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Évolution de la société durant la Renaissance

samedi 30 mars 2013

Évolution de la société durant la Renaissance

La Renaissance, c’est un vaste mouvement européen de mutation culturelle et économique. Sur le plan culturel, elle s’appuie sur la redécouverte des merveilleuses oeuvres antiques, qui sont prises comme modèles au détriment des non moins merveilleuses oeuvres médiévales qui tombent en désuétude. Les grands noms de ce renouveau culturel sont Rabelais, Montaigne, du Bellay, Ronsard, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël. Sur le plan économique, c’est la naissance du capitalisme moderne. C’est l’époque des grandes découvertes. Christophe Colomb découvre l’Amérique. Sur le plan politique, après la neutralisation des derniers grands féodaux remuants et dangereux, la France est pacifiée. Les châteaux cessent d’être défensifs et deviennent de magnifiques palais d’apparat, en particulier les merveilleux châteaux du val de Loire. Le danger n’est plus intérieur, ni même anglais. Le nouvel et redoutable ennemi est l’archiduc d’Autriche. Les Habsbourgs, maîtres de l’Autriche, des Flandres et de l’Allemagne vont bientôt mettre la main sur l’Espagne et les richesses du Nouveau Monde. L’Italie sera le champ de bataille de cette lutte où l’empire Habsbourg recherche une unité territoriale et la France veut éviter son encerclement complet. Ces interminables guerres épuiseront l’Europe et monopoliseront l’attention des souverains. Ces derniers ne verront pas monter les dissensions religieuses puis politiques entre catholiques et protestants. Quand ils ouvriront les yeux, il sera trop tard.

Trois étapes marquent l’histoire politique et culturelle de la France, entre 1498 et 1661, c’est-à-dire depuis l’accession au trône de Louis XII jusqu’à la prise de pouvoir par Louis XIV. D’abord, jusqu’à la mort de Henri II en 1559, la France a les yeux fixés sur l’Italie. Terre de conquête, elle est aussi modèle et source d’inspiration pour les arts et les lettres de la Renaissance française.

Puis, de 1562 à 1598, le royaume s’égare dans les convulsions internes des guerres de religion. Contestation au plan théologique du "sens" du christianisme et de sa pratique, la Réforme génère dans le même temps une controverse politique sur le statut légal des églises réformées. Cette dimension politique s’exacerbe en France, quand, à la faveur des troubles, la noblesse cherche à s’emparer d’un pouvoir affaibli. En 1594, le roi doit reconquérir Paris, et chasser, en 1597, les Espagnols du royaume. Avec Henri IV, la royauté retrouve finalement légitimité et autorité. Protestant converti au catholicisme, le nouveau souverain reconnaît aux protestants une existence légale et leur accorde la liberté du culte.

Avec Henri IV, c’est la dynastie des Bourbons qui s’installe. Roi aussi absolu que ses prédécesseurs, il censure écrivains et prédicateurs au nom de la paix publique. Mais paradoxe de l’histoire il meurt assassiné, succombant au fanatisme religieux qu’il n’avait cessé de chercher à apaiser.

A cette époque, la société est composée de trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Ce dernier ordre comprend des marchands ou des officiers mais également de pauvres travailleurs.

Passé les épidémies du 14ème siècle qui ont décimé le pays, le 16ème siècle connaît une croissance démographique importante, passant de 15 millions d’habitants en 1500 à 20 millions en 1570.

La société française est principalement rurale, puisque les paysans représentent 85% de la population. Cette population suit les règles du seigneur proche plus que celles du roi. Au 16ème siècle, les villes connaissent un mouvement d’immigration, principalement des italiens.

Les nobles ne représentent que 2% de la population française. Il est possible d’accéder à cet ordre en respectant ses règles de vie. A savoir, ne jamais travailler de ses mains, posséder une seigneurie et aller à la guerre auprès du roi. Seulement il faut suivre ce comportement sur plusieurs générations avant que l’appartenance à la noblesse soit reconnue. Les bourgeois s’immiscent de plus en plus dans la vie de la monarchie en achetant des offices. Cette classe sociale est à l’origine des constructions fastueuses de la vallée de la Loire, souhaitant investir son argent dans des opérations de prestige.

Le clergé joue un rôle social en dehors de sa mission spirituelle, tenant les registres. Le clergé poursuit une réformation interne, voulant diminuer l’ignorance des clercs. A partir de 1530, de par la Réforme la cohésion sociale commence à s’effriter avant d’aboutir aux guerres de religion. Il y a aussi des émeutes sociales dues à une évolution des prix plus rapide que celle des salaires. L’évolution du protestantisme va déclencher dans la seconde moitié du 16ème siècle des troubles dans une société qui se remet en question. L’autorité du roi s’en trouve contestée.

Évolution Des villes et des campagnes

Les villes de la Renaissance sont nées durant le Moyen Age. En leur centre on retrouve des professionnels du droit : les notaires, les procureurs et les juges.

Ces villes font leur richesse avec certains corps de métiers, les artisans, les maîtres, les apprentis, les ouvriers. Ces derniers sont souvent regroupés en corporation, codifiant ainsi leur activité et garantissant une qualité d’exécution.

Les villes évoluent au 16ème siècle compte tenu des progrès techniques et profitent de meilleures voies de communication. Ces villes améliorent également leur aménagement, rues plus grandes. Elles permettent d’améliorer le savoir des habitants avec les écoles, les collèges et les universités. A partir de 1527, Paris devient la capitale de la France, François 1er venant y résider. Les grandes villes provinciales sont d’anciennes "capitales" de domaines féodaux comme Rouen, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Orléans, Tours et Poitiers. Ainsi retrouve-t-on environ 200 villes formant une ossature autour de la capitale. Ces villes sont gérées par un maire. Profitant de la croissance démographique amorcée au début du siècle, les villes croissent et attire la population, permettant de faire vivre d’autres commerçants : boulangers, bouchers, tenanciers. Mais ces villes ont leur lot de miséreux et de prostituées. Chacune de ces villes se développe dans un secteur économique. A Paris l’activité tourne autour de l’imprimerie, à Tours et à Lyon autour des soieries, Ypres autour du tissage. Dans les villes longeant l’Atlantique ou la Méditerranée, l’activité se centre sur la pêche. Cette activité urbaine créé des différences de classes parmi leur population.

Il n’y a cependant aucune tension trop forte. Ce sont des bourgeois qui se situent en haut des classes sociales. Ces personnes sont plus intéressées par le pouvoir ou la justice et de moins en moins par le commerce. C’est parmi eux que la Réforme trouvera ses adeptes. On a ensuite les boutiques et les ateliers. Enfin, en bas de l’échelle sociale, nous retrouvons les petits patrons, les salariés et les manœuvres peu spécialisés. Ces derniers sont très exposés aux aléas de l’activité économique.

Ceux qui dirigent les villes les valorisent en intégrant les nouveautés dans le domaine de l’architecture au niveau des bâtiments, comme les hôtels de ville ou les grandes maisons bourgeoises.

Mais la prospérité des villes comporte aussi des ombres. Les tensions religieuses de la fin du 16ème siècle mettent au grand jour des tensions jusque là ignorées. Les coûteuses modernisations des fortifications, les prix qui grimpent, entraînent du chômage et font apparaître la misère. Des structures se créent pour aider les pauvres : le Grand Bureau des Pauvres à Paris, les Bureaux des Pauvres de Dijon, Troyes, Rouen. Elles distribuent de la nourriture et tentent de trouver du travail aux chômeurs.

Dans les campagnes les paysans souffrent de plusieurs maux depuis des années : la peste, la guerre et la faim. La peste, depuis la grande épidémie de 1348, revient régulièrement, elle tue des villages entiers parfois et la guerre entraîne la destruction de terres. Les provinces de France les plus touchées par ce fléau sont la Lorraine et l’Artois. Si la famine n’est plus guère d’actualité, il arrive à certaines périodes qu’il soit difficile de manger correctement, du fait de récoltes très médiocre.

Les paysans cultivent ce qui leur est nécessaire pour leur subsistance. Mais ils commencent également à cultiver certaines cultures pour accroître leur revenu comme la vigne, les plantes textiles ou l’élevage.

Une relation de plus en plus importante s’organise entre les villes et les campagnes, les premières permettant de plus en plus aux secondes d’écouler leur production et d’accroître leur profit, passant d’une agriculture de subsistance à une agriculture plus commerciale. Si les paysans connaissent des évolutions dans leur activité, paradoxalement, ils se referment sur eux, avec leurs habitudes et leurs coutumes.

Dans les campagnes naît une certaine "aristocratie", les riches terriens louant leurs instruments aux autres paysans. Les plus pauvres, les manœvriers vivent difficilement, leurs gages ne suivant pas l’évolution du prix des denrées.

Au 16ème siècle, le rendement d’un champ est fourni par le rapport entre la quantité semée et la quantité récoltée. Quand ce rapport atteint 6 pour 1 les paysans sont heureux. A cette même époque, le maïs, venant d’Inde, d’Espagne ou de Turquie, est cultivé au Pays Basque. Il sert principalement à engraisser les volailles. En Aquitaine se cultive le tabac dès 1560, plante introduite par Jean Nicot. La culture de céréales comme le froment ou le seigle permet la fabrication du pain. Celle du sarrasin, de l’orge ou de l’avoine sert à nourrir les animaux.

Dans un même champ, chaque année, on y cultive les mêmes céréales. Les gerbes de céréales sont battues avec des fléaux. On utilise parfois les chevaux pour les piétiner afin d’obtenir le même résultat. La place de la vigne est importante. C’est près d’une rivière qu’elle prospère le mieux. D’autant plus que cette situation permet une diffusion plus aisée du vin par les voies fluviales.Concernant l’élevage, la France est découpée en deux. Au nord, l’élevage concerne surtout les bœufs et les chevaux. Au sud, on élève surtout des moutons et des chèvres. La basse cour se compose différemment selon la fortune du propriétaire. Les plus défavorisés n’ont que quelques volailles et une chèvre tout au plus. Les plus fortunés élèvent également des cochons qui coûtent assez cher en nourriture.

L’absorption de lait frais est souvent réservée à des personnes convalescentes. Communément, on consomme plutôt du lait caillé ou du fromage.

La Cour et la noblesse

Les nobles sont de plus en plus dépendants du roi pour assurer leur situation. Aussi doivent-ils apparaître souvent à la Cour, lieu de distribution des largesses.

La Cour possède ses valeurs et son code de fonctionnement. Au 16ème siècle, seule la Cour royale est le centre du pouvoir. Les Cours régionales ont disparu. A la fin du siècle, la Cour royale est très importante, son effectif passant de 1000 à 10 000 personnes en 100 ans. En son sein existe la Maison Royale devant assurer l’intendance de toutes ces personnes.

Jusqu’au règne d’Henri III, la Cour Royale est encore itinérante. Si les rois du 15ème siècle préfèrent la vallée de la Loire pour établir leur demeure, François 1er préfère s’installer dès 1528 à Paris. Il modifie le Louvre et établit de nouvelles résidences comme Fontainebleau, Saint Germain en Laye. Durant les guerres de religion elle réside surtout au Louvre.

La Cour Royale parait aux yeux des italiens un "pèle mêle sans ordre ni règle". Henri III, pendant les guerres civiles, essaie d’utiliser la Cour pour montrer une certaine cohésion et fait appel à des aristocrates provinciaux pour les rattacher directement à sa personne. On les appelle les "mignons" d’Henri III. Des règlements de 1578 et 1585 codifient son fonctionnement.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire du 16ème siècle/ Le 16ème siècle en France (archives Ljallamion, petit mourre, encyclopédie imago mundi, l’histoire, ect....)