Jehan de Tabourot dit Thoinot Arbeau (1519-1595)
Chorégraphe français

Né à Dijon [1], il appartenait à une famille bien connue en Bourgogne d’écrivains et d’architectes. Il était le 5ème enfant d’un grenetier à sel, devenu auditeur ordinaire à la chambre des comptes de la région, qui avait des talents d’architecte. Son oncle Jean Pignard était compositeur et avait été maître de musique de la cathédrale de Langres [2]. Comme il était doyen de Saint-Mammès de Langres, il a pu attirer dans sa ville son jeune neveu, une fois achevée ses études à Dijon, puis à Poitiers [3]. Jehan de Tabourot devint chanoine de la cathédrale en 1547, puis chanoine trésorier de Bar-sur-Aube [4] en 1565, official et chantre du diocèse [5] en 1567. Cette dernière charge faisait de lui une sorte d’inspecteur des écoles de tout le diocèse. Il travailla en 1565 comme député par la chambre diocésaine de Langres à la révision de la Coutume de Sens. On fit aussi appel à lui pour restaurer la cathédrale, en partie détruite par la foudre en 1562. Ces différentes fonctions, jointes à des prébendes dont on l’aurait gratifié, laissent à supposer qu’il a bénéficié de hautes protections, en premier lieu celle du cardinal Claude de Longwy de Givry , évêque de Langres et l’un des plus grands mécènes de la région.
En 1582 Tabourot publiait un "calendrier des bergers", puis en 1588 un "compot et manuel kalendrier " beaucoup plus important. Il s’agissait déjà d’une instruction en forme de dialogue entre un maître, portant le nom anagrammatique de Thoinot Arbeau, et un élève. Il publia en 1588 “l’Orchésographie”, traité sous forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre à pratiquer l’honnête exercice de danses dans lequel il décrit les pas et les figures de 50 danses de l’époque. Basse danse, allemande, moresque, pavane, etc., avec de nombreuses illustrations et des exemples musicaux.
Il décède à Langres [6] en 1595.
Notes
[1] Dijon est une commune française, préfecture du département de la Côte-d’Or. Elle se situe entre le bassin parisien et le sillon rhodanien, sur l’axe Paris-Lyon-Méditerranée, à 310 kilomètres au sud-est de Paris et 190 kilomètres au nord de Lyon. Capitale historique du duché de Bourgogne, ville aux cent clochers sous l’Ancien Régime, héritière d’un riche patrimoine historique et architectural, Dijon est une cité touristique dont l’attrait est renforcé par la réputation gastronomique de la région. Le parlement de Bourgogne, transféré de l’Hôtel des ducs de Bourgogne de Beaune à Dijon, fait de la cité une ville parlementaire, où la noblesse de robe édifie des hôtels particuliers. Dijon subit des troubles religieux, de 1530 à 1595. Après la Contre-réforme, de nouvelles églises et chapelles de monastères sont construites.
[2] La cathédrale Saint-Mammès est une cathédrale catholique romaine située à Langres, dans le département champenois de la Haute-Marne, en France. Elle est édifiée entre 1150 et 1196 au centre du quartier canonial. Elle est dédiée à saint Mammès, martyr de Cappadoce au 3ème siècle. Son style conjugue harmonieusement les volumes romans bourguignons et gothiques avec ses voûtes d’ogives, sa façade occidentale reconstruite au 18ème siècle se distinguant par son style classique.
[3] Poitiers est une commune du Centre-Ouest de la France, chef-lieu (préfecture) du département de la Vienne. Capitale de la région culturelle et historique du Poitou. Au 14ème siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II le Bon, le duc de Berry. Il embellit le palais médiéval des comtes de Poitiers, en y aménageant notamment le donjon. De même il embellit l’ancien château triangulaire, visible dans le manuscrit des Très Riches Heures, au mois de juillet. En 1385 il fait construire un des premiers beffrois, le « gros horloge », aujourd’hui disparu. En 1360, à la suite du traité de Brétigny, la ville, comme tout le Poitou, passe aux mains des Anglais. Du 22 au 25 septembre 1361, John Chandos, lieutenant du roi Édouard III d’Angleterre et connétable d’Aquitaine, chargé d’appliquer le traité dans les provinces cédées à l’Angleterre, prend possession de la ville et de son château. Le maire Jehan Barré lui en remet les clefs. Jean Chandos les lui rend, puis il reçoit les serments de fidélité au roi d’Angleterre des principales personnalités de la ville. Il met en place une nouvelle administration de la province, sous l’autorité de Guillaume de Felynton, chevalier anglais, comme sénéchal du Poitou. Le 7 août 1372, grâce à quelques bourgeois infiltrés dans la ville, du Guesclin se fait ouvrir les portes de Poitiers et reprend la ville aux Anglais par surprise. Pour consolider cette conquête militaire, Charles V par son édit de décembre 1372 accorde la noblesse au 1er degré aux maires de Poitiers. Poitiers est alors la première ville du royaume de France où une dignité devient anoblissante. Les maires étaient élus pour deux ans. Dans les premiers maires ayant été élevés à cette dignité, il est à noter que Guillaume Taveau le fut à plusieurs reprises entre 1388 et 1414. En épousant Sibille de Saint-Martin, Il devint baron de Morthemer. Cette famille est l’une des plus anciennes du comté. Cette baronnie a eu un rôle important dans l’histoire du Poitou. Sa descendance a œuvré aux côtés des rois de France jusqu’à la Révolution
[4] Bar-sur-Aube est une commune française, sous-préfecture du département de l’Aube
[5] Le diocèse de Langres est une église particulière de l’Église catholique en France. Érigé au 4ème siècle, il est un des diocèses historiques de Champagne et de Bourgogne. Entre 1790 et 1801, Langres fut le siège épiscopal du diocèse du département de la Haute-Marne, un des 83 diocèses de l’Église constitutionnelle créés par la constitution civile du clergé. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822. Depuis, il couvre le département de la Haute-Marne. L’évêché de Langres (Haute-Marne) a vu son siège transféré à Chaumont et son nom modifié en diocèse de Langres
[6] Langres est une commune française du département de la Haute-Marne, dont elle est l’une des deux sous-préfectures. Langres a donné son nom à une région traditionnelle qui avait le titre de comté et une coutume particulière à celle de Sens (le Pays de Langres), ainsi qu’à un diocèse dont le titulaire avait depuis le 12ème siècle le titre de duc et pair de France.