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Jacques Jouvenel des Ursins

mercredi 30 octobre 2019

Jacques Jouvenel des Ursins (1410-1457)

Ecclésiastique et diplomate français

Septième fils de Jean Jouvenel des Ursins et de Michelle de Vitry.

Chanoine, puis président des comptes et trésorier de la Sainte-Chapelle [1]. En 1441, Il est archidiacre [2] de Paris. Jacques Jouvenel des Ursins devint en 1444 archevêque de Reims [3], dignité dont il se démit en 1449 en faveur de son frère aîné Jean II Jouvenel des Ursins après qu’il eut été institué patriarche d’Antioche [4] par le pape Nicolas V.

Le 5 novembre 1449, il se voit confier l’évêché de Poitiers [5], et le 30 du même mois, celui de Fréjus [6], dignité qu’il échangea contre celle de prieur de Saint-Martin-des-Champs à Paris [7].

Il fit une brillante carrière ecclésiastique mais fut tout aussi brillant dans la diplomatie. Premier pair de France [8], avocat du Roi au Parlement de Paris rétabli en 1436, il remplira avec beaucoup de réussite les diverses missions à l’étranger qui lui furent confiées.

Il fut l’un des protagoniste qui permit la fin du Grand Schisme d’Occident [9] en notifiant en avril 1449 sa déchéance à Amédée de Savoie, le dernier antipape sous le nom de Félix V. En récompense de quoi, il se vit attribuer le patriarcat d’Antioche.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jacques Jouvenel des Ursins/ Portail du Moyen Âge tardif/ Archevêque de Reims

Notes

[1] La Sainte-Chapelle, dite aussi Sainte-Chapelle du Palais, est une chapelle palatine édifiée sur l’île de la Cité, à Paris, à la demande de saint Louis afin d’abriter la Sainte Couronne d’épines, un morceau de la Vraie Croix, ainsi que diverses autres reliques de la Passion qu’il avait acquises à partir de 1239. Elle est la première construite des Saintes chapelles, conçue comme une vaste châsse presque entièrement vitrée, et se distingue par l’élégance et la hardiesse de son architecture, qui se manifeste dans une élévation importante et la suppression quasi totale des murs au niveau des fenêtres de la chapelle haute. Bien qu’édifiée dans un bref délai ne dépassant pas sept ans, l’on n’a pas relevé de défauts de construction, et la décoration n’a pas été négligée. Elle fait notamment appel à la sculpture, la peinture et l’art du vitrail : ce sont ses immenses vitraux historiés d’origine qui font aujourd’hui la richesse de la Sainte-Chapelle, car elle a été privée de ses reliques à la Révolution française, et perdu ainsi sa principale raison d’être. Desservie par un collège de chanoines jusqu’en 1787, la Sainte-Chapelle a été fermée au culte vers 1790, puis vidée de tout son contenu et détournée en siège du Club de la Sainte-Chapelle. En 1797, elle est transformée en dépôt d’archives du palais de justice, et l’expansion de celui-ci menace son existence même. Son sauvetage est décidé en 1836 sous la pression de l’opinion publique, et sa restauration est lancée un an plus tard et dure vingt-six ans.

[2] Un archidiacre est un vicaire épiscopal à qui l’évêque confie certaines fonctions administratives pour un groupe de paroisses.

[3] Le premier texte précis concernant le diocèse de Reims date du concile d’Arles en 314 : parmi les 16 évêques figurant à ce concile se trouvaient ceux de Reims (Bétause) et de Trèves, provinces de la Gaule belgique. D’après la tradition, l’évêché de Reims fut fondé vers 250 par les saints Sixte et Sinice. Aucun de leurs successeurs ne fut plus célèbre que saint Remi, mort en 533, après 74 ans d’épiscopat. Une des prérogatives des archevêques de Reims fut de sacrer les rois de France, avec l’huile de la Sainte Ampoule. Dans la cathédrale de Reims actuelle, de Louis VIII à Charles X, vingt-cinq rois de France furent sacrés. L’archevêque reçut le titre de primat de Gaule belgique en 1089. En 1023, l’archevêque Ebles acquit définitivement le comté de Reims, qui fut érigé en duché-pairie entre 1060 et 1170.

[4] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[5] L’archidiocèse de Poitiers est un archidiocèse métropolitain de l’Église catholique en France. Érigé au 3ème siècle, il s’étend depuis le Concordat de 1801 sur deux départements, les Deux-Sèvres et la Vienne.

[6] Érigé au 4ème siècle, le diocèse de Fréjus est un diocèse historique de la Provence. Supprimé en 1801, il est rétabli dès 1822.

[7] Le Prieuré ou Abbaye Saint-Martin-des-Champs est une ancienne abbaye catholique devenue prieuré, situé dans le 3e arrondissement de Paris, aux nos 270–292 rue Saint-Martin. Fondé en 1079, il devient rapidement la principale dépendance de la puissante abbaye de Cluny en Bourgogne. L’abbaye comportait un enclos privilégié avec une foire annuelle. Grâce à la protection des rois et aux nombreux dons que le prieuré reçoit, il peut fonder une trentaine de filiales réparties sur dix diocèses, et ses possessions s’étendent jusqu’en Angleterre. Le chœur de l’église priorale est édifié entre 1135 et 1155 environ. D’un style encore essentiellement roman, son déambulatoire, ses arcades en tiers-point, ses voûtes d’ogives et ses murs boutants annoncent déjà l’architecture gothique.

[8] La pairie de France est composée des grands officiers, vassaux directs de la couronne de France, ayant le titre de pair de France. Ils représentent les électeurs primitifs à la royauté à l’époque où la primogéniture n’est pas de règle, et assurent la dévolution de la couronne selon les lois fondamentales du royaume, ainsi que le choix de la régence en cas de minorité. Le nombre de pairs de France est un temps fixé à douze : six pairs ecclésiastiques et six pairs laïcs. Depuis 1180, on les voit chargés d’assurer la succession et être associés à la cérémonie du sacre où ils représentent chacun une fonction symbolique de l’investiture. À partir de la fin du 13ème siècle, les six pairies laïques, dont les terres sont revenues à la couronne, sont des apanages princiers, et les nouveaux pairs qui sont créés ne jouent qu’un rôle cérémoniel. La pairie, qui est un office de la couronne et non un titre de noblesse, devient un moyen pour les rois de distinguer et de s’attacher les nobles les plus importants du royaume. Le mouvement s’accélère au 16ème siècle : le roi nomme alors de simples gentilshommes à la pairie, les hissant au sommet de la pyramide des dignités en France. Il faut, pour être pair, jouir d’un fief auquel est attaché une pairie et descendre de la première personne à qui avait été attribué l’office. Le rôle des pairs de France, à l’époque de l’Ancien Régime, à la différence des pairs britanniques, est seulement honorifique.

[9] On appelle grand schisme d’Occident (ou Grand Schisme) la crise pontificale qui touche le catholicisme au tournant des 14ème et 15ème siècles (1378-1417), divisant pendant 40 ans la chrétienté catholique en 2 courants rivaux. Cette crise survient en Europe en pleine guerre de Cent Ans, à la faveur des transformations d’un système féodal qui ne répond plus aux besoins d’une société en pleine mutation. En effet, l’Église catholique n’a plus le rôle culturel et social qui était le sien au début du Moyen Âge et qui l’avait rendue indispensable à l’exercice du pouvoir. Au Moyen Âge tardif, les mutations économiques induisent la création d’États modernes que l’Église n’a plus les moyens de rassembler culturellement. Sur le terrain politique, cela se traduit par l’affrontement du roi de France Philippe le Bel et du pape Boniface VIII qui cherchent à affirmer la primauté absolue de leur pouvoir. En Italie, les luttes du pape et de l’empereur débouchent sur l’affrontement entre guelfes et gibelins du 12ème au 14ème siècle. Ces tensions et conflits aboutissent dans un premier temps à l’installation en 1309 de la papauté en Avignon puis en 1378, au Grand Schisme. Celui-ci, inscrit dans une crise profonde du sentiment et de la pensée religieuse, est marqué par deux successions pontificales simultanées, l’une à Rome et l’autre en Avignon (dont les tenants en titre sont qualifiés d’antipapes par leurs adversaires). L’Église, dont une partie du rôle social et culturel a été prise en charge par la bourgeoisie depuis le 13ème siècle, sort moralement et spirituellement affaiblie de cette crise : le gallicanisme se développe, les particularismes nationaux s’exacerbent, le sentiment religieux se modifie, de nouvelles hérésies émergent.