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L’histoire pour le plaisir

Pietro IV Candiano

jeudi 30 septembre 2021, par ljallamion

Pietro IV Candiano

22ème doge de Venise élu en 959

Fils aîné de Pietro III Candiano auquel il succède en 959.

Son père, l’avait fait élire corégent : l’intention étant que le fils succède au père avec l’espoir que le titre devienne héréditaire. L’ambition personnelle de Pietro IV le conduit à s’opposer à une grande partie des Vénitiens, au point que lors d’une assemblée populaire, le doge, son père, réussit à le sauver d’une mort certaine seulement en l’exilant.

Pietro IV quitte alors Venise [1] suivi de quelques fidèles et se rend auprès du marquis Guido qui le conduit à la cour de son père, le roi d’Italie Bérenger II.

Pietro participe avec Guido à une expédition contre Teobaldo marquis de Spolète [2], et à son retour, il obtient le soutien de Berenger pour attaquer Venise. À la tête de quelques partisans, il destitue son père et se nomme doge [3].

Parmi ses premiers actes, il fait aveugler et expulser l’évêque de Castello [4] avec l’accusation de simonie [5]. En juin 960 il réunit l’assemblée populaire, l’organe qui élit le doge, et il fait approuver une loi qui interdit le commerce des esclaves.

Marié à Giovanna, il la répudie, l’obligeant à se faire nonne dans le couvent de San Zaccaria ; son fils Vitale est élu patriarche de Grado et sa fille aurait épousé le futur 25ème doge Tribuno Memmo . Pietro IV Candiano peut ainsi épouser la lombarde Waldrada, parente de l’empereur d’occident Otton 1er, en 966.

Waldrada, parente aussi du roi d’Italie, amène en dot des territoires des régions de Trévise [6], du Frioul [7] et de Ferrare [8]. Le 2 décembre 967 Pietro IV Candiano obtient de l’empereur le renouvellement de toute une série de privilèges commerciaux pour les vénitiens en général et pour lui et sa famille en particulier.

Le lien particulièrement étroit avec l’empire d’occident exaspère l’empereur d’orient [9] Jean Ier Tzimiskès menace de rétorsions si les Vénitiens ne cessent leur contrebande avec les Sarrasins [10] pendant les guerres qui les opposent ce que le doge accepte en 971.

En 973, Otton 1er, protecteur de Pietro IV Candiano, meurt. Le nouvel empereur Otton II doit s’opposer à une révolte en Allemagne et les Vénitiens en profitent pour déposer le doge le 12 août 976. Pietro IV Candiano étant enfermé dans le palais ducal, ses opposants, dirigés par Pietro Orseolo mettent le feu au palais. Mais l’incendie se répand aux maisons voisines et à l’église de Saint-Marc [11]. Une grande partie de la ville brûle.

Le doge et son fils Pietro sont tués, et leurs corps jetés dans l’abattoir, ils seront par la suite enterrés dans l’église de Saint Ilario*.

Sa femme Waldrada survécut, et le doge Pietro Orseolo lui aurait laissé l’entière possession de l’héritage de son mari pour ne pas déplaire à l’empereur.

Vitale, patriarche de Grado [12] et fils du premier lit de Pietro IV Candiano, se réfugie auprès de l’empereur en Saxe [13] d’où il aurait conspiré contre le nouveau doge.

P.-S.

Sources : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Pietro IV Candiano »

Notes

[1] Venise est une ville portuaire du nord-est de l’Italie, sur les rives de la mer Adriatique. Elle s’étend sur un ensemble de 121 petites îles séparées par un réseau de canaux et reliées par 435 ponts. Située au large de la lagune vénète, entre les estuaires du Pô et du Piave, Venise est renommée pour cette particularité, ainsi que pour son architecture et son patrimoine culturel

[2] Le Duché de Spolète avait pour siège Spolète, une ville d’Ombrie en Italie centrale. Ayant conquis la Toscane et l’Ombrie, Alboin érigea ce pays en duché, dont la capitale fut Spolète, qui lui donna son nom. Faroald 1er, capitaine lombard, en reçut l’investiture des mains d’Alboin, en l’an 570, devenant un « dux » (duc). Spolète devint alors le siège d’un assez vaste duché, plus ou moins autonome par rapport aux rois lombards Authari et Agilulf. Siège d’un duché lombard, puis franc et d’une principauté assez importante, Spolète fut finalement incorporée aux États de l’Église en 1213.

[3] Le doge de Venise était le magistrat en chef et le dirigeant de la république de Venise entre 726 et 1797. Les doges étaient élus à vie par l’aristocratie de la cité-État. Il incarne de manière symbolique le bon fonctionnement de l’État.

[4] Le diocèse de Città di Castello est un diocèse de l’Église catholique en Italie, suffragant de l’archidiocèse de Pérouse-Città della Pieve et appartenant à la région ecclésiastique d’Ombrie.

[5] La simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

[6] Trévise est une ville de la province de même nom en Vénétie en Italie. La ville, d’origine romaine fut indépendante de 1183 à 1339 puis appartint à Venise. Occupée par les Français en 1797 et chef-lieu, sous Napoléon, du département du Tagliamento, elle revint à l’Autriche en 1814, puis devint italienne en 1866.

[7] Le Duché de Frioul fut un des États institués par les Lombards en Italie. À la suite de l’invasion de l’Italie du Nord par les Lombards et à la conquête de Cividale, le roi Alboïn érige ce duché qu’il confie à son neveu Gisulf. Ce dernier est le premier des ducs de Frioul. Le territoire est stratégique, il permet de contrôler la frontière du royaume face aux éventuelles incursions des Avars de Pannonie, des populations esclavones d’Istrie et d’Illyrie, et prétentions des Byzantins de l’Exarchat de Ravenne. Il fut ainsi régulièrement en lutte contre ces voisins. Autonome, le duché fait partie du royaume lombard comme le duché de San Giulio, Duché de Turin, Duché de Spolète ou le duché de Bénévent.

[8] Ferrare est une ville italienne de la province de Ferrare en Émilie-Romagne. Située dans le delta du Pô sur le bras nommé Pô de Volano, la cité actuelle remonte au 14ème siècle, alors qu’elle était gouvernée par la famille d’Este. Sans héritier mâle, en 1597 Ferrare fut déclarée fief vacant par le pape Clément VIII. Par la Dévolution de 1598, la ville et son territoire, abandonnés par les Este passent sous le contrôle politique et administratif direct du Saint-Siège jusqu’à son intégration dans le Royaume de Sardaigne en 1859.

[9] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.

[10] Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi Arabes, Ismaélites ou Agaréniens. D’autres termes sont employés également comme Maures, qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de Sarrasin se cristallise finalement sur l’opposition avec l’ennemi dans le contexte des Croisades menées par l’Occident chrétien en Terre sainte.

[11] La basilique cathédrale Saint-Marc, à Venise, est la plus importante basilique de Venise. Construite en 828, reconstruite après l’incendie qui ravagea le palais des Doges en 976, elle est, depuis 1807, la cathédrale du patriarche de Venise. Elle est située sur la place Saint-Marc, dans le quartier de San Marco qui lui doivent leur nom.

[12] Grado est une commune de la province de Gorizia en Frioul-Vénétie julienne (Italie). Grado est construite sur une île entre la lagune de Grado et la mer Adriatique.

[13] Le duché de Saxe était un duché médiéval couvrant la plus grande partie du nord de l’Allemagne. Il s’étendait sur les états allemands contemporains de Basse-Saxe, Rhénanie-du-Nord-Westphale, Schleswig-Holstein, Saxe-Anhalt et des parties de la Saxe. Le duc Henri le Lion occupa la région déserte de Mecklembourg Poméranie occidentale. Les Anglo-Saxons avaient quitté cette dernière zone pour l’Angleterre.