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L’histoire pour le plaisir

Dông Zhuo

vendredi 7 janvier 2022, par lucien jallamion

Dông Zhuo (entre 134 et 139-192)

Précepteur impérial et premier ministre des Han-Gouverneur de Hedong

Il est le grand-père de Dong Bai. Dong Zhuo combattit d’abord les Turbans Jaunes [1] avec Huangfu Song dans le nord-ouest en tant que Gouverneur de Hedong. Il fut toutefois défait mais n’écopa d’aucunes représailles puisqu’il soudoya le gouvernement.

Il eut donc l’occasion de se démarquer en combattant à nouveau les Turbans Jaunes de même que les tribus Qiang [2]. Peu après, Dong Zhuo gagna rapidement plusieurs promotions et devint Général de l’Armée du Front, Seigneur de Aoxiang et Préfet de Xiliang.

En 189, il fut appelé à Luoyang [3] par He Jin afin d’aider ce dernier à exterminer les eunuques [4] de la cour impériale. Il répondit donc à l’appel en amenant une armée de 200 000 hommes et arriva dans la capitale en plein chaos. Il retrouva par la suite l’Empereur Shao et le Prince de Chenliu et les prit sous sa charge.

À partir de ce moment, Dong Zhuo devint très puissant et, se conduisant en tyran, il terrorisa la population par ses manières brutales et cruelles.

Il assuma le titre de Ministre des Travaux puis il déposa l’Empereur Shao et nomma à sa place le Prince de Chenliu, l’Empereur Xiandi . Il se nomma ensuite Premier Ministre des Han et prit le contrôle du gouvernement.

En conséquence, de puissants nobles à travers l’empire assemblèrent des troupes et se réunirent pour former une coalition contre Dong Zhuo. La coalition se dirigea alors vers la capitale où, après avoir résisté aux attaques intenses à la Porte de Hu Lao*, Dong Zhuo décida de brûler Luoyang et s’enfuit vers l’ouest pour établir la nouvelle capitale à Chang’an [5] en assurant sa retraite par Lu Bu . Une fois établi à Chang’an, la résistance s’effondra et l’arrogance de Dong Zhuo grandit, si bien qu’il se nomma Précepteur Impérial et se construisit une gigantesque forteresse à Mei.

Pendant ce temps, son Ministre de l’Intérieur, Wang Yun , prépara un plan dans lequel il utiliserait sa fille adoptive Diao Chan afin de séduire à la fois Dong Zhuo et son homme de main, Lu Bu, dans le but éventuel de tuer Dong Zhuo. Le plan s’avéra un succès et une rivalité s’établit rapidement entre Lu Bu et Dong Zhuo.

Ainsi, Lu Bu complota pour l’assassinat de Dong Zhuo avec Wang Yun. Enfin, Dong Zhuo se rendit à Chang’an où il pensa recevoir l’abdication de l’Empereur Xian, mais fut toutefois piégé et tué par Lu Bu.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Luo Guanzhong ; tr. Moss Roberts (1995). Three Kingdoms. (ISBN 7-119-00590-1)

Notes

[1] La rébellion des Turbans jaunes est une révolte paysanne majeure en Chine, à la fin du 2ème siècle. Le soulèvement &clate en 184 sous le règne de l’empereur Han Lingdi lorsque Zhang Jiao, fondateur de la secte taoïste Taiping (« grande paix »), soulève une partie de la population chinoise contre la dynastie Han, jugée décadente et corrompue. Assiégés, les Han lancent un appel à l’aide et ordonnent une campagne contre les Turbans jaunes qui se comptent par centaines de milliers. De puissants et célèbres généraux, tels que Yuan Shao, Cao Cao, Sun Jian et Ma Teng répondent à cet appel. De son côté, le général Lu Zhi recrute des volontaires. Parmi eux, Liu Bei, Guan Yu et Zhang Fei qui, selon l’Histoire des Trois royaumes, se jurent fraternité et s’en vont combattre les Turbans jaunes. Ils viennent en aide au général Dong Zhuo. Les frères de Zhang Jiao, Bao et Liang, sont battus par Cao Cao et Sun Jian. Bien que la rébellion principale ait été défaite en 185, des poches de résistances restent invaincues et des soulèvements de plus petites ampleurs émergent sporadiquement. Ce n’est qu’en 205, après 21 années de révoltes, que les Turbans jaunes sont définitivement vaincus. La rébellion, qui tire son nom de la couleur dans laquelle les rebelles se drapaient, a été particulièrement importante dans l’histoire de la Chine comme dans celle du taoïsme, à cause des collusions nombreuses entre rebelles et sociétés taoïstes secrètes.

[2] Le peuple qiang est l’un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la République populaire de Chine. Ils vivent principalement dans des secteurs accidentés, sillonnés de rivières et de ruisseaux, dans le nord-ouest de la province du Sichuan.

[3] Luoyang est une ville située dans la zone de confluence du fleuve Luo et du fleuve Jaune à l’ouest de la province du Henan. Gouvernée comme une ville de niveau préfectoral , elle borde la capitale provinciale de Zhengzhou à l’est, Pingdingshan au sud-est, Nanyang au sud, Sanmenxia à l’ouest, Jiyuan au nord et Jiaozuo au nord-est. Situé dans la plaine centrale de la Chine, Luoyang est l’un des berceaux de la civilisation chinoise et l’une des quatre grandes capitales antiques de Chine.

[4] Un eunuque est un homme castré. La castration se limite généralement à l’ablation des testicules mais il arrive qu’elle concerne également le pénis, connue alors sous le nom de pénectomie. Dans la Chine ancienne, la castration était à la fois une punition traditionnelle (jusqu’à la dynastie Sui) et un moyen d’obtenir un emploi dans le service impérial. À la fin de la dynastie Ming, il y avait 70 000 eunuques dans la Cité interdite. La valeur d’un tel poste était importante car elle pouvait permettre d’obtenir un pouvoir immense qui dépassait parfois celui du premier ministre. Cependant, la castration par elle-même fut finalement interdite. Le nombre d’eunuques n’était plus estimé qu’à 470 en 1912, lorsque la fonction fut abolie. La justification de cette obligation pour les fonctionnaires de haut rang était la suivante : puisqu’ils ne pouvaient procréer, ils ne seraient pas tentés de prendre le pouvoir pour fonder une dynastie. À certaines périodes, un système similaire a existé au Viêt Nam, en Inde, en Corée et dans d’autres contrées du monde.

[5] Autrefois nommé Hao ou Zongzhou, pendant la dynastie Zhou, elle fut la capitale de la Chine pour la période des Zhou occidentaux. Suite à la folie du roi Zhou Youwang, la ville fut incendiée et pillée par les barbares Rong. Xi’an est l’extrémité est de la route de la soie considérée comme ayant été « ouverte » par le général chinois Zhang Qian au 2ème siècle av. jc. C’était l’une des Quatre Grandes Capitales Anciennes car ce fut la capitale de la Dynastie Qin, des Han, alors connue sous le nom de Chang’an