Intro
La bataille de Bautzen a lieu durant la campagne d’Allemagne de 1813.
La bataille de Bautzen appelée bataille de Wurschen sur l’arc de triomphe de l’Étoile [1] est une victoire française des troupes de Napoléon 1er remportée les 20 et 21 mai 1813 sur les troupes russo-prussiennes commandées par le général russe Wittgenstein . Malgré les effectifs très supérieurs de l’armée française et les mauvaises décisions de l’adversaire, Napoléon ne peut remporter qu’une victoire incomplète, alors qu’il était en mesure de remporter une victoire décisive. Elle a lieu dans le cadre de la guerre de la Sixième Coalition [2].
Après la désastreuse retraite de Russie, les coalisés reprennent les armes contre la France. Le 2 mai, les armées prussiennes et russes sont battues à Lützen, mais les fortes pertes en cavalerie de la retraite de Russie ont empêché Napoléon d’en faire un succès complet, la poursuite n’ayant pu avoir lieu.
À partir du 11 mai, il passe sur la rive droite de l’Elbe [3]. Ney , avec une armée composée des 2ème, 3ème, 5ème, 7ème corps d’infanterie et du 2ème corps de cavalerie (soit 85 000 hommes), marche au nord, pour faire croire à une attaque sur Berlin [4] ; l’armée principale, dirigée par Napoléon, rassemble les 4ème, 6ème, 11ème et 12ème d’infanterie, la Garde impériale et le 1er corps de cavalerie (120 000 hommes), et suit l’armée russo-prussienne.
Napoléon prépare son plan. Tandis qu’il attaquera les Coalisés de front, les corps de Ney, de Lauriston et de Jean-Louis-Ébénézer Reynier tourneront la ligne.
De son côté, Napoléon remet ses troupes en état jusqu’au 10 mai, en établissant des dépôts, notamment à Dresde [5], en faisant construire plusieurs ponts sur l’Elbe. Manquant de cavalerie, il a peu de renseignements.
À partir du 11 mai, il passe sur la rive droite de l’Elbe. Ney, avec une armée composée des 2ème, 3ème, 5ème, 7ème corps d’infanterie et du 2ème corps de cavalerie soit 85 000 hommes, marche au nord, pour faire croire à une attaque sur Berlin [6] ; l’armée principale, dirigée par Napoléon, rassemble les 4ème, 6ème, 11èmze et 12ème d’infanterie, la Garde impériale et le 1er corps de cavalerie soit 120 000 hommes, et suit l’armée russo-prussienne.
Le général Wittgenstein commence par faire retraite sur la rive droite de l’Elbe.
Après quelques tergiversations des Prussiens qui veulent couvrir Berlin, l’armée prussienne se regroupe finalement avec les Russes sous l’impulsion de Frédéric-Guillaume III à Bautzen du 10 au 13 mai, sous la protection de l’arrière-garde de Mikhaïl Andreïevitch Miloradovitch , qui retient le maréchal Macdonald .
les Russes sont délogés de leur position au combat de Godan, le 15 mai. Néanmoins les Coalisés ont installé leurs 96 000 hommes sur une double ligne défensive près de la ville de Bautzen [7].
Ils y sont rejoints le 16 mai par Michel Barclay de Tolly . L’armée coalisée s’y fortifie, pour y donner bataille en forte position, tout en étant à proximité de l’Autriche, dont on attend l’entrée en guerre, et à même de recevoir des renforts russes.
Le 19 mai, les Coalisés sont solidement établis sur la rive droite de la Sprée [8], de part et d’autre de Bautzen.
Le général russe a fait fortifier les collines autour de Bautzen : le but est de tenir là où Napoléon attaquera, et de contre-attaquer là où la pression sera moins forte avec les réserves de la Garde russe
Le corps de Miloradowitch tient la première ligne, de part et d’autre de Bautzen, avec sous ses ordres 25 000 hommes et les généraux Guillaume Emmanuel Guignard Saint-Priest , Friedrich Kleist von Nollendorf et le prince Eugène de Wurtemberg .
La position principale, soutenue par des retranchements et des redoutes, en arrière de Bautzen, est défendue par 40 000 hommes (dont 9 000 d’York, encore en chemin revenant du combat de Wartha. Les chefs de corps sont Kleist, Blücher , le duc d’York. L’aile droite (9 000 hommes) est placée sur un terrain plat, entre la Sprée et une petite rivière, sans point d’appui, et commandée par Barclay de Tolly. La réserve est constituée de la Garde impériale russe.
Au total, le front est de 15 km. Bien que fortement défendue au centre et à droite (sauf à l’extrême droite), la ligne coalisée, trop longue et coupée de marais et d’étangs, est difficile à tenir face à des effectifs doubles. Wittgenstein compte donc attaquer dès qu’il le pourra. Les communications sont gênées en arrière ; son extrême droite, sans point d’appui, est son point faible.
Wittgenstein envoie Barclay de Tolly avec le duc d’York (22 000 hommes au total) pour détruire le 5ème corps français. Ce corps part à minuit, et rencontre dans l’après-midi, à Koenigswartha [9], la division italienne commandée par le général Luigi Gaspare Peyri , complètement surprise. Le général Peyri est fait prisonnier et les 3 brigadiers sont tués. L’arrivée du maréchal Ney et du 5ème corps [10] qui affronte les Prussiens à Wartha [11], empêche la destruction totale de la division italienne, qui perd 3 000 hommes. Ces combats durent jusqu’à 11 heures et minuit. Sur leurs 12 000 soldats engagés, les coalisés perdent 3 500 hommes ; les Français perdent 5 000 hommes sur les 15 000 engagés dont 2 000 du 5ème corps.
Napoléon décide de commencer la bataille le 20 mai : Ney, qui doit attaquer la droite de l’adversaire, arrive en position. Cela lui permet d’entamer les forces de l’ennemi dans la journée, avant de le tourner le lendemain et d’avoir l’après-midi pour poursuivre l’ennemi.
Le 20 mai, Napoléon attaque la gauche des Coalisés pour se relier à Ney. A 12h, Oudinot passe la Spree et se heurte au corps de Miloradovitch.
Le corps de Kleist est repoussé. Macdonald prend le pont de Bautzen, mais est arrêté dans la ville. Le général Jean Dominique Compans , à la tête de 15 voltigeurs, parvient à entrer dans la ville. Marmont s’empare du village de Burck. La première ligne est prise, mais les Coalisés se sont repliés en bon ordre. Vers 20h00, Napoléon installe son quartier général dans Bautzen.
Le lendemain matin, les corps de Oudinot, Macdonald, Marmont et Henri-Gatien Bertrand s’installent en position de bataille devant la 2ème ligne coalisée. Ils attendent que Ney débouche sur la gauche. Celui-ci prend le village de Klix et avance vers Pretitz [12]. Mais il ne veut pas déboucher trop vite.
Son aile droite [13] attaque à midi ; le 11ème mène l’assaut sur Bautzen, sans réussir ;
A 13h30, Napoléon lance le corps de Bertrand à l’assaut des positions des Coalisés. Mais Bertrand ne parvient pas à prendre contact avec le corps de Ney. Ce dernier, qui fait désormais face au corps de Barclay de Tolly, le repousse lentement. La cavalerie coalisée contre-attaque et arrête Ney.
A partir de 16h, Napoléon envoie tous ses corps afin de percer la ligne. Les Français progressent. Blücher contre-attaque pour protéger sa retraite mais Napoléon envoie la Garde pour détruire son corps ;
Le 6ème corps de Marmont passe la Sprée, protégé par le feu de 60 pièces, et refoule le prince Eugène de Wurtemberg vers 16 heures.
Devant la progression des Français, Wittgenstein ordonne le repli général vers 18h.
La division Compans pénètre alors à revers dans Bautzen, évacué en catastrophe par les Russes. Le 11èmz corps peut alors avancer.
Plus au nord, le 4ème corps de Soult est retenu toute la journée par Kleist, soutenu par Blücher. Seul le 23ème de ligne, de la brigade de Charles Antoine Morand , parvient à s’établir avec de l’artillerie sur la rive droite de la Sprée. Mais l’avancée du 6ème corps et la prise de Burck par la division Bonnet, oblige Kleist à faire retraite, et permet au 4ème corps de franchir la Sprée.
À la tombée de la nuit, le 12ème corps occupe les points d’appui de l’extrême-gauche coalisée. L’état-major russe, dont le prince Alexandre, pensant que le danger principal vient de là, fait envoyer par Wittgenstein, 3 500 hommes de la réserve. Avec ce renfort, Miloradowitch repousse Oudinot, les combats durant jusqu’à 22 heures.
Au nord, l’armée de Ney a progressé, la division de Joseph Souham ayant chassé un détachement russe du bourg de Klix.
Au soir du 20, Miloradowitch occupe l’aile gauche fortifiée ; York et Blücher le centre et la droite, avec Kleist passé en réserve ; et Barclay, l’extrême-droite.
Le plan de Napoléon le 2ème jour est alors de faire attaquer à droite les 12ème et 11ème corps, afin de distraire l’ennemi et d’y faire envoyer des renforts, de faire déboucher l’armée de Ney au Nord, qui prend à revers l’aile droite de Wittgenstein commandée par Blücher
Le centre [14] attend face aux positions ennemies, trop puissamment défendues pour être emportées d’assaut sans de fortes pertes. Napoléon a sûrement en mémoire les batailles de Lutzen ou de La Moskowa puis donnera l’attaque principale lorsque l’ennemi se verra tourné.
Napoléon voit tout le champ de bataille, sauf la partie Nord, où opère Ney, dont il est séparé par une heure et demie à cheval. Le point déterminant du plan, le débordement inattendu par l’aile droite de l’ennemi, repose entièrement sur Ney livré à lui-même.
La journée commence selon ce plan : Ney dévale au nord, tandis qu’Oudinot attaque au sud, pas trop fermement. En conséquence, le tsar Alexandre 1er envoie 4 500 hommes de sa Garde en renfort, ne gardant que 11 000 hommes en réserve, dont moins de 6 000 fantassins, dès le début de la bataille. Miloradowitch repousse Oudinot, qui garde en réserve la division bavaroise. Les divisions de Philibert Fressinet et Étienne Maurice Gérard , du 11ème corps, l’appuient, et limitent le recul.
Au nord, la division Maison est engagée assez tôt à Klix traversée par la division Souham du 3ème corps la veille, mais le général Lauriston ne l’appuie pas. Le 3ème corps, commandé par Ney, arrive alors en soutien [15], et repousse Barclay, qui demande du renfort, sans en obtenir. Il est alors défait par l’avancée des 3ème et 5ème corps. Alors que le plan prévoyait l’occupation de Preititz à 11 h, dès 10 h la division Souham l’occupe. Le reste des corps Lauriston et Ney avance plus prudemment, ce qui oblige Souham à reculer devant Kleist, envoyé en renfort par Blücher.
Le centre français attaque à midi. Il progresse grâce aux positions en hauteur acquises la veille, puis vers 14 heures, il lance l’attaque à fond. Ney comprend qu’il est couvert, et qu’il peut attaquer. Mais il le fait faiblement. La retraite de Blücher, faite avant 15 heures, peut se dérouler en bon ordre. En effet, Ney appuie sur sa droite, et son 3ème corps suivi du 5ème se précipitent sur les positions libérées par Blücher, et sèment le désordre dans le 4ème corps de Soult.
L’aile gauche coalisée commence à faire retraite vers 15 ou 16 heures, faiblement poursuivie par Oudinot, dont les forces combattent durement depuis 2 jours. Vers 17 heures, Ney attaque enfin dans le bon sens avec les 3ème, 5ème et 7ème corps, mais les Russes et les Prussiens avaient déjà entamé leur retraite, et ne sont donc pas débordés, et la cavalerie de La Tour-Maubourg ne peut jeter le désordre dans les carrés coalisés en ordre parfait.
Sur ces 2 jours, les coalisés perdent environ 17 000 hommes, contre 15 000 aux Français. Avec les engagements du 19, les pertes sont équilibrées à 20 000 hommes de part et d’autre.
Mais, la retraite des Coalisés n’étant pas coupée, ils peuvent se replier en bon ordre.
L’objectif de Napoléon - détruire les forces coalisées - n’est pas atteint.
La Poursuite commence le lendemain (si on excepte les combats de nuit entre postes des 2 camps, restés mêlés après la bataille).
Depuis la campagne de Russie, la France manque de cavalerie. Le 22 mai, a lieu la bataille de Reichenbach [16] : elle oppose le 7ème corps de Jean-Louis-Ébénézer Reynier , la Garde impériale française et le corps de cavalerie de Latour-Maubourg au corps du prince Eugène de Wurtemberg. C’est une faible victoire française, marquée par la mort à l’état-major des généraux Géraud Christophe Michel Duroc et Kirgener du Planta , chef d’état-major du génie de la Garde, tués par un boulet perdu à quelques mètres de l’Empereur. Quelques minutes avant, le général Jean Pierre Joseph Bruguière avait eu les 2 jambes emportées par un boulet.
Le 25 mai, Wittgenstein est relevé de son commandement et placé à la tête d’un corps d’infanterie. Il est remplacé par Barclay.
Le 26 mai, la division Maison est battue par la cavalerie du général Zieten dans une embuscade à Haynau [17].
Un armistice est conclu le 2 juin pour sept semaines.