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Arsace ou Arshak II d’Arménie

samedi 18 avril 2015, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 19 août 2011).

Arsace ou Arshak II d’Arménie

Roi d’Arménie de 350 à 367

Provinces historiques de la Grande ArménieSecond fils et successeur du roi Tigrane VII . Il est investi du trône d’Arménie par Sapor II de Perse, qui avait capturé et mutilé son père.

Au début de son règne, il décide de se concilier les grands féodaux arméniens en rappelant les frères Vardan 1er et Vasak Mamikonian , qui avaient été exilés sous le règne précédent. Il favorise également l’accession en 353 au patriarcat de Nersès 1er , l’héritier de la dynastie de catholicos [1] créée par Grégoire 1er l’Illuminateur. Mais le patriarcat rétabli dans sa puissance ne tarde pas à entrer de nouveau en conflit avec la royauté, ce qui entraîne l’exclusion provisoire de Nersès 1er au profit d’un catholicos plus docile en la personne de Sahak de Manazkert dit Tchonak de 359 à 363.

À l’instigation de son neveu Tirit, fils de son défunt frère aîné, il reproche à son neveu Gnel, qui a épousé la belle princesse Pharantzem de Siounie , de se comporter en prétendant au trône en se constituant un apanage dans le domaine royal de l’Ararat [2] et en s’entourant des fils des principaux nakharark [3] du royaume. Gnel est attiré dans un piège et tué dans une chasse par ordre du roi qui feint une grande douleur et lui fait de superbes obsèques mais épouse immédiatement après sa veuve, après s’être débarrassé de sa propre épouse.

Le conflit reprend également avec les dynastes féodaux. Après s’être débarrassé de la famille des Kamsarakan, il ne tarde pas à prendre ombrage de Vardan Mamikonian, le chef du parti pro perse de sa cour. À l’instigation de la reine Pharantzem et de Vasak le Sparapet [4], propre frère de Vardan, il fait périr ce dernier dans sa résidence du Taïq [5]. 2 des plus puissants féodaux, Mérouzhan Arçrouni et Vahan Mamikonian, le frère cadet de Vardan et de Vasak, décident de passer chez les Perses à la cour de Sapor II.

Alors que la monarchie arménienne se trouve affaiblie par la nouvelle rupture avec le patriarcat et la défection des féodaux, la guerre a recommencé entre Rome et la Perse. Sapor II, qui considère Arshak II comme son vassal, le convoque à sa cour avec Vasak Mamikonian et il exige que le roi d’Arménie lui prête un serment de fidélité en jurant sur l’évangile.

De retour en Arménie, Arshak II fait exécuter Vardan Mamikonian et se rapproche de l’empereur Constance II qui le reçoit à Césarée de Cappadoce [6] en 360.

Malgré les présents reçus de Sapor II, il demeure fidèle à l’alliance romaine et envoie une ambassade à Constantinople lors de l’avènement de Julien en 361. Lors de l’offensive contre la Perse du nouvel empereur romain, il est chargé d’une intervention avec un corps d’armée romain en Médie [7].

La mort au combat de Julien et la signature par son faible successeur Jovien en juillet 363 d’un traité avec le Perse, par lequel sont abandonnées toutes les conquêtes romaines faites en Arménie depuis Dioclétien, implique l’abandon du roi Arshak II à la vengeance de Sapor II.

Arshak II et Vasak Mamikonian résistent pendant plus d’un an. Les armées perses, guidées par le traître Mérouzhan Arçrouni, attaquent le pays par le sud, détruisent l’ancienne capitale Tigranocerte [8] et emmènent les habitants en captivité.

Abandonné par les Romains et trahi par la plupart des nakharark, le roi se sent perdu et accepte en 368 de se rendre à la cour de Sapor II, qui le traite en suzerain irrité. Arshak II, qui considère que les Sassanides avaient été les vassaux de ses ancêtres arsacides, refuse de s’humilier devant son vainqueur. Il est mis à mort

Afin de protéger les droits au trône de son fils, la reine Pharantzem se retire avec le trésor royal dans l’inexpugnable forteresse d’Artakert.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire des Rois d’Arménie/Arsace II/

Notes

[1] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[2] L’Ayrarat ou Aïrarat est une ancienne province du royaume d’Arménie selon le géographe arménien du 7ème siècle Anania de Shirak. Il couvre des régions actuellement situées en Turquie et en Arménie, avec notamment les villes d’Artachat, d’Etchmiadzin et de Dvin.

[3] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale.

[4] Le titre de « sparapet » est un titre militaire héréditaire arménien dont l’origine remonterait au règne du roi Artachès 1er, au 2ème siècle av. jc

[5] Dans les textes relatifs à l’histoire de l’Arménie, le nom Tayk ou Tayk’ est souvent utilisé en tant que pars pro toto pour la région nord-ouest de l’Arménie historique, aujourd’hui située dans le nord-est de la Turquie.

[6] Kayseri est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située dans la région de Cappadoce au pied du mont Erciyes. La ville se situe à 320 km de la capitale Ankara et 770 km d’Istanbul. Elle est anciennement connue sous le nom de Césarée de Cappadoce ou Mazaca.

[7] À l’époque hellénistique, la Médie tombe sous le contrôle des Grecs, et est incluse après les conflits opposant les Diadoques dans les territoires contrôlés par les Séleucides, après avoir été un temps dominée par Antigone le Borgne. L’ancien général Atropatès qui dirigeait le contingent mède de l’armée perse à la bataille de Gaugamèles, se rallie par la suite à Alexandre le Grand et devient satrape du nord de la Médie, qui devient la Médie Atropatène, futur Azerbaïdjan, qu’il parvient à rendre autonome du pouvoir séleucide. La capitale de ce royaume se trouvait à Gazaca. Après plusieurs décennies d’indépendance, le roi Artabanzanes doit conclure un traité de vassalité avec Antiochos III en 220 av.jc. Cette région reste peu hellénisée, à la différence du sud de la Médie, centré autour d’Ecbatane. Plusieurs villes nouvelles y sont fondées par les souverains séleucides, et l’ancienne Rhaga est renommée Europa. Un satrape local, Molon, se révolte en 220 contre Antiochos III, qui le défait. Entre 163 et 160, c’est un autre satrape de Médie, Timarque, qui se révolte contre Démétrios 1er Sôter, et réussit à prendre le pouvoir en Babylonie, avant d’être finalement soumis. Les révoltes qui secouent le royaume séleucide vers 150 profitent au roi parthe Mithridate 1er qui prend alors la Médie, ainsi que l’Atropatène. Après plusieurs décennies de luttes, le pouvoir des Arsacides est finalement assuré en Médie, en dépit des attaques des nomades orientaux, Scythes ou Tokhariens. La région est réorganisée administrativement, et la ville de Rhaga/Europa est renommée Arsacia.

[8] Tigranakert ou Tigranocerte, est une ville dont la situation exacte est toujours inconnue à ce jour. Elle a été fondée vers 78 / 75 av. jc par Tigrane II le Grand et est devenue la nouvelle capitale de l’Arménie, en remplacement d’Artaxate.