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Un curieux Appareil volant apparaît en 1678

mardi 8 janvier 2013

Un curieux Appareil volant apparaît en 1678

En 1678, il fut question d’un appareil volant construit par un nommé Besnier. C’est le Journal des savants du 12 décembre 1678 qui rapporta l’expérience, figure à l’appui. On y lit les propos suivants, traduits du vieux français.

M. Toinard a eu avis que le P. Besnier Serrurier de Sablé au pays du Maine a inventé une machine à quatre ailes pour voler. Quoi qu’il en attende une figure et une description plus exacte que celle-ci, l’on a cru que parce que ce Journal est le dernier de ceux que nous donnerons cette année avec celui du Catalogue de tous les livres et de la Table des Matières par où nous finissons toutes les années.

Cette machine consistait en deux bâtons qui avaient à chaque bout un châssis oblong de taffetas, lequel châssis se pliait de haut en bas comme des battants de volets brisés. Quand on voulait voler on ajustait ces bâtons sur ses épaules, en sorte qu’il y ait 2 châssis devant et 2 derrière. Les châssis de devant étaient remués par les mains, et ceux de derrière par les pieds en tirant une ficelle qui leur était attachée. L’ordre de mouvoir ces sortes d’aile était tel, que quand la main droite faisait baisser l’aile droite de devant, le pied gauche faisait baisser par le moyen de la ficelle l’aile gauche de derrière. Ensuite la main gauche, faisant baisser l’aile gauche de devant, le pied droit faisait baisser par le moyen de la ficelle l’aile droite de derrière, et alternativement en diagonale.

Ce mouvement en diagonale a semblé très bien imaginé, puisque c’est celui qui est naturel aux quadrupèdes et aux hommes quand ils marchent ou quand ils nagent et cela faisait espérer de la réussite de la machine. On trouva néanmoins que, pour la rendre d’un plus grand usage, il y manquait 2 choses. La première est qu’il y faudrait ajouter quelque chose de très léger et de grand volume, qui, étant appliqué à quelque partie du corps qu’il faudrait choisir pour cela, pût contrebalancer dans l’air le poids de l’homme, la seconde chose à désirer serait que l’on y ajustât une queue, car elle servirait à soutenir et à conduire celui qui volerait. Mais l’on trouva bien de la difficulté à donner le mouvement et la direction à cette queue, après les différentes expériences qui furent faites inutilement par plusieurs personnes.

La première paire d’ailes qui fut sortie des mains du sieur Besnier fut portée à la Guibré, où un baladin l’acheta et s’en servit. Il travailla à une nouvelle paire plus achevée que la première. Il ne prétendait pas néanmoins pouvoir s’élever de terre par sa machine, ni se soutenir fort longtemps en l’air, à cause du défaut de la force et de la vitesse nécessaires pour agiter fréquemment et efficacement ces sortes d’ailes, ou en terme de volerie pour planer. Mais il assurait que, partant d’un lieu médiocrement élevé, il passerait aisément une rivière d’une largeur considérable, l’ayant déjà fait de plusieurs distances et en différentes hauteurs.

P.-S.

Source : archives ljallamion histoire du 17ème/encyclopédie Imago/mundi/ Herodote/Histoire/Historia ect...