Avènement tumultueux de Marie-Thérèse de Habsbourg

- L’Europe après le traité de Vienne de 1738, à la veille de la guerre de Succession d’Autriche.
- (Source : wiki/ Guerre de Succession d’Autriche/ domaine public)
Charles VI de Habsbourg meurt à Vienne [1] le 20 octobre 1740. Il gouverne en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg [2], grand-duché d’Autriche [3], royaumes de Bohème [4] et de Hongrie [5].
Comme ses prédécesseurs depuis 3 siècles, il fut également élu à la fonction essentiellement symbolique d’empereur du Saint Empire romain germanique.
N’ayant que des filles pour lui succéder, Charles VI a prévu par la Pragmatique Sanction [6] du 19 avril 1713 que son héritage pourrait revenir à l’aînée de celles-ci, Marie-Thérèse . Cette ordonnance impériale doit éviter le morcellement de ses États héréditaires. Mais elle n’est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial.
Le souverain mort, sa fille Marie-Thérèse tâche donc de lui succéder. Va s’ensuivre une longue guerre de Succession d’Autriche [7] qui lui vaudra ses galons de grand chef d’État.
L’affaire survient à un moment-clé de l’histoire des monarchies.
A Berlin, Frédéric-Guillaume 1er, surnommé le Roi Sergent , est lui-même mort le 31 mai de la même année, laissant un petit État de 2 millions d’habitants mais aussi une armée parfaitement équipée et bien encadrée de 80.000 hommes, encore jamais employée.
Son fils lui a succédé sur le trône de Prusse sous le nom de Frédéric II .
Personne n’imagine l’esprit politique qui se cache derrière les bonnes manières de ce jeune homme de 27 ans, amoureux de la philosophie et ami de Voltaire auprès duquel il passera pour “un despote éclairé”.
A Moscou [8], la tsarine Anna Ivanovna meurt le 28 octobre. Son neveu Ivan VI alors âgé de 1 an est rapidement éliminé et la fille de Pierre le Grand, Elizabeth Petrovna dite Élisabeth 1ère , devient à son tour tsarine le 7 décembre 1741.
Quand arrive le moment de procéder à l’élection du nouvel empereur du Saint Empire romain germanique, les nouveaux souverains européens ne se font pas faute de contester les droits des Habsbourg d’Autriche.
En France, le roi Louis XV et son Premier ministre, le cardinal André Hercule de Fleury , sont disposés à respecter leurs engagements vis à vis des Habsbourg dans un souci d’équilibre européen. Ils ont acquis la conviction que l’Autriche ne représente plus un danger pour leur pays et qu’il ne servirait à rien de l’abaisser.
Mais l’opinion éclairée, à Paris, est d’un avis opposé. Les nobles rêvent d’en découdre avec l’ennemie séculaire, héritière de Charles Quint, voire de Charles le Téméraire et des Bourguignons.
Versailles envoie le maréchal de Belle-Isle, petit-fils du contrôleur général des finances Nicolas Fouquet, à la diète de Francfort [9] pour assister à l’élection du futur empereur par les Grands Électeurs, les archevêques de Trèves [10], Mayence [11] et Cologne [12], le comte palatin du Rhin [13], les Électeurs de Saxe [14], Bavière [15], Brandebourg [16] et Hanovre [17] ; le neuvième Électeur étant l’archiduc d’Autriche, décédé.
Outrepassant les consignes de modération de Louis XV, Belle-Isle noue avec la Prusse, la Saxe, l’Espagne, la Pologne, la Sardaigne et la Bavière une grande coalition contre l’Autriche, chacun des coalisés ayant l’espoir de lui arracher quelques belles provinces.
Par un traité signé à Nymphenburg [18], les coalisés promettent la couronne impériale au duc de Bavière, Charles-Albert de Wittelsbach le futur Charles VII .
Ainsi s’engage la guerre de Succession d’Autriche, coûteuse pour la France et annonciatrice des malheurs liés à la montée de la Prusse.
Les armées françaises commandées par le maréchal de Belle-Isle envahissent la Bohême. Le 26 novembre 1741, Maurice de Saxe attaque Prague [19] et s’en empare.
Le nouveau roi de Prusse Frédéric II profite cependant de l’inexpérience de Marie-Thérèse alors âgée de 23 ans pour s’emparer sans coup férir de la province autrichienne de Silésie [20], depuis longtemps convoitée. L’armée du Roi Sergent passe avec succès l’épreuve du feu en battant les Autrichiens à Mollwitz [21] en décembre 1741.
L’Électeur de Bavière Charles-Albert tire parti des premiers succès de la coalition pour se faire élire empereur sous le nom de Charles VII en janvier 1742 à la diète de Francfort.
Mais Marie-Thérèse riposte avec une énergie peu commune. Elle se rapproche de l’Angleterre, de la Russie et des Provinces-Unies. Elle détache aussi la Prusse de la coalition en signant avec Frédéric II le 28 juillet 1742, à Berlin [22], un traité unilatéral par lequel elle lui abandonne la Silésie.
Puis, entraînant derrière elle les nobles magyars [23], elle chasse les Français de Bohême, saccage Munich [24] et la Bavière, menace l’Alsace [25] !
Un compromis se dessine. Marie-Thérèse conserverait ses domaines héréditaires, à savoir l’archiduché d’Autriche et les royaumes de Bohême et de Hongrie. Le titre impérial, purement symbolique, reviendrait au duc de Bavière.
La guerre, hélas, ne s’arrête pas là. Après la chute de son Premier ministre Walpole, en 1742, le roi d’Angleterre George II décide d’intervenir plus activement dans le conflit en faveur des Autrichiens. C’est ainsi que l’armée anglaise bouscule les Français sur le Rhin [26].
Le roi de Prusse, Frédéric II, renoue de son côté avec la France et attaque à nouveau l’Autriche.
Louis XV se fait épauler par le maréchal Maurice de Saxe, un brillant condottiere [27] au service de la France.
Le roi se rend lui-même à la guerre comme autrefois son aïeul Louis XIV. C’est là qu’il tombe gravement malade, à Metz [28], en 1744, et le peuple pleure et prie abondamment pour son rétablissement. Guéri, Louis XV reçoit le surnom de Bien-Aimé mais sa popularité ne survivra pas au dénouement de la guerre.
Le 11 mai 1745, sur la frontière avec les Pays-Bas autrichiens [29], près de Tournai [30], Maurice de Saxe remporte sur les troupes anglo-autrichiennes du duc de Cumberland William Augustus de Cumberland la victoire de Fontenoy [31].
Entre temps, à Francfort [32], Marie-Thérèse profite de la mort de l’empereur Charles VII de Bavière pour faire élire son mari à la tête de l’empire sous le nom de François 1er en 1745 on parlera désormais de la dynastie des Habsbourg Lorraine et non plus des seuls Habsbourg.
Le 26 décembre 1745, Frédéric II signe à Dresde [33] un traité avec Marie-Thérèse. Il obtient de celle-ci confirmation de son annexion de la Silésie et se retire définitivement du conflit, laissant les Français seuls avec leurs difficultés.
Abandonnée par la Prusse, la France essuie quelques revers en Italie cependant qu’elle affronte les Anglais dans les colonies, en Amérique et aux Indes.
Mais le 2 juillet 1747, le maréchal de Saxe bat une nouvelle fois les Anglo-Hollandais du duc de Cumberland aux Pays-Bas, à Lawfeld [34], en présence du roi. Il redresse avec brio la situation de la France.
Louis XV sort enfin vainqueur de cette guerre globalement absurde.
A Aix-la-Chapelle [35], lors des négociations de paix, le comte de Saint Séverin Alphonse Marie Louis de Saint-Sévérin , qui représente la cour de Versailles, n’exige rien pour la France bien qu’il soit en mesure d’annexer les Pays-Bas autrichiens. “Sa Majesté très chrétienne a le souci de faire la paix non en marchand mais en roi”, annonce-t-il aux plénipotentiaires ébahis.
En une époque où s’affirment avec forces les consciences nationales, le jeune roi alors âgé de 30 ans, craint avec raison que des annexions à l’emporte-pièce ne provoquent des conflits en cascade. Mais il pèche par excès de timidité en excluant d’emblée toute forme d’annexion.
La France restitue donc à l’Autriche les territoires conquis aux Pays-Bas ainsi que la Savoie et le comté de Nice. Elle reconnaît au mari de Marie-Thérèse de Habsbourg le droit à la couronne impériale. A la demande de l’Angleterre, elle promet même d’abattre les fortifications de Dunkerque [36] et expulse le prétendant des Stuart Charles Édouard Stuart !
La diplomatie européenne ne peut toutefois empêcher l’occupation de la Silésie par le roi de Prusse Frédéric II. C’est la première fois que la diplomatie entérine la conquête d’une province sans justification aucune. Ce précédent ne sera pas oublié.
Frédéric II apparaît comme le seul gagnant de la guerre. Il illustre les rapides progrès accomplis par la Prusse depuis sa transformation en royaume, en 1701.
Notes
[1] Vienne est la capitale et la plus grande ville de l’Autriche ; elle est aussi l’un des neuf Länder (État fédéré) du pays. La ville est située dans l’est du pays et traversée par le Danube (Donau). Capitale du duché puis archiduché d’Autriche, elle fut de fait celle du monde germanique durant le règne de la maison de Habsbourg (devenue en 1745 la maison de Habsbourg-Lorraine) sur le Saint-Empire romain germaniquepuis présida la Confédération germanique de 1815 à 1866. Elle fut en même temps celle de l’empire d’Autriche de 1804 à 1867 puis de l’Autriche-Hongrie de 1867 à 1918.
[2] La maison de Habsbourg ou maison d’Autriche est une importante Maison souveraine d’Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu’une importante lignée de souverains d’Espagne et de l’empire d’Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie a pris le nom de « Maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.
[3] L’archiduché d’Autriche est un ancien État impérial du Saint-Empire romain. Cet État succède au duché d’Autriche en 1453 ; en tant que noyau de la monarchie de Habsbourg, il existe pendant plus de 350 ans, jusqu’à la dissolution du Saint-Empire en 1806. Puis, divisé en deux terres de la Couronne correspondants aux Länder autrichiens actuels de Basse-Autriche et de Haute-Autriche, son territoire fait partie intégrante de l’empire d’Autriche et de la Cisleithanie au sein de l’Autriche-Hongrie. Les archiducs d’Autriche de la maison de Habsbourg résident à la Hofburg dans le centre de Vienne.
[4] Le royaume de Bohême était un royaume situé dans la région de la Bohême, en Europe centrale, dont la plupart des territoires se trouvent actuellement en République tchèque. Devenu une possession héréditaire des Habsbourg en 1620, le royaume a fait partie du Saint Empire jusqu’à sa dissolution en 1806, après quoi il est devenu une partie de l’Empire d’Autriche, puis de l’Empire austro-hongrois.
[5] Le royaume de Hongrie est le terme historiographique donné à différentes entités politiques de la Hongrie au Moyen Âge (à partir de 1001), à l’époque moderne et jusqu’à l’époque contemporaine (1946). La date de création du royaume remonte à l’an 1001, lorsque Étienne (István) transforme l’ancienne grande-principauté en royaume chrétien. L’unité du royaume est mise à mal lors de l’occupation ottomane d’une partie du pays en 1526, durant laquelle deux territoires se disputent la continuité royale (la Hongrie royale dominée par l’empire d’Autriche et la Hongrie orientale, prémisse de la principauté de Transylvanie). Le royaume de Hongrie recouvre l’essentiel de son territoire médiéval d’abord en 1848-1849, puis dans le cadre du compromis austro-hongrois signé en 1867 et conserve son régime après le démantèlement du pays en 1920 jusqu’à 1946, sous la forme d’une régence. Entre l’an 1001 et 1946, le royaume de Hongrie a cessé d’exister à trois reprises : en 1849, lors de la Révolution hongroise de 1848, de la République démocratique hongroise de 1918 et de la République des conseils de Hongrie de 1919. Depuis 1946, la Hongrie est une république.
[6] La Pragmatique Sanction est un édit de l’empereur Charles VI pour s’assurer qu’une femme puisse hériter des territoires héréditaires de la maison de Habsbourg, situés tant à l’intérieur du Saint Empire qu’à l’extérieur. Cette décision fut prise en 1713, réglant la dévolution de sa succession aux possessions héréditaires des Habsbourg. Le chef de cette famille portait le titre d’archiduc d’Autriche et recevait l’archiduché d’Autriche, le royaume de Hongrie, le royaume de Bohême, des territoires italiens et les Pays-Bas. Cette mesure ne concernait pas la dignité d’empereur des Romains, souverain du Saint Empire romain germanique, qui restait élective, bien qu’attitrée à l’archiduc d’Autriche, chef des Habsbourg, depuis des siècles.
[7] La guerre de Succession d’Autriche (1740/1748, traité d’Aix-la-Chapelle) est un conflit européen né de la contestation par les États qui y avaient souscrit de la Pragmatique Sanction, par laquelle l’empereur Charles VI du Saint Empire léguait à sa fille Marie-Thérèse d’Autriche les États héréditaires de la maison de Habsbourg.
[8] Moscou est la capitale de la Russie et la ville la plus peuplée à la fois du pays et d’Europe. Sur le plan administratif Moscou fait partie du district fédéral central et a le statut de ville d’importance fédérale qui lui donne le même niveau d’autonomie que les autres sujets de la Russie. Elle est quasiment enclavée dans l’oblast de Moscou, mais en est administrativement indépendante. Moscou se situe dans la partie européenne de la Russie au milieu d’une région de plaine. Sa latitude élevée lui vaut un climat froid et continental. Le Kremlin, son cœur historique, est édifié sur une colline qui domine la rive gauche de la rivière Moskova. Moscou a joué un rôle central dans l’histoire de la Russie. Petit point d’appui militaire créé en 1147 dans le nord de la Rus’ de Kiev, elle prend progressivement le relais de Kiev, après la décomposition politique de cet État et les invasions mongoles du 13ème siècle. Elle devient la capitale du grand-duché de Moscou, tsarat de Russie puis de l’Empire russe qui étend progressivement son territoire jusqu’à la frontière avec la Pologne à l’ouest, la Crimée au sud et l’océan Pacifique à l’est. Elle perd son rôle de capitale au profit de Saint-Pétersbourg lorsque Pierre le Grand au début du 18ème siècle décide de moderniser son pays à marche forcée. Néanmoins, au cours des 18 et 19ème siècles, Moscou devient un centre industriel majeur et le cœur du réseau de communications ferré et routier d’un pays qui compte désormais parmi les grandes puissances européennes. La révolution d’Octobre en 1917 redonne le rôle de capitale à Moscou et met en place un régime communiste qui accélère en deux décennies l’industrialisation de la ville et quadruple la population
[9] La Diète de Francfort était un organe constitutionnel important qui se réunissait à Francfort pour résoudre des litiges, décider de la diplomatie et des questions militaires. Elle est considérée comme la continuation de la tradition franque des assemblées populaires, où les hommes libres se réunissaient pour traiter des problèmes majeurs. Après la chute de l’Empire en 1806, la Diète d’Empire a été remplacée par la Diète de la Confédération, qui se tenait également à Francfort.
[10] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince Électeurs de l’Empire.
[11] Le diocèse de Mayence est une église particulière de l’Église catholique latine en Allemagne. Son siège est la cathédrale Saint-Martin de Mayence dédiée à Martin de Tours. Érigé au 4ème siècle, il est élevé au rang d’archidiocèse métropolitain au 8ème siècle. Au 12ème siècle, l’archevêque de Mayence devient prince électeur du Saint Empire romain germanique. En 1803, le siège archiépiscopal est transféré à Ratisbonne.
[12] Le diocèse de Cologne, en Allemagne, fut fondé au 4ème siècle et devint archidiocèse métropolitain de rite romain au 8ème siècle. Au 13ème siècle, l’archevêque de Cologne prend le rang prestigieux de Prince Électeur du Saint Empire, le territoire de l’archevêché se muant en Électorat de Cologne.
[13] Le palatinat du Rhin, l’électorat palatin, ou encore en forme longue le comté palatin du Rhin, aussi connu sous le nom de Bas Palatinat ou de Palatinat inférieur, possession du comte palatin du Rhin, était l’un des sept plus anciens électorats du Saint Empire romain germanique. Son souverain était appelé électeur palatin. Situé de part et d’autre du Rhin, il avait pour limites : au sud, la Lorraine et l’Alsace (et comprenait le bailliage de Seltz de 1418 à 1766) ; à l’ouest et au nord, Trèves, Mayence et Liège ; de l’autre côté du Rhin, Bade et le Wurtemberg. Il avait dans sa plus grande largeur 125 km, et sa capitale était Heidelberg. Les principales autres villes étaient Mannheim et Frankenthal. Son territoire s’étendait sur les actuels länder de Bade-Wurtemberg, de Hesse, de Rhénanie-Palatinat, de Sarre et sur l’Alsace-Moselle.
[14] L’Électorat de Saxe était un État du Saint Empire romain germanique de 1356 à 1806 dont le souverain était investi d’une fonction élective au trône impérial. Il succéda au duché de Saxe-Wittemberg et fut remplacé par le royaume de Saxe.
[15] La Bavière officiellement appelée État libre de Bavière, est située dans le Sud-Est de l’Allemagne et est un des seize Länder allemands. Sa capitale est Munich. les électeurs de Bavière sont alliés de la France contre l’Autriche et, en 1681, la duchesse Marie-Anne de Bavière épouse le dauphin, fils aîné de Louis XIV. Cependant, elle ne sera jamais reine de France : elle meurt prématurément à l’âge de 29 ans après avoir donné 3 fils à la couronne de France, dont le futur Philippe V d’Espagne. L’électeur Maximilien II Emmanuel, petit-fils de l’électeur Maximilien Ier et frère de la dauphine Marie-Anne-Victoire, s’étant déclaré pour la France dans la guerre de Succession d’Espagne, est mis au ban de l’Empire après la bataille d’Höchstädt en 1704 et il ne rentre dans ses droits qu’après la paix de Bade en 1714. Charles-Albert, qui lui succède, prétend à la succession de l’Empereur Charles VI, conquiert la Bohême et l’Autriche, et se fait même couronner à Francfort en 1742 sous le nom de Charles VII, mais, vaincu par François de Lorraine, gendre du défunt Charles VI à la tête des troupes autrichiennes, il se voit forcé non seulement de renoncer à l’Empire, mais d’abandonner la Bavière elle-même à François de Lorraine ; il meurt avant la fin de la guerre. François de Lorraine est élu empereur. Maximilien III Joseph, son fils, fait la paix avec François et recouvre ses États par la paix de Füss en en 1745. La Bavière jouit d’un peu de repos lorsque la mort de Maximilien Joseph, dernier rejeton des Wittelsbach de Bavière, soulève de nouvelles discordes. Charles Théodore, électeur palatin, son lointain cousin et successeur, répugnant à quitter ses États s’entend avec l’empereur Joseph II pour échanger la Bavière qui passerait à l’Autriche contre les Pays-Bas autrichiens. La démarche échoue à cause de la Prusse qui s’instaure avec grandiloquence défenseur des libertés des princes de l’Empire contre le despotisme impérial. Charles-Théodore parvient cependant à régner en Bavière, et après sa mort en 1799, son neveu Maximilien Joseph de Deux-Ponts lui succède.
[16] Le Brandebourg Prusse était un État européen regroupant dès 1618 la Marche de Brandebourg et le Duché de Prusse sous l’union personnelle de la dynastie de Hohenzollern. Il a été à l’origine de la création en 1701 du Royaume de Prusse.
[17] Hanovre est une ville du Nord de l’Allemagne, capitale du Land de Basse-Saxe et située au bord de la rivière Leine. À partir du 17ème siècle, Hanovre joue un rôle politique international considérable : en 1714, le fils de Ernst-August de Hanovre monte sur le trône de Grande-Bretagne sous le nom de Georges 1er ; cette union personnelle entre la couronne britannique et la principauté de Hanovre procure à celle-ci un prestige considérable.
[18] Le traité de Nymphenburg est un traité entre la Bavière et l’Espagne qui a été conclu le 28 mai 1741 au château de Nymphenburg à Munich. C’était le premier pacte formel d’une série d’alliances parrainées par la France contre le monarque des Habsbourg, Marie-Thérèse. Grâce à cet accord, l’électeur bavarois Charles-Albert a obtenu le soutien du roi Philippe V d’Espagne pour devenir le prochain empereur du Saint-Empire romain germanique contre les revendications des Habsbourg. Le traité a été négocié par le maréchal de Belle isle sous l’autorité de Louis XV de France. Dans le cadre des négociations, les Français ont accepté de soutenir matériellement les revendications de Charles-Albert. Le traité a marqué l’expansion de la première guerre de Silésie, qui a commencé comme une guerre locale entre la Prusse et la monarchie des Habsbourg, en la guerre de Succession d’Autriche, un conflit paneuropéen.
[19] Prague est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque, en Bohême. Située au cœur de l’Europe centrale, à l’ouest du pays, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava. Capitale historique du royaume de Bohême, berceau du peuple tchèque, Prague connaît son apogée au 14ème siècle sous le règne du roi de Bohême et empereur germanique Charles IV qui en fait la capitale de l’Empire. Elle est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les balbutiements de la réforme protestante lorsque Jan Hus prêche contre les abus de la hiérarchie catholique et le commerce des indulgences. Brièvement redevenue capitale impériale et culturelle au tournant des 16ème et 17ème siècles sous le règne de Rodolphe II, Prague perd progressivement en importance jusqu’à la Renaissance nationale tchèque au 19ème siècle puis la création de la Tchécoslovaquie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1918, dont elle devient la capitale.
[20] La Silésie est une région historique en Europe centrale qui s’étend dans le bassin de l’Oder sur trois États : la majeure partie est située dans le Sud-Ouest de la Pologne, une partie se trouve au-delà de la frontière avec la Tchéquie et une petite partie en Allemagne.
[21] La bataille de Mollwitz se déroula le 10 avril 1741 à Mollwitz, en Silésie, pendant la guerre de Succession d’Autriche, entre l’armée prussienne et l’armée autrichienne. Les deux camps commirent des erreurs stratégiques, mais Frédéric II de Prusse, qui participa là à sa première bataille, obtint sa première victoire et cimenta son autorité sur le territoire nouvellement conquis de la Silésie.
[22] Berlin est la capitale et la plus grande ville d’Allemagne. Institutionnellement, c’est une ville-État nommée Land de Berlin. Fondée au 13ème siècle, Berlin a été successivement capitale de l’électorat du Brandebourg de 1247 à 1701, du royaume de Prusse de 1701 à 1871, de l’Empire allemand de 1871 à 1918, de la République de Weimar de 1919 à 1933 et du Troisième Reich de 1933 à 1945. Après 1945 et jusqu’à la chute du mur de Berlin en 1989, la ville est partagée en quatre secteurs d’occupation.
[23] Les Magyars ou Hongrois sont à l’origine un groupe ethno-linguistique finno-ougrien originaire d’Asie centrale et dont les migrations successives, d’abord vers l’Oural, ensuite vers la mer Noire (pays d’Etelköz, l’actuelle Ukraine) ont finalement abouti à la création du « pays magyar » (Magyarország), c’est-à-dire la Hongrie. Des débats historiographiques récurrents évoquent l’existence de « Magyars orientaux » (keleti Magyarok) dans le Caucase et en Asie centrale. De nos jours, le qualificatif « magyar » est souvent utilisé comme un ethnonyme, pour désigner la catégorie ethnique dans son sens historique (avant la création de l’État hongrois) ou dans son sens socio-culturel, pour désigner les Magyars d’outre-frontières, à savoir les minorités de langue hongroise dans les pays frontaliers de la Hongrie. En hongrois, le qualificatif magyar est également utilisé dans un sens politique, pour désigner tout ce qui est relatif à la Hongrie comme État-nation moderne et par extension tous les citoyens hongrois, quelles que soient leurs origines socio-culturelles.
[24] Munich est une ville du sud de l’Allemagne et la capitale du Land de Bavière. En 1632, durant la guerre de Trente Ans, la ville tombe aux mains de Gustave II Adolphe de Suède. Et en 1634, la peste lui fait perdre les deux tiers de sa population. Entre 1651 et 1679, sous le règne de l’électeur Ferdinand-Marie de Bavière et grâce à sa femme Henriette-Adélaïde de Savoie, Munich s’enrichit de monuments de style baroque italien (Église des Théatins, château de Nymphenburg...) En 1705, pendant la guerre de Succession d’Espagne, l’électeur Maximilien II ayant pris parti pour les Bourbons, la ville retourne sous le patronage des Habsbourgs. L’Académie bavaroise des sciences est créée en 1759.
[25] L’Alsace est une région historique et une collectivité territoriale de l’Est de la France, à la frontière avec l’Allemagne et la Suisse. Sa capitale est Strasbourg. Géographiquement elle se trouve entre le massif des Vosges et le Rhin. Région de l’Europe rhénane, elle fait plus largement partie de l’espace culturel de l’Europe centrale et est historiquement une terre de langue germanique (alémanique et francique) avec des parties romanes (vallées welches, certaines communes du Sundgau). La région historique sous l’Ancien Régime était subdivisée en trois entités : la Haute-Alsace, la Basse-Alsace et la république de Mulhouse. Cette dernière se lance dans l’aventure industrielle dès 1746 et vote sous la contrainte militaire sa réunion à la France en 1798. Française entre le milieu du 17ème siècle et 1870, à la suite de son annexion par Louis XIV, l’Alsace accueille avec enthousiasme la Révolution française.
[26] Le Rhin est un fleuve international d’Europe centrale et de l’Ouest, long de 1 233 km. Il est la colonne vertébrale de l’Europe rhénane, l’espace économique le plus dynamique d’Europe et l’un des grands lieux de puissance du monde. Son bassin versant, de 198 000 km2, comprend le Liechtenstein, la majeure partie de la Suisse et du grand-duché de Luxembourg, une partie de l’Autriche, de l’Italie et de la Belgique, de grandes parties de l’Allemagne et des Pays-Bas et une partie de la France. Il s’agit du plus long fleuve se déversant dans la mer du Nord et de l’une des voies navigables les plus fréquentées du monde.
[27] mercenaire
[28] Metz est une commune française située dans le département de la Moselle, en Lorraine. Préfecture de département. Metz et ses alentours, qui faisaient partie des Trois-Évêchés de 1552 à 1790, se trouvaient enclavés entre la Lorraine ducale et le duché de Bar jusqu’en 1766.
[29] l’actuelle Belgique
[30] Tournai est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne et en Flandre romane , chef-lieu d’arrondissement en province de Hainaut et siège de l’évêché de Tournai.
[31] La bataille de Fontenoy est un affrontement de la guerre de Succession d’Autriche qui se déroula le 11 mai 1745 près de Fontenoy dans les Pays-Bas autrichiens, actuellement une localité de la ville belge d’Antoing, dans la province du Hainaut, non loin de la frontière entre la Belgique et la France. Elle opposa les forces du roi de France, Louis XV, à une armée coalisée, formée de troupes des Provinces-Unies, de la Grande-Bretagne, de Hanovre et de l’Autriche, commandée par William Augustus, duc de Cumberland. La bataille se solda par une victoire française et leur permit de reprendre la ville de Tournai, située à quelques kilomètres au nord, et sa citadelle après y avoir commencé le siège deux semaines plus tôt
[32] Francfort-sur-le-Main est une ville d’Allemagne, généralement appelée simplement Francfort malgré le risque de confusion avec la ville de Francfort-sur-l’Oder. Située sur le Main, la ville est la cinquième ville d’Allemagne par sa population et la plus grande du Land de Hesse. La ville occupe une position centrale en Europe. Elle est distante de 393 km de Munich, 399 km de Bruxelles, 444 km d’Amsterdam, 415 km de Zurich, 582 km de Paris. Les villes situées près de Francfort sont Wiesbaden, Mayence, Darmstadt, Offenbach et Hanau. À partir de 855 les empereurs germaniques y sont nommés avant d’être couronnés à Aix-la-Chapelle.
[33] Dresde est une ville-arrondissement d’Allemagne, capitale et ville la plus peuplée de la Saxe. Elle se situe dans le bassin de Dresde, entre les parties supérieures et médianes de l’Elbe et la plaine d’Allemagne du nord.
[34] La bataille de Lauffeld ou de Lauffeldt se déroule le 2 juillet 1747, pendant l’invasion française des Pays-Bas autrichiens, qui fait partie de la guerre de Succession d’Autriche. Le maréchal Maurice de Saxe mène l’armée française contre les forces combinées des gardes de l’Écosse, sous la bannière du duc de Cumberland, et des Provinces-Unies, combattant sous les ordres du prince d’Orange.
[35] Aix-la-Chapelle est une ville d’Allemagne située dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Elle se situe à 5 km de la jonction des frontières de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Belgique. C’est la ville la plus à l’ouest de l’Allemagne. Au sud commence l’Eifel. Il y est parlé un dialecte de la langue régionale francique ripuaire qui s’appelle Öcher Platt. Le roi franc Pépin le Bref bâtit un château à Aix. Le premier document écrit sur la ville en 765 la mentionne comme Aquis villa. Son fils Charlemagne apprécia l’endroit et en fit son lieu de résidence et la capitale de l’empire, construisant un palais dont la magnifique chapelle allait devenir la cathédrale. C’est à Aix qu’arriva en 802 l’éléphant blanc, présent du calife de Bagdad Harun ar-Rachid et que Charlemagne appela Abul-Abbas. L’empereur fut enterré dans la chapelle palatine en 814.
[36] Dunkerque est une commune française, sous-préfecture du département du Nord. La ville se développa autour de son port. De par sa position, elle suscita de nombreuses convoitises et appartint périodiquement au comté de Flandre, aux royaumes d’Espagne, d’Angleterre et de France. Le 25 juin 1658, elle changea trois fois de nationalité et devint définitivement française le 27 octobre 1662.