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La France au 12ème siècle

mercredi 1er juillet 2026, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 29 août 2012).

Un siècle marqué par les conflits avec l’Angleterre

La France au 12ème siècle

Ce début de siècle est marqué par le sacre de Louis VI le Gros le 3 aout 1108 à Orléans [1]. Tout au long de ce siècle la France s’agrandira par les mariages successifs . Ainsi le 22 juillet 1137 lors du mariage de Louis VII et d’Aliénor d’Aquitaine, la Guyenne [2], la Gascogne [3], le Poitou [4], la Marche [5], l’Angoumois [6], la Saintonge [7] et le Périgord [8] sont annexés. Le 28 avril 1180 lors du mariage de Philippe II Auguste et d’Isabelle de Hainaut, nièce dePhilippe d’Alsace, comte de Flandre apportera en dot l’Artois [9].

Mais le 21 mars 1152 l’annulation du mariage entre louis VII et Aliénor d’Aquitaine est prononcé par le concile de Beaugency [10]. Il sera la cause des guerre entre la France et l’Angleterre dont Aliénor épouse le roi et le prélude à la première guerre de 100 ans (à partir de 1159) pour la récupération des terres angevines.

Louis VII a déchu, en 1152, son vassal Henri II Plantagenêt de tous ses fiefs français, parce que celui-ci a osé se marier sans en demander l’autorisation au roi. La chose est d’autant plus grave qu’Henri II épouse Aliénor d’Aquitaine que Louis VII a répudié et qu’elle apporte pour son mariage la dote qu’elle a reprise. Mais, sans moyen pour imposer l’exécution de sa sentence, Louis VII proclame la paix du roi le 4 juin 1155 [11]. Ce geste constitue la première ordonnance capétienne qui renoue avec la période carolingienne. Dès l’année suivante, Henri II fera allégeance au roi de France pour ses fiefs français.

La révolte d’Henri le jeune, Richard et Geoffroy, soutenus par Louis VII, roi de France contre leur père, Henri II d’Angleterre amène le siège devant Verneuil le 23 juin 1173 [12] et le 30 septembre 1174 la Paix de Mont-Louis est signée entre Louis VII et Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre. On y réalise le partage des domaines des Plantagenêt entre le roi Henri et ses fils rebelles. Pour sceller la paix, la fille de Louis VII, Adélaïde, épousera le fils d’Henri II Plantagenêt, Richard Cœur de Lion. Mais le conflit reprendra et par la paix d’Azay Le Rideau le 4 juillet 1189 le roi Henri II d’Angleterre désigne son fils Richard comme nouveau roi et abandonne à Philippe Auguste l’Auvergne [13], Issoudun [14] et Châteauroux [15]. Le 18 juillet 1189 Philippe Auguste redonne à Richard Cœur de Lion, qui monte sur le trône d’Angleterre, les territoires enlevés à son père.


Après la prise de Saint Jean d’Acre [16] Philippe Auguste, malade d’une sorte de typhoïde, rentre en France. Il laisse Richard sur place. A-t-il déjà en tête d’envahir la Normandie ? C’est ce qu’il fait en apprenant que Richard, après 14 mois passés en Terre sainte, a été capturé sur la route du retour par le duc d’Autriche Léopold V de Babenberg en 1193, puis livré à l’empereur de Germanie Henri VI Hohenstaufen . Richard est enfin libéré après le versement d’une énorme rançon en 1194. Philippe a été prévenu par l’empereur : “ Prenez garde, le diable est lâché. ” Le diable, qui est devenu une véritable légende vivante, reprend aussitôt sa lutte contre le roi de France. A Fréteval en juillet 1194 [17], puis à Courcelles en 1198 [18], il inflige à Philippe Auguste de cuisantes défaites. La situation critique se dénoue quand Richard trouve la mort au siège de Châlus [19], le 26 mars 1199. Reste le dernier fils d’Henri II, Jean, dit Sans Terre parce qu’il était trop jeune lorsque son père avait partagé ses provinces françaises entre ses enfants. Successeur de Richard, Jean échouera dans une coalition de féodaux menée contre Philippe Auguste.

P.-S.

Source : archives ljallamion histoire du 12ème/encyclopédie Imago mundi/ Herodote/Histoire/ Historia ect...

Notes

[1] Le comté d’Orléans est une ancienne principauté féodale du centre de la France, qui semble avoir été créée dès la conquête de la Gaule romaine en l’an 486 par le roi Clovis 1er. À cause des différents divisions du Royaume franc, son existence s’est affirmée après la fin du Royaume des Burgondes aussi appelé Royaume d’Orléans. Après l’installation des Capétiens, le comté devint durablement partie intégrante du domaine royal dès 987, faisant d’Orléans un des fiefs centraux de la royauté en France. C’est la raison pour laquelle le comté, une fois assimilé, sera transmis en apanage sous le statut de duché.

[2] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[3] La Gascogne est une ancienne province située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne, elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine ; toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[4] Le Poitou était une province française, comprenant les actuels départements de la Vendée (Bas-Poitou), Deux-Sèvres et de la Vienne (Haut-Poitou) ainsi que le nord de la Charente et une partie de l’ouest de la Haute-Vienne, dont la capitale était Poitiers. Il a donné son nom au Marais poitevin, marais situé dans l’ancien golfe des Pictons, sur la côte occidentale de la France, deuxième plus grande zone humide de France en superficie après la Camargue ; le marais s’étend de l’Atlantique aux portes de Niort et du sud de la Vendée au nord de La Rochelle.

[5] La Marche est une région historique et culturelle française, correspondant à une ancienne province et dont la capitale est Guéret. La Marche fut aussi un comté. Ses frontières ont fluctué tout au long de son histoire et ce, depuis le Moyen Âge, époque de sa création. Dans ses limites du 18ème siècle, la province correspondait au département actuel de la Creuse mais regroupait aussi une bonne part de la Haute-Vienne (arrondissement de Bellac) ainsi que des paroisses de l’Indre, de la Vienne et de la Charente.

[6] L’Angoumois est une ancienne province française, qui a pour capitale Angoulême. Selon les époques, elle est délimitée, par la Saintonge à l’ouest, le Limousin ou la Marche à l’est, le Poitou au nord, et par le Périgord et la Guyenne au sud. Elle correspond à la partie centrale de l’actuel département de la Charente. Elle comporte également quelques paroisses et enclaves dans l’actuel département des Deux-Sèvres (Pioussay, Hanc et Bouin, issues du marquisat de Ruffec), de la Haute-Vienne (Oradour-sur-Vayres, Cussac, Dournazac, entre autres) ainsi que de la Dordogne (La Tour-Blanche).

[7] La Saintonge est une ancienne province française dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Apparaissant comme une marche frontalière entre les domaines capétien et plantagenêt durant le bas Moyen Âge, elle est secouée par des luttes incessantes entre 1152 et 1451, ses seigneurs hésitant souvent entre l’attachement anglo-aquitain et le lien avec Paris. Tout montre que l’attachement anglo-aquitain y a été prédominant jusque vers la moitié du 14ème siècle. Néanmoins, les erreurs de conduite de Henry de Grosmont, comte de Derby puis du Prince Noir contribuent progressivement à affaiblir le pouvoir anglo-aquitain, et la province passe définitivement sous le contrôle du roi de France en 1451.

[8] Le Périgord est un ancien comté qui recouvrait approximativement l’actuel département français de la Dordogne. Le Périgord est apparue sous Charlemagne. Le comté était la base des divisions territoriales réalisées pour délimiter un « pagus », dont l’administration civile était confiée à un comte nommé par l’empereur. Ce vassal avait délégation de pouvoir pour administrer une cité et tous les « pagi » qui s’y rattachaient. Le premier d’entre eux nommé par Charlemagne, pour le Périgord, fut Wildbade en 778. En 1360, le Périgord passe sous souveraineté anglaise par le traité de Brétigny. Charles d’Orléans, comte de Périgord est fait prisonnier à l’issue de la bataille d’Azincourt, en 1415. Il reste prisonnier en Angleterre jusqu’en 1440. Le 14 décembre 1430, Charles d’Orléans donne à son frère naturel Jean, bâtard d’Orléans, futur comte de Dunois, le comté de Périgord en échange de celui de Porcien. Mais cette donation était peut-être fictive. Finalement, le 4 mars 1438, pour se procurer les fonds nécessaires à sa rançon, Charles d’Orléans vend le comté à Jean de Châtillon dit Jean de L’Aigle, fils de Jean 1er de Châtillon, seigneur de Laigle, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges, moyennant la somme de 16 000 réaux d’or et 10 000 florins qui étaient dus par feu Louis d’Orléans à Olivier de Clisson, dont Jean de Bretagne était héritier.

[9] Le comté d’Artois est une ancienne province du Nord de la France. Louis VIII, qui mourut le 8 novembre 1226, avait par son testament constitué l’Artois en apanage à son second fils, Robert, encore enfant. Ce ne fut qu’en 1237 que Robert releva de son frère Louis IX la terre d’Artois : Arras, Saint-Omer, Aire, Hesdin, Bapaume, Lens et leurs dépendances. Louis IX avait confirmé les dispositions de son père à cet égard, en ajoutant que Hesdin, Bapaume et Lens, qui formaient le douaire de leur mère Blanche de Castille, ne devaient être remis à Robert qu’à la mort de Blanche ; mais celle-ci survécut à son fils : Robert 1er d’Artois périt à Mansourah en 1250 et la reine ne mourut qu’en 1252. L’Artois passa au fils de Robert 1er, Robert II. En 1297, le comté d’Artois est érigé en comté-pairie. Robert II fut tué à Courtrai en 1302. Le comté est alors disputé entre son petit-fils Robert III et sa fille Mahaut, et la Cour des pairs finit par trancher en faveur de la comtesse Mahaut. Mahaut épousa Othon IV, comte de Bourgogne. Elle mourut en 1329, laissant une fille Jeanne, qui, dès 1315, avait tenu le comté de Bourgogne comme héritage de son frère (Robert l’Enfant) et qui, en Artois, succéda à sa mère, à laquelle elle ne survécut que de quelques mois. Jeanne, mariée au roi Philippe V, en avait eu une fille du même nom qui, en 1318, épousa Eudes IV, duc de Bourgogne, auquel en 1330, à la mort de sa mère, elle fit passer l’Artois et la Franche-Comté. Eudes IV mourut en 1350. Son petit-fils, Philippe de Rouvre fut uni, en 1357, à Marguerite de Male, encore enfant à cette époque et qui se trouva veuve dès 1361. Huit ans plus tard, Marguerite se remariait avec Philippe le Hardi que son père, le roi Jean II, venait d’investir le 6 septembre 1363 du duché de Bourgogne, vacant par le décès de Philippe de Rouvre. Quant à l’Artois et à la Franche-Comté, que ce même Philippe de Rouvre avait tenus de son aïeule Jeanne, femme d’Eudes IV, ils remontèrent à sa grand-tante, Marguerite de France, sœur de Jeanne, fille de Philippe V1. Marguerite de France était veuve alors de Louis de Crécy mort en 1346, et à sa mort, en 1382, ce fut leur fils Louis de Male qui hérita de ces principautés

[10] Convoqué au Moyen Âge central le 21 mars 1152, dans l’abbatiale de Beaugency, le second concile de Beaugency prononce l’annulation du mariage entre le roi de France Louis VII et Aliénor d’Aquitaine pour cause de consanguinité

[11] Le 10 juin 1155 à lieu le concile de Soissons. Louis VII instaure la paix générale sur le royaume de France. Les premières ordonnances royales en France pour instaurer la paix dans le royaume sont promulguées.

[12] Le 23 juin 1173, Louis VII de France, ayant déclaré la guerre à Henri II d’Angleterre, vint mettre le siège devant Verneuil qui était alors une place très considérable dans le Perche. Outre le château, il y avait trois espèces de villes fermées chacune d’un mur haut et entourées d’un fossé plein d’eau. La plus grande, appelée Grand Bourg, après un mois de siège, résistait toujours, mais commençait à manquer de vivres. La ville promit au roi de France de se rendre et de capituler si dans les 3 jours elle n’était pas secourue.

[13] L’Auvergne est une région culturelle et historique de France située au cœur du Massif central. Après la chute du royaume wisigoth de Toulouse, l’Auvergne passe sous la domination de Clovis, le roi des Francs. L’aristocratie pro-wisigothe d’Auvergne résiste à cette nouvelle domination comme en témoigne la révolte de Placidina et Arcade. Conquise militairement par Thierry en 536, l’Auvergne est rattachée à l’Austrasie pendant un siècle. Des aristocrates gallo-romains locaux sont nommés comtes et dirigent la province avec les évêques d’Auvergne. À la fin du 7ème siècle ou au début du 8ème siècle, l’Auvergne passe sous l’influence du duché d’Aquitaine. Gouvernée par les ducs d’Aquitaine qui portent également le titre de comte d’Auvergne, elle fait l’objet de convoitises entre francs et aquitains. Durant cette période, ce sont les évêques d’Auvergne qui exercent concrètement le pouvoir.

[14] Issoudun est une commune française située dans le département de l’Indre. Au 11ème siècle, les seigneurs d’Yssoudun, princes de Déols et sire de Château-Raoul nommés Raoul, Ebbe(s) ou Eudes, frappaient leur propre monnaie. À la fin du 12ème siècle, avec l’extinction de la famille des seigneurs de Châteauroux-Déols, Issoudun, comme leur héritière Denise de Déols, est ballottée entre les couronnes de France et d’Angleterre : française au traité d’Azay-le-Rideau de 1189, anglaise en 1195 au traité de Gaillon, Issoudun échoit à Philippe Auguste en 1200 au traité du Goulet. Les deux premiers maris de Denise ont en fait été choisis par les rois d’Angleterre Plantagenêts, comtes de Poitiers et ducs d’Aquitaine (et par là suzerains du Berry occidental ou Bas-Berry). Par son second époux, André de Chauvigny, s’accomplit la succession des seigneurs de Châteauroux et d’Issoudun, avec leur fils Guillaume 1er de Chauvigny, père de Guillaume II de Chauvigny. Mais les Capétiens rachètent progressivement les titres des ayants droit, par exemple en 1221 et 1243. À la mort du comte de Poitiers Alphonse en août 1271, Issoudun est définitivement rattachée au domaine royal.

[15] Châteauroux est une commune française, préfecture du département de l’Indre. Le château et le bourg furent pris par Philippe Auguste en 1188. À cette époque, la ville connaissait déjà une activité drapière importante, avec un moulin à foulon depuis quelques décennies. Toute l’activité textile se concentrait le long de l’Indre, qui apportait sa force motrice, et une baronnie régie par ses propres coutumes se créa. Cette production fut réglementée contre les fraudes externes et internes et vendue lors de la grande foire annuelle

[16] Le Siège de Saint-Jean-d’Acre en 1191 est une opération militaire de la troisième croisade (1189-1191). Après la défaite écrasante de Hattin, la prise de Saint-Jean-d’Acre est la première opération de reconquête du royaume de Jérusalem, qui permettra à ce dernier de se maintenir encore un siècle.

[17] La bataille de Fréteval est un affrontement survenu le 5 juillet 1194 près du château de Fréteval en Loir-et-Cher, durant lequel les troupes anglo-normandes et angevines de Richard Cœur de Lion tendirent une embuscade à l’armée française commandée par Philippe Auguste. La bataille se solde par une déroute de l’armée française. Ayant perdu une bonne partie de son trésor au cours de sa fuite, Philippe Auguste décide de conserver ses archives en lieu sûr à Paris, ce qui conduisit à la création du Trésor des Chartes.

[18] La bataille de Courcelles-lès-Gisors est une escarmouche opposant les armées française et anglo-normande à Courcelles-lès-Gisors, aujourd’hui dans le département de l’Oise, survenue le 27 septembre 1198 lors de la lutte qui a opposé Richard Cœur de Lion et Philippe Auguste, de 1194 à la mort de Richard en avril 1199. Le conflit entre les 2 rois avait redémarré à la suite de l’expiration d’une première trêve qui n’avait pas été respectée. Les 2 rois avaient envahi et pillé le territoire de l’autre, ce dont avaient souffert les populations locales.

[19] Le château de Châlus-Chabrol, à Châlus en Haute-Vienne est construit sur la rive droite de la Tardoire, sur un promontoire rocheux dominant le bourg de Châlus. Il est connu pour son siège de 1199 mené par Mercadier, au cours duquel Richard Cœur de Lion est mortellement blessé par un carreau d’arbalète décoché par Pierre Basile.