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L’histoire pour le plaisir

Louis-Antoine Dornel

mardi 22 février 2022, par ljallamion

Louis-Antoine Dornel (1680-1757)

Compositeur-Claveciniste-Organiste et violoniste français

Il est né à Presles [1], si l’on n’a conservé aucun élément pouvant éclairer son apprentissage musical et ses débuts, on s’accorde à dire qu’il travailla auprès de Nicolas Lebègue , organiste [2] de Saint-Merri [3] et de la Chapelle royale, expert reconnu en facture d’orgue et excellent claveciniste [4].

Dornel semble avoir assidûment fréquenté la demeure de ce grand personnage qui aimait à réunir autour de lui ses élèves, des compositeurs, des organiers, des facteurs de clavecins, des éditeurs. Dornel sollicita également les conseils de l’organiste Chauvet à qui il dédie d’ailleurs, en 1713, un livre de Sonates en trio pour les flûtes allemandes, violons, hautbois.

La première mention de l’activité organistique de Dornel, apparaît lorsqu’il est nommé titulaire des orgues de l’église Sainte Marie Madeleine en la Cité [5] dès 1706 en lieu et place de Rameau qui, choisi par le jury, refuse finalement le poste.

Il y succède à François d’Agincourt appelé à la cathédrale de Rouen. Le concours met d’ailleurs à contribution des gens d’honneur et de probité, face à un jury composé de Nicolas Gigault , alors organiste de Saint Nicolas des Champs [6], Jean-François Dandrieu, titulaire de celles de Saint-Merry ainsi que de Claude Rachel de Montalan, organiste de l’église Saint-André-des-Arts [7].

L’année suivante, Dornel publie sa première œuvre, un Livre de symphonies, dédié à M. de Lubert, président aux Enquêtes du Parlement, volume suivi en 1711 par des Sonates à violon seul et suites pour la flûte traversière avec la basse, dédicacées à Anne Élisabeth Bouret, claveciniste et élève de François Couperin, puis en 1713 par le recueil de Sonates en trio, dédié à l’organiste Chauvet.

Pendant quelque temps, malgré le contrat qui le lie à Sainte-Madeleine, Dornel touche l’orgue de l’église Sainte-Geneviève-des-Ardents [8], dans l’île de la Cité, poste auquel il renonce en 1714, pour être aussitôt remplacé par Jean Bessart.

En 1716, Dornel abandonne l’orgue de La Madeleine-en-la-Cité. C’est qu’à cette époque, il suppléait déjà à l’abbaye Sainte-Geneviève l’organiste André Raison qui tenait l’orgue depuis 50 ans, et auquel il succède d’ailleurs en 1719. Dornel quitte l’île de la Cité pour la Montagne Sainte-Geneviève [9], l’un des carrefours intellectuels du moment. L’orgue étant en piteux état, Dornel décide de s’associer, en 1732, à Nicolas Gilles Forqueray, organiste des Saints-Innocents [10] et neveu de Michel Forqueray, afin d’expertiser l’instrument et dresser un état des réparations à effectuer. En cette même année, on baptise de nouvelles cloches à Sainte-Geneviève, sous la direction musicale de Dornel.

En 1723, Dornel avait donné un volume de Concerts de symphonies, dédié au Concert des Mélophilètes [11], puis en 1725, il avait succédé à Jean-Baptiste Drouart Du Bousset, maître de musique du roi pour les académies françaises [12] et des inscriptions [13].

Cette nouvelle charge impose à Dornel de faire exécuter chaque année dans la chapelle du Louvre, à l’occasion de la Saint-Louis, un motet de sa composition. Certaines de ces compositions furent également exécutées au Concert Spirituel où, en 1731, on applaudit notamment son Domine Dominus noster. On ignore pourquoi, après 17 années de service, Dornel est mis à pied en 1742 et aussitôt remplacé par François Rebel , inspecteur général de l’Opéra.

Il est probable que Dornel, protégé un temps par Philippe d’Orléans le duc d’Orléans qui venait subitement de déclarer ne prendre plus aucun intérêt à cette affaire, fut victime de quelque intrigue ou de la jalousie de rivaux malveillants.

En 1748, Dornel rejoignit l’île de la Cité en qualité d’organiste de l’église Saint-Germain-le-Vieil [14], poste dont il démissionna le 8 juillet 1757 en raison de son âge. 

Il cédait sa place à son neveu Louis-Claude Gouffé qui le suppléait déjà depuis plusieurs années, et venait de refermer les pages de son unique Livre d’orgue dont le manuscrit autographe, daté de 1756, réunit à l’évidence des pièces plus anciennes.

Au-delà, on perd la trace de Dornel. On ne connaît pas la date exacte de la mort de cet organiste discret.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Louis-Antoine Dornel/ Portail de la musique classique/ Catégories  : Compositeur français du 18ème siècle/ Claveciniste/ Organiste classique français/ Violoniste classique français

Notes

[1] Presles est une commune du Val-d’Oise située à environ 30 km au nord de Paris.

[2] L’orgue est un instrument à vent multiforme dont la caractéristique est de produire les sons à l’aide d’ensembles de tuyaux sonores accordés suivant une gamme définie et alimentés par une soufflerie. L’orgue est joué majoritairement à l’aide d’au moins un clavier et le plus souvent d’un pédalier.

[3] L’église Saint-Merri (ou Saint-Merry) est une église catholique située à proximité du centre Georges-Pompidou au croisement de la rue Saint-Martin et de la rue de la Verrerie (au 76) dans le 4ème arrondissement de Paris. Le nom de Saint-Merri viendrait de l’abbé Saint-Médéric, mort en l’an 700, canonisé puis rebaptisé saint Merri par contraction. Les restes de ce saint reposent toujours dans la crypte de l’église.

[4] Un claveciniste est un musicien qui joue du clavecin. Pour la période baroque, les clavecinistes dont les noms sont parvenus jusqu’à nous étaient également compositeurs. Le claveciniste est en principe à même d’interpréter des œuvres sur les autres instruments à clavier et à cordes pincées, tel le virginal. Certains clavecinistes jouent également de l’orgue (par exemple Gustav Leonhardt ou Davitt Moroney) ou du piano-forte (par exemple Jos van Immerseel).

[5] L’église de la Madeleine-en-la-Cité est une ancienne église de Paris située dans l’Île de la Cité. C’était à l’origine une synagogue construite au 9ème siècle, qui mesurait 31 mètres de long et 8 mètres de large. Après l’expulsion des juifs du royaume de France en 1182, et la confiscation de leurs biens, par Philippe Auguste, Maurice de Sully, évêque de Paris transforma, en 1183, la synagogue en église qui fut érigée en paroisse, la dernière créée dans l’Île de la Cité entre celles de Saint-Martial et de Saint-Pierre aux Bœufs dans le cadre de la réorganisation paroissiale par Maurice de Sully. Elle s’étendait sur la rue de la Juiverie et la rue des Marmousets

[6] L’église Saint-Nicolas-des-Champs, de culte catholique, est située rue Saint-Martin dans le 3ème arrondissement de Paris. Elle est essentiellement de style gothique flamboyant, mais sa construction s’est déroulée en cinq étapes, pendant deux cents ans, de 1420 à 1620.

[7] L’église Saint-André-des-Arts dite dans les premiers temps Saint-André-de-Laas, puis Saint-André-des-Arcs, était une église, située sur la place du même nom dans le 6ème arrondissement de Paris. Bâtie de 1210 à 1212, sur une partie du Clos de Laas, elle aurait été élevée sur l’emplacement d’une antique chapelle dont aucune trace archéologique n’est venue confirmer l’existence (Saint-Andéol à Paris). Entièrement refaite et agrandie en 1660. Elle était sous le patronage de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés jusqu’en 1345, date à laquelle les religieux la rétrocèdent à l’Université.

[8] L’église Sainte-Geneviève-du-Miracle-des-Ardents, connue au Moyen Âge sous le nom de Sainte-Geneviève-la-Petite est une église de Paris dédiée à sainte Geneviève et aujourd’hui détruite. Elle était située sur l’île de la Cité, sur l’actuel parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II.

[9] La montagne Sainte-Geneviève est une colline de la Rive gauche de Paris (située sur les rives gauches de la Seine et de la Bièvre, non loin de leur confluence). Elle occupe une grande partie du 5ème arrondissement et du Quartier latin. C’est sur le sommet de cette colline que Clovis et son épouse Clotilde firent édifier le monastère des Saints-Apôtres où Geneviève avait coutume de monter prier en empruntant un chemin devenu la rue de la Montagne Sainte-Geneviève. Le monastère fut ensuite appelé abbaye Sainte-Geneviève et abrita par la suite les tombeaux respectifs de Clovis, de Clotilde et de la sainte. Au sommet de la montagne Sainte-Geneviève s’élève le Panthéon.

[10] L’église des Saints-Innocents est une ancienne église parisienne aujourd’hui disparue. Bâtie à partir du 12ème siècle, elle a été détruite en 1786, en même temps que le cimetière qui l’accompagnait.

[11] société fondée au début du siècle, réunissant des musiciens amateurs qui se plaisaient à se divertir en faisant de la musique et en exécutant des pièces écrites pour leurs assemblées

[12] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

[13] L’Académie des inscriptions et belles-lettres a été fondée par Colbert en 1663 sous un autre nom. C’est en 1816 que son appellation actuelle apparaît. Au début, elle devait établir les inscriptions et devises des monuments et médailles en l’honneur de Louis XIV. Par la suite, elle s’est tournée vers l’histoire et l’archéologie. Aujourd’hui intégrée à l’Institut de France, elle poursuit cette mission.

[14] L’église Saint-Germain-le-Vieux est une église disparue de Paris, qui était située sur l’île de la Cité. Elle était située entre la rue de la Calandre et la rue du Marché-Neuf près de l’entrée du Petit-Pont à l’emplacement d’un ancien baptistère, un des premiers du diocèse de Paris, installé à proximité de la Seine pour faciliter le baptême par immersion dans le fleuve, selon la coutume antique. Elle est placée sous le patronage de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés pour lui permettre de mettre en sûreté ses reliques sur l’île de la Cité après le siège de Paris par les Normands.