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L’histoire pour le plaisir

François Arago

dimanche 5 juin 2022, par lucien jallamion

François Arago (1786-1853)

Astronome, physicien et homme d’État

C’est le scientifique du gouvernement. Il y détient deux portefeuilles : la Guerre et la Marine, dont dépendent les colonies jusqu’en 1881

Aux yeux des observateurs c’est aussi un des hommes du National [1].

Originaire d’Estagel [2] dans les Pyrénées petite ville dont son père était le maire.

Il est l’aîné et le plus célèbre de sa fratrie, les 5 autres étant Jean , général au service du Mexique [3], Jacques , écrivain et explorateur, Victor et Joseph militaires, et Étienne écrivain et homme politique

Fils aîné de François Bonaventure Arago , propriétaire terrien, maire d’Estagel et juge de paix du canton en 1790 puis directeur de l’Hôtel de la Monnaie à Perpignan [4] en 1795, et de Marie Anne Agathe Roig , fille d’un paysan aisé de la région.

Il fait ses études secondaires au collège communal de Perpignan [5], puis ses études supérieures à l’École polytechnique [6] qu’il intègre en 1803, âgé de 17 ans afin de devenir officier. Il est reçu 6ème du concours d’entrée et devient porte-drapeau de l’École.

Remarqué par Monge et Laplace , il est nommé en 1805 secrétaire du Bureau des longitudes de l’Observatoire de Paris [7]. Il y mène des recherches en physique expérimentale sur la réfraction des gaz avec Jean-Baptiste Biot , professeur au Collège de France [8].

Tous deux proposent très vite à l’Observatoire de poursuivre jusqu’aux Baléares [9], la mesure de la méridienne passant par Paris. Ce calcul avait été entrepris par Pierre François André Méchain et Jean-Baptiste Delambre à la demande de la Convention : à partir de 1791, le méridien Dunkerque-Rodez-Barcelone fut mesuré par la méthode de triangulation [10] afin d’établir le mètre comme la dix millionième partie d’un quart de méridien terrestre. Chargé de la partie sud du méridien, Méchain mourut de la fièvre jaune en 1804 en Espagne près de Valence [11].

En 1806, il est envoyé en Espagne, à Majorque [12] avec Jean-Baptiste Biot pour poursuivre le relevé du méridien de Paris.

Alors que Arago et Biot sont en Espagne, la guerre éclate en 1808. L’entreprise scientifique connaît de nombreuses aventures

Pris dans la guerre d’Espagne [13], alors qu’il pratique seul une opération de triangulation, il est fait prisonnier. Interné au château de Bellver [14], il s’évadera plusieurs fois. Arago peut rentrer en France en 1808. Avec un certain humour, il fait le récit de ses mésaventures dans “Histoire de ma jeunesse”.

En 1809, il est élu à la chaire d’astronomie à l’Académie des Sciences [15] à seulement 23ans. Il en sera le secrétaire perpétuel de 1830 à sa mort, et succède à Monge comme professeur de géométrie à l’Ecole polytechnique. Il prend le titre de professeur adjoint en 1812. Il restera près de 20 ans professeur à Polytechnique.

Le 11 septembre 1811, Arago épouse Lucie Carrier-Besombes, fille d’un ingénieur des Ponts et Chaussées, le couple aura 3 fils.

Parallèlement, il poursuit sa carrière à l’Observatoire de Paris, qui dépend du Bureau des longitudes. Après avoir été secrétaire bibliothécaire, il est nommé membre adjoint du Bureau en 1807. Il en deviendra membre titulaire en 1822, à la mort de Delambre.

De 1813 à 1846, il dirige et enseigne à l’Observatoire de Paris. Esprit curieux et ouvert, ses recherches portent tout autant sur l’astronomie, que le magnétisme et la lumière. Il met en évidence en 1811 la polarisation chromatique utilisée par les chimistes pour identifier certains minéraux, plus tard en 1820, la magnétisation du fer par le passage d’un courant électrique à travers une bobine de cuivre. Arago détermine également le diamètre de certaines planètes et explique le phénomène de scintillement des étoiles par celui des interférences.

Arago, d’abord adepte de la théorie corpusculaire de la lumière, est convaincu par la théorie ondulatoire de son collègue Fresnel , qu’il aide pour faire ses expériences à l’Observatoire ou présenter ses résultats à l’Académie des sciences. Avec Biot, il détermine l’indice de réfraction de l’air et d’autres gaz.

En 1816, il crée un cours original d’arithmétique sociale, donnant aux élèves des notions de calcul des probabilités, d’économie mathématique et de démographie.

En 1825, il est chargé avec Dulong de déterminer la tension de la vapeur d’eau à des pressions dépassant 3 MPa, soit 30 atm. Ses autres études sont consacrées à l’astronomie, au magnétisme et à la polarisation de la lumière. Il détermine, par exemple, le diamètre des planètes et explique entre autres la scintillation des étoiles à l’aide du phénomène des interférences.

Parallèlement à ses recherches, il réforme l’Académie des sciences, dont il est devenu le président dès 1824. Sensible à la vulgarisation scientifique il crée les séances publiques de l’Académie, et pour permettre de meilleurs échanges entre les chercheurs, il organise des Comptes Rendus de l’Académie.

La mort de son épouse, en août 1829, est parfois avancée comme l’une des raisons qui l’ont poussé à se tourner vers la vie publique, tant sur le plan scientifique que politique.

Après avoir été élu secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, il remporte ses premiers succès électoraux.

En 1830, François Arago fait son entrée en étant élu député des Pyrénées-Orientales, et est réélu plusieurs fois en 1834, 1837, 1839, 1842 et 1846. Membre du Conseil général de la Seine, il le préside à deux reprises entre 1830 et 1849. Parlementaire jusqu’au coup d’Etat de 1852 [16], Arago prend parti pour l’adoption du télégraphe électrique et soutient les projets de développement des machines à vapeur en France.

Candidat aux élections législatives dans les Pyrénées-Orientales, le journal L’Indépendant des Pyrénées-Orientales [17] est fondé en 1846 afin de le soutenir. Il est alors élu avec succès cette même année remportant 98,9 % des suffrages exprimés. Il choisit cependant de représenter la Seine, où il est élu simultanément et avec un score aussi enthousiaste.

Parallèlement à ses recherches, Arago soutient de nombreux scientifiques et collabore volontiers à leurs recherches, parmi lesquels Fresnel, Ampère , Le Verrier qui détermine en 1846 la position d’une planète perturbant les mouvements d’Uranus : Neptune. Il est également très intéressé par les progrès de la photographie et soutient Daguerre .

En 1834, il prend le titre, dont il avait proposé la création au Bureau, de directeur des observations à l’Observatoire de Paris, que dirige l’astronome Alexis Bouvard . À la mort de Bouvard, en 1843, il devient directeur de l’Observatoire et le reste jusqu’à sa mort.

Défendant des valeurs “de gauche”, il s’oppose à toutes les lois de limitation de la liberté de la presse, sur les cours d’assise. Il soutient les initiatives républicaines en faveur de l’enseignement et devient en 1833 vice-président de l’Association libre pour l’éducation du peuple. Il défend l’idée de remplacer le latin et le grec par des langues vivantes dans l’enseignement primaire.

Toujours soucieux de protéger également les scientifiques et la recherche, il participe activement à l’élaboration de la loi du 6 juillet 1844 sur la protection des inventions et la création des brevets.

Il est colonel de la Garde nationale, puis une des figures du parti républicain pendant la monarchie de Juillet.

Après la révolution de 1848, il devient ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies dans le gouvernement provisoire de la Seconde République, mis en place par Lamartine puis membre de la Commission exécutive, dont il est la figure dominante, assumant de fait durant un mois et demi une charge proche de celle de chef de l’État.

Son choix de Schœlcher comme secrétaire d’Etat aux Colonies est déterminant dans la décision d’abolir l’esclavage dans un contexte politique instable. Il signe le 27 avril, malgré de nombreuses pressions, le décret abolissant l’esclavage et son application immédiate dans les colonies.

Scientifique unanimement reconnu, homme aux valeurs humanistes, fervent républicain, il est Président du Comité exécutif du 9 mai jusqu’à sa dissolution le 24 juin 1848.

Après la révolution de 1848 et l’élection de Louis-Napoléon Bonaparte comme président de la IIe République, François Arago se retire progressivement de la vie politique et se consacre à l’édition de ses mémoires.

Il refuse par la suite de prêter le serment de fidélité à Louis-Napoléon Bonaparte qui est exigé des fonctionnaires et préfère démissionner de son poste au Bureau des longitudes. Le prince président refuse sa démission, le dispensant implicitement du serment d’allégeance

Après le coup d’État du 2 décembre 1851 qui aboutit à la création du Second Empire, il démissionne de ses fonctions. Napoléon III demande qu’il ne soit pas inquiété. Arago quitte la France

Malade, souffrant de diabète et de diverses affections, Arago meurt dans l’année qui suit, le 2 octobre 1853. Lors de ses obsèques, plusieurs dizaines de milliers de personnes assistèrent au passage du cortège entre l’Observatoire et le cimetière du Père-Lachaise où il est inhumé.

Dans ses mémoires, Alexandre Dumas lui rend un vibrant hommage.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Guy Jacques, François Arago, l’oublié, Paris, Nouveau Monde Éditions, coll. « Histoire », 2017, 400 p., 23 cm (ISBN 978-2-36942-434-5, OCLC 972331331) et du texte de la Fondation Napoléon/ histoire-des-2-empires/biographies/arago-francois-1786-1853/ Auteur : I. Delage, octobre 2003

Notes

[1] l’aile droite libérale du gouvernement

[2] Estagel est une commune française située dans le nord-est du département des Pyrénées-Orientales. Sur le plan historique et culturel, la commune est dans le Roussillon, entre les Corbières et les massifs pyrénéens, sur le bassin de l’Agly. Jusqu’au traité des Pyrénées, Estagel continua à vivre un trafic constant d’armées, et fut occupé à plusieurs reprises par les Catalans, les Espagnols, et les Français. A l’été 1639, quatre compagnies françaises arrivent à Estagel pour assurer le passage des provisions à travers la vallée de l’Agly en provenance du Languedoc. Les habitants du village enfermés dans l’enceinte du village, se sont battus avec les nouveaux arrivants, qui ont dû battre en retraite. Le lendemain vint plus de troupes françaises, et les 230 habitants d’Estagel résistèrent pendant 26 heures, jusqu’à ce qu’ils capitulent, avec la promesse d’être respectés. Avec le traité des Pyrénées est venu le calme : Estagel n’était plus la frontière ; seuls quelques raids espagnols ont troublés la tranquillité d’esprit. Dans le même temps, les droits seigneuriaux d’Estagel, entre les mains des vicomtes de Perellós depuis 1391, passèrent en 1595 à Alexis Albert par décision de justice, après la dissolution du vicomte. Puis au marquis de Blanes, qui les avait au moment de la Révolution française. En 1851, Estagel est la commune des Pyrénées-Orientales qui s’oppose le plus vigoureusement au coup d’État du 2 décembre 1851. L’opinion, probablement influencée par Étienne Arago, soutient le conseil municipal qui proteste contre le coup d’État en s’appuyant sur l’article 68 de la constitution française de 1848. Le 7 décembre, le préfet Pougeard-Dulimbert décide d’intervenir, avec l’appui du 20ème régiment d’infanterie de ligne et cavalerie. Il fait quelques arrestations, mais son convoi est pris en embuscade et doit ouvrir le feu pour revenir à Perpignan.

[3] Le Mexique, est un pays situé dans la partie méridionale de l’Amérique du Nord. Délimité à l’est-sud-est par le Guatemala et le Belize, et au nord-nord-ouest par les États-Unis d’Amérique, il est bordé à l’est par le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes et au sud-ouest par l’océan Pacifique. C’est le quatorzième pays en superficie, avoisinant 2 millions de km². En 1521, l’Espagne conquiert et colonise le territoire depuis Mexico-Tenochtitlan, qui devient la capitale de la vice-royauté de Nouvelle-Espagne. En 1810, la révolte des espagnols nés au Mexique partisans de Ferdinand VII (Grito de Dolores) menée par Miguel Hidalgo contre le gouvernement imposé à l’Espagne par Napoléon 1er marque le début d’un processus menant à la guerre d’indépendance contre l’Espagne, les insurgés déclarant la séparation en 1813 pour établir un nouveau pays souverain avant d’en sortir victorieux en 1821. Le pays connaît ensuite un demi-siècle d’instabilité politique et financière, caractérisé par divers conflits dont une tentative de reconquête par l’Espagne en 1829, un blocus naval français connu sous le nom de guerre des Pâtisseries entre 1838 et 1839, une guerre contre les États-Unis entre 1846 et 1848 aboutissant à la perte de la moitié du territoire du pays, une guerre civile pour séculariser le pays entre 1857 et 1861, une intervention française entre 1861 et 1867, deux républiques fédérales, une république unitaire et deux empires.

[4] Les ateliers monétaires français ont émis durant plusieurs siècles les différentes monnaies françaises. La traçabilité de leurs émissions était assurée grâce à une marque gravée sur les pièces, par exemple une lettre. Jusqu’à la fin du règne de Louis-Philippe, un maximum de 22 ateliers émettaient des francs français. Sous Napoléon III, les émissions « Têtes nues » étaient fabriquées par sept ateliers. Leur nombre est descendu à trois en 1861, à deux en 1870 puis un unique atelier, Paris, en 1880.

[5] Perpignan est une commune du sud de la France, préfecture du département des Pyrénées-Orientales et quatrième ville la plus peuplée de la région Occitanie. Ancienne capitale continentale du Royaume de Majorque, la ville est annexée par le Royaume de France en 1659. Dernière ville française méditerranéenne importante avant l’Espagne, elle est marquée par une forte identité catalane. En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. Du 15 novembre 1408 au 26 mars 1409, Benoît XIII tient un concile à Perpignan. À la mi-septembre 1415, l’empereur Sigismond 1er se rend à Perpignan pour un pseudo-concile avec le roi d’Aragon Ferdinand 1er et l’antipape Benoît XIII. Il en repart le 5 novembre 1415 sans avoir convaincu ce dernier d’abdiquer. En 1463, Louis XI occupe Perpignan en confirmant leurs anciens droits, mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475, le titre de « Fidelíssima vila de Perpinyà » (Très fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659.

[6] L’École polytechnique, couramment appelée Polytechnique et surnommée en France l’« X », est l’une des 204 écoles d’ingénieurs françaises accréditées au 1er septembre 2020 à délivrer un diplôme d’ingénieur. Elle constitue avec l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, l’École de l’air, l’ENSTA Bretagne, l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, l’École navale et l’École de santé des armées l’une des sept grandes écoles militaires françaises. Elle est fondée en 1794 par la Convention nationale sous le nom d’École centrale des travaux publics et militarisée en 1804 par Napoléon 1er. À l’origine située à Paris, l’école est à Palaiseau (Essonne) depuis 1976

[7] L’Observatoire de Paris est un observatoire astronomique implanté sur trois sites : Paris (avenue de l’Observatoire), Meudon et Nançay. L’Observatoire de Paris est né du projet, en 1667, de créer un observatoire astronomique équipé de bons instruments permettant d’établir des cartes pour la navigation. Venant en complément de l’Académie des sciences fondée en 1666, il a joué un rôle très important dans l’astronomie en Occident. C’est là que prirent essor en France des sciences comme la géodésie, la cartographie et la météorologie. C’est le plus ancien observatoire du monde toujours en fonctionnement.

[8] Le Collège de France, anciennement nommé Collège royal, est un grand établissement d’enseignement et de recherche, institué par François 1er en 1530. Il est situé place Marcelin-Berthelot dans le 5ème arrondissement de Paris, au cœur du Quartier latin. Recherche et enseignement y sont étroitement liés, et son ambition est d’enseigner « le savoir en train de se constituer dans tous les domaines des lettres, des sciences ou des arts ». Il dispense donc des cours de haut niveau qui sont gratuits, non diplômants et ouverts à tous sans condition ni inscription. Cela en fait un lieu à part dans le paysage intellectuel français.

[9] Les îles Baléares sont l’une des communautés autonomes d’Espagne. Il s’agit d’un archipel situé en mer des Baléares qui comprend cinq îles principales, dont quatre habitées, ainsi que de nombreux îlots

[10] plus de 100 triangles furent définis pour ces calculs

[11] Valence ou Valencia en espagnol est une ville d’Espagne, située dans l’est du pays sur la côte méditerranéenne. Fondée en 138 av. jc par le consul romain Decimus Junius Brutus Callaicus sous le nom de Valentia Edetanorum, Valence devient, au Moyen Âge, la capitale du royaume de Valence.

[12] Majorque est la plus grande des îles Baléares. Elle se situe en mer Méditerranée, au large de Valence et Barcelone. Sa capitale est Palma.

[13] La guerre d’indépendance espagnole opposa l’Espagne des Bourbons, le Portugal et le Royaume-Uni à la France du Premier Empire entre 1808 et 1814, dans le contexte des guerres napoléoniennes. La guerre commença en 1808 lorsque Madrid se souleva contre l’armée française occupant la capitale espagnole. L’insurrection se généralisa à tout le pays après que Napoléon eut obtenu l’abdication du roi d’Espagne au profit du frère de l’empereur, Joseph. L’armée française se heurta à une guérilla puis à l’armée britannique venue aider le Portugal, également occupé par les troupes de Napoléon. En 1813, les soldats de l’empereur durent refluer en deçà des Pyrénées ; l’invasion de la France par les Espagnols, Britanniques et Portugais commandés par Wellington, devenait imminente.

[14] Le château de Bellver date du 14ème siècle. Il est localisé en Espagne, sur l’île de Majorque, à trois kilomètres du centre historique de Palma de Majorque (côté Cala Major), sur une colline recouverte de pins, au Bosc de Bellver. D’un style gothique méditerranéen, il fut la demeure des rois de l’île.

[15] L’Académie des sciences, nommée l’« Académie royale des sciences » lors de sa création en 1666, est l’une des cinq académies regroupées au sein de l’Institut de France et composée de 283 membres en novembre 2020. Elle encourage et protège l’esprit de recherche, et contribue aux progrès des sciences et de leurs applications.

[16] Le coup d’État du 2 décembre 1851 est l’acte par lequel, en violation de la légitimité constitutionnelle, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la Deuxième République française depuis trois ans, conserve le pouvoir à quelques mois de la fin de son mandat alors que la Constitution de la Deuxième République lui interdisait de se représenter. Le matin du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte édicte six décrets proclamant la dissolution de l’Assemblée nationale législative, le rétablissement du suffrage universel masculin, la convocation du peuple français à des élections et la préparation d’une nouvelle constitution pour succéder à celle de la Deuxième République, proclamée en février 1848 et qui aura duré moins de quatre ans.

[17] L’Indépendant est un journal quotidien régional français, dont le siège se trouve à Perpignan. Il est diffusé principalement dans les départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Depuis 1815, il n’existe dans les Pyrénées-Orientales qu’un seul journal, le Mémorial administratif des Pyrénées-Orientales, devenu par la suite Journal des Pyrénées-Orientales. Créée par la préfecture, cette publication présente l’inconvénient de ne présenter que le point de vue du pouvoir en place. Les opposants carlistes et républicains à la Monarchie de Juillet ont donc besoin d’une publication pour s’exprimer et soutenir la candidature de François Arago aux élections législatives dans le département. L’Indépendant des Pyrénées-Orientales est alors fondé à Perpignan le 1er janvier 1846, après avoir recruté à Paris un rédacteur en chef réputé, Pierre Lefranc. L’initiative est couronnée de succès