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Artaban II

lundi 28 mai 2018, par ljallamion

Artaban II

Roi des Parthes de 128 à 124 av. jc

Carte montrant la situation vers 200 av. jc avec la Parthie (jaune), l'Empire séleucide (bleu) et la République romaine (violet).Troisième fils de Phriapetios , il succède à son neveu Phraatès II tué au combat contre les Sakas [1].

Artaban II arrache la Médie [2] et la Babylonie [3] aux Séleucides [4]. Il doit combattre ensuite lui aussi les Sakas, qu’il réussit à chasser provisoirement.

Pendant ce temps, le gouverneur parthe [5] de Babylonie est chassé par Hyspaosines, un ancien satrape [6] d’Antiochos IV Épiphane, qui, accueilli en libérateur par le peuple, fonde le royaume de Characène [7].

Artaban II meurt d’une blessure au bras, reçue en Bactriane [8], où il repoussait une nouvelle fois les Sakas ou les Tokhariens [9]. Son fils Mithridate II le Grand lui succède.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André Verstandig, Histoire de l’Empire parthe (-250 à 227), Bruxelles, Le Cri Histoire édition,‎ 2001

Notes

[1] Les Sakas ou Saces sont un ensemble mal délimité de peuples indo-européens qui vivaient dans l’Antiquité en Asie centrale, dans une région couvrant le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, et une partie du Pakistan et de l’Iran, et parfois étendue jusqu’aux monts Altaï et à la Sibérie méridionale en Russie selon les auteurs. Il s’agit des branches orientales des peuples Scythes, ceux qui sont le plus souvent mentionnés dans les sources perses sous le terme "saka". Les Scythes étaient un vaste ensemble de peuples indo-européens d’Eurasie centrale parlant des langues iraniennes

[2] À l’époque hellénistique, la Médie tombe sous le contrôle des Grecs, et est incluse après les conflits opposant les Diadoques dans les territoires contrôlés par les Séleucides, après avoir été un temps dominée par Antigone le Borgne. L’ancien général Atropatès qui dirigeait le contingent mède de l’armée perse à la bataille de Gaugamèles, se rallie par la suite à Alexandre le Grand et devient satrape du nord de la Médie, qui devient la Médie Atropatène, futur Azerbaïdjan, qu’il parvient à rendre autonome du pouvoir séleucide. La capitale de ce royaume se trouvait à Gazaca. Après plusieurs décennies d’indépendance, le roi Artabanzanes doit conclure un traité de vassalité avec Antiochos III en 220 av.jc. Cette région reste peu hellénisée, à la différence du sud de la Médie, centré autour d’Ecbatane. Plusieurs villes nouvelles y sont fondées par les souverains séleucides, et l’ancienne Rhaga est renommée Europa. Un satrape local, Molon, se révolte en 220 contre Antiochos III, qui le défait. Entre 163 et 160, c’est un autre satrape de Médie, Timarque, qui se révolte contre Démétrios 1er Sôter, et réussit à prendre le pouvoir en Babylonie, avant d’être finalement soumis. Les révoltes qui secouent le royaume séleucide vers 150 profitent au roi parthe Mithridate 1er qui prend alors la Médie, ainsi que l’Atropatène. Après plusieurs décennies de luttes, le pouvoir des Arsacides est finalement assuré en Médie, en dépit des attaques des nomades orientaux, Scythes ou Tokhariens. La région est réorganisée administrativement, et la ville de Rhaga/Europa est renommée Arsacia.

[3] La Babylonie était une satrapie centrale de l’Empire perse, abritant d’importantes villes comme la capitale de l’empire, Babylone, depuis le 6ème siècle av. .jc. C’est dans sa capitale qu’a eu lieu le premier partage de l’empire d’Alexandre après sa mort en 323. Elle est une région située dans le sud-est de l’Asie Mineure. Selon Strabon, la Babylonie a pour bornes la Susiane à l’est, la péninsule arabique à l’ouest et la Mésopotamie au nord. La Babylonie est traversée par l’Euphrate du nord au sud, jusqu’au Golfe Persique, ce qui correspond au sud de l’Irak actuel. La capitale de cette satrapie est Babylone.

[4] Les Séleucides sont une dynastie hellénistique issue de Séleucos 1er, l’un des diadoques d’Alexandre le Grand, qui a constitué un empire formé de la majeure partie des territoires orientaux conquis par Alexandre, allant de l’Anatolie à l’Indus. Le cœur politique du royaume se situe en Syrie, d’où l’appellation courante de « rois de Syrie ». Les Séleucides règnent jusqu’au 2ème siècle av. jc sur la Babylonie et la Mésopotamie dans la continuité des Perses achéménides.

[5] La Parthie est une région historique située au nord-est du plateau iranien, ancienne satrapie de l’empire des Achéménides et berceau de l’Empire parthe qui domine le plateau iranien et par intermittence la Mésopotamie entre 190 av. jc. et 224 ap. jc. Les frontières de la Parthie sont la chaîne montagneuse du Kopet-Dag au nord (aujourd’hui la frontière entre Iran et Turkménistan) et le désert du Dasht-e Kavir au sud. À l’ouest se trouve la Médie, au nord-ouest l’Hyrcanie, au nord-est la Margiane et au sud-est l’Arie. Cette région est fertile et bien irriguée pendant l’antiquité, et compte aussi de grandes forêts à cette époque.

[6] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’Empire perse.

[7] Le royaume de Characène est fondé vers 127 avant jc par Aspasinè, nommé Hyspaosinès par les auteurs classiques, un ancien satrape d’Antiochos IV Épiphane. Survivant à la dissolution de l’Empire Séleucide, la Characène devient vassale de l’Empire Parthe jusqu’à sa chute au début du 3ème siècle. Les rois sassanides mirent un terme à la dynastie royale locale et la remplacèrent par des gouverneurs.

[8] La Bactriane ou Bactrie est une région à cheval sur les États actuels d’Afghanistan, du Pakistan, de la Chine, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et aussi un peu du Turkménistan, située entre les montagnes de l’Hindū-Kūsh et la rivière Amou-Daria. Elle était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes : au sud les Paropamisades et l’Inde ; au nord, la Sogdiane ; à l’est, la Scythie extra Imaum ; à l’ouest, l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens.

[9] Les Tokhariens étaient un peuple indo-européen d’Asie centrale qui a habité le bassin du Tarim, c’est-à-dire l’actuelle région autonome du Xinjiang (Turkestan oriental), en Chine, et a disparu il y a environ un millénaire. Leur civilisation a été redécouverte par les Occidentaux il y a près d’un siècle, mais elle reste relativement méconnue.