Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Nabonide

dimanche 14 août 2022, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 22 janvier 2013).

Nabonide

Gouverneur de Babylone

Agé de 60 ans, il est porté au pouvoir en 556 av. jc par le parti des prêtres conjurés, vraisemblablement favorables au dieu Sîn Nanna après la mise à mort du roi légitime Labâshi-Marduk , fils de Nériglissar .

Très religieux, il est le fils d’un gouverneur sans doute araméen et d’une prêtresse du sanctuaire de Sîn à Harran [1], Adad-guppi.

Au début de son règne, il semble poursuivre les anciennes traditions. Il se rend dans le sud pour régler des problèmes administratifs et mène plusieurs expéditions dans le Levant.

À la suite d’un songe reçu en 556 av. jc qui lui annonçait l’avenir, et en opposition avec le clergé de Marduk , Nabonide décide de reconstruire le temple de Sîn à Harran. Il sollicite l’aide de Cyrus II le Grand, roi d’Anshan [2], contre les Mèdes [3] pour prendre la ville. Cyrus accepte. Son suzerain et grand-père Astyage, roi des Mèdes, a vent du complot et le convoque à Ecbatane [4]. Cyrus refuse, ce qui provoque une guerre qui se terminera par la victoire des Perses [5] en 550 av. jc.

Des troubles aggravés sans doute par une mauvaise situation économique éclatent alors en Babylonie [6] et dans les villes méridionales. Nabonide installe son fils Balthazar sur le trône de Babylone et s’en va alors dans l’oasis de Taima [7] dans le Hedjaz [8], qu’il conquiert dès 552 av. jc, ainsi que toute une série de villes. Il reste 10 ans en Arabie, en empêchant par son absence la grande fête du Nouvel An à Babylone, sans que l’on en donne d’explication satisfaisante.

En 539 av. jc, il quitte l’Arabie pour inaugurer le grand temple de Sîn à Harran, puis retourne à Babylone à la veille de l’action de Cyrus contre la capitale.

Nabonide ne semble pas avoir compris le danger qui menace l’empire. Toute son action paraît en décalage complet avec la situation. Pour affermir son pouvoir spirituel, il fait transporter à Babylone toutes les images des dieux de la Mésopotamie du Sud. Les populations sont démoralisées.

Cyrus II prend Babylone, sans combats, un jour de fête le 23 octobre 539 av. jc. Il tue le gouverneur Balthazar, emprisonne Nabonide, et se pose en libérateur, faisant reconnaître son fils Cambyse II comme roi par la volonté de Marduk sans annexer le pays par la force.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia/ Portail du Proche-Orient ancien/ Souverain de Babylone

Notes

[1] Harran (Carrhae en latin, ou Carrhes en français) est une ville et un district de Turquie, au sud-est de la Turquie actuelle, au croisement des routes de Damas, de Karkemich et de Ninive. C’est également un site archéologique : on peut y voir les murailles de la cité antique, longues de cinq kilomètres, et d’importants vestiges médiévaux tels que le château et l’Ulu Camii, une grande mosquée du 8ème siècle. De nos jours, subsistent seulement deux villages aux constructions typiques de pierre et d’argile crue surmontées de coupoles en forme de ruche, tandis qu’un habitat moderne se développe aux abords du site archéologique.

[2] Anshan, Anzan ou Anšan est l’ancienne capitale du royaume élamite durant les périodes haute et moyenne de celui-ci, puis la première capitale des rois perses achéménides. Elle correspond à l’actuel site de Tell-e Malyân, qui se trouve en Iran, dans la province du Fars (anciennement Pars, du temps de la basse antiquité), près de la ville de Shiraz. Anshan est occupée dès le 6ème millénaire av. jc.. Elle devient à la période proto-élamite (fin du 4ème millénaire av. jc) une des principales agglomérations du pays élamite, grâce à sa situation sur des routes commerciales de première importance. Entre 2400 et 2000, les rois d’Anshan sont à la tête de royaumes puissants, et se heurtent à l’expansionnisme des Mésopotamiens (rois d’Akkad et d’Ur). Les souverains du royaume de Simashki dominent le royaume élamite au 21ème siècle av. jc, et font d’Anshân une des villes principales de l’Élam.

[3] Les Mèdes étaient un ancien peuple iranien qui vivait dans une région du nord-ouest de l’Iran. Aux alentours de 1100 à 1000 av. jc, ils occupaient la région montagneuse du nord-ouest de l’Iran et la région nord-est et orientale de la Mésopotamie située dans la région de Hamadan (Ecbatane). On pense que leur émergence en Iran s’est produite entre 800 av. jc et 700 av. jc. Au 7ème siècle av. jc, tout l’ouest de l’Iran et certains autres territoires étaient sous domination mède, mais leur extension géographique précise reste inconnue. Bien qu’une place importante dans l’histoire du Moyen-Orient antique lui soit généralement reconnue, ce peuple n’a laissé aucune source textuelle permettant de reconstituer son histoire.

[4] Ecbatane est une ville de l’Antiquité, identifiée sur le site de l’actuelle d’Hamadan au pied du mont Oronte, au sud-ouest de la mer Caspienne et au nord-est de Babylone. Ecbatane devient la capitale des Mèdes à la fin du 8ème siècle av. jc sous le règne du fondateur de l’empire mède Déjocès. Elle le restera jusqu’à la prise de la ville, en 549, par le roi perse Cyrus II le Grand qui mettait fin au règne du dernier roi mède, Astyage. Les souverains achéménides garderont la ville comme capitale d’été.

[5] La Perse désigne le territoire gouverné par les rois achéménides. L’apogée de la Perse antique est représentée par la dynastie achéménide, dont les conquérants Darius 1er et Xerxès 1er ont étendu le territoire allant jusqu’en Inde. Convoitée, cette région sera ensuite conquise par Alexandre le Grand au 4ème siècle av. jc, par les Parthes dans la seconde moitié du 3ème siècle av. jc, par les troupes musulmanes au 7ème siècle, par Gengis Khan au 13ème siècle, par Tamerlan au 14ème siècle.

[6] Le royaume de Babylone s’est épanoui en Mésopotamie du sud du début du 2ème millénaire avant jc jusqu’en 539 av. jc, date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Cet État s’affirme à partir de la cité de Babylone dans le courant du 18ème siècle av. jc, sous l’impulsion du plus grand roi de sa première dynastie, Hammurabi. Après son pillage par les Hittites en 1595 av jc, Babylone passe sous l’autorité d’une dynastie d’origine kassite qui stabilise ce royaume pendant plus de quatre siècles. Cette période marque le début de la rivalité avec le royaume voisin situé au nord, l’Assyrie, qui marque les siècles suivants. Après plusieurs siècles d’instabilité entre 1100 et 800 av. jc, la Babylonie passe sous la coupe de l’Assyrie pendant plus un siècle (728-626 av. jc), avant d’initier une réaction qui aboutit à la destruction de l’Assyrie et à la formation de l’empire néo-babylonien (626-539 av. jc) par Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Cette dernière phase de l’histoire du royaume de Babylone est brève, s’achevant en 539 av. jc par sa conquête par le roi perse Cyrus II. Dès lors, Babylone n’est plus dominée par une dynastie d’origine autochtone : aux Perses Achéménides (539-331 av. jc) succèdent les Grecs Séleucides (311-141 av. jc), puis les Parthes Arsacides (141 av. jc-224 ap. jc). La Babylonie conserve néanmoins sa prospérité jusqu’aux débuts de notre ère, tandis que sa culture millénaire s’éteint lentement.

[7] Tayma est une oasis ayant une longue histoire, située dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite, à 264 km au sud-est de Tabuk, et à 400 km au nord de Médine, sur la route de l’encens.

[8] Le Hedjaz est une région du nord-ouest de l’actuelle Arabie saoudite. Sa principale ville est Djeddah, mais la cité la plus connue est La Mecque, ainsi que Médine. Cette région fut contrôlée tour à tour durant la majeure partie de son histoire par les puissances régionales, l’Égypte ou l’Empire ottoman. Elle fut néanmoins brièvement indépendante au début du 20ème siècle, lorsqu’elle se souleva contre l’Empire ottoman lors d’une rébellion encouragée par Lawrence d’Arabie durant la Première Guerre mondiale. Husseyn ibn Ali, chérif de la Mecque, proclama son indépendance en 1916. En 1924-1925, l’autorité du chérif fut renversée par les ibn Saoud, régnant sur la nation voisine du Nejd. Cette annexion permit la création de l’Arabie saoudite moderne en 1932.