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L’histoire pour le plaisir

Yolande de France

samedi 13 octobre 2012, par lucien jallamion

Yolande de France (1434-1478)

Yolande de France duchesse de Savoie (à gauche) recevant du théologien Guillaume Fichet un exemplaire de son ouvrage Rhetorica, 1471 (collection Fondation Martin Bodmer à Cologny en Suisse). Elle épouse le futur duc Amédée IX de Savoie en 1452. Quand ce dernier meurt, elle devient régente de Savoie.


Son mari Amédée IX est peu disposé à gouverner ses États, étant de faible constitution, sujet à l’épilepsie et préférant s’adonner à la piété. Il laisse Yolande, vive et énergique, gouverner afin de mieux faire face aux barons savoyards en opposition ouverte. Veuve, elle assure la régence du duché jusqu’en 1478 au nom de son fils Philibert 1er.


Elle doit faire face à l’ambition de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Traditionnellement, les ducs de Savoie étaient alliés aux confédérés suisses, mais la puissance montante du duc de Bourgogne laissait présager un fructueux accord. Elle pencha pour le Bourguignon, qui risquait en outre de la prendre en tenaille par un accord entre la Bourgogne et le Milanais ; son frère Louis XI de France chercha alors à la renverser et à instaurer Philippe de Bresse comme régent. Après les défaites du Téméraire à Grandson et Morat en 1476, elle partit rejoindre le duc de Bourgogne qui lui reprocha une alliance secrète avec la France. Au comble de la colère, Charles la fit enlever par son capitaine, Olivier de La Marche, et la garda prisonnière au château de Rouvres*. Le jeune duc Philibert 1er de Savoie avait été caché dans un champ de blé par les fidèles de la duchesse, et il regagna Chambéry.


À la suite de la nouvelle, Louis XI dépêcha un certain nombre de troupes sur la frontière de Savoie. Finalement, le roi décida en septembre 1476 d’expédier Charles 1er d’Amboise et 200 lances, confidentiellement, car il fallait que la libération ne fût pas considérée comme rupture de la trêve avec Charles le Téméraire signée en 1475. Amboise, un des meilleurs diplomates et militants du roi, réussit à libérer la veuve et ses enfants le 2 octobre. Mais, officiellement, c’était Yolande qui avait personnellement demandé à Charles d’Amboise d’envoyer ses gens. Louis XI était tellement joyeux que sa sœur et les enfants furent invités auprès de lui. Le 29 octobre, accompagnés par Amboise, ils arrivèrent au Plessis-du-Parc-lèz-Tours. Louis XI les accueillit, en grande pompe ainsi que chaleureusement, à la porte du château, en lui disant Madame de la Bourgongne, vous soiez la tres bien venue ». Elle lui répondit sagement qu’elle était une bonne Française et prête à obéir au roi en ce qu’il lui plairait de lui commander. Leur séjour ne dura qu’une semaine, car la duchesse comprenait excessivement ce que le roi pensait, et vice versa. Donc, si « tous deux furent bien joyeulx de departir l’ung de l’aultre » après avoir prêté ensemble le serment, « et sont demourez comme bon frere et bonne seur, jusques a la mort.


Elle fonde 2 couvents de sœurs clarisses*, l’un en 1464 à Chambéry* et l’autre à Genève* le 30 avril 1476, rue Verdaine. Ce dernier reste en place jusqu’à la Réforme, les religieuses quittent ensuite Genève pour Annecy*.

Dès janvier 1478 elle souffre de crises de goutte. Sa cour l’abandonne pour retourner à Chambéry, et elle meurt à Moncrivello*. Elle est enterrée avec Amédée IX dans la cathédrale Saint-Eusèbe à Verceil*

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Michèle Brocard, Yolande de France, duchesse de Savoie : sœur de Louis XI, Yens sur Morges/Saint-Gingolph, Éditions Cabedita, 1999 (ISBN 2882952546 et 9782882952547).