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Guillaume VIII de Poitiers

jeudi 13 juillet 2017 (Date de rédaction antérieure : 27 novembre 2011).

Guillaume VIII de Poitiers (1023-1086) )

Comte de Poitiers de 1058 à 1086 sous le nom de Guillaume VI-Duc d’Aquitaine sous le nom de Guillaume VIII

Fils de Guillaume V de Poitiers et d’Agnès de Bourgogne. Il succède à son frère Guillaume Aigret. Dès sa prise de pouvoir, il doit mettre au pas ses vassaux. Il prend Toulouse à son comte, qui a attaqué Bordeaux, en 1060.

Après une tentative malheureuse en 1061, où il est battu aux sources de la Boutonne [1] par les fils de Geoffroi Martel, il prend Saintes [2] et le contrôle de la Saintonge [3] à partir de 1062. Cela lui permet de relier facilement ses deux capitales, Poitiers et Bordeaux.

En 1063, il restaure théoriquement son autorité sur la Gascogne [4] en battant le comte d’Armagnac [5] Géraud II . Il commande également en 1063 la croisade de Barbastro [6] à l’appel du pape, des troupes italiennes et françaises vont combattre les musulmans et libèrent la ville de Barbastro. Cet événement a alors un grand retentissement en Occident.

Ressentant le besoin d’une administration, il crée une sénéchaussée en 1075, qui échoit à Pierre Bridier, et une nouvelle prévôté à Saintes en 1067.

En janvier 1044, il épouse en première noces Garsende de Périgord qui lui donne en dot ses droits sur le duché de Gascogne. Il la répudie en 1058.

Vers 1058/59, il épouse une Mathilde qui lui donne une fille Agnès qui deviendra reine de Castille. Il la répudie vers 1068/69.

Finalement, il épouse Audéarde de Bourgogne, fille du duc Robert 1er de Bourgogne en mars 1069 date à laquelle il brûle l’abbaye de Luçon. Audéarde ou Hildegarde de Bourgogne est sa cousine au quatrième degré. Le pape Grégoire VII exige leur séparation, puis leur accorde une dispense.

Guillaume VIII fait alors construire une abbaye dédiée à saint Jean l’Évangéliste à Poitiers l’abbaye de Montierneuf [7]. Il confie cette abbaye à Cluny.

Notes

[1] La Boutonne est une rivière française et un affluent droit de la Charente. Elle arrose les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime. C’est le plus long affluent rive droite de la Charente

[2] Saintes est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime. Au 16ème siècle, les conflits entre factions catholiques et protestantes conduisent à la destruction partielle de plusieurs monuments de la ville. La paix revenue voit le développement d’une politique de contre-Réforme marquée par l’implantation de nombreux ordres religieux, tandis que la relative tolérance vis-à-vis des huguenots s’amenuise au fil des années, provoquant une émigration d’une partie de la population réformée.

[3] La Saintonge est une ancienne province française dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Partie intégrante de la province romaine d’Aquitaine ou Aquitania durant l’antiquité (Saintes devenant la première capitale de ce vaste ensemble), elle est ensuite placée selon les époques dans la mouvance des rois et ducs d’Aquitaine, des comtes d’Anjou puis des comtes de Poitiers ramnulfides, avant d’être de nouveau intégrée au duché d’Aquitaine pour plusieurs siècles.

[4] La Gascogne est une ancienne principauté située sur le territoire actuel des départements français des Landes, du Gers, des Hautes-Pyrénées et, pour partie, d’autres départements des régions de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie. Successivement appelée Aquitaine, Novempopulanie, Vasconie puis Gascogne. Elle a disparu en tant qu’entité politique propre en 1063 lors du rattachement au Duché d’Aquitaine, toutefois le nom de Gascogne est resté usité jusqu’à la révolution française.

[5] Le comté d’Armagnac eut pour capitale historique Lectoure, qui demeura le siège de la sénéchaussée après la création de la généralité de Montauban. La province est mondialement connue pour sa production d’eau-de-vie portant son nom. En 960, l’Armagnac devint un comté particulier, et eut pour premiers comtes Bernard le Louche, Géraud Trancaléon, Bernard II. Ce dernier posséda un instant tout le duché de Gascogne (1040-1052). Géraud III, son petit-fils, réunit à l’Armagnac le comté de Fezensac vers 1140. En 1163 on détacha pour un cadet un apanage dit comté de Fézensaguet.

[6] La Croisade de Barbastro est une expédition prêchée par le pape Alexandre II pour prendre aux Maures la cité espagnole de Barbastro (dans l’actuelle Aragon). Une importante armée, composée de combattants venus de toute la chrétienté occidentale, participèrent au siège de la cité en 1064. Cette guerre est un épisode de la Reconquista, mais le caractère international de son armée, ainsi que le soutien de la papauté, en font un prélude aux Croisades.

[7] L’abbaye de Montierneuf était une abbaye bénédictine située à Poitiers dans le département de la Vienne. L’église Saint-Jean de Montierneuf est l’abbatiale de style composite, mais de base romane, de l’ancienne abbaye. Le monastère fut fondé en 1069 par Guillaume VIII de Poitiers, en échange d’une dispense du pape pour épouser sa cousine Audéarde (ou Hildegarde) de Bourgogne. Elle fut immédiatement nommée par les gens du peuple Montierneuf, le monastère neuf (ou moustier). Les travaux commencèrent en 1069 et furent achevés en 1096. Les moyens ne manquent pas comme le montre l’emploi généralisé de la pierre d’appareil. Elle fut autorisée par le pape Grégoire VII en 1076. Le comte fait de nombreux dons à l’abbaye, afin d’assurer son existence : le chapitre Saint-Nicolas de Poitiers, fondé par la comtesse Agnès peu après 1050, lui est ainsi rattaché entre 1083 et 1086. La phase active des travaux s’achève avec la mort du comte en 1086. Le pape Urbain II la consacra en 1096, lorsqu’il vint prêcher la Croisade en Poitou. Selon la volonté de Guillaume, l’abbaye devait accueillir cent moines. En outre, son affiliation à la puissante congrégation de Cluny souligne l’intention affichée de son fondateur de bâtir une église modèle et d’en faire le lieu de sa sépulture.