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Hildéric ou Hildiric

samedi 11 juin 2016

Hildéric ou Hildiric (vers 460-533)

Roi des Vandales et des Alains d’Afrique de 523 à 530

Prince vandale [1] de la dynastie hasding, il est le fils du roi Hunéric et le petit-fils du grand roi Genséric. Sa mère est la princesse romaine et catholique Eudocia, fille de Valentinien III, empereur romain d’Occident.

Promise à Hunéric lors d’un traité entre Genséric et Valentinien III , Eudocia (ou Eudoxie), âgée d’environ 16 ans, est enlevée lors du pillage de Rome par les troupes vandales dans la première moitié de juin 455, et ramenée à Carthage, alors la capitale vandale où elle est gardée en otage sept ans par Genséric, avec sa mère et sa sœur aînée.

Ce dernier la donne en mariage à son fils aîné, Hunéric, et Hildéric naît de cette union forcée, entre 456 et 462. Descendant de la dynastie impériale théodosienne, il vécut près de quarante ans à la cour de Constantinople.

À la mort de son père en 484, Hildéric est écarté du trône selon la coutume vandale, le trône allant à l’homme le plus âgé de la famille royale, pour éviter le règne d’un enfant.

En 523, devenu un vieillard, il peut enfin succéder à Thrasamund , étant devenu le patriarche de la famille royale. De caractère doux et d’abord facile, Hildéric laisse les affaires militaires à son cousin Hoamer et entretient des rapports apaisés avec les catholiques, quoiqu’il soit lui-même chrétien arien. En 525, il rétablit la tolérance avec les catholiques par un édit.

Le royaume, très affaibli, est alors en état de décomposition et de division avec une noblesse de plus en plus prompte à se rebeller contre l’autorité royale. La domination vandale ne s’exerce que sur une partie de l’ancienne Afrique romaine, et se rétrécit face aux attaques des principautés berbères.

L’emprisonnement sous prétexte de complot de Amalafrida , veuve de son prédécesseur Thrasamund et fille de Théodoric le Grand, et le massacre de sa garde gothique rompent les bonnes relations avec le royaume ostrogoth [2] d’Italie. Le roi ostrogoth ne peut toutefois se venger, faute d’une flotte suffisante pour envoyer une expédition de représailles.

En revanche Hildéric entretient de bonnes relations avec Justinien, empereur d’Orient, marquées par des échanges diplomatiques de cadeaux.

Des montagnards berbères conduits par leur chef Antalas battent sévèrement l’armée vandale dans le sud de la Byzacène [3] et l’armée ne soutient plus son roi.

En 530, un coup d’État a lieu, dirigé par son cousin Gélimer et ses partisans, hostile aux catholiques et aux byzantins. Le vieux roi est déposé, destitué et emprisonné avec ses proches, dont Hoamer.

Cet évènement entraînera l’intervention byzantine trois ans plus tard. En 533, tandis que l’armée de Bélisaire approche, Hildéric est finalement exécuté sur l’ordre de Gélimer.

En 534, le général Bélisaire célèbre à Constantinople un triomphe sur les Vandales où figure Gélimer. Ce dernier reçoit ensuite un domaine en Cilicie [4]. Les enfants de Hilderic furent aussi ramenés à Constantinople et dotés de revenus considérables par Justinien et Théodora, car ils étaient les derniers descendants de l’empereur Valentinien III.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Procope, traduction de Denis Roques, La guerre contre les Vandales, Les Belles Lettres, série La roue à livres, 1990

Notes

[1] Les Vandales sont un peuple germanique oriental. Ils conquirent successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (sud de l’Espagne), l’Afrique du Nord et les îles de la Méditerranée occidentale lors des Grandes invasions, au 5ème siècle. Ils fondèrent également le « royaume vandale d’Afrique » (439–534) dont la capitale fut Carthage.

[2] Le royaume ostrogoth est un des royaumes goths fondés en Europe par une branche des Goths, les Ostrogoths. C’est le seul à proprement parler qui puisse se dénommer royaume barbare d’Italie, puisqu’il succède à l’Empire romain sur son sol natal à un moment où les Grandes invasions sont dans une phase de mouvement et non de sédentarisation. Il s’agit donc de l’un des premiers royaumes barbares à succéder à l’Empire. Il est fondé sous le règne de Théodoric le Grand, (à ne pas confondre avec Théodoric 1er, roi wisigoth qui fonde les bases du royaume de Toulouse). Sa capitale était Ravenne et non Rome.

[3] La Byzacène (appelée Byzacium dans les sources) est un ensemble régional correspondant à l’actuelle Tunisie mais qui peut correspondre à certains moments de son histoire à des entités administratives distinctes. En 303, elle devient une province à part entière après la réforme administrative de Dioclétien et se détache de la province d’Afrique. Sa capitale est alors Hadrumète. Elle est gouvernée par un praeses qui devient perfectissime puis clarissime sous Constantin. Elle compte nombre de cités d’importance à l’instar de Thysdrus, Pupput, Leptis Minor, Ruspina et Acholla et Sufetula (aujourd’hui Sbeïtla). Avec la christianisation de l’Afrique du Nord, elle devient le cadre d’une intense activité épiscopale. Ainsi, en 345-348, elle bénéficie des prérogatives inhérentes au statut de primatie et, en 397, elle est reconnue comme premier primat. En 442, après avoir souffert des incursions de Geiseric, son territoire est officiellement annexé par les Vandales.

[4] La Cilicie est une région historique d’Anatolie méridionale et une ancienne province romaine située aujourd’hui en Turquie. Elle était bordée au nord par la Cappadoce et la Lycaonie, à l’ouest par la Pisidie et la Pamphylie, au sud par la mer Méditerranée et au sud-est par la Syrie. Elle correspond approximativement aujourd’hui à la province turque d’Adana, une région comprise entre les monts Taurus, les monts Amanos et la Méditerranée.