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L’histoire pour le plaisir

Richard de Shrewsbury

mercredi 30 septembre 2026, par lucien jallamion

Richard de Shrewsbury (1473-1483)

Sixième enfant et le second fils d’Édouard IV, roi d’Angleterre et d’Élisabeth Woodville. Il est un frère puîné d’Élisabeth d’York et du roi Édouard V.

Son père le fit duc d’York [1] en 1474. Le 15 janvier 1478, à l’âge de 4 ans, il épouse Anne de Mowbray , comtesse de Norfolk [2], unique héritière des vastes domaines des Mowbray en 1476. Parce que le titre ducal de son beau-père s’est éteint avec la mort de ce dernier en 1476 et qu’Anne ne peut pas en hériter, Richard est fait duc de Norfolk en 1481. À la mort d’Anne, un acte parlementaire de janvier 1483 décide que les droits de successions reviennent à son époux, avec droit de réversion à sa descendance ou, si nécessaire, à la descendance de son père le roi Édouard IV d’Angleterre.

Son père meurt le 9 avril 1483. Son frère Édouard, prince de Galles [3], devint roi d’Angleterre et Richard son héritier présomptif. Richard de Gloucester, frère cadet d’Édouard IV et nommé Lord Protecteur du royaume [4], fait arrêter les conseillers d’Édouard V le 30 avril lors de son voyage vers Londres, et loge ce dernier dans la Tour de Londres [5] le 19 mai, pour sa propre protection. En juin 1483, 6 000 des hommes en armes du futur Richard III tiennent Londres. La reine mère Élisabeth Woodville se réfugie avec ses autres enfants au sanctuaire de l’Abbaye de Westminster [6] ; à la suite de négociations entamées par Richard de Gloucester, le 16 juin suivant, Richard de Shrewsbury rejoint son frère aîné à la Tour, sous la promesse faite par l’archevêque de Canterbury [7] Thomas Bourchier qu’aucun mal ne lui serait fait.

Robert Stillington, évêque de Bath et Wells [8], affirme le 22 juin devant le Parlement qu’Édouard IV a contracté une promesse de mariage avec Éléonore Talbot en 1461, que Stillington a célébré. Celle-ci est encore vivante quand Édouard épousa Elisabeth Woodville en 1464 ; le conseil de régence conclut à un cas de bigamie, invalidant le second mariage et la légitimité de tous les enfants nés de celui-ci. Édouard V et Richard sont donc déclarés illégitimes et révoqués de la succession au trône le 25 juin 1483. Le lendemain, Gloucester est proclamé roi d’Angleterre sous le nom de Richard III.

Les jeunes princes Édouard et Richard n’apparaissent plus en public après avoir été enfermés à la Tour. Leur destin reste un des grands mystères de l’histoire, et de nombreux livres ont été écrits sur le sujet. La thèse la plus probable est qu’ils ont été assassinés ; les principaux bénéficiaires de cette disparition sont leur oncle, le roi Richard, qui voit ainsi disparaître les principaux prétendants yorkistes à la succession d’Édouard IV, et Henri Tudor, le prétendant lancastre, qui obtient à la suite de la disparition des princes le soutien de la famille Woodville et de ses partisans. Henri bat Richard et monte sur le trône sous le nom d’Henri VII en 1485.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Richard of Shrewsbury, 1st Duke of York »

Notes

[1] Duc d’York est un titre de noblesse de la pairie du Royaume-Uni associé à la ville d’York. Depuis le 15ème siècle, il est généralement attribué au deuxième fils du monarque britannique. Depuis 1461, le titre n’a jamais été transmis ; soit les porteurs n’ont pas eu de descendance masculine, soit ils sont devenus rois d’Angleterre.

[2] Le titre de comte de Norfolk a été créé plusieurs fois dans la pairie d’Angleterre. Ce titre est associé au comté de Norfolk. La première dynastie à avoir porté ce titre est celle des Bigot au 12ème et 13ème siècles. Puis plus tard, il a été porté par les Mowbray qui furent aussi ducs de Norfolk. Comme les Bigot étaient descendants par une lignée féminine de Guillaume le Maréchal, ils héritèrent du titre de comte Marshal qui est toujours porté par les ducs de Norfolk aujourd’hui. À la mort de Roger, en 1306, n’ayant pas de descendance, le titre et les possessions revinrent à la couronne.

[3] Le titre de prince de Galles est traditionnellement attribué au fils aîné et héritier du monarque du Royaume-Uni (initialement à l’héritier du roi d’Angleterre, puis à l’héritier du roi de Grande-Bretagne), depuis le début du 14ème siècle et la conquête du pays de Galles par le roi Édouard 1er. Le premier prince de Galles est Owain Gwynedd, qui établit le titre pour proclamer son indépendance et son importance au pays de Galles. Le dernier prince de Galles indigène à régner avant la domination anglaise est Llywelyn ap Gruffydd, tué par des soldats anglais en 1282. Cependant, Owain Glyndŵr, qui mène la guerre d’indépendance galloise la plus réussie au 15ème siècle, est le souverain effectif du pays de Galles durant une courte période, et peut donc être considéré comme le dernier roi gallois à se faire appeler ainsi

[4] En Angleterre, Lord Protecteur est un titre qui désignait le « chef du gouvernement ». De fait, le titre a connu deux significations différentes à deux moments différents. Il désigna d’abord la personne chargée de la régence au moyen age. Au 17ème siècle, il fut équivalent à celui de roi et a été utilisé durant la brève période de la république (ou « Commonwealth ») en Grande-Bretagne. Oliver Cromwell, puis son fils Richard Cromwell furent les lords protecteurs d’Angleterre, Écosse et Irlande de 1653 à 1659.

[5] La tour de Londres est une forteresse historique située sur la rive nord de la Tamise à Londres en Angleterre à côté de Tower bridge. La tour se trouve dans le district londonien de Tower Hamlets situé à l’est de la Cité de Londres dans un espace appelé Tower Hill. Sa construction commença vers la fin de l’année 1066 dans le cadre de la conquête normande de l’Angleterre. La tour Blanche qui donna son nom à l’ensemble du château, fut construite sur l’ordre de Guillaume le Conquérant en 1078 et fut considérée comme un symbole de l’oppression infligée à Londres par la classe dirigeante. Le château fut utilisé comme prison dès 1100. Il servait également de grand palais et de résidence royale.

[6] L’abbaye de Westminster est l’un des édifices religieux les plus célèbres de Londres. Sa construction date pour l’essentiel du 13ème siècle, sous Henri III. C’est le lieu de sépulture d’une partie des rois et reines d’Angleterre et aussi des hommes et des femmes célèbres. Le « Coin des poètes » fait honneur aux écrivains du royaume. La quasi-totalité des couronnements des monarques anglais a eu lieu dans cette abbaye.

[7] L’archevêque de Cantorbéry est, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre, c’est-à-dire le monarque du Royaume-Uni, le chef de l’Église d’Angleterre, avec le titre de primat de toute l’Angleterre, et le chef de la Communion anglicane. Selon cette religion, il est le successeur d’Augustin de Cantorbéry, premier titulaire du siège de 597 à 605.

[8] L’évêque de Bath et Wells est à la tête du diocèse anglican de Bath et Wells, dans la province de Cantorbéry. Sa cathédrale se trouve à Wells. L’une de ses tâches consiste à escorter le souverain britannique lors de son couronnement et d’acter comme garde du corps durant la cérémonie avec l’évêque de Durham.