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Étienne du Perche

lundi 21 mars 2022, par ljallamion

Étienne du Perche (vers 1140-1169)

Noble franc-Chancelier du royaume de Sicile, de 1166 à 1168

Le royaume de Sicile en 1154Fils illégitime de Rotrou III, comte du Perche [1]. En 1166, il est invité à Palerme [2] par sa cousine, la reine Marguerite de Sicile, régente du royaume sicilo-normand [3] lors de la minorité de son fils, le roi Guillaume le Bon ou Guillaume II de Sicile. Malgré son jeune âge, il a une vingtaine d’années, il est nommé chancelier du royaume la même année. Quelques mois plus tard, il devient en 1167 archevêque de Palerme [4], capitale du royaume.

Étienne du Perche, par son manque d’expérience et ses maladresses, par son incompréhension de la société multiculturelle normando-sicilienne [5], et par son favoritisme envers ses proches qui l’ont suivi en Sicile, est très vite mal-aimé par les fonctionnaires locaux, ainsi que par la population musulmane, encore nombreuse à Palerme et en Sicile malgré les tensions et les pogroms anti-musulmans qui ont débuté au début des années 1160 sous le règne de Guillaume le Mauvais.

Haï, menacé, il doit se retirer à Messine [6] en décembre 1167 tandis que complots et rumeurs entraînent le massacre des Français, un avant-goût des vêpres siciliennes [7] ; au grand regret du roi Guillaume et de sa mère Marguerite selon Guillaume de Tyr , Étienne est alors contraint de quitter l’île à la fin de l’été 1168.

Non sans difficultés, il parvient avec un petit groupe d’hommes à fuir la Sicile à bord d’un navire et se rend en Terre sainte, dans le royaume de Jérusalem [8] où il meurt peu après, victime d’une grave maladie en 1169. Guillaume de Tyr dit qu’il fut ensevelit avec honneur à Jérusalem, dans le chapitre du temple du Seigneur [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de John Julius Norwich, The Kingdom in the Sun (1130-1194), Longman, London, 1970.

Notes

[1] Le comté du Perche est issu de l’union de deux seigneuries : celle de Mortagne-au-Perche, et celle de Nogent-le-Rotrou. Les seigneurs de Mortagne furent parfois qualifiés de comtes, mais pas de manière systématique. Ce fut le comte Geoffroy de Mortagne qui adopta le titre de comte du Perche, à la fin du XIIe siècle. À la mort de l’évêque Guillaume du Perche, en 1226, le comté fut réuni à la Couronne. Plus tard il fut donné en apanage à des princes du sang.

[2] Palerme est une ville italienne, chef-lieu et plus grande ville de la région Sicile Elle se situe dans une baie sur la côte nord de l’île.

[3] Le royaume de Sicile, également appelé royaume normand de Sicile, est créé en 1130 par Roger II sur l’île de Sicile, la Calabre, les Pouilles, et Naples. Ce royaume traverse plusieurs phases marquées par les dominations successives des Normands, des Souabes (autre nom pour la dynastie des Hohenstaufen, descendants de Frédéric de Souabe), des Angevins et des Aragonais. Le royaume de Sicile a dans le passé recouvert plusieurs zones géographiques différentes au fil du temps. Le royaume de Sicile ne s’est pas limité à la seule île de Sicile. Il a été l’objet de convoitises de la part des plus grandes familles européennes, qui se sont battues pour s’en assurer la possession. L’histoire du royaume a été particulièrement mouvementée, marquée par des assassinats, des guerres de succession, des séparations. Les rois de Sicile n’ont donc pas tous régné sur un territoire identique. On a même pu parler, lors des périodes au cours desquelles les royaume de Sicile et de Naples ont été réunis, de Royaume des Deux-Siciles

[4] L’archidiocèse de Palerme est un archidiocèse métropolitain de l’Église catholique d’Italie appartenant à la région ecclésiastique de Sicile. Le diocèse est érigé au 1er siècle. Selon la tradition, le 1er évêque est envoyé par saint Pierre. La première mention historique du siège de Palerme est dans une lettre du pape Léon 1er, datée de 442 ou 443 et adressée à l’évêque Pascasino du diocèse de Lilibeo. Lors de l’occupation arabe, il n’y a pas d’évêques de Palerme ; Au milieu du 11ème siècle, Palerme est élevée au rang d’archidiocèse métropolitain.

[5] présence notamment de musulmans, au sein même de la Cour

[6] Messine est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Sicile. Messine est située à l’extrémité nord-est de la Sicile, sur la rive occidentale du détroit de Messine qui sépare la péninsule italienne (la pointe de Calabre) de la Sicile. La ville de Reggio di Calabria est située de l’autre côté du bras de mer.

[7] Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaire de l’île de Sicile contre la domination féodale du roi d’origine française Charles d’Anjou, survenu à Palerme et Corleone, le 31 mars 1282, mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d’Aragon Pierre III1. L’événement est donc à la fois un moment clef de l’histoire nationale sicilienne et un tournant géopolitique.

[8] Le royaume de Jérusalem fut fondé par des princes chrétiens à la fin de la première croisade, lorsqu’ils s’emparèrent de la ville. C’est l’un des États latins d’Orient. On peut distinguer plusieurs périodes dans son histoire : celles où le titre de roi de Jérusalem est associé à la mainmise croisée sur la ville (1099-1187 et 1229-1244), et celles où le titre représente le plus haut niveau de suzeraineté des croisés en Terre sainte, mais durant lesquelles la ville en elle-même n’appartient pas aux soldats croisés. Le royaume de Jérusalem fut créé en 1099 après la prise de la ville et ne disparut réellement qu’avec le départ des derniers croisés de Tortose en août 1291, soit moins de deux siècles plus tard.

[9] Hierosolymis in templi Domini capitulo honorifice sepultus est