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Alexandre Jonathan ou Jannée

mercredi 23 avril 2014

Alexandre Jonathan ou Jannée

Roi hasmonéen de Judée et grand prêtre de Jérusalem de 103 à 76 av. jc

Le Grand-prêtre (illustration du xixe siècle) Grand prêtre juif portant un hoshen et des Lévites dans l'ancienne Juda.

Frère d’ Aristobule 1er Philhellène et fils de Jean Hyrcan 1er . À la mort d’Aristobule, sa femme Salomé Alexandra libère ses 3 frères emprisonnés, se remarie probablement avec le plus âgé en vertu de la loi du lévirat [1], ce qui lui confère la royauté.

Alexandre Jannée supprime d’abord un de ses frères qui revendique la royauté. Il prend le titre de grand prêtre et de roi de Judée, ce qui provoque l’hostilité des pharisiens, qu’il fait massacrer en grand nombre.

Il dirige le pays d’une poigne de fer, réprime les révoltes intérieures soutenues par le mouvement pharisien, en particulier la révolte des paysans contre le poids des taxes royales. Il est probablement le premier hasmonéen à frapper monnaie.

Il engage une armée de mercenaires, en particulier des Pisidiens [2] et des Ciliciens [3] et se lance dans plusieurs guerres. Il tente de s’emparer de Ptolémaïs [4] qui fait appel à Ptolémée IX Lathyre, qui débarque de Chypre.

Il doit lever le siège. Ptolémée Lathyre s’empare d’Asochis en Galilée, puis de Scythopolis [5] et bat Jannée sur les bords du Jourdain à Asophon [6]. Jannée fait appel à Cléopâtre III , qui oblige Ptolémée Lathyre à se retirer à Chypre en 102. Jannée se retrouve maître du terrain, se tourne vers Galaad* et s’empare de Gadara [7] et d’Amathonte [8], mais Théodore, fils de Zénon, le surprend et récupère tous ses biens après avoir tué 10 000 Juifs. Jannée attaque alors la côte philistine, s’empare de Rafah [9] et pousse jusqu’à Rhinocolure [10], puis remonte la côte d’Anthédon. Ayant isolé Gaza, il s’en empare après un siège d’un an et massacre une partie de ses habitants en 96. Puis il se tourne vers la Transjordanie, fait démolir Amathonte et soumet la Galahaditide. Il est défait par le roi nabatéen Arétas III qui lui tend une embuscade au moment où il attaque le plateau du Golân. Moab et Galaad passent sous le contrôle des Nabatéens.

En 88, Alexandre Jannée se décide à négocier avec les Pharisiens révoltés.

Ceux-ci refusent toute discussion et font appel au roi séleucide Démétrios III qui bat Jannée près de Sichem [11]. Cependant les 6 000 Juifs de l’armée de Démétrios l’abandonnent bientôt et ce dernier se hâte de regagner la Syrie. Il écrase alors les révoltés et s’empare de leur chefs réfugiés dans Bémésélis [12].

800 d’entre eux, sont ramenés enchaînés à Jérusalem, puis crucifiés au cours d’un banquet, tandis qu’on égorge sous leurs yeux leurs femmes et leurs enfants. Terrifiés, 8 000 opposants s’enfuient en exil.

En 84, lors d’une campagne d’ Antiochos XII contre les Nabatéens, Alexandre Jannée essaie vainement de s’opposer au passage des armées séleucides dans la plaine en construisant une ligne de défense entre Kephar-Saba [13] et Joppé [14]. Antiochos XII est vaincu et tué au sud de la mer Morte et Arétas III de Nabatène prend le pouvoir à Damas. Le roi nabatéen marche bientôt contre la Judée et bat Jannée près d’Adida.

L’année suivante, Alexandre Jannée occupe Geras [15]. Une colonie juive s’y installe. Il s’empare de la Décapole et du Golân entre 83 et 80.

À la fin du règne d’Alexandre Jannée, le royaume hasmonéen comprend la Judée, l’Idumée, la plaine philistine et celle du Sharon, la Samarie, la Galilée jusqu’au mont Thabor, le plateau du Golan, la Galaaditide et la Moabitide. Dans tous les territoires conquis, le roi a imposé la circoncision et la Loi juive, mesure qui provoque des révoltes locales comme à Pella.

Pour assurer la sécurité de son royaume face aux Nabatéens, Jannée fait bâtir deux forteresses : l’Alexandréion face à la Galaaditide et Machéronte face à la Moabitide.

Avant de mourir, Alexandre Jannée se résout à la séparation des pouvoirs que demandaient les pharisiens pour limiter l’omnipotence du grand prêtre roi. Il lègue la royauté à sa femme Alexandra Salomé qui était acquise au parti pharisien. Alexandra donne le pontificat à son fils aîné Hyrcan II et fait entrer les pharisiens au Conseil.

En 76, il meurt de maladie lors du siège de Ragaba, dans le territoire de Gérasa. Son épouse Salomé Alexandra règne jusqu’en 67 av. jc et son fils Hyrcan II devient grand prêtre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Alexandre Jannée/ Portail du monde antique/ Grand prêtre d’Israël

Notes

[1] Le lévirat est un type particulier de mariage où le frère d’un défunt épouse la veuve de son frère, afin de poursuivre la lignée de son frère. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari. Durant l’Antiquité, le lévirat était pratiqué notamment par les Égyptiens, les Babyloniens, les Phéniciens, les Hébreux et les Xiongnu.

[2] La Pisidie est région historique de l’Asie Mineure, caractérisée par de grands lacs et située dans l’actuelle Turquie, entre la Lydie au Nord-Ouest, la Phrygie au Nord, l’Isaurie à l’Est, la Pamphylie et la Cilicie au Sud-Est, la Lycie et la Carie au Sud-Ouest, mais ses limites exactes ont évolué dans le temps.

[3] La Cilicie est une ancienne province romaine située dans la moitié orientale du sud de l’Asie Mineure en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’est par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province d’Adana : région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée. Vers 27, sous l’empereur Tibère, la Cilicie est rattachée à la province de Syrie. Certaines parties de la région restent néanmoins dirigée par des souverains locaux jusqu’à l’annexion complète par Vespasien en 74. La province est suffisamment importante pour qu’un proconsul y soit nommé.

[4] Acre appelée Ptolémaïs dans l’Antiquité ; aussi connue dans le monde chrétien sous le nom de Saint-Jean-d’Acre est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d’un port en eaux profondes.

[5] Tel Beït-Shéan est une élévation naturelle, proche de la ville actuelle de Beït-Shéan en Israël. Depuis l’âge du bronze, l’installation sur les parties surélevées de la région permet aux habitants d’avoir la mainmise sur la vallée en contrebas et de prévenir toute attaque potentielle ennemie. C’est la seule ville de la Décapole située à l’ouest du Jourdain. Au 1er siècle, elle est appelée Scythopolis par l’écrivain juif Flavius Josèphe, alors que Pline l’Ancien la nomme Nysa.

[6] Zaphôn

[7] Umm Qeis1 est une ville de Jordanie, dans la province jordanienne d’Irbid à 20 km au nord-ouest de la capitale provinciale Irbid et à 3 km au sud du Yarmouk. Elle est construite à l’emplacement de l’antique ville de Gadara. La ville s’est aussi appelée Antioche ou Antiochia Sémiramis et Séleucie, et faisait partie des cités de la Décapole.

[8] Amathonte, Amathous, Amatha est le nom d’une place forte dont l’historien du 1er siècle Flavius Josèphe dit que c’est « la plus importante des forteresses sises au-delà du Jourdain ».

[9] Rafah est une ville palestinienne sise dans le sud de la bande de Gaza, à la frontière égyptienne. La ville fut également connue sous le nom de Robihwa dans l’Égypte antique, Rafihu en Assyrie, Raphia chez les Grecs et les Romains.

[10] El-‘Arish

[11] Naplouse est une importante cité de Cisjordanie. Elle se situe à environ soixante-trois kilomètres au nord de Jérusalem. Ses habitants sont principalement des Palestiniens, dont environ 300 Samaritains. Le principal lieu saint de ceux-ci, le mont Garizim, surplombe en effet la ville. La ville abrite des lieux saints musulmans, chrétiens, samaritains et juifs. La cité fut fondée en l’an 72 par les Romains et fut initialement nommée Flavia Neapolis (« nouvelle cité de l’empereur Flavius »), à environ deux kilomètres à l’est de la cité biblique de Sichem, première capitale du royaume d’Israël. Vespasien la fait construire à la place d’un ancien village samaritain dénommé Mabartha.

[12] Misilya, au sud de Jenîn ?

[13] Kfar Saba, est une ville israélienne située dans le District Central.

[14] Jaffa est la partie sud, ancienne de la ville de Tel Aviv-Jaffa en Israël. C’est un des ports les plus anciens du monde sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Le port de Jaffa, très sollicité dans l’antiquité et au Moyen Âge, était, comme les deux autres ports de la Palestine ancienne Acre et Césarée une des étapes importantes de routes de l’Orient des Européens. Au Moyen Âge, Jaffa était une des Échelles du Levant, bien que d’une importance secondaire en comparaison d’Acre. Une partie du port et quelques mosaïques antiques ont survécu jusqu’à aujourd’hui. Jaffa, ville arabe avant l’exode de sa population en 1948, a fusionné en 1950 avec la ville juive de Tel Aviv.

[15] Jerash