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Guérech II de Cornouaille ou Quiriac II de Cornouaille

vendredi 20 mai 2022, par ljallamion

Guérech II de Cornouaille ou Quiriac II de Cornouaille (vers 1030-1078)

Évêque de Nantes de 1059/1061 à sa mort

Fils d’Alain Canhiart comte de Cornouaille [1] et de son épouse Judith de Nantes.

Guérech est nommé à l’évêché de Nantes [2] par son frère aîné Hoël qui administre le comté de Nantes [3] pour le compte de leur mère après que le clergé, le comte et le peuple nantais aient obtenu du pape Léon IX le rappel de son prédécesseur Airard de Nantes cardinal au titre de Saint-Paul-hors-les-murs [4] dont le zèle réformateur avait rebuté ses ouailles vers 1051/1059.

Les débuts de l’épiscopat de Guérech sont obscurs. Il administre à partir de 1059 le diocèse comme évêque désigné ou comme simple prêtre avant d’être consacré seulement en janvier 1061. L’âge requis pour accéder à la charge épiscopale étant de 30 ans, ce délai était sans doute destiné à attendre que le jeune évêque respecte les règles canoniques et attende sans doute aussi la mort de son prédécesseur.

Cependant dès le 23 mai 1059 il assiste au sacre du roi Philippe 1er et souscrit un diplôme du souverain en faveur de l’église Saint Nicaise de Reims [5]. Il intervient ensuite dans plusieurs conciles notamment à Bordeaux en 1067 et joue un rôle indéniable dans la propagation de la réforme grégorienne [6] en Bretagne en obtenant la restitution de biens ecclésiastiques par les laïques, jusqu’à sa mort.

Il a comme successeur sur le siège de Nantes son frère Benoît de Cornouaille qui dirigeait depuis 1066 l’Abbaye Sainte-Croix de Quimperlé [7].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Joëlle Quaghebeur La Cornouaille du ixe au xiie siècles, Presses universitaires de Rennes, 2002 (ISBN 2 868477437).

Notes

[1] La Cornouaille est une ancienne division politique et religieuse de la Bretagne. Les premières mentions écrites du toponyme datent de la fin du haut Moyen Âge, dans la Vie de Samson, voire plus tard, dans l’Hymne de Guénolé. La Cornouaille a donné son nom au légendaire "royaume de Cornouaille", ainsi qu’à l’honor et au comté de Cornouaille. Elle donne aussi son nom à l’évêché de Quimper, appelé aussi au diocèse de Cornouaille, disparu comme tel à la Révolution. La maison de Cornouaille a donné au duché de Bretagne plusieurs de ses dirigeants.

[2] Le diocèse de Nantes est une circonscription territoriale de l’Église catholique correspondant au département de la Loire-Atlantique. Le diocèse de Nantes faisait partie de l’Archidiocèse de Tours jusqu’en 2002. C’est un des neuf évêchés de la Bretagne historique (symbolisés par les 9 bandes du drapeau breton Gwen ha du) ; son territoire constituait le Pays nantais, lui-même correspondant approximativement à l’actuel département de la Loire-Atlantique.

[3] Le comté de Nantes faisait partie de la marche établie par les rois Francs à la frontière de la Bretagne indépendante. Durant la première moitié du 8ème siècle, les évêques de Nantes cumulèrent avec le titre de « Comte de Nantes ». Il fut conquis par Nominoë en 851 avec le traité d’Angers.

[4] La basilique Saint-Paul-hors-les-Murs est une des quatre basiliques majeures de Rome, les trois autres étant les basiliques Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Pierre. D’après le catalogue de Pietro Mallio, rédigé sous le pontificat d’Alexandre III, la basilique Saint-Paul-hors-les-murs était le siège du titre cardinalice Saint Sixte - titre aujourd’hui lié à la basilique San Sisto Vecchio dans le rione Celio dans le centre de Rome.

[5] L’ancienne église Saint-Nicaise était une église située dans la partie méridionale de la vieille ville de Reims. Elle constituait l’abbatiale de l’abbaye bénédictine éponyme détruite en 1793.

[6] La réforme grégorienne est une politique menée durant le Moyen Âge sous l’impulsion de la papauté. Si les historiens admettent que le pape Léon IX a commencé le redressement de l’Église, c’est pourtant le pape Grégoire VII qui a laissé son nom à la réforme. De plus, les efforts pour sortir l’Église catholique d’une crise généralisée depuis le 10ème siècle se poursuivent bien après le pontificat de Grégoire VII. Ainsi l’expression « réforme grégorienne » peut paraître impropre puisqu’elle ne s’est pas limitée à quelques années mais concerne au total près de trois siècles.

[7] L’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé est une ancienne abbaye située dans la ville de Quimperlé dans le département du Finistère. Fondée en 1029 par Saint Gunthiern grâce à une donation du comte de Cornouaille Alain Canhiart, elle est une des abbayes puissantes de Bretagne, comprenant de nombreuses dépendances. Sa nef de plan centré inspirée du Saint-Sépulcre de Jérusalem est un exemple quasi-unique en Bretagne. L’abbaye est fermée lors de la Révolution.