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L’esclavage ne gêne pas grand monde

lundi 22 décembre 2025, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 26 juillet 2013).

L’esclavage ne gêne pas grand monde

Le Code noir, ou Édit servant de règlement pour le gouvernement et l'administration de la justice, police, discipline et le commerce des esclaves nègres dans la province et colonie de la Louisiane

Le Code noir, ou Édit servant de règlement pour le gouvernement et l’administration de la justice, police, discipline et le commerce des esclaves nègres dans la province et colonie de la Louisiane

Largement abordée par la littérature des Lumières, la question de l’égalité des races resurgit modestement à la Révolution. Même les esprits les plus éclairés restent divisés quant à l’abolition.

Entre 1713 et 1791, 1 million d’esclaves arrivent aux Antilles [1], dont plus de 775 000 à Saint Domingue ou il représentent en 1789, 89 % de la population [2]

Pendant le règne de Louis XVI , l’empire colonial français n’a pas évolué dans ses frontières coloniales. Depuis le traité de Paris de 1763 [3], cet empire s’est considérablement réduit, amputé des possessions dans les Indes orientales à l’exception des comptoirs détenus avant 1749, Chandernagor [4], Pondichéry [5], Mahé [6] et Karikal [7], étapes importantes pour le commerce des produits d’Extrême-Orient. Dans l’océan Indien, l’île de France [8] et Bourbon [9] sont 2 des “îles à sucre” dont la mise en valeur repose sur une petite population de colons planteurs et une masse importante d’esclaves. Aux Amériques, la France a encore la Louisiane et, surtout, de nombreuses îles des Caraïbes dont Saint-Domingue, la “perle des Antilles”, la Guadeloupe [10] et la Martinique [11] ainsi que la Guyane [12].

Les colons sont en relation, d’une part, avec le pouvoir royal auquel ils demandent protection puisque les colonies sont propriétés royales et, d’autre part, avec les grands négociants principalement situés à Nantes [13] et Bordeaux [14]. Ces négociants assurent le commerce du sucre et des autres produits des plantations café et indigo sur les hautes terres de Saint-Domingue. Ils assurent également l’approvisionnement des îles en esclaves appelés “bossales”, amenés d’Afrique dans les bateaux de la traite négrière. Le règne de Louis XVI correspond, pour la traite comme pour l’économie sucrière, à son apogée.

Selon les colonies, les problèmes sont évidemment différents. Les Antilles, plus que les îles de l’océan Indien, sont, à la fin de l’Ancien Régime, influencées par l’indépendance des Etats-Unis tout proches. Un sentiment indépendantiste semble poindre chez certains colons et, de l’autre côté du miroir social,des révoltes d’esclaves éclatent sporadiquement à Saint-Domingue ou en Guyane. Certaines îles comme Saint-Domingue ont en effet connu un système de ségrégation raciale qui n’existait pas, par exemple, à la Guadeloupe.

Cependant, le règne de Louis XVI voit se développer des problèmes communs à toutes les îles à sucre françaises. La question de l’esclavage, la question raciale, la question du régime commercial. Celles-ci s’inscrivent dans un cadre institutionnel reposant, d’une part, sur le Code noir élaboré en 1685 sous Louis XIV et, d’autre part, sur le principe de l’exclusif commercial, caractéristique du colbertisme, qui limite à la seule métropole les débouchés du commerce colonial en confiant sa gestion à des compagnies telles que la compagnie des Indes occidentales sous Louis XVI. De même que les questions se posent différemment selon les colonies, de même, le cadre peut être interprété différemment en fonction des rapports de la métropole avec chaque colonie, et en fonction des différentes sociétés coloniales.

La question de l’esclavage occupe donc une partie importante dans la littérature des Lumières. Voltaire et Bernardin de Saint-Pierre l’évoquent plus ou moins précisément. Une trentaine de cahiers de doléances sur 60 000 demandent même la fin de l’esclavage. La deuxième génération des Lumières, celle des encyclopédistes, propose un éventail de thèses extrêmement varié. D’Alembert est plutôt favorable à l’esclavage auquel Louis de Jaucourt est très opposé. Un certain consensus parmi les abolitionnistes existe cependant sur un point. L’abolition doit être progressive parce que les esclaves, comme les enfants en bas âge, les imbéciles ou les fous, sont privés d’un certain nombre de droits naturels, selon Condorcet , et il faut qu’ils évoluent pour acquérir effectivement ces droits.

Ces abolitionnistes, très liés aux libéraux anglais comme Adam Smith , qui dénoncent dans l’esclavage un système moins rentable que le salariat, se dotent en 1788 d’un moyen de pression politique, la Société des amis des Noirs [15]. Sa philosophie est rappelée en février 1790 dans une adresse à l’Assemblée nationale. C’est au nom de la prospérité et du libéralisme qu’après Adam Smith, les Amis des Noirs plaident pour l’abolition, au moins autant que par un souci, très rarement explicite, d’affirmer l’égalité entre Noirs et Blancs. Outre Condorcet, on y retrouve Jacques Pierre Brissot , le banquier Étienne Clavière , Antoine Lavoisier , La Fayette . Des hommes qui se rencontrent depuis longtemps dans le cadre de l’Académie voire, au début des années 1780, dans les salons du mesmérisme. Si la plupart d’entre eux sont en contact avec la Cour à différents titres, il ne semble pas que Louis XVI ait prêté un grand intérêt à leur activisme. Cependant, quand Louis Marthe de Gouy d’Arsy vient demander au roi d’interrompre les activités de la Société des amis des Noirs, celui-ci répond. “Ces pauvres Noirs ont-ils donc des amis en France ? Tant mieux, je ne veux pas interrompre leurs travaux.”

La condition des esclaves fait, par ailleurs, l’objet de quelques améliorations sur les terres exploitées directement pour le souverain. Globalement, celui-ci, peu au fait de ces questions mais sensible aux idées généreuses des Lumières, semble vouloir humaniser le sort des esclaves sans jamais mettre en cause ni le système esclavagiste ni les modalités de la traite négrière.

La question est compliquée par deux variables. La première est démographique, il y a, dans les colonies françaises, une surreprésentation quantitative des esclaves, qu’ils soient nés en Afrique ou créoles. Ce phénomène est particulièrement important à Saint-Domingue en 1789.


La situation des esclaves peut varier selon les individus et les colonies. Cependant, elle est, dans les colonies françaises, depuis l’embarquement en Afrique jusqu’aux plantations ou aux fabriques, véritablement épouvantable.

Seconde variable : parmi les hommes libres, un nombre croissant de “libres de couleur”, souvent métis, viennent contester parfois la prépondérance économique des Blancs. Leur démographie est très dynamique, bien plus que celle des esclaves nés en Afrique et des Blancs, qu’ils égalent en 1789.

Ils sont eux-mêmes souvent propriétaires d’esclaves et, dans certaines îles comme à la Guadeloupe [16] ou dans les îles de l’océan Indien [17], peuvent avoir des relations relativement bonnes avec les colons européens. En revanche, à Saint-Domingue, un système ségrégationniste s’est mis en place, fondé sur des théories raciales opportunément constituées. On distingue ainsi les “nègres affranchis” des “libres de couleur”.

La question raciale est donc liée à celle de l’esclavage. Le “préjugé de couleur” apparaît dans certaines sociétés coloniales et, au premier chef, à Saint-Domingue, contre le Code noir qui ne fait pas de distinction entre les différents “sujets libres du roi de France”, blancs ou noirs. Sans doute cette évolution est-elle un moyen de pallier la progression démographique des populations noires et métissées, susceptible de menacer la prééminence blanche. Il semble en effet que dans les sociétés où le ratio Blancs/gens de couleur n’est pas trop déséquilibré, comme à la Guadeloupe, le « préjugé de couleur » s’impose moins radicalement. Juste avant l’avènement de Louis XVI, quatre catégories sont élaborées dans la Perle des Antilles. Les Blancs, les quarterons, les mulâtres et les nègres, en fonction de la généalogie. Le droit localement institué, sans l’aval du pouvoir royal, à Saint-Domingue, est clairement établi ensuite à la Guadeloupe et en Martinique en 1787 ainsi que dans les îles de l’océan Indien. Interdits d’exercer certaines fonctions dans les îles, nombre de mulâtres aisés se réfugient en France et s’intègrent aux élites roturières. Louis XVI autorise d’ailleurs en 1784 le mulâtre Julien Raimond à rencontrer son ministre Charles Eugène Gabriel de La Croix De Castries qui écoute avec intérêt mais sans suite ses revendications. Julien Raimond, dans ces conditions, ne peut même pas retourner à Saint-Domingue.

Les théories raciales trouvent un écho y compris chez les esprits les plus éclairés. Condorcet aurait demandé que l’article 1 de la Déclaration des droits de l’homme précise : Tous les hommes blancs naissent et demeurent libres et égaux en droit. Au début de la Révolution française, la réflexion est beaucoup moins avancée quant à l’égalité des races en France que dans le monde anglo-saxon. Même si le préjugé racial reste autonome parmi les populations blanches des colonies françaises, il se développe, en tout état de cause, parallèlement en métropole. Cependant, dans les colonies, il a comme conséquence très nette le marronnage, la fuite des esclaves, temporaire ou définitive. Des communautés de marrons se créent, en Guyane, dans les mornes de la Martinique et de la Guadeloupe et dans les hautes terres de Saint-Domingue. Là, apparaît à partir des années 1760 l’espoir d’un retour de François Mackandal l’esclave qui avait soulevé l’île et que les colons avaient capturé et tué en 1758.

En réalité, la question commerciale commande largement les choix en matière d’esclavage et de préjugé racial. Elle est indissociable du débat théorique opposant les libéraux Turgot , Brissot, Clavière... aux partisans du colbertisme très représentés parmi les négociants, Pierre-Paul Nairac de Bordeaux et les officiers du roi Pierre-Victor Malouët , qui dirige successivement Saint-Domingue et la Guyane. Elle a des implications suffisamment fortes pour conditionner quasi exclusivement les choix coloniaux des gouvernements qui se succèdent de 1774 à 1792. La croissance du commerce colonial français a été remarquable au 18ème siècle, entre 1716 et 1788, + 368 % pour les exportations de la France vers les Antilles ; + 784 % pour les importations des Antilles vers la France. La plupart de ces importations, soit un peu plus des trois quarts, sont réexpédiées vers l’Europe.

Ce commerce est encadré par le principe de l’exclusif. La Compagnie française des Indes, pour assurer cet exclusif dans l’océan Indien, dispose encore, en 1780, de 25 vaisseaux de ligne. Elle assure principalement le développement de l’île Bourbon et de l’île de France. Or, en particulier dans les Antilles, cet exclusif est remis en cause par les colons. En effet, ceux-ci souhaitent pouvoir commercer librement, notamment avec les Etats-Unis, et protestent contre la concurrence, devenue inégale, qui leur est faite par les colonies anglaises, voire espagnoles, dans lesquelles cet exclusif a été abandonné au profit du système de libre-échange. Les colons sont donc en conflit avec les négociants de la métropole dont ils dépendent pour l’approvisionnement en esclaves et, à Saint-Domingue par exemple, ils protestent contre le pouvoir monarchique qui maintient le verrou de l’exclusif. A l’image des colons anglais aux Amériques, ils commencent même à revendiquer l’indépendance. C’est le cas en mai 1790, quand une assemblée centrale de Saint-Domingue vote une constitution. Aussi les gouvernements de Louis XVI, sensibles aux thèses libérales, sont-ils contraints de desserrer cet étau : par des mesures ponctuelles dès les années 1780, puis de façon plus large après la signature du traité de libre-échange avec l’Angleterre en 1786 [18].

La capacité du roi à orienter les choix coloniaux devient très limitée à partir de 1789. Son règne “constitutionnel” est donc, en la matière, encore plus passif que son règne “absolu”. Les débats ne manquent pourtant pas, et ce dès l’ouverture des états généraux. En effet, comme les colonies de 1789 n’existaient pas en 1614 [19], la question de leur représentation est clairement posée. Pour une part importante de l’opinion politique, les colonies ne doivent être représentées que par 2 députés des sujets libres. Les négociants, en particulier, poussent dans ce sens, mais aussi les Amis des Noirs, soucieux de ne pas voir siéger un groupe compact de colons. Ces derniers revendiquent une représentation proportionnelle à leur nombre. Finalement, 6 représentants des colons siègent aux états généraux puis à la Constituante [20].

Très vite cependant, ces colons trouvent des alliés inattendus parmi les représentants des négociants et se regroupent avec eux dans le club Massiac [21]. Celui-ci est, grâce au très influent Malouet, un lobby très efficace pour empêcher que les Amis des Noirs, Mirabeau compris, puissent présenter leur rapport favorable à l’émancipation des esclaves. Le 8 mars 1790, les colonies, réparties en départements, sont dotées d’assemblées coloniales où seuls les Blancs sont électeurs et éligibles. Alors que les tensions avec l’Angleterre se ravivent dans la mer des Caraïbes, la Constituante confirme pour les colonies la règle de l’exclusif, contrairement à l’esprit libéral de la plupart de ses décisions.

Les Amis des Noirs obtiennent que les droits civiques soient accordés aux mulâtres libres, le 15 mai 1791. Deux jours auparavant, Robespierre a obtenu que l’esclavage soit exclu du texte constitutionnel comme contraire à la Déclaration des droits de l’homme. Cependant, cette orientation est éphémère : la nouvelle de la révolte des esclaves de Saint-Domingue qui éclate en août 1791 rend au club Massiac toute son influence, et l’un des derniers débats de la Constituante aboutit à l’annulation du décret du 15 mai précédent.

Avant la chute de la monarchie, la question de l’esclavage n’est plus abordée. La conséquence est l’apparition d’une nouvelle solidarité. Désormais, les libres de couleur, les esclaves et les marrons sont tous considérés comme inférieurs au droit commun des hommes de la nation. De cette ségrégation naîtra la révolte des esclaves de Saint-Domingue, matrice de l’indépendance d’Haïti, et la première abolition de l’esclavage, immédiate et sans concession, promulguée par la Convention le 5 février 1794 [22].

Esclavage en Martinique de 1787 à 1794

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Jean-Baptiste Belley député Montagnard durant la Révolution française et membre du Club des Jacobins

De 1787 à 1788, la Martinique sert de point de passage du ravitaillement en armes des insurgents américains contre les Anglais. Rochambeau , qui a commandé aux USA, est envoyé comme gouverneur de la Martinique au début de la révolution. De 1789 à 1790, Les Anglais essayent d’occuper l’île et Rochambeau mobilise les milices pour résister et incorpore des esclaves dans ses troupes en leur promettant la liberté s’ils se comportent comme des soldats.

Comme pendant la révolution il est impossible d’exporter les sucres vers la France en pleine guerre révolutionnaire et d’importer la nourriture nécessaire en particulier aux esclaves, ces derniers doivent se débrouiller eux-mêmes pour planter ce qu’ils vont manger. La pression des maîtres sur eux diminue.

En 1793, à la suite des pressions organisées par la société des amis des noirs et d’humanistes comme l’Abbé Grégoire , la convention proclame l’abolition de l’esclavage.

La Martinique ne reconnaîtra pas l’abolition contrairement à la Guadeloupe car le groupe de colons mené par Dubucq va être occupé par les Anglais.

En Janvier 1794 : Les républicains acceptent de faire appliquer plus franchement la loi égalitaire votée en mars 1792 par la législative. La majorité des libres de couleur change de camp, pendant que leurs anciens alliés négocient la remise de l’île à l’Angleterre. Après la capitulation de mars 1794, les défenseurs de la République sont déportés par les anglais.

L’abolition de l’esclavage, votée par la Convention le 4 février 1794, est restée sans effet à la Martinique du fait qu’elle appartienne aux anglais.

C’est la différence avec la Guadeloupe où l’esclavage a été aboli au temps de Victor Hugues , commissaire de la République. L’esclavage y sera rétabli le 19 mai 1802 sous le règne de Napoléon 1er .

P.-S.

Source : Monique Hermite Historia mensuel - 01/01/2006 - N° 709, Hérodote, Dictionnaire le Petit mourre, encyclopédie Imago Mundi, Wikipédia, Louis XV de François Bluche....

Notes

[1] Les Antilles françaises sont les îles françaises de l’archipel des Antilles dans la mer des Caraïbes. Ancienne partie intégrante des Îles et Terre Ferme de l’Amérique et de l’Empire colonial français jusqu’en 1946, ces territoires deviennent à cette date des départements d’outre-mer (collectivité territoriale).

[2] Olivier Grenouilleau l’Histoire N° 353

[3] Le traité de Paris de 1763 est un traité de paix signé le 10 février 1763 entre les royaumes de France et d’Espagne d’un côté et la Grande-Bretagne et du Portugal de l’autre. Il met fin à leur engagement dans la guerre de Sept Ans (1756-1763). Les préliminaires de ce traité furent négociés à Fontainebleau et ratifiés le 3 novembre 1762. Ce traité, conjugué à celui d’Hubertsbourg entre l’Empire autrichien et le royaume de Prusse, met fin à ce que Winston Churchill nommera la première des guerres mondiales. Il est un des traités les plus importants de l’histoire européenne, voyant la France céder définitivement son statut de plus grande puissance mondiale, au profit de la Grande-Bretagne qui le conservera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. L’Empire britannique prend une position dominante en Amérique du Nord avec l’annexion de la Nouvelle-France tandis que le transfert de la Louisiane à l’Espagne confirme l’expulsion de la France du continent. La situation nouvelle ainsi créée jettera les fondations des révolutions américaines puis françaises.

[4] Chandernagor est un des anciens Établissements français de l’Inde et le seul à être situé à l’intérieur des terres dans le territoire du Bengale. Les quatre autres comptoirs, dont Pondichéry, possédaient une façade maritime. En 1674, la Compagnie Française des Indes de l’Ouest envoie le gentilhomme Duplessis pour acheter un terrain, 20 arpents pour 401 roupies, ajouter une roupie à une somme porte chance en Inde sur le Hûghlî un bras du Gange. Il négocie avec Ibrahim Khan, le nabab du Bengale et construit un bâtiment, au nord de la ville actuelle. Mais bientôt, les Hollandais, installés à peu de distance, obtiennent, au moyen de cadeaux, les bonnes grâces du nabab et les Français abandonnent la zone, en 1677, pour manque de profit. Le deuxième contact a lieu en 1684, lorsqu’un vaisseau chargé de marchandises parti de Pondichéry à destination de l’île de Joncelang aujourd’hui l’île de Phuket en Thaïlande, est pris dans une tempête, se déroute et atteint le Hûghlî. Le marchand Bertrand qui était sur le bateau rentre à Pondichéry en 1685 et se voit confier la mission de retourner au Bengale. Il atteint Balasore, parcourt le pays et rend un rapport à la Compagnie Française des Indes de l’Ouest extrêmement favorable au commerce dans le Bengale.

[5] Pondichéry ou Puducherry est une ville du Sud-Est de l’Inde, capitale du territoire de Pondichéry et principale ville du district de Pondichéry, enclavée au Tamil Nadu. Ce fut la capitale de l’Inde française.

[6] Mahé est la principale île Intérieure de l’archipel des Seychelles, dans l’océan Indien. Elle abrite la capitale, Victoria. Le 21 décembre 1742, le capitaine Lazare Picault, commandant 2 navires en mission de reconnaissance pour la Compagnie française des Indes orientales, sillone cette partie de l’Océan Indien et débarque sur l’île avec son équipage. Il la nomme tout d’abord l’île d’abondance et St-Lazare, son lieu d’ancrage sur la côte occidentale. En 1744, sur ordre de Mahé de La Bourdonnais, Picault revient sur l’île pour une exploration plus approfondie, et la rebaptise Mahé en hommage à son gouverneur. Une première colonie permanente s’établit sur l’île de Sainte Anne, en 1770, sous le commandement de Jean-Charles Delaunay de la Perrière avec l’homme d’affaires Henri Brayer du Barré. L’objectif de cette implantation est d’ exploiter les ressources en bois et tortues et d’établir une base de ravitaillement pour faciliter le trafic d’esclaves entre l’Afrique et l’île de France

[7] Karikal, est le chef-lieu et la principale ville du district de Karikal, un des quatre districts du territoire de Pondichéry en Inde. Le district est un des anciens Établissements français de l’Inde. Depuis 1954, il fait partie de l’État fédéral indien.

[8] Maurice

[9] La Réunion

[10] La Guadeloupe est un archipel des Caraïbes constitué de sept îles, formant une région et un département d’outre-mer français. L’histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb aperçoit, lors de son deuxième voyage, La Dominique, puis Marie-Galante où il débarque le 3 novembre 1493. Il arrive sur l’île de la Basse-Terre le 4 novembre à l’embouchure de l’actuelle rivière du Grand-Carbet. Il note l’importance de la présence de l’eau, notamment en voyant les chutes du Carbet. Il nomme l’île Santa María de Guadalupe de Extremadura en hommage au monastère espagnol où Christophe Colomb fit un pèlerinage après son premier voyage au Nouveau Monde en 1492 et vint remercier pour cette découverte. Dès 1502, l’archipel de la Guadeloupe est précisément indiqué dans toutes ses composantes (les cinq îles) sur le planisphère de Cantino indiquant l’importance et la connaissance du lieu par les premiers navigateurs européens. La Guadeloupe est alors peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l’île depuis le 8ème siècle. L’archipel de la Guadeloupe fut une colonie espagnole pendant environ 130 ans, jusqu’en 1635.

[11] La Martinique est une île française située dans les Caraïbes et plus précisément dans l’archipel des Petites Antilles. La Martinique est une collectivité territoriale unique de la République française, cette collectivité territoriale se substituant au département et à la région. Christophe Colomb est le premier européen à y poser le pied en 1502 sous régence espagnole. La colonisation française débute en 1635, menée par Pierre Belain d’Esnambuc. La Martinique est située dans l’Arc volcanique des Petites Antilles, dans la mer des Caraïbes, entre la Dominique au nord et Sainte-Lucie au sud, à environ 420 km au nord-nord-est des côtes du Venezuela, et environ 865 km à l’est-sud-est de la République dominicaine.

[12] La Guyane est une collectivité territoriale unique française située en Amérique du Sud, bordée au nord par l’océan Atlantique, limitrophe du Brésil au sud-est et au sud et du Suriname à l’ouest, c’est le plus petit territoire sur le continent sud-américain autant en superficie qu’en nombre d’habitants. La Guyane est la seule collectivité française d’outre-mer de nature continentale. Les premières installations françaises commencent en 1503, mais la présence française ne devient réellement durable qu’à partir de 1643 et la fondation de Cayenne. La Guyane, autrefois désignée comme “France équinoxiale”, devient alors une colonie esclavagiste et voit sa population progresser jusqu’à l’abolition officielle de l’esclavage en 1794, pendant la Révolution française. Elle accède temporairement au statut de département français en 1797 mais est progressivement transformée en colonie pénale avec l’instauration du bagne. Il s’agit plus précisément d’un réseau de camps et de pénitenciers répartis sur l’ensemble de la côte guyanaise dans lesquels les détenus sont condamnés aux travaux forcés.

[13] Nantes est une commune de l’ouest de la France, située au sud du Massif armoricain, qui s’étend sur les rives de la Loire, à 50 km de l’océan Atlantique. Chef-lieu du département de la Loire-Atlantique. Pendant les guerres de religion, Nantes est une ville ligueuse qui soutient le gouverneur, le duc de Mercœur, dans sa lutte contre les protestants (présents à Blain, et dans d’autres villes plus petites). Elle est une des dernières grandes villes à reconnaître l’autorité d’Henri IV. La promulgation de l’édit de Nantes en 1598 ne correspond pas à l’opinion des habitants. En 1685, deux événements sont à retenir. Par l’édit de Fontainebleau signé par Louis XIV, l’édit de Nantes est révoqué, tandis que le Code noir est promulgué par ce même roi. Grâce à cette dernière loi, le port de Nantes prospère en devenant une plaque tournante du commerce de sucre, tabac, et des esclaves, avec les colonies

[14] Bordeaux est une commune du Sud-Ouest de la France. Capitale de la Gaule aquitaine sous l’Empire romain pendant près de 200 ans. Au début du 5ème siècle, Bordeaux fut prise par les Wisigoths, puis par les Francs de Clovis un siècle plus tard. Au plus tard après la division de la partie du royaume de Caribert de Paris, en 567, Bordeaux appartenait à la Neustrie. Après le mariage du roi neustrien Chilperic, la ville, ainsi que Cahors, Béarn et Bigorre, furent cependant offerts en guise de dot à son épouse Galswinthe. Ces villes étaient situées stratégiquement dans la région du beau-père Athanagild, le roi des Wisigoths. Après que Chilpéric eut ordonné l’assassinat de sa femme, cet héritage est passé au royaume d’Austrasie, selon un règlement d’un Malberg convoqué par Gontran, roi de Bourgogne. Finalement, en 573, Chilpéric, avec son fils Clovis en tant que commandant de l’armée, tente de reprendre les villes. Bien que la conquête de Bordeaux ait réussi à court terme, les troupes de Clovis furent de nouveau expulsées un mois plus tard par le margrave austrasien Sigulf. À la fin du 7ème siècle, Bordeaux devient la capitale du duché d’Aquitaine.

[15] La Société des amis des Noirs est une association française créée le 19 février 1788 qui avait pour but l’égalité des Blancs qui étaient autrefois considérés comme supérieurs et des Noirs libres dans les colonies, l’interdiction immédiate de la traite des Noirs et progressive de l’esclavage ; d’une part dans le souci de maintenir l’économie des colonies françaises, et d’autre part dans l’idée qu’avant d’accéder à la liberté, les Noirs devaient y être préparés, et donc éduqués. Cette association fut fondée par Jacques Pierre Brissot, Étienne Clavière et l’abbé Grégoire, avec un système d’élections trimestrielles. Plusieurs présidents se sont succédé, parfois durant plusieurs mandats, mais jamais de manière consécutive : Jacques Pierre Brissot, Étienne Clavière, Condorcet et Jérôme Pétion de Villeneuve. Le Club de l’hôtel de Massiac, fondé par de riches colons de Saint-Domingue et des Petites Antilles, fut son principal adversaire concernant la traite et l’esclavage.

[16] La Guadeloupe est un archipel des Caraïbes constitué de sept îles, formant une région et un département d’outre-mer français. L’histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb aperçoit, lors de son deuxième voyage, La Dominique, puis Marie-Galante où il débarque le 3 novembre 1493. Il arrive sur l’île de la Basse-Terre le 4 novembre à l’embouchure de l’actuelle rivière du Grand-Carbet. Il note l’importance de la présence de l’eau, notamment en voyant les chutes du Carbet. Il nomme l’île Santa María de Guadalupe de Extremadura en hommage au monastère espagnol où Christophe Colomb fit un pèlerinage après son premier voyage au Nouveau Monde en 1492 et vint remercier pour cette découverte. Dès 1502, l’archipel de la Guadeloupe est précisément indiqué dans toutes ses composantes (les cinq îles) sur le planisphère de Cantino indiquant l’importance et la connaissance du lieu par les premiers navigateurs européens. La Guadeloupe est alors peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l’île depuis le 8ème siècle. L’archipel de la Guadeloupe fut une colonie espagnole pendant environ 130 ans, jusqu’en 1635.

[17] L’océan Indien, autrefois appelé océan Oriental ou mer des Indes, est un océan qui s’étend sur une surface de 70 560 000 km2, soit 13,83 % de la surface totale du globe terrestre. Avec ses mers bordières, il est limité au nord par la péninsule Arabique, l’Iran, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, la Birmanie et la Thaïlande ; à l’est par l’Indonésie (îles de Sumatra, Java, Bali, Lombok, Sumbawa, Sumba, Rote, Timor, Yamdena, Kei Besar, la Nouvelle-Guinée occidentale), l’entrée ouest du détroit de Torrès, l’Australie continentale, la sortie est du détroit de Bass et la côte orientale de la Tasmanie et par l’Afrique continentale.

[18] Le traité Eden-Rayneval est un accord commercial de libre-échange signé par la France et la Grande-Bretagne le 26 septembre 1786. Visant à réduire progressivement les droits de douane entre les deux pays, il marque une libéralisation précoce des échanges internationaux en Europe. Ce traité provoque une crise économique et sociale dans le secteur textile en France.

[19] dernière réunion des états généraux par Catherine de Médicis

[20] L’Assemblée compte près de 1 200 députés et siège du 9 juillet 1789 au 30 septembre 1791, d’abord à Versailles, puis, après les journées des 5 et 6 octobre 1789 au cours desquelles, d’une part l’Assemblée obtient du roi la signature des premiers articles de la Constitution et de la Déclaration des droits, et d’autre part les Parisiens ramènent Louis XVI et la famille royale au palais des Tuileries, à Paris dans le manège des Tuileries, à Paris. Parmi les députés réunis quotidiennement, trois grandes tendances, assez mouvantes, finissent par se dessiner : les monarchistes, les constitutionnels (les plus nombreux), et les patriotes radicaux, encore très minoritaires. Les débats de l’Assemblée sont publiés par Le Moniteur universel. Après l’abolition de la féodalité en les décrets des 4, 6, 7, 8 et 11 août 1789, et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen le 26 août 1789, l’Assemblée vote, dès la fin de l’année, les grands principes de la Constitution de 1791 qui, sur la base de la souveraineté nationale et de la séparation des pouvoirs, organise la limitation du pouvoir royal et la fin de l’exclusion du peuple des décisions politiques.

[21] Le club de l’Hôtel de Massiac est une société de riches colons de Saint-Domingue et des Petites Antilles, installée à l’hôtel de Massiac, à Paris, et fondée le 20 août 1789. Elle réussit à suspendre dans les colonies l’application de la Déclaration des droits de l’homme dont les principes abolissaient l’esclavage, et à différer de plusieurs mois la création à l’Assemblée d’un comité des colonies.

[22] Le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises du 4 février 1794 (16 pluviôse an II) est une décision émise par la Convention nationale (Première République) et votée à Paris le 16 pluviôse an II (4 février 1794), durant la Révolution française. Le décret décide l’abolition de l’esclavage des « Nègres » (mais pas explicitement la traite) dans toutes les colonies. L’Assemblée nationale législative, sous la pression de son groupe brissotin, avait fait voter le 24 mars 1792 et sanctionner par le roi Louis XVI le 4 avril l’égalité totale des Blancs et des hommes de couleur libres. Elle avait été refusée par l’Assemblée constituante, malgré l’opposition vigoureuse de Robespierre, qui approuva à ce titre la loi d’avril 1792. Le 11 août, la même assemblée législative abolit les primes accordées aux négriers depuis 1784, que la Convention nationale renouvelle sur demande de l’abbé Grégoire le 27 juillet 1793. Ici, le décret du 16 pluviôse an II suit et confirme l’initiative des commissaires civils de Saint Domingue, Sonthonax et Polverel et prend valeur de loi générale. Le texte ne prévoit d’indemnisation pour aucune des catégories sociales. Inégalement appliqué, il a été abrogé par Napoléon Bonaparte avec la loi du 20 mai 1802.