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François Joseph Le Clerc du Tremblay dit le Père Joseph

lundi 7 janvier 2013

François Joseph Le Clerc du Tremblay dit le Père Joseph (1577-1638)

Capucin et homme politique

François Joseph Le Clerc du Tremblay dit le Père Joseph Capucin et homme politique

Fils d’un président au parlement qui fut ambassadeur à Venise, et de Marie de La Fayette, son père lui fait donner une éducation exceptionnelle. Il apprend le latin, le grec, l’hébreu, parle couramment cinq langues vivantes.

Après ses études, il voyage en Italie. Il embrassa d’abord la carrière des armes, vécut à la cour. En 1599, il entre comme novice chez les capucins à Orléans. Cinq ans plus tard il est ordonné prêtre. Il prêcha avec succès des missions dans diverses provinces françaises, s’employa à la conversion des protestants, fonda à Poitiers les bénédictines réformées du calvaire et devint provincial de Touraine en 1611. Il fit aussi un séjour en Italie pour y prêcher la croisade contre les Turcs et fut nommé préfet des missions en 1625.

Conseiller de la reine Marie de Médicis, il se lia en 1616 avec Richelieu et devint à partir de 1624 son collaborateur intime, ce qui lui valut son surnom d’Eminence grise. Il se consacra surtout à la politique étrangère et travailla à affaiblir les Habsbourg. Il négocia l’alliance de la France avec le roi de Suède, Gustave Adolphe et à la diète de Ratisbonne à l’automne 1630, il intrigua avec succès pour envenimer les rapports entre les Electeurs catholiques et l’empereur. Sans aucune fonction officielle, il influença profondément la politique de son temps.

Richelieu demandera pour celui qui est l’un de ses outils essentiels dans sa lutte contre les Habsbourgs d’Autriche le chapeau de cardinal. Mais celui-ci meurt sans l’avoir reçu.

Quelques jours avant son décès, et malgré de sérieuses alertes, il répondit à des lettres qu’il avait reçues des missionnaires d’Orient et dicta au Père Ange plusieurs instructions pour eux. Puis il tint une longue conférence avec les cardinaux de Richelieu et Brichi, ensuite il se retira dans sa chambre et dicta à son compagnon une lettre circulaire pour toutes les maisons de la congrégation du Calvaire. Il tomba une seconde fois dans une apoplexie qui lui laissa en moins d’une heure la moitié du corps sans mouvement. Il fit plusieurs efforts pour parler sans qu’on pût entendre un seul mot de ce qu’il voulait dire. Le jour suivant, dès le matin, le confesseur des Filles du Calvaire du Marais arriva, puis le Père Provincial et le Père gardien du couvent de la rue Saint-honoré arrivèrent une heure après. Le Père Général lui demanda en italien s’il le connaissait ? Il serra la main pour réponse. Le général ajouta que pour recevoir l’absolution et les indulgences plénières il fallait donner des signes de pénitence. Le Père Joseph frappa sa poitrine plusieurs fois, fit le signe de la croix, répandit des larmes et reçut dans cet état l’absolution et l’indulgence plénière selon les privilèges de l’Ordre. Il décéda le 18 décembre 1638, à 11 heures du matin, âgé de 61 ans, après en avoir passé 40 dans l’ordre de Saint-François. Sitôt que le Père Joseph fut mort, le cardinal de Richelieu qui voulait qu’on lui rendît les mêmes honneurs qu’à un cardinal, fit porter son corps, dans un carrosse à 6 chevaux, accompagné de toute sa maison, jusqu’au couvent de la rue Saint-honoré.