloppio.

Lors du voyage de retour, après avoir lutté des jours durant contre un vent défavorable en Mer Ionienne, son bateau fait naufrage et Vésale finit par mourir d’épuisement sur les côtes de l’Île de Zante* le 15 octobre 1564 où il fut rejeté par les matelots.