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L’histoire pour le plaisir

Pierre Certon

jeudi 4 novembre 2021, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 9 novembre 2012).

Pierre Certon (1510-1572)

Compositeur français

Clericus matutinorum [1] à Notre-Dame de Paris [2] en 1529, chantre à la Sainte-Chapelle [3] en 1532 où il devient maître des jeunes choristes vers 1542.

Il est nommé chapelain perpétuel en 1548, et, en 1560, il reçoit une prébende canoniale à Notre-Dame de Melun [4]. C’est un ami de Claudin de Sermisy, de Pierre Attaingnant l’éditeur et de Thomas Champion l’organiste du roi. En 1552, son Premier Livre, “recueil de 16 chansons strophiques” de style vertical semble indiquer un changement des rapports entre la poésie et la musique.

La même année, il écrit deux chansons pour le supplément musical des Amours de Ronsard, qui en contient 8. Malgré l’inimitié publique entre Ronsard et Mellin de Saint-Gelais, Certon publie, toujours en 1552, 7 textes de Mellin de Saint-Gelais mis en musique de façon strophique dans son Premier Livre de 1552.

De 1552 à 1558, il écrit surtout des messes et des motets [5]. Le 10 janvier 1570, il fait publier chez Nicolas Du Chemin un dernier recueil, “les Meslanges”, dédié à son protecteur et ami le seigneur de Villeroy, et meurt 2 ans plus tard, le 23 février 1572. Il est célèbre par ses chansons courtoises polyphoniques.

Ses travaux ont contribué sensiblement à la transformation stylistique de la chanson du 16ème siècle.

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P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Isabelle Handy, Musiciens au temps des derniers Valois (1547-1589). Paris : Honoré Champion éditeur, 2008.

Notes

[1] clerc de matines

[2] La cathédrale Notre-Dame de Paris, communément appelée Notre-Dame, est l’un des monuments les plus emblématiques de Paris et de la France. Elle est située sur l’île de la Cité et est un lieu de culte catholique, siège de l’archidiocèse de Paris, dédiée à la Vierge Marie. Commencée sous l’impulsion de l’évêque Maurice de Sully, sa construction s’étend sur plus de 2 siècles, de 1163 au milieu du 14ème siècle.

[3] La Sainte-Chapelle, dite aussi Sainte-Chapelle du Palais, est une chapelle palatine édifiée sur l’île de la Cité, à Paris, à la demande de saint Louis afin d’abriter la Sainte Couronne d’épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion qu’il avait acquises à partir de 1239. Elle est la première construite des Saintes chapelles, conçue comme une vaste châsse presque entièrement vitrée, et se distingue par l’élégance et la hardiesse de son architecture, qui se manifeste dans une élévation importante et la suppression quasi totale des murs au niveau des fenêtres de la chapelle haute. Bien qu’édifiée dans un bref délai ne dépassant pas sept ans, l’on n’a pas relevé de défauts de construction, et la décoration n’a pas été négligée. Elle fait notamment appel à la sculpture, la peinture et l’art du vitrail : ce sont ses immenses vitraux historiés d’origine qui font aujourd’hui la richesse de la Sainte-Chapelle, car elle a été privée de ses reliques à la Révolution française, et perdu ainsi sa principale raison d’être. Desservie par un collège de chanoines jusqu’en 1787, la Sainte-Chapelle a été fermée au culte vers 1790, puis vidée de tout son contenu et détournée en siège du Club de la Sainte-Chapelle. En 1797, elle est transformée en dépôt d’archives du palais de justice, et l’expansion de celui-ci menace son existence même. Son sauvetage est décidé en 1836 sous la pression de l’opinion publique, et sa restauration est lancée un an plus tard et dure vingt-six ans.

[4] La collégiale Notre-dame de Melun est une ancienne collégiale située rue de la Courtille à Melun sur l’île Saint-Étienne. Fondée entre 1016 et 1031 par le roi de France Robert II le Pieux à l’emplacement d’une précédente église Notre-Dame. Ce geste s’inscrit dans la prise de possession du comté de Melun par les souverains capétiens qui habitent un château voisin.

[5] Un motet est une composition musicale apparue au 13ème siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, courte et écrite à partir d’un texte religieux ou profane. Ce genre musical à deux voix atteignit son apogée à la fin du 12ème siècle, avec l’école de Notre Dame de Paris et ses maîtres, Léonin et Pérotin. Le motet a remplacé le conduit. Au début du 16ème siècle, le motet s’enrichit grâce à Josquin Desprez et atteint son apogée avec Palestrina. Le nombre des voix était le plus souvent de quatre, mais pouvait atteindre six, huit, et même douze. À l’extrême, le motet Spem in alium de Thomas Tallis ne compte pas moins de 40 voix indépendantes. En France, le motet fut illustré, notamment, par Henry Du Mont et Pierre Robert, sous-maîtres de la Chapelle de Louis XIV ; sous l’égide de Louis XIV, Lully, puis Delalande, inaugurèrent le « grand motet » ou « motet à grand chœur », équivalent de l’antienne (anthem) des Anglais et de la cantate des Allemands.