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Pierre III d’Alexandrie dit Pierre Monge

dimanche 9 janvier 2022, par ljallamion

Pierre III d’Alexandrie dit Pierre Monge

Patriarche d’Alexandrie pour les monophysites, du 31 juillet au 4 septembre 477-Patriarche Pour les autorités byzantines de décembre 482 à sa mort le 29 octobre 490

Diacre [1] de l’Église d’Alexandrie [2] et farouche opposant au concile de Chalcédoine [3], il fut à partir de 457 l’un des collaborateurs du patriarche monophysite [4] Timothée Élure. Quand celui-ci mourut, le 31 juillet 477, le parti s’empressa d’introniser, le jour même, Pierre Monge comme son remplaçant. Mais l’empereur Zénon imposa par la force le 4 septembre le rétablissement de Timothée Salophaciole, que les monophysites, profitant de l’usurpation de Basiliscus, avaient renversé en 475. Pierre Monge dut s’enfuir et entra dans la clandestinité.

Le 28 juin 482, l’empereur Zénon et le patriarche [5] de Constantinople [6] Acace promulguèrent l’Hénotique [7], la réunification des Églises devait se faire par la mise entre parenthèses du concile de Chalcédoine, que chacun pouvait interpréter à sa guise. Le successeur de Timothée Salophaciole, Jean Talaia , ferme partisan du concile, refusa de souscrire à l’Hénotique, ce qui allait d’ailleurs dans le sens de la réunification. Pierre Monge, lui, ayant accepté de signer, Jean Talaia fut évincé et le chef des monophysites mis officiellement à sa place en décembre 482.

Jean Talaia se rendit à Rome, où il fut accueilli par le pape Félix III ; celui-ci organisa un concile qui dénonça l’Hénotique et excommunia aussi bien Acace de Constantinople que Pierre Monge en 484. Ce dernier interprétait ouvertement l’Hénotique comme une annulation pure et simple du concile de Chalcédoine. Il convoqua d’ailleurs un synode qui le condamna.

Cependant, lui et son collègue Pierre le Foulon, patriarche d’Antioche [8], considérés comme les chefs du parti, ayant accepté par l’Hénotique d’entrer en communion avec l’Église byzantine, qui restait chalcédonienne, certains monophysites extrémistes se séparèrent d’eux : on les appela les Acéphales [9].

Pierre Monge entra également en conflit avec les milieux païens d’Alexandrie [10], notamment parmi les professeurs et les étudiants des écoles. Vers 485, il dénonça l’existence, révélée par des étudiants chrétiens, d’un temple clandestin d’Isis à Canope [11], et exigea une enquête et des persécutions.

Selon Zacharie le Rhéteur, qui raconte l’histoire dans la Vie de Sévère d’Antioche, et qui en fut témoin oculaire, le préfet Entrechius était secrètement païen, et son adjoint l’était ouvertement. Ce fut pour Pierre Monge l’occasion de faire autour de lui l’unité des chrétiens.

Damascios, dans son “Histoire philosophique”, accuse le philosophe Ammonios d’Hermias d’avoir trahi des collègues païens en révélant l’endroit où ils se cachaient, et d’avoir passé un accord honteux avec Pierre Monge.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Pierre III d’Alexandrie/ Portail des chrétiens d’Orient/ Catégories : Patriarche d’Alexandrie

Notes

[1] Fonction créée par les Apôtres pour se décharger des soucis matériels. Ainsi, le diacre est chargé de distribuer les aumônes à leur place. Peu à peu, il assiste le prêtre dans des tâches spirituelles telles que la distribution de l’eucharistie et le baptême. Saint Etienne a été le premier diacre.

[2] Le patriarcat orthodoxe grec d’Alexandrie et de toute l’Afrique est la juridiction autocéphale canonique de Église orthodoxe en Égypte et dans toute l’Afrique, aussi appelée Église orthodoxe d’Alexandrie et de toute l’Afrique.

[3] Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd’hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d’Istanbul. Convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie, à partir du 8 octobre 451, le concile réunit 343 évêques dont quatre seulement viennent d’Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s’intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d’Eutychès sur la base de la lettre du pape Léon 1er intitulée Tome à Flavien (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape).

[4] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[5] Dans l’Église chrétienne, un patriarcat est une région soumise à l’autorité d’un patriarche. En 325, le premier concile œcuménique qui siège à Nicée accorde un privilège d’honneur aux évêques de Rome, d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem. Le 2e concile œcuménique (Constantinople - 381) étendra ce privilège à l’évêque de Constantinople, la Deuxième Rome.

[6] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[7] L’Henotikon (acte d’union), parfois Hénotique en français, est un formulaire rédigé en 482 par Acacius, patriarche de Constantinople, à la demande de l’empereur d’Orient Zénon.

[8] Le titre de « patriarche d’Antioche » est traditionnellement porté par l’évêque d’Antioche (dans l’actuelle Turquie). Ce diocèse est l’un des plus anciens de la chrétienté. Pas moins de cinq chefs d’Église portent aujourd’hui le titre de « patriarche d’Antioche ».

[9] les sans chef

[10] Alexandrie est une ville en Égypte. Elle fut fondée par Alexandre le Grand en -331 av. jc. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque, qui fonda sa notoriété. La ville d’Alexandrie est située à l’ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

[11] Canope est une ancienne cité de l’Égypte antique, située près de l’actuelle Aboukir. Elle abritait le temple de Sérapis, le dieu guérisseur et des morts, équivalent ptolémaïque d’Osiris. Son ancien nom égyptien était Pikuat. Selon l’historien romain Tacite, la ville aurait été fondée par des Spartiates de retour de Troie. Leur navire aurait été déporté et le pilote du navire, Canopos, aurait été enterré là.