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Abu Marwan Abd al-Malik

samedi 3 mars 2018

Abu Marwan Abd al-Malik (mort en 1578)

Cinquième sultan de la dynastie saadienne de 1576 à sa mort

Oncle déshérité de son prédécesseur au court règne de 2 ans, Abd al-Malik avait très tôt en 1557 cherché refuge auprès de la sublime Porte [1].

Très vite, il chercha à écarter ce vieil allié turc qui lui avait pourtant permis de s’installer sur le trône, car il savait que cette aide était conditionnée par une intégration du royaume dans la sphère d’influence turque, et cette menace lui apparaissait comme autrement dangereuse que celle de l’Espagne de Philippe II, contrainte de disperser ses efforts d’Italie aux Pays-Bas.

Abd el-Malik, oncle de l’émir saadien [2] Muhammad al-Mutawakkil , réfugié à Constantinople, dirige une expédition contre le Maroc avec l’aide des Turcs. Muhammad al-Mutawakkil est battu et se réfugie en Espagne.

Abd el-Malik qui avait reconnu le sultan Mourad III comme son Calife [3], réorganisa l’armée, les douanes et tout un ensemble des fonctions de l’État sur le modèle turc, renforçant la cohésion du royaume et le dotant d’un appareil militaire puissant. Mais il acheta le départ des troupes ottomanes à prix d’or.

Dans le domaine des relations avec les nations chrétiennes, particulièrement sur le plan commercial, il entra en rapport avec la France, l’Angleterre et l’Espagne. Les relations amicales qu’il noua avec Philippe II d’Espagne obligèrent El-Mottouakil à gagner le Portugal, dont il convainc le roi, Sébastien, d’envahir le Maroc.

Mais les relations furent particulièrement chaleureuses avec l’Angleterre, dans le cadre d’alliance anglo-marocaine négociée avec Elisabeth 1ère, qui devait se révéler durable.

Don Sébastien du Portugal débarqua donc à Tanger [4] et à Asilah [5], mais les troupes d’Abd el-Malik furent victorieuses à la bataille de l’oued el-Makhazin, appelée aussi bataille de Ksar el-Kébir [6]. En effet, trois souverains moururent au cours du combat. Don Sébastien fut tué du moins le suppose-t-on, son corps n’ayant jamais été formellement identifié et El-Mottouakil périt noyé, quant à Abd el-Malik il fut emporté par la maladie.

8 000 portugais furent tués, 10 à 20 000 fait prisonniers, une centaine purent gagner Tanger et rapporter la confirmation de la nouvelle à Lisbonne.

La victoire de l’oued El-Makhazin accrut le prestige du Maroc et enrichit son souverain, qui s’était emparé d’un important butin et qui reçut de nombreuses rançons en échange de la liberté des prisonniers de guerre portugais.

Al-Mansur tira aussi des revenus de la course en favorisant les corsaires de Salé [7] et de Rabat.

Enfin, il y eut des échanges commerciaux avec l’Espagne, l’Angleterre, l’Empire ottoman et dans une moindre mesure, avec la France.

Son frère Ahmed al-Mansur Saadi fut proclamé sultan sur le champ de bataille. Il prit le nom d’al-Mansur [8] et stabilisa le royaume tout en étendant sa domination en direction des oasis et de l’empire Songhai [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Abu Marwan Abd al-Malik/ Portail du Maroc/ Sultan du Maroc

Notes

[1] empire ottoman

[2] Les Saadiens ou Zaydanides elle est l’une des 6 dynasties (Idrissides, Almoravides, Almohades, Mérinides, Alaouite) qui ont régné sur le Maroc et dont la capitale est Marrakech entre 1549 et 1660. Princes de Tagmadert à partir de 1509, ils gouvernent à partir de 1511 une principauté s’étendant sur le Souss, le Tafilalet et la vallée du Drâa.

[3] Le terme khalife ou caliphe, littéralement « successeur » (sous-entendu du prophète), titre porté par les successeurs de Mahomet après sa mort en 632 et, pour les sunnites, jusqu’à l’abolition de cette fonction par Mustafa Kemal Atatürk en 1924. Les ibadites ne reconnaissent plus aucun calife depuis 657. L’autorité d’un calife s’étend sur un califat. Il porte aussi le titre de commandeur des croyants, titre aboli chez les chiites après la mort d’Ali. Les critères de choix sont différents entre les chiites et les sunnites mais le porteur du titre a pour rôle de garder l’unité de l’islam et tout musulman lui doit obéissance : c’est le dirigeant de l’oumma, la communauté des musulmans. Pour les sunnites, la fonction est élective. Les chiites pensent à l’inverse que si un calife doit être choisi, il devra l’être selon le principe de l’imamat. L’actuel et unique prétendant des chiites duodécimains est Muhammad al-Mahdi, en occultation depuis 939 et qui n’est autre que le Mahdi.

[4] Tanger est une ville du Nord du Maroc, dans le Rif occidental. Située à l’extrémité du nord-ouest du pays sur le détroit de Gibraltar, la ville se trouve à 24 kilomètres de la côte espagnole. Le général musulman Moussa Ibn Noçaïr, gouverneur du Maghreb au service des Omeyyades de Damas, s’intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c’est donc de là qu’en 711, commence la conquête de l’Espagne par les troupes de Tariq ibn Ziyad un lieutenant d’Ibn Noçaïr, à qui Gibraltar doit son nom (Djebel Tarik, la « montagne de Tarik »). Pendant les 5 siècles qui suivent, des dynasties différentes se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrisides de Fès, les Omeyyades de Cordoue, s’affrontent pour sa domination pendant plus d’un siècle. Au milieu du 10ème siècle, les Ifrénides, Maghraouas, Fatimides et Zirides y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu’en 1149, date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s’inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir Mérinide en 1274.

[5] Assilah ou Asilah est un port au nord-ouest du Maroc, à une quarantaine de kilomètres de Tanger, dans la préfecture de Tanger-Assilah, région de Tanger Tétouan.

[6] La bataille des Trois Rois (4 août 1578) a été une bataille décisive ayant mis fin au projet d’invasion du Maroc du roi du Portugal Sébastien 1er. Elle eut lieu sur les rives du fleuve Oued al-Makhazin, affluent du Loukos arrosant Ksar-el-Kébir dans la province de Larache. S’opposèrent durant cette bataille l’armée du sultan marocain nouvellement porté au pouvoir, Abu Marwan Abd al-Malik, composée de cavaliers marocains et ottomans (zouaouas), d’artilleurs turcs et d’arquebusiers andalous, et l’armée portugaise du roi Sébastien 1er, assisté de son allié le sultan marocain déchu, Muhammad al-Mutawakkil, principalement composée de mercenaires italiens, flamands et allemands qui lui avaient été accordés par son oncle Philippe II d’Espagne. Les trois principaux protagonistes périrent au cours de cette bataille.

[7] Salé est une ville et commune du Maroc, chef-lieu de la préfecture de Salé, au sein de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Elle est située au bord de l’océan Atlantique, sur la rive droite (nord) de l’embouchure du Bouregreg, en face de la capitale nationale Rabat. Ceci explique que les deux villes soient parfois qualifiées de « villes jumelles », mais chacune dispose de ses traditions et de son histoire propres. Fondée par les explorateurs Phéniciens au 3ème siècle av. jc, Salé connaît un important développement à l’époque des Almohades au 12ème siècle et des Mérinides au 14ème siècle, du fait de sa position stratégique sur la voie terrestre qui relie Fès à Marrakech et grâce à son port, centre d’échanges entre l’Europe et le Maroc.

[8] le victorieux

[9] L’Empire songhaï, ou empire des Songhaï, est un État d’Afrique de l’Ouest ayant existé entre le 15ème et le 16ème siècle. L’empire songhaï est initialement un petit royaume étendu le long du fleuve Niger. Au 7ème siècle, c’est le royaume de Gao, devenant par la suite vassal des empires du Ghana et du Mali. Il devient un empire durant le 15ème siècle. À son apogée l’empire Songhaï s’étend sur une partie du Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuels. La mort de Sonni Ali Ber ouvre une courte période (1492-1493) d’instabilité au sein de l’Empire songhaï. Sonni Baare, pressenti pour lui succéder, refuse de se convertir à l’Islam. Mohammed Sylla, du clan des Touré, gouverneur régional, prend le pouvoir avec l’aide des oulémas de Djenné, de Tombouctou et de Gao. Il fonde une dynastie appelée par la suite dynastie des Askias. Sarakollé Mohammed Touré (1493-1528), soninké (et donc non songhaï), originaire du Tekrour, prend le contrepied de la politique religieuse de Sonni Ali Ber. Il achève d’islamiser le royaume à travers plusieurs batailles que rapporte le voyageur Léon l’Africain. L’empire songhaï, largement islamisé, au moins dans les grandes villes, connaît son apogée sous la dynastie musulmane des Askia. Le Songhaï s’effondre en 1591 à la suite de l’invasion des armées du sultan marocain Ahmed IV el-Mansour, conduites par le mercenaire ibérique Yuder Pacha. Vaincus après la bataille de Tondibi, en 1591, les Songhaï essayent de négocier avec le sultan marocain, puis devant son refus, organisent une guérilla contre le corps expéditionnaire marocain. Les derniers askias songhaï indépendants sont contraints de faire allégeance aux pachas marocains, avant de se replier en aval du fleuve Niger, autour de Sikieye, la nouvelle capitale, située aujourd’hui à l’emplacement de Niamey (Niger). L’empire éclate en une douzaine de principautés. À Tombouctou, les Marocains nomment un askia à leur solde ; son autorité ne déborde guère des limites de la ville.