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Naissance du calendrier actuel

dimanche 17 février 2013

Naissance du calendrier actuel

Naissance du calendrier actuel

Au 15ème siècle, après la réunification de la papauté, les papes ont commencé à considérer la nécessité d’une réforme de calendrier. Après plusieurs faux débats, une commission sous la conduite du Jésuite Christophe Clavius mathématicien et astronome est arrivé à une proposition.

Né en 1502 près de Loudun sous le nom de Hugues Bonnecompagne, monté sur le trône de Saint Pierre à 70 ans, le pape Grégoire XIII se rallie à l’avis des savants réunis en commission, notamment le médecin romain Aloisius Lilius, le jésuite Christophe Calvius de Bamberg, le théologien Vincenzo Laureo et le juriste Séraphin Olivier. Il décide le 24 février 1582 de supprimer désormais trois années bissextiles sur cent afin de mettre le calendrier en concordance avec l’année solaire par une opération dite métemptose ou équation solaire.

C’est ainsi qu’il attribue 365 jours, et non 366, à trois sur quatre des années qui inaugurent les siècles. De la sorte, les années 1700, 1800 et 1900 ont été privées du 29 février mais l’année 2000 l’a conservé. Cette modeste réforme ramène à 25,9 secondes l’écart avec l’année solaire. Par ailleurs, le pape décide de rattraper les 10 jours de retard depuis la réforme de Jules César. Le rattrapage se produit dans la nuit du 4 au 15 octobre de la même année. Seuls les États acquis à la Contre-réforme catholique adoptent le calendrier du pape. Ce sont les états pontificaux, l’Espagne et le Portugal. La France y vient deux mois plus tard, dans la nuit du 9 au 20 décembre 1582, l’Allemagne du sud et l’Autriche en 1584, la Prusse en 1610, l’Allemagne du nord en 1700, la Grande-Bretagne en 1752, le Japon en 1911, la Russie en 1918 et la Grèce en 1923.

La construction d’un calendrier qui incorpore les mouvements du soleil et de la lune n’a pas été une affaire simple. Diverses solutions ont été essayées. Le calendrier égyptien était peut-être la solution la plus simple. En effet, l’année était composée de douze mois de 30 jours chacun, et 5 jours étaient ajoutés à l’extrémité pour corrigé une erreur d’environ 1/4 jour par an. La date commençante de l’année suivante étant progressivement dérivé en avant en ce qui concerne les saisons et ceci jusqu’en 1460. La plupart des cultures dans le proche Orient antique étaient fondées sur un calendrier dans lequel les mois avaient des durées alternatives de 29 et 30 jours à laquelle était ajouté un mois chaque troisième année. En Israël antique un mois supplémentaire de 29 jours était ajouté chaque troisième année après le sixième mois “Adar”. Mais ces 29 jours ne compensaient pas entièrement le déficit. Donc en quelques années 2 mois supplémentaires ont dû être ajoutés. Dans les villes de Grèce des mois ont été ajoutés suivant la nécessité. Mais aucun des systèmes ce sont conformés à l’intercalation et celle-ci n’a jamais été développé. Le système le plus sophistiqué pour maintenir les mouvements du soleil et de la lune dans un calendrier simple a été développé en Mésopotamie. Celui-ci comprenait 19 années solaires soit 6939 3/4 de jours. Pour arriver à 6940 jours en 19 ans, 110 mois de 29 jours et 125 mois de 30 jours ont été mis en place à compter de 499 avant JC.

Le calendrier julien a été naturellement adopté par le successeur de l’empire romain, et dans l’Europe chrétienne. C’est vers 700 qu’il est devenu usuel de compter les années du point de départ de la naissance du Christ. En développant leur propre calendrier au 4ème siècle, les chrétiens ont mis Pâques le premier dimanche après la première pleine lune suivant l’équinoxe de printemps. La plupart des autres observances chrétiennes sont en arrière ou vers l’avant à compté de la date de Pâques.

Une œuvre qui va transformer le monde

Le 24 mai 1543, un chanoine inconnu de 70 ans rend l’âme à Frauenburg (aujourd’hui Frombork), une petite ville des bords de la Vistule. Son œuvre va transformer le monde.

Nicolas Copernic est né en Pologne, sous la dynastie des Jagellon, quand ce pays était à son apogée et rivalisait avec les États d’Europe occidentale. Après des études dans la prestigieuse université de Cracovie, il devient chanoine à Frauenburg, ce qui ne l’empêche pas de parcourir l’Europe. En véritable érudit de la Renaissance, Copernic se montre ouvert à tous les domaines de la connaissance.

Il est à la fois théologien, médecin, mathématicien, économiste et bien sûr astronome. Il a étudié cette science à Bologne, en Italie. Il rédige un traité notable sur la monnaie et intervient dans les affaires politiques de son temps, notamment dans la lutte contre les Chevaliers teutoniques. C’est à la demande du pape, désireux de réformer le calendrier, qu’il se lance dans l’étude des planètes et du soleil. Copernic s’interroge sur la cosmologie de Claude Ptolémée, un géographe grec qui a vécu au 2ème siècle de notre ère. “L’Almageste”, son traité fondamental, écrit vers 141, passait jusqu’à la Renaissance pour la vérité établie. Il situait la Terre au centre de l’univers, le Soleil et les planètes décrivant de façon complexe différents cercles autour d’elle.

Le savant polonais découvre des incohérences dans cette conception et en conclut que le Soleil, et non la Terre, est au centre du système. C’est se mettre en contradiction avec la doctrine traditionnelle de l’Église qui situe l’Homme, et donc la Terre, au centre de l’univers. Craignant à juste titre les foudres de Rome et de Wittenberg, centre du luthérianisme, alors en plein essor, Copernic attend l’approche de sa mort pour publier le fruit de ses travaux dans un traité écrit en latin, la langue internationale de la Renaissance, “De revolutionibus orbium coelestium libri sex”. Il n’oublie pas une belle dédicace au pape Paul III pour revendiquer le droit à la liberté d’expression.

Quoique très imparfait sur le plan scientifique et dans sa conception d’un univers héliocentrique, organisé autour du Soleil, son traité s’impose très vite par son évidence. Nicolas Copernic libère les savants de leurs préjugés théologiques... A l’inverse, il conduit les théologiens à se méfier d’une interprétation trop littérale des textes sacrés. La recherche scientifique s’émancipe de la théologie, l’une et l’autre se déployant désormais dans des champs distincts.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire du 16ème siècle/ Le 16ème siècle en France (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)