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Pierre Corneille

mercredi 27 août 2025, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 17 novembre 2012).

Pierre Corneille (1606-1684)

Poète dramatique

Pierre Corneille Poète dramatique

Il naît à Rouen [1], rue de la Pie d’une famille d’avocats. Après des études chez les jésuites [2], il obtient sa licence de droit à 18 ans. En 1628, son père lui achète l’office d’avocat du roi au siège des Eaux et Forêts et à l’amirauté de France à Rouen. Bien que Corneille soit considéré comme étant par la plupart des critiques le père de la tragédie française, 6 de ses 8 premières pièces étaient des comédies. En 1629, il donne une comédie,“ Mélite”, puis une tragi-comédie,“ Clitandre ou l’Innocence délivrée”, et, entre 1631 et 1634, à nouveau 4 comédies, “La Veuve”, “La Galerie du palais”, “La Suivante”, La Place royale. Celles-ci sont représentées sur la scène du théâtre du Marais à Paris [3].

En 1635, année de la création de l’Académie française [4], Richelieu distingue Corneille parmi les “cinq auteurs” auxquels il donne ordre d’écrire des comédies dont il leur livre la trame. La même année, Corneille s’essaie à une première tragédie, “Médée”. Il revient à la comédie avec la méditation sur le théâtre qu’est “L’Illusion comique” en 1636. Et dans les mois qui suivent, il donne “Le Cid”. C’est un succès incomparable et, au-delà du succès, une étonnante polémique. Le Cid déclenche une bataille de pamphlets. Richelieu y met fin en chargeant l’Académie de trancher le débat. Les “sentiments” de l’Académie sur le Cid, rédigés sous la surveillance pointilleuse du cardinal, relèvent, les unes après les autres, les discordances qu’il y a entre les libertés prises par Corneille et la doctrine des trois unités, d’action, de lieu et de temps, qu’exige la doctrine classique. Corneille est profondément blessé par la leçon qui lui est donnée. Pendant 2 ans il cesse d’écrire. Dans le même temps, il se bat contre la création d’un second avocat au sein de l’administration de Rouen, charge qui entame ses revenus. En 1640, il publie en librairie le texte de sa tragédie “Horace”, précédé d’une longue dédicace de soumission à Richelieu. La même année il se marie. En 1642, il donne “Cinna”. Le succès l’établit définitivement comme le premier tragédien de son temps. Il entre à l’Académie en 1647. “Pertharite” est un échec en 1651. Il abandonne le théâtre et se consacre à la traduction de “l’Imitation de Jésus-Christ”. En 1662 il revient au théâtre. C’est “Sertorius”. Corneille connaît un nouveau succès. L’édition monumentale de son théâtre consacre sa place, mais bientôt un jeune auteur se dresse, Racine. “Sa Bérénice” l’emporte sur le texte de Corneille Tite et Bérénice. Corneille entre dans l’oubli. On manque même pendant 7 ans de lui payer sa pension. A sa mort c’est son frère Thomas qui est élu à sa place à l’Académie, et 3 mois plus tard, lorsque Racine est reçu, celui-ci prononce l’éloge de Corneille.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Valérie Beaudouin, Mètre et rythmes du vers classique, Corneille et Racine, Honoré Champion, 2002.

Notes

[1] Rouen est une commune du Nord de la France traversée par la Seine. Préfecture du département de la Seine-Maritime. À partir de 841, les Vikings ont effectué de fréquentes incursions en vallée de Seine et ont, en 841, ravagé Rouen. Rouen, attaquée à nouveau par les Nortmanni en 843, est devenue la capitale du duché de Normandie après que Rollon, chef viking, eut obtenu une région équivalente en taille à l’ancienne Haute-Normandie (Seine-Maritime et Eure), du roi de France Charles III, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911. Il a été fait comte de Rouen, au sens carolingien du terme, mais les textes de l’époque parlent plus fréquemment de « prince » (princeps). En 949, le duc de Normandie Richard 1er, dit « Sans Peur », a battu, lors du siège de Rouen, une grande coalition réunissant le roi de France Louis IV d’Outremer, l’empereur germanique Othon le Grand et le comte de Flandre. Cette victoire a été décisive pour l’avenir de la Normandie ; une plaque est apposée sur une maison de la place de la Rougemare, en souvenir de cet événement sanglant. En 1007, un pogrom décime une partie de la population juive de Rouen. L’œuvre de Guillaume le Conquérant permet à la Normandie de devenir la province la plus puissante d’Europe. S’il installe la capitale politique à Caen, Rouen reste la capitale économique et religieuse. C’est d’ailleurs à Rouen que Guillaume mourra en 1087.

[2] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III.

[3] Le théâtre du Marais est un nom porté par trois salles de spectacles distinctes du quartier parisien du Marais au cours de l’histoire. La première ouvre au 17ème siècle dans la rue Vieille-du-Temple. La deuxième salle est construite en 1791 au 11 rue de Sévigné. La troisième salle ouvre en 1976 au 37, rue Volta.

[4] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.