Fille du landgrave [1] Charles 1er de Hesse-Cassel et d’ Amélie de Courlande . Elle était la sœur du roi Frédéric 1er de Suède, du Landgrave Guillaume VIII de Hesse-Cassel et de Sophie-Charlotte de Hesse-Cassel , duchesse de Mecklembourg-Schwerin. Apparentée aux Maisons souveraines européenne, elle était notamment une cousine germaine du roi Frédéric IV de Danemark et une cousine issue de germain du régent de France Philippe d’Orléans.
Princesse d’Orange [2] puis princesse douairière d’Orange, elle fut régente pour son fils et son petit-fils de 1711 à 1731 et de 1759 à 1765. Ses sujets la surnommaient affectueusement "Tante Marie".
Statthouder [3] de Frise [4], Groningue [5] et Drenthe [6], le jeune prince d’Orange Jean Guillaume Friso de Nassau-Dietz , lointain cousin mais héritier de Guillaume III d’Orange, roi consort d’Angleterre, avait servi et montré des talents militaires incontestables contre les Français sous les ordres du duc de Marlborough. Il avait été élu statthouder des 4 autres provinces des Provinces-Unies en 1708 à l’âge de 21 ans.
Le fougueux jeune homme ayant par 2 fois risqué sa vie au cours d’une bataille, sa mère l’envoya promptement et en personne se marier à la cour de Hesse-Cassel lui conseillant de s’allier à celle des 2 filles célibataires du Landgrave qui lui siérait le mieux. En effet, les Hesse-Cassel étaient alliés à toute l’Europe et le Landgrave Charles était un proche du duc de Marlborough, ce qui ne pouvait que séduire le jeune prince.
La landgravine Marie-Louise, déjà âgée de 21 ans, n’était pas réputée pour sa beauté mais était appréciée de tous par les charmes de son caractère. L’affaire fut rondement menée et, le 26 avril 1709, une semaine à peine après son arrivée, le prince d’Orange épousa la jeune landgravine.
Alors qu’elle est enceinte pour la seconde fois et qu’elle approche de son terme, Marie-Louise, le 16 juin 1711, perd sa mère, Amélie de Courlande, une femme pieuse, affable et charitable qui avait eu beaucoup d’influence sur elle.
Un mois plus tard, le 14 juillet 1711, le prince d’Orange, toujours entreprenant, décide de traverser le détroit de Zélande par gros temps. Le bateau, pris dans la tourmente sombre corps et biens au large de Moerdijk [7] emportant avec lui le statthouder qui n’avait que 24 ans.
Veuve et princesse douairière à 23 ans, Marie-Louise accouche le 1er septembre suivant d’un fils. Elle est immédiatement nommée régente pour son fils Guillaume IV d’Orange-Nassau et gouverner depuis son palais de Leeuwarden [8] la Frise, la Groningue et la Drenthe.
Dès le début de sa régence, elle fut confrontée aux terribles hivers des années 1712 à 1716 mais aussi à une maladie qui s’attaqua au cheptel ovin de la Frise [9]. Elle décréta de nouveaux impôts que les états des autres provinces ne cessaient de réviser à la baisse. Aussi se rendit-elle en personne à La Haye [10] pour plaider sa cause. Elle réussit totalement ; il est vrai que son éloquence fut soutenue par un détachement de ses troupes.
Vivant très simplement, elle consacrait une grande partie de ses revenus à soulager les pauvres. À l’un de ses hôtes qui l’avait reçu avec magnificence, elle fit remarquer qu’une grande partie des sommes dépensées pour l’occasion aurait pu être mieux employée à soulager les nécessiteux.
Très populaire, elle reçut de ses sujets le surnom de "Tante Marie".
En 1731, son fils atteignant l’âge de 20 ans, elle lui cède l’exercice du pouvoir. Elle marie sa fille Anne-Charlotte-Amélie d’Orange-Nassau au margrave héritier de Baden-Durlach Frédéric de Bade-Durlach . Le couple a rapidement 2 fils mais le jeune margrave meurt prématurément tandis que la margravine montre des signes précoces de démence.
En 1734, son fils se marie à la princesse Anne de Hanovre , fille du roi d’Angleterre George II. Le mariage eut lieu à Londres et le jeune prince d’Orange prit soin d’avertir sa mère que son épouse, en tant que fille de roi, exigeait la préséance sur de sa belle-mère ; L’avertissement fut utile. La princesse douairière d’Orange s’installa diplomatiquement dans son château. Elle y accueillit son fils et sa belle-fille mais prit bien soin de ne participer à aucune fête officielle.
À partir de 1736, elle correspondit régulièrement avec Nicolaus Ludwig Zinzendorf . Elle ouvrit ses états aux protestants qui ne pouvaient vivre en paix dans les états voisins. Elle accueillit même, contre l’avis de son fils, des Frères moraves [11] qu’elle installa diplomatiquement dans la baronnie d’Ijsselstein qui lui appartenait à titre personnel. Déjà en 1700 un village de la Hesse-Cassel près de Frankenau [12] fondé par des réfugiés Huguenots Français avait été nommé en son honneur Louisendorf.
En 1747, le stathoudérat des sept Provinces-Unies devient héréditaire dans la Maison d’Orange-Nassau. Guillaume V n’ayant alors qu’une fille, le stathoudérat est déclaré transmissible aux filles et par les filles. C’est un triomphe absolu pour la Maison d’Orange-Nassau [13]. La petite princesse Caroline d’Orange-Nassau , 4 ans, est déclarée héritière mais un petit frère viable naît l’année suivante.
Cependant Guillaume IV meurt dès 1751 laissant à son tour un fils mineur, Guillaume V d’Orange-Nassau . Son épouse assume la régence mais s’éteint en 1759, Marie-Louise, bien qu’âgée de 71 ans, assume une nouvelle fois la régence pendant les 6 années qui lui restent à vivre maintenant les Provinces-Unies dans une stricte neutralité alors que la guerre de Sept Ans [14] déchire l’Europe. Elle meurt en 1765 à l’âge de 77 ans.