Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Cybèle

samedi 15 mai 2021, par ljallamion

Cybèle

Divinité d’origine phrygienne

Importée en Grèce et à Rome, personnifiant la nature sauvage. Elle est présentée comme Magna Mater, Grande Déesse, Déesse Mère ou encore Mère des dieux. Cybèle est sans doute l’une des plus grandes déesses de l’Antiquité au Proche-Orient.

Déesse phrygienne [1] et dans la tradition lydienne [2], Cybèle est issue du père des Dieux, mais est abandonnée à la naissance et recueillie par un léopard ou un lion. Celui-ci éveillera la déesse aux mystères qui lui permettront de rédiger ses récits sibyllins. Elle dispose des clés de la terre donnant accès à toutes les richesses et son trône est gardé par deux fauves du nom d’ Atalante et d’ Hippomène , héros grecs punis pour avoir copulé dans son temple.

Selon la mythologie grecque, elle initie Dionysos à ses mystères. Les Romains l’adoptèrent à leur tour, en l’assimilant notamment à Cérès  ; ils organisaient en son honneur, au printemps, des jeux qui furent très populaires sous l’Empire.

Cette Déesse mère était honorée dans l’ensemble du monde antique. Le centre de son culte se trouvait sur le mont Dindymon [3], à Pessinonte [4], où le bétyle [5] qui la représentait serait tombé du ciel.

Principalement associée à la fertilité, elle incarnait aussi la nature sauvage, symbolisée par les lions qui l’accompagnent. On disait qu’elle pouvait guérir des maladies et qu’elle protégeait son peuple pendant la guerre. Elle était connue en Grèce dès le 5ème siècle av. jc et se confondit bientôt avec la mère des dieux Rhéa et Déméter.

En 204 av. jc, au plus fort de la seconde Guerre punique [6], les Romains, obéissant à une prophétie des Livres Sibyllins [7], et à un oracle de Delphes [8], envoyèrent des ambassadeurs à Pessinonte : ils étaient chargés d’une mission délicate, rapporter à Rome la pierre sacrée. Elle fut escortée pendant le voyage de retour par 5 quinquérèmes [9] et miraculeusement accueillie par la vestale [10] Claudia Quinta .

Dans un premier temps, elle est placée dans le temple de la Victoire situé au sud-ouest de la colline du Palatin [11] à l’intérieur du Pomœrium [12], en attendant l’achèvement de son propre temple dédié le 9 avril 191 av. jc. Le culte fit l’objet d’une surveillance étroite jusqu’à la fin de l’époque républicaine, et les citoyens romains n’avaient pas le droit de participer au sacerdoce et aux rites encore qu’ils aient pu participer à la fête de la déesse, les Megalesia ; la statue demeurait dans le temple et ses services étaient assurés par des prêtres orientaux [13], bien que les processions des prêtres fussent autorisées, les restrictions furent levées par l’empereur Claude.

Dans la mythologie grecque, Attis fut le jeune amant de la déesse phrygienne Cybèle. La version phrygienne de la légende raconte qu’Attis était le fils de Nana , fille du dieu fleuve Sangarios [14]. Elle le conçut après avoir cueilli la fleur d’amandier .

Quand Attis souhaita se marier à la nymphe [15] Sagaritis, Cybèle, qui l’aimait et en était jalouse, le rendit fou si bien qu’il se castra lui-même et se tua. Cette légende offre de nombreuses variantes qui visent à expliquer notamment que les prêtres de Cybèle, les Galles, sont des eunuques ils pratiquaient des rituels d’auto-castration, tous les 24 mars, à l’occasion des sanguinaria . Attis n’apparaît que rarement en Grèce mais, associé à Cybèle, il est une divinité acceptée à Rome sous l’empereur Claude et constitua l’un des plus importants cultes à mystères de l’Empire romain.

Une version phrygienne rapporte que Cybèle enfant sera abandonnée sur une montagne et élevée par des lions ou des léopards. Elle créera des danses et livrera des cymbales à ses serviteurs, les Corybantes [16], pour célébrer ses rites. Disposant du don de guérison universel, Cybèle protège les enfants et les animaux sauvages.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Cybèle/ Portail de la mythologie grecque/ Mythologie grecque de Phrygie

Notes

[1] La Phrygie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé entre la Lydie et la Cappadoce, sur la partie occidentale du plateau anatolien. Les Phrygiens sont un peuple indo-européen venu de Thrace ou de la région du Danube. Ils ont occupé vers 1200 av.jc la partie centrale et occidentale de l’Asie Mineure, profitant de l’effondrement de l’Empire hittite.

[2] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, ou de Tantale et Pélops. La Lydie était une région occidentale de l’Asie Mineure, bordée au nord par la Mysie, au sud par la Carie et à l’est par la Phrygie. Comprenant les vallées de l’Hermos et du Méandre, la Lydie était située sur le parcours des grandes routes commerciales, et disposait de nombreuses ressources minières propres.

[3] Le Dindyme est une montagne de la mythologie grecque dans l’Est de la Phrygie identifiée avec le Murat Dağı de Gediz (Kütahya) dans la presqu’île de Cyzique. La montagne est célèbre pour le culte qu’on y rendait à Cybèle et qui lui donne le surnom de Dindymène

[4] Pessinonte, était, dans l’Antiquité, une ville de Galatie, chez les Galates Tectosages, peuples celtes issus de la Grande Expédition. Elle était située à 15 km du Sangarios et à 50 km au sud-ouest de Gordion, et correspond à l’actuel village de Ballıhisar ou Balhisar dans le district de Sivrihisar de la province d’Eskişehir en Turquie. Le roi Midas lui-même serait à l’origine de la fondation de la cité et y aurait construit le premier temple de Cybèle au 8ème siècle av. jc.

[5] la pierre cubique noire à l’origine de son nom, Kubélè

[6] La Deuxième Guerre punique, (218-202 av. jc) est le 2ème des 3 conflits connus sous le nom de guerres puniques, qui opposent Rome à Carthage. Plus précisément, ce conflit a lieu au 3ème siècle av. jc, de 219 à 203 av. jc en Europe, puis de 203 à 202 av. jc en Afrique. Cette guerre a commencé à l’initiative des Carthaginois, qui ont voulu prendre leur revanche suite à leur défaite lors de la 1ère guerre punique.

[7] Les livres sibyllins sont un recueil d’oracles conservé à Rome dans l’Antiquité. Selon une tradition ancienne, ils furent achetés à une sibylle par le roi Tarquin le Superbe. Les livres sibyllins ne sont consultés qu’à la suite d’un prodige (ou présage) grave. Il s’agit de savoir quel dieu apaiser et par quels rites. Ils furent d’abord confiés à un collège de deux prêtres, nombre qui s’accrut par la suite pour atteindre 15 membres sous l’Empire, qu’on appela alors les quindecemviri sacris faciundis. La réponse était d’abord lue au Sénat, qui statuait ensuite sur l’opportunité de sa publication. Pendant la guerre sociale (entre 91 et 89 av. J.-C.), un incendie au Capitole détruisit les exemplaires des livres sibyllins. Pour les reconstituer, on fit rechercher les prophéties de la Sibylle enregistrées à Samos, à Ilion, à Érythrée, dans les colonies grecques d’Italie, en Afrique et en Sicile. Les prêtres firent ensuite un tri pour ne retenir que celles qui leur paraissaient véritables. À la fin de l’Empire romain d’Occident, probablement lors des mesures antipaïennes promulguées par Honorius à partir de 404, les chrétiens s’emparèrent des livres sibyllins et les brûlèrent. Rutilius Namatianus, préfet de Rome en 417, dénonce Stilicon comme l’instigateur de cette action sacrilège

[8] L’oracle de Delphes est resté très vivant et consulté jusqu’au 2ème siècle av. jc. Les empereurs de Rome sont peu à peu venus non pour demander des oracles, mais pour piller le sanctuaire. La Grèce se dépeuple et le sanctuaire a de moins en moins de clients, on ne construit plus de nouveaux monuments pendant cette période, Plutarque est désolé de ne voir la Pythie au travail qu’une fois par mois. Pausanias constate la dégradation terrible du sanctuaire d’Athéna Pronoia. Le monde grec s’effondre et Delphes en subit la marée. Les débuts de l’ère chrétienne vont lui porter le coup de grâce.

[9] La quinquérème est un type de galère antique qui se caractérise par la présence de cinq rameurs par section verticale. Contrairement à la trière dont elle descend, les rameurs ne manœuvrent pas chacun leur aviron, mais sont plusieurs à pousser sur un seul.

[10] Une vestale est une prêtresse de la Rome antique dédiée à Vesta, divinité italique dont le culte est probablement originaire de Lavinium et qui fut ensuite assimilée à la déesse grecque Hestia. Le nombre des vestales en exercice a varié de quatre à sept. Choisies entre 6 et 10 ans, elles accomplissaient un sacerdoce de trente ans durant lequel elles veillaient sur le foyer public du temple de Vesta situé dans le Forum romain. Durant leur sacerdoce, elles étaient vouées à la chasteté, symbole de la pureté du feu.

[11] Le mont Palatin est une des sept collines de Rome. Il occupe une position centrale dans l’ancienne Rome dont c’est une des parties les plus anciennes. Il donne sur le Forum Romain au nord et sur le Circus Maximus au sud. Sous l’Empire, le Palatin est occupé par d’imposantes demeures construites pour les empereurs, ce qui a donné naissance au mot « palais ». Leurs ruines occupent encore aujourd’hui une grande partie de la colline.

[12] Dans la Rome antique, le pomerium (ou pomœrium) est la limite sacrée qui sépare la ville (urbs) de son territoire alentour (ager). La notion de pomerium ne s’applique qu’à Rome, aux villes anciennes du Latium et aux colonies romaines fondées rituellement. Il forme une frontière à la fois juridique et religieuse : limite de l’autorité des tribuns de la plèbe et du pouvoir militaire (imperium militiae) ; interdiction pour l’armée de le franchir ; tenue des comices centuriates à l’extérieur du pomerium ; exclusion des sépultures et de certains lieux de culte de l’intérieur du pomerium. Le pomerium s’est agrandi à plusieurs reprises sous la République et l’Empire. Le nombre et l’importance de ces extensions sont toutefois mal connus et prêtent à discussion.

[13] les Galles

[14] un fleuve d’Asie Mineure

[15] Dans la mythologie grecque et romaine, les nymphes sont des divinités subalternes, membres d’un large groupe d’esprits de sexe féminin associé à la nature. De fait, les nymphes personnifient les activités créatives et productives de la nature. Elles sont quelquefois liées à un lieu ou un élément particulier, et pouvaient faire l’objet d’un culte local. Elles accompagnent parfois d’autres divinités, dont elles forment le cortège.

[16] Dans la mythologie grecque, les Corybantes, appelé Kurbantes en Phrygie, sont des danseurs coiffés d’un casque qui célèbrent le culte de la Grande Déesse phrygienne Cybèle en jouant du tambourin et en dansant. Les Corybantes sont des hommes en armure, qui suivent le rythme des tambourins, des cors, des flûtes et des cymbales, et le marquent avec leurs pieds.