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Claude de Savoie (1507-1566)

jeudi 2 décembre 2021, par ljallamion

Claude de Savoie (1507-1566)

Gouverneur et grand sénéchal de Provence du 31 mars 1525 à sa mort

Au cours des 30 dernières années de sa vie il appuie et protège les protestants, notamment en son comté de Tende [1].

Fils aîné de René de Savoie dit le Grand bâtard de Savoie, comte de Villars [2] et de Tende, et de son épouse Anne Lascaris , comtesse de Tende.

Le 1er octobre 1520, il est présenté par son père aux États de Provence [3] afin de le proposer à sa succession à la charge de grand sénécha [4]. Il n’a alors qu’environ 13 ans. En réalité, il n’obtient le titre que lors de sa majorité, avec la confirmation le 31 mars 1525, et à la mort de son père le 19 avril 1542.

Il est fait amiral des mers du Levant, chevalier de l’ordre de Saint-Michel [5] en 1532.

Claude de Savoie combat les Vaudois [6] sur ordre du roi de France.

En 1534, il est marié à Marie de Chabannes, fille de Jacques II de Chabannes de La Palice et Marie de Melun [7].

Il combat les troupes de l’Empereur. Durant son éloignement, il laisse le comte de Grignan ou des lieutenants du roi gérer les terres de Provence. Claude de Savoie semble être à l’origine d’aménagement des fortifications de la ville d’Antibes [8], durant l’année 1541. Il accompagne ensuite le Dauphin, Henri, dans la guerre en Roussillon [9] au cours de laquelle est assiégée la ville de Perpignan [10].

Lors de l’avènement de Henri II en 1547, Claude de Savoie et sa mère, Anne Lascaris, rendent hommage au nouveau roi de France. Il obtient en juillet le comté de Beaufort pour une durée de 9 années.

Par contrat le 19 août 1539, il épouse en secondes noces, Françoise de Foix-Candale [11], issue d’une branche cadette de la Maison de Grailly [12]. Elle est la fille de Jean de Foix-Candale, vicomte de Meille [13], et d’Anne de Villeneuve [14], marquise de Trans [15]. Sa nouvelle femme l’amène à la religion réformée [16]. Cette orientation l’amène à participer aux guerres de religions qui secouent le royaume de France à cette période.

Dès 1540, Claude de Savoie prend la défense des protestants, désobéissant ainsi au roi de France. En 1545 à Cabrières-d’AvignonCabrières-d’Avignon est une commune française située dans le département de Vaucluse. Cabrières étant le seul village vaudois fortifié, lors de la persécution de 1545, il servit de refuge. Le siège fut mis le 19 avril par les troupes de Paulin de La Garde, sous la direction du premier président du Parlement d’Aix, Maynier, seigneur d’Oppède. Au bout de quelques jours, la reddition fut acquise après négociation et promesse de vie sauve. Mais les hommes furent fusillés, les femmes combattantes enfermées dans une grange, et brûlées vives. Les autres furent violées et massacrées, les enfants et les vieillards exterminés : le bilan fut de 400 à 500 morts. Les survivants furent vendus comme esclaves à L’Isle-sur-la-Sorgue ou envoyés aux galères. où les Vaudois se sont réfugiés, il tente d’éviter les massacres. Occupé à diverses guerres, Claude laisse la conduite de son comté à son épouse Françoise, dont le guide spirituel est huguenot.   Dès 1550, un culte est célébré à l’intérieur ainsi qu’à l’extérieur du château tandis qu’un ancien moine converti, Galaterio de Caraglio, appelé par le comte et doté d’une grande puissance de persuasion, convertit une partie de la population. Dans les années 1560, Claude intervient à plusieurs reprises en faveur des protestants de Vence [17], exigeant que les consuls acceptent en leur sein deux protestants. En 1563, il envoie une supplique au duc Emmanuel-Philibert pour défendre la liberté de conscience ou liberté religieuse.

En juin 1562, son cousin, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert, s’agace d’ailleurs de ce choix à travers une lettre.

La tension entre les deux parents n’empêche pas le duc de placer Claude de Savoie et ses descendants mâles dans l’ordre de succession au duché de Savoie par lettres patentes de 1562 à 1563.

Le 27 juillet 1563, il réalise son testament dans son château de Villeneuve. Il lègue à sa femme l’usufruit, et institue son fils Honoré 1er , issu de son premier mariage, comme héritier universel concurremment avec René, baron de Cipières, son demi-frère.

Claude de Savoie meurt le 23 avril 1566, au château de Cadarache [18].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jean Duquesne Dictionnaire des gouverneurs de province sous l’Ancien Régime (novembre 1315-20 février 1791), éditions Christian, Paris, 2002 (ISBN 2864960990)

Notes

[1] Le comté de Tende était, à l’origine, une seigneurie que la maison de Vintimille devait posséder au 10ème siècle. La seigneurie de Tende fut érigée, dans la deuxième moitié du 13ème siècle en comté souverain attribué à Guillaume Pierre de Vintimille. Son fils, Jean 1er Lascaris de Vintimille - qui renomma la branche de la famille Lascaris-Vintimille - rendit hommage de son comté de Tende, en 1285, à Charles II d’Anjou, comte de Provence. La dédition de Nice à la Savoie en 1388 va changer la position des comtes de Tende par rapport aux comtes de Provence avec l’apparition du comte de Savoie Amédée VII dans les Alpes maritimes. Le 12 novembre 1391 que les syndics de la ville de Nice rendent hommage au représentant du comte de Savoie. En 1382, le comte de Savoie devient maître de la ville de Coni (Cuneo) située au pied du col de Tende côté piémontais. C’est le 5 octobre 1419 que Yolande d’Aragon accepte de signer un traité par lequel elle reconnaît au comte de Savoie tous les droits sur les Terres neuves de Provence et Nice. C’est en 1418 que le comte de Savoie Amédée VIII a hérité de la principauté de Piémont. En 1416 l’empereur Sigismond donne à Amédée VIII le titre de duc de Savoie.

[2] La seigneurie de Villars est une ancienne seigneurie du Moyen Âge. Elle se situait dans la partie sud du département de l’Ain, à mi-chemin entre Lyon et Bourg-en-Bresse, au cœur de la région de la Dombes. Elle relève d’abord de la famille de Villars. Le titre de seigneur de Villars est en usage dès le 10ème siècle ; les terres seront érigées en comté en 1497 puis en marquisat en 1565.

[3] Les États de Provence étaient les États provinciaux de la Provence.

[4] Le grand sénéchal de Provence était un grand dignitaire du comté de Provence (l’équivalent d’un gouverneur), avant et après le rattachement de la Provence au royaume de France.

[5] L’ordre de Saint-Michel est un ordre de chevalerie, fondé à Amboise le 1er août 1469 par Louis XI, sous le nom d’« Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel ». Les membres de l’ordre de Saint-Michel se disaient chevaliers de l’ordre du Roi, alors que les chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit s’intitulaient « chevaliers des ordres du Roi ». Son siège était établi à l’abbaye du Mont-Saint-Michel.

[6] Le véritable nom des Églises vaudoises, celui qu’elles se donnent elles-mêmes en Piémont, est la Table vaudoise. Elles sont apparues avec les disciples de Pierre Valdo, ou Vaudès, dans les années 1170 dans la paroisse Saint-Nizier, à Lyon.

[7] Le vice-comté puis comté de Melun appartint avec sa capitale Melun dès le 13ème siècle à la famille qui en hérita du nom. La maison de Melun reçut également par mariage le comté de Tancarville vers le milieu du 14ème siècle avant de s’éteindre en 1415. Vers les années 1050, Melun est encore une vicomté. Le comté de Melun a été confié par Hugues Capet à son fidèle Bouchard, comte de Vendôme. De ce fait, institutionnellement, il fallait procéder à la nomination d’un vicomte pour représenter le titulaire du comté empêché d’exercer du fait de son cumul de charges. L’extinction de la lignée des comtes de Vendôme ne change pas la règle. Le lignage vicomtal se perpétue. Il va donner lieu à une très buissonnante et prestigieuse lignée aristocratique, qui s’élèvera au rang comtal.

[8] Antibes est une commune française de l’aire urbaine de Nice située dans le département des Alpes-Maritimes. Au 16ème siècle, l’affrontement entre les rois de France, à partir de François 1er, et les Habsbourg va amener l’invasion de la Provence. Sous François 1er, elle est envahie à deux reprises par les troupes de Charles Quint , en 1524 et en 1536. La faiblesse des défenses va nécessiter de développer les fortifications de la ville avec la construction du fort Carré. Pendant les guerres de religion en Provence, le duc de Savoie Charles-Emmanuel 1er l’envahit, avec l’appui des ligueurs du parlement d’Aix, entre le 14 septembre 1590 et le 30 mars 1592. Puis Henri IV entreprit de fortifier la ville. À partir de 1603 les remparts bastionnés de la ville ont été construits sur les plans des ingénieurs du roi en Provence de la famille de Bonnefons, Raymond, mort en 1607, puis son fils Jean, enfin son petit-fils Pierre. Henri IV a racheté la ville en 1608 aux Grimaldi d’Antibes pour le prix de 250 000 florins. Le premier président du parlement d’Aix, Guillaume du Vair en prit possession pour le roi. Les Grimaldi s’installèrent alors au château de Cagnes jusqu’à la Révolution française.

[9] La province du Roussillon ou simplement, en l’absence d’équivoque, le Roussillon est une ancienne province du royaume de France, qui existe de 1659 jusqu’à la création du département des Pyrénées-Orientales en 1790. La province recouvre les trois vigueries du Roussillon, du Conflent et de Cerdagne, c’est-à-dire la partie du gouvernement des comtés du Roussillon et de Cerdagne cédée à la France par le traité des Pyrénées. Dépourvu d’états provinciaux, le Roussillon est un pays d’imposition. Une assemblée provinciale, l’assemblée provinciale du Roussillon, n’est créée que le 15 août 1787.

[10] Perpignan est une commune du sud de la France, préfecture du département des Pyrénées-Orientales et quatrième ville la plus peuplée de la région Occitanie. Ancienne capitale continentale du Royaume de Majorque, la ville est annexée par le Royaume de France en 1659. Dernière ville française méditerranéenne importante avant l’Espagne, elle est marquée par une forte identité catalane. En 1344, Perpignan perd son statut de capitale par la réintégration du royaume de Majorque dans la couronne d’Aragon. Dès 1346 elle est durement touchée par la peste noire. La ville ne s’en remet pas pendant longtemps. Du 15 novembre 1408 au 26 mars 1409, Benoît XIII tient un concile à Perpignan. À la mi-septembre 1415, l’empereur Sigismond 1er se rend à Perpignan pour un pseudo-concile avec le roi d’Aragon Ferdinand 1er et l’antipape Benoît XIII. Il en repart le 5 novembre 1415 sans avoir convaincu ce dernier d’abdiquer. En 1463, Louis XI occupe Perpignan en confirmant leurs anciens droits, mais la ville se soulève contre les Français en 1473. Après un siège terrible, qui se termina le 2 février 1475, le titre de « Fidelíssima vila de Perpinyà » (Très fidèle ville de Perpignan) fut décerné par les rois d’Aragon. Plus tard, en 1493, Charles VIII restitua le Roussillon et la Cerdagne aux Rois catholiques, qui venaient de fonder l’unité d’Espagne, par le mariage entre la Castille et l’Aragon. Malheureusement, la rivalité franco-espagnole et les conflits qui suivirent devaient faire chuter l’économie de Perpignan, dotée par Philippe II, à cet égard, de puissantes fortifications. Devenue place avancée de la monarchie espagnole face à la France depuis 1479, Perpignan entre dans une logique militaire, enfermée dans des remparts puissants renforcés à toutes les époques (Vauban notamment), elle n’est plus qu’un enjeu entre les deux grandes puissances. Prise par les armées de Louis XIII en 1642, elle est annexée avec le reste du Roussillon au royaume de France par le traité des Pyrénées de 1659.

[11] La maison des Foix-Candale est issue de Gaston de Foix, comte de Benauges, second fils d’Isabelle de Foix-Castelbon, comtesse de Foix et d’Archambaud de Grailly. Son fils, Jean de Foix, épouse Marguerite Kerdeston, héritière de l’aristocratie anglaise apparentée de loin à la famille royale Plantagenêt et à ses branches de Lancastre et d’York ; il fut créé comte de Kendal en 1446, titre connu sous sa transposition française de comte de Candale. En 1462, il transféra son allégeance de l’Angleterre à la France, ce qui fut compris par la cour anglaise comme un abandon de son titre. Lui et ses descendants continuèrent néanmoins à faire usage du titre de comte de Candale.

[12] La maison de Grailly, parfois écrite sous les formes Grilly ou Grelier (en latin Greilleis), est une famille noble, attestée dès 1120, originaire de la localité de Grilly située dans le Pays de Gex. La branche de Gascogne obtient les titres de Captal de Buch, puis sur le comté de Foix, la vicomté de Béarn et la principauté d’Andorre (par le mariage) avant d’obtenir en 1479 le royaume de Navarre (par mariage) avec Gaston de Grailly avec l’infante Éléonore, future reine de Navarre.

[13] Maella est une commune d’Espagne, dans la province de Saragosse, communauté autonome d’Aragon comarque de Bajo Aragón-Caspe.

[14] La famille de Villeneuve est une famille de la noblesse française d’extraction chevaleresque sur preuves de 1240.

[15] Trans-en-Provence est une commune française située dans le département du Var

[16] La réforme protestante, également appelée “la Réforme”, amorcée au 16ème siècle, est une volonté d’un retour aux sources du christianisme et aussi, par extension, un besoin de considérer différemment la religion et la vie sociale.

[17] Vence est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes

[18] Le château de Cadarache est un château situé à Saint-Paul-lès-Durance, dans les Bouches-du-Rhône