Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

André Cardinal dit Destouches

mercredi 8 octobre 2025, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 9 mai 2013).

André Cardinal dit Destouches (1672-1749)

Compositeur-Directeur de l’Académie royale de musique 1728-1730

André Cardinal dit Destouches Compositeur-Directeur de l'Académie royale de musique 1728-1730

Issu d’une famille de marchands aisés. Fils d’un riche négociant, Étienne Cardinal, seigneur des Touches. En 1681-1682 il entre au collège des Jésuites de la rue Saint-Jacques au moment ou celui-ci prend le nom de collège Louis-le-Grand [1]. En 1685 sa mère décède. Sa sœur entre en 1686 au couvent des Ursulines de la rue Saint-Jacques [2]. La même année, il termine la classe de rhétorique [3]. Il est âgé de 14 ans. Son professeur, le géographe et mathématicien GuyTachard l’invite à l’accompagner pour son second voyage au Siam [4] pour y reconduire les trois Ambassadeurs que leur Roi avait envoyés au Roi Louis XIV. Alors qu’il navigue sur le navire l’Oyseau, son père se remarie en 1687 avec Anne Vabois, fille d’un membre du parlement.

A son retour en 1688, il n’a plus la vocation religieuse et s’inscrit à l’école de cavalerie de Tournon [5] pour se préparer au métier des armes. En 1692 il s’enrôle dans la 2ème compagnie des mousquetaires du roi, ou mousquetaires noirs [6]. Il suivit le roi pendant la Campagne du Siège de Namur [7] en 1692 et continua d’y servir jusqu’en 1696.

Au casernement, il compose des airs sur des textes de Morfontaine un noble du pays de Brie avec accompagnement de guitare. L’un de ses amis, Duomeni les chante. Ils acquièrent une certaine renommée. C’est ainsi qu’il devient un familier des princes de Conti, de Vendôme et d’Antoine Grimaldi, le futur prince de Monaco [8].

En 1694, son père meurt, il hérite du titre de sieur Destouches, et son demi-frère celui de sieur de Guilleville.

Il démissionne de l’armée en 1694 pour se consacrer à la musique. Il prend André Campra comme professeur auprès duquel il rencontre son cousin Antoine Houdard de Lamotte , l’un des principaux librettistes de ce temps qui travaille avec Campra à l’Europe galante, premier opéra-ballet. Destouche compose quelques airs pour cette entreprise et gardera Houdard de la Motte comme librettiste.

Leur premier opéra, “Issé, pastorale héroïque”, créé à la cour de Fontainebleau [9] le 7 octobre 1697, à l’occasion du mariage du dauphin Louis de France, a un succès immédiat. Le roi le fait rejouer à Versailles au Trianon [10] le 17 décembre, et offre 200 Louis d’or à Destouches. Le 30 décembre, Issé est joué à l’Opéra de Paris. Cette œuvre est reprise dans les années qui suivent à la Haye [11], Wolfenbüttel [12], Bruxelles [13] ; elle est abondamment parodiée.

En 1713 il est nommé inspecteur général de l’Académie royale de musique [14]. Il en devient le directeur en 1728. Après le mort de Louis XIV, le régent qu’il a connu aux armées le protège. Destouches compose pour lui de la musique religieuse.

En 1718, il achète la charge de surintendant de la musique [15] en survivance de Michel-Richard de Lalande , avec lequel il compose “Les Éléments”, un opéra-ballet. En 1726, il compose sa dernière œuvre théâtrale, une comédie lyrique, “Les Stratagèmes de l’amour”.

A la mort de Campra le 18 juin 1726, il devient surintendant de la musique en titre avec François Colin de Blamont . En 1727, il est maître de musique de la chambre du roi. En 1728, il est nommé directeur de l’Opéra de Paris. Il crée au palais un “concert spirituel” sur le modèle de celui de la ville pour Marie Leczinska .

En 1731 il est établi Inspecteur général de l’Opéra, avec une pension de 4000 livres par an, qu’il conserva le reste de sa vie.

Il mourut à Paris le 3 Février 1749 et fut inhumé à Saint Roch.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de musicologie/Biographies/d/ Destouches

Notes

[1] Le lycée Louis-le-Grand, établissement d’enseignement secondaire et supérieur public, s’élève le long de l’ancien cardo de Lutèce, au 123 de la rue Saint-Jacques dans le 5e arrondissement de Paris, en plein cœur du Quartier latin. Son origine remonte au xvie siècle, puisqu’il fut fondé en 1550 comme collège jésuite dans l’hôtel parisien de Guillaume du Prat, évêque de Clermont d’où son nom d’origine : Collège de Clermont.

[2] En 1607, Madame de Sainte-Beuve (Madeleine Luillier (de), veuve de Claude Le Roux, sieur de Sainte-Beuve, fonda un couvent de l’ordre de Sainte-Ursule dans une propriété du faubourg Saint-Jacques, l’« hôtel Saint-André ». La compagnie de Sainte-Ursule de religieuses non cloîtrées laïques n’ayant pas prononcé de vœux, fondée en 1535, fut transformée en ordre cloîtré. Les religieuses qui suivaient la règle de Saint-Augustin ajoutent aux trois vœux ordinaires la mission d’éducation des jeunes filles. En 1610, le couvent s’installa à proximité de leur première implantation et l’église, dont la première pierre fut posée par Anne d’Autriche en 1620, fut terminée en 1627. Sa chapelle était ornée de tableaux du peintre flamand Pieter Van Mol. Le couvent du Faubourg Saint-Jacques était la maison-mère de l’ordre qui se développe rapidement, avec 310 couvents en France en 1668. L’institution comprenait un pensionnat pour les élèves de la noblesse et de la bourgeoisie et dispensait également des cours aux enfants pauvres du quartier. Le couvent fut fermé en 1790 et ses vastes terrains qui atteignaient l’actuelle rue d’Ulm furent vendus en 1798.

[3] La rhétorique est d’abord l’art de l’éloquence. Elle a d’abord concerné la communication orale. La rhétorique traditionnelle comportait cinq parties : l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), la dispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments → style), l’actio (diction, gestes de l’orateur, etc.) et la memoria (procédés pour mémoriser le discours).

[4] Le Siam est l’ancien nom de la Thaïlande. Le royaume de Siam a été fondé en 1350 par le roi Ramathibodi 1er. Ses capitales successives furent Ayutthaya (1350/1767), Thonburi (1767/1782), puis Bangkok (à partir de 1782). Le pays a pris le nom de Thaïlande en 1939, après la prise du pouvoir par le général Plaek Phibunsongkhram.

[5] Tournon-sur-Rhône est située en plein cœur de la vallée du Rhône, entre L’agglomération lyonnaise, au nord et celle de Valence, au sud. La ville est surplombée à l’ouest par les prémices du Vivarais, eux-mêmes étant les contreforts orientaux du Massif central. Sur ces coteaux est cultivé le vin d’appellation d’origine contrôlée Saint-Joseph.

[6] La compagnie des mousquetaires du roi est un des corps qui compose la maison militaire du roi de France. Il est créé en 1622 par Louis XIII puis dissous en 1646 par Mazarin avant d’être recréé par Louis XIV puis à nouveau dissous par Louis XVI en 1775 et Louis XVIII en 1816. Elle s’est distinguée à de nombreuses batailles mais elle est surtout connue grâce au roman d’Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires. Sous Louis XIV de 1657 à 1715 la compagnie est scindé en deux : Les Mousquetaires Gris avec chevaux pommelés gris. Les Mousquetaires Noirs avec chevaux à la robe noire.

[7] Le siège de Namur est un épisode de la guerre de la Ligue d’Augsbourg au cours duquel les armées françaises commandées par Boufflers et Vauban assiègent pendant un mois la ville de Namur alors dans les Pays-Bas espagnols. La ville finit par se rendre le 30 juin 1692.

[8] La principauté de Monaco est un État d’Europe de l’Ouest, ainsi qu’une commune du même nom occupant la même superficie que l’État lui-même ce qui en fait une cité-État. Monaco obtient officiellement son indépendance du Saint Empire romain germanique tout en devenant un protectorat espagnol en 1524. En tant qu’empereur du Saint Empire, Charles Quint reconnut la souveraineté de Monaco, tout en lui accordant sa protection en tant que roi catholique espagnol. Charles Quint en signe d’amitié pour son nouvel allié fit un bref séjour à Monaco du 5 au 9 août 1529 en se rendant en Italie pour recevoir des mains du pape la couronne d’empereur des Romains. Le 14 septembre 1641, le traité de Péronne est signé entre le roi de France Louis XIII et Honoré II de Monaco. Ce traité, qui comporte 14 articles, met fin au protectorat espagnol et replace la principauté de Monaco dans la mouvance française. En compensation de la confiscation de ses biens en pays espagnol Louis XIII octroie à Honoré II les fiefs du Valentinois, de Carladès, des Baux, de Saint-Rémy. Le 14 février 1793, la Convention nationale décréta que « la ci-devant principauté de Monaco est réunie au territoire de la République (française), et fait partie du département des Alpes-Maritimes ». La ville est ensuite placée sous protectorat du royaume de Sardaigne par le congrès de Vienne jusqu’en 1860. Enfin, en 1861, un traité franco-monégasque assure la souveraineté de Monaco.

[9] Le château royal de Fontainebleau est un château de styles principalement Renaissance et classique, jouxtant le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris. Haut lieu de l’histoire de France, le château de Fontainebleau a été l’une des demeures des souverains français depuis François 1er (qui en fit sa demeure favorite) jusqu’à Napoléon III.

[10] Le Grand Trianon, anciennement Trianon de marbre est un château situé dans le domaine de Versailles, dans le département français des Yvelines. Il est construit à la demande du roi Louis XIV, à partir de 1687, par l’architecte Jules Hardouin-Mansart à proximité du château de Versailles, à l’extrémité du bras Est du Grand Canal. L’extérieur du bâtiment est construit en marbre rose qui lui confère le nom de « Trianon de marbre », par opposition au Trianon de porcelaine qui le précède au même emplacement, ce dernier étant lui-même construit sur l’ancien village de Trianon. Au fil du temps et des différents régimes, il est le lieu de résidence ou de séjour de plusieurs figures royales françaises ou étrangères, dont Louis XIV, Pierre 1er de Russie ou encore Marie Leszczynska, épouse de Louis XV. Plus récemment y ont séjourné le général de Gaulle, ou des chefs d’État étrangers en visite officielle en France, comme le président américain Richard Nixon en 1969, ou la reine du Royaume-Uni Élisabeth II en 1972. Aujourd’hui ouvert au public dans le cadre du musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, il sert encore de lieu de réception à l’État, qui y accueille ses invités de marque.

[11] La Haye a été fondée en 1248 par Guillaume II, comte de Hollande et roi d’Allemagne, puis du Saint Empire romain germanique. À cette date il a ordonné la construction d’un château dans une forêt près de la mer en Hollande, dans lequel il avait l’intention de s’installer après son couronnement. Guillaume II mourut dans une bataille avant celui-ci, stoppant ainsi la construction avant la fin. Aujourd’hui le château est appelé le « Ridderzaal » (littéralement : « salle des Chevaliers ») et est encore utilisé pour des événements politiques. Par la suite, La Haye a été le centre administratif des comtes de Hollande. De puissantes villes hollandaises comme Leyde, Delft et Dordrecht s’accordèrent pour choisir la petite et peu importante ville de La Haye comme leur centre administratif. Cette situation n’a jamais été remise en cause, ce qui fait aujourd’hui de La Haye le siège du gouvernement, mais pas la capitale officielle des Pays-Bas qui est Amsterdam.

[12] Wolfenbüttel est une ville allemande, le chef-lieu de l’arrondissement du même nom en Basse-Saxe. Elle est bien connue comme l’ancienne résidence des princes de Brunswick-Wolfenbüttel.

[13] Bruxelles, est une ville et une agglomération de Belgique. Celle-ci s’étend au-delà des limites administratives de la Région de Bruxelles-Capitale pour englober des parties du Brabant flamand et du Brabant wallon. En son centre se trouve la commune de Bruxelles proprement dite, dont le nom utilisé par la constitution belge est ville de Bruxelles. À l’aube des guerres de Religion, Bruxelles est secouée par le conflit qui oppose la noblesse des Pays-Bas (Hollande et Belgique) et les États généraux, d’une part, au roi d’Espagne Philippe II, fils de Charles-Quint, de l’autre. Il est reproché à Philippe II de ne pas respecter les libertés des divers états qui avaient été octroyées, au fil des siècles, par les ducs de Brabant et leurs successeurs de Bourgogne. S’y ajoute le conflit né de l’expansion du protestantisme auquel s’oppose Philippe II. L’exécution capitale à Bruxelles des chefs de l’opposition, les comtes d’Egmont et de Hornes, ainsi que de nombreux opposants, déclenche un soulèvement qui s’étend à tous les Pays-Bas jusqu’au nord de la Hollande. C’est la guerre de Quatre-Vingts Ans au cours de laquelle Bruxelles devient même une ville dominée par les protestants et subit un siège d’un an. La victoire des Espagnols sur la ville insurgée inaugure la Contre-Réforme catholique qui multiplie les édifices religieux de style baroque. Au 17ème siècle, la ville est capitale de l’industrie de la dentelle.

[14] L’académie royale de musique désigne en France, l’académie royale de musique, ancêtre de l’Opéra de Paris.

[15] Le surintendant de la musique était un poste important à la cour de Louis XIV, notamment occupé par Jean-Baptiste Lully. En 1661, Lully a été nommé surintendant de la musique du roi, où il a joué un rôle clé dans l’organisation et la direction de la musique à la cour, influençant le développement de l’opéra français. Il a également été responsable de la musique de la Chambre du roi et a dominé la vie musicale en France à cette époque. Lully est souvent considéré comme le créateur de l’opéra français, ayant établi des normes qui ont perduré dans la musique classique.