Toyotomi Hideyoshi (1537-1598)
2ème des trois unificateurs du Japon durant la période Sengoku
Daimyô [1], il vécut durant les périodes Muromachi [2] (1336/1573) et Azuchi Momoyama [3] (1573/1600).
Il fit rédiger sa propre histoire de son vivant jusqu’en 1592. D’origines modestes, il atteignit le pouvoir absolu sur l’ensemble du Japon en l’unifiant et en tentant de le pacifier.
Toyotomi Hideyoshi est né à Naka, ville située à l’époque dans la Province d’Owari [4]. Il est le fils d’un fermier nommé Yasuke. Il perd son père à l’âge de 8 ans et est élevé par son beau-père, employé chez Oda Nobunaga.
Trouvant l’enfant intelligent, il l’inscrit à l’école du village. À cette époque, au Japon, les écoles étaient situées dans les temples et l’enseignement prodigué par les moines bouddhistes. Mais le jeune Hideyoshi en est rapidement renvoyé en raison de son indiscipline. Il est alors placé chez un forgeron et vite renvoyé pour le même motif. Toyotomi ira ainsi de place en place mais son caractère récalcitrant ne lui permet pas de rester plus d’un mois au même endroit.
À l’âge de 20 ans, il est le domestique de Matsushita Yukitsuna, un des lieutenants de Imagawa Yoshimoto , qui lui accorde sa confiance. Ambitieux, il entre ensuite au service de Nobunaga qui cherche un surveillant pour la construction de son château de Kiyosu [5] qui traîne en longueur. Hideyoshi en fait activer la construction et rend la demeure habitable en quelques jours. Il prend à cette occasion le nom de Tokichi Takayoshi.
En 1574, il se fait construire le château de Nagahama [6], prend le nom de Hashiba et adopte le kiri comme armoiries. Par la suite, le nom de famille Toyotomi lui est accordée par l’Empereur et il est considéré comme un Kuge( [7] plutôt qu’un Buke [8], un fait quasiment sans précédent dans l’Histoire du Japon. De même, le Paulownia [9] est une héraldique particulièrement associée à des fonctions de pouvoir politique énorme équivalent à ceux d’un chef d’État. Aujourd’hui, la maison Toyotomi étant éteinte, le “Kirimon” sert de sceau officiel au Premier Ministre en fonction.
La famille Saito [10] est un ennemi juré de Nobunaga. Aussi, Hideyoshi propose-t-il à ce dernier de la réduire au silence. Il la soumet à la tête d’une troupe de bandits de grand chemin et, en récompense, reçoit le nom de Kinoshita Hideyoshi.
En 1570, il combat Asakura Yoshikage avec succès. Il est récompensé par trente mille koku [11] de riz.
En 1573, il fait le siège du château d’Odani [12] et capture Azai Nagamasa . À cette occasion, il reçoit 180 000 koku représentant la totalité de la fortune de Nagamasa.
En 1581, il envahit Mori [13] et soumet les 5 provinces de l’Ouest en 5 jours.
En 1582, Hideyoshi s’empare du fief du clan Mōri, lors du siège du château de Takamatsu [14], en inondant la forteresse. Le même jour, le 21 juin 1582, il apprend la mort de Nobunaga : un de ses vassaux, Akechi Mitsuhide , profite d’une halte de Nobunaga dans le temple Honnō-ji et de la faiblesse de son escorte pour se révolter contre lui et l’oblige à se faire seppuku [15] dans le temple en flammes. Nobunaga venait d’investir les possessions des Takeda et s’apprêtait à rejoindre Toyotomi, qui faisait campagne dans l’ouest et avait demandé des renforts. Rentré d’urgence des provinces de l’ouest, Hideyoshi, à la tête de 60 000 hommes, défait les troupes de Mitsuhide et fait exécuter ce dernier lors de la bataille de Yamazaki [16].
La popularité d’Hideyoshi s’accroît. Il est baptisé Shogun des 3 jours. Le titre envié de Lieutenant-Général lui est octroyé ainsi qu’une décoration. Mais, faisant fi des honneurs, il brigue le pouvoir, que se disputent les lieutenants de Nobunaga, dont Ieyasu.
Oda Hidenobu , le fils aîné de Nobutada et le petit-fils de Nobunaga, succède à son grand-père. Trop jeune pour régner, son oncle, Nobuo, est nommé régent mais les affaires importantes passent sous le contrôle d’Hideyoshi après la bataille de Shizugatake [17] en 1583.
Il élimine Shibata Katsuie qui, avec le 3èmre des fils de Nobunaga, a comploté pour le supprimer, devient Dainagon [18] en 1583, et se fait construire un magnifique château qu’il habitera à Osaka [19]. À cette époque, il est tout-puissant ; même Tokugawa Ieyasu le craint.
En 1584, il affronte les troupes coalisées du fils de Nobunaga et d’Ieyasu à la bataille de Komaki et Nagakute [20]. Enfin, ce fut le tour des moines guerriers de Negoro. Ieyasu, en fin politicien, préfère se soumettre à Hideyoshi en lui offrant son fils en otage, en échange le clan Tokugawa n’a plus à participer aux guerres de Hideyoshi ce qui placera Ieyasu dans une position très avantageuse après le désastre de la guerre de Corée.
La cour impériale lui donna le nom de Toyotomi, et il devient ministre des affaires suprêmes.
En 1585, il accède au second rang dans la hiérarchie du pouvoir en étant nommé Naidaijin [21]. Il réduit Chōsokabe Motochika au cours de l’invasion de Shikoku [22], Sassa à Etchu [23], Uesugi à Echigo [24] et se fait reconnaître par Tokugawa. Il tente, sans succès, de se faire adopter par le dernier shogun Ashikaga [25], mais est adopté par l’un de ses amis personnels, Konoe Sakihisa , le chef de la plus prestigieuse maisonnée aristocratique issue du clan Fujiwara [26] et pour ainsi dire, dirigeant de la caste Kuge à l’époque. Cette adoption permet en fait à Hideyoshi de contourner un antique tabou qui réserve à certains lignages familiaux les six plus élevés degrés de préséance à la Cour, dans le système Ritsuryô [27], à tel point que le surnom pour ces 6 rangs, “kizoku”, sera repris dans le japonais moderne pour désigner la Noblesse héréditaire à l’européenne.
Conscient de l’absurdité d’une situation créée par des siècles et des siècles de tradition aristocratique, mais également des mérites exceptionnels du protégé de Sakihisa, l’Empereur de l’époque, qui avait semble-t-il beaucoup d’estime pour Hideyoshi, confère à celui-ci un nouveau nom de famille, Toyotomi, un honneur rarissime. Le clan Toyotomi [28] fut pour ainsi dire la seule famille de Kuge nouvellement créée depuis l’Antiquité, les autres familles étant pour la plupart descendantes directes des dieux shintoïstes [29], de la Famille Impériale elle-même ou parfois d’autres lignages exceptionnels, tel le clan Hata [30], descendant de Qin Shi Huangdi. Une théorie dit également que le nom Toyotomi serait inspiré de l’un des noms attribués au prince Shōtoku Taishi, Toyotomimi.
En 1586, il est Kanpaku [31]. Ce titre étant réservé aux personnes de la haute noblesse, il se heurte au refus de Yoshihisa Shimazu , puissant daimyo de Satsuma [32].
En 1587, à la tête de 150 000 hommes, il mène contre ce dernier une campagne militaire victorieuse lors de la campagne de Kyūshū [33]. La même année, il interdit le christianisme et expulse les missionnaires jésuites tout en confisquant le port florissant de Nagasaki [34] qui leur avait été attribué par son prédécesseur.
À son retour dans la capitale, il renforce le pouvoir des bushi [35] en prohibant les armes chez les paysans et en réalisant des inspections cadastrales avec des mesures du sol. Les fondations du shogunat [36]) et des han [37] étaient posées. Seul le Kantō [38] lui résiste encore. En 1590, il attaque les daimyō Hojo Ujimasa et Date Masamune et les soumet également.
En 1588, suprême honneur, il reçoit la visite de l’empereur du Japon en personne. À l’époque, la Loi obligeait les daimyo à construire une chambre spécialement destinée à accueillir l’Empereur au cas où il leur rendrait visite, mais dans les faits presque aucun d’entre eux ne prit cette peine, à l’exception de Oda Nobunaga, Date Masamune et Toyotomi Hideyoshi.
La dernière étape de l’unification du Japon est le siège d’Odawara [39] en 1590. 200 000 hommes menés par Toyotomi Hideyoshi en tiennent le siège. Au bout de 3 mois, les troupes s’infiltrent. Les dirigeants du clan Go-Hōjō [40] se font seppuku.
En 1592, Hideyoshi cède la place à son fils adoptif, Toyotomi Hidetsugu , et prend le titre de Taikō [41]. À la tête de 500 000 hommes, il marche sur Nagoya [42]. L’unification du pays est achevée.
En 1592, Hideyoshi envahit la Corée [43], c’est la guerre d’Imjin [44]. La Corée demande l’aide de l’Empereur de Chine, Ming Shen Tsung ou Ming Shenzong dit Wanli . Mais l’empereur redoute également Hideyoshi et lui promet la couronne des 3 grandes provinces coréennes s’il les épargne. Hideyoshi est maître sur la terre ferme mais l’amiral coréen Yi Sun-sin a sérieusement mis en danger ses lignes de ravitaillements maritimes. Il ordonne alors à son armée de rentrer au pays. En 1596, il reçoit, par l’intermédiaire de l’ambassadeur, une missive de l’Empereur de Chine qu’il juge insultante.
En effet, les négociations ont mené à un quiproquo embarrassant ayant dévoilé les arrangements pris entre eux par les négociateurs : les diplomates chinois et japonais ayant chacun leurs propres soucis protocolaires vis-à-vis de leur monarque respectif. Ainsi le diplomate chinois raconta à son empereur que les Japonais acceptaient d’entrer dans le modèle sinocentriste, en tant que nation tributaire. Soumission en échange de laquelle l’Empereur de Chine, dans son immense générosité, accepte traditionnellement des relations commerciales et culturelles entre les deux pays, et confère le titre de Koku’ō* [45]. D’un autre côté, le diplomate japonais assura au vieux dictateur qu’il s’agissait d’un accord diplomatique entre 2 nations se reconnaissant comme des égales.
On peut légitimement se demander si Toyotomi Hideyoshi le prit comme un affront personnel ou comme une insulte à la nation japonaise et au Tennô [46]. Les Japonais, du moins ceux des hautes sphères du pouvoir, percevaient déjà leur pays comme une nation au sens moderne du terme, depuis l’époque de Shotoku Taishi . Ainsi, si le ShogunAshikaga Yoshimitsu avait accepté le titre de Roi du Japon décerné par l’Empereur de Chine afin de bénéficier des fructueuses relations commerciales associées, son successeur direct avait rejeté ce partenariat au motif qu’il s’agissait là d’un affront à la fierté nationale.
D’après le Taiko ki, Hideyoshi la déchire et chasse l’ambassadeur. Il réunit une armée pour châtier la Chine et reprendre la guerre en Corée, mais la maladie l’emporte le 18 septembre 1598, à l’âge de 61 ans, dans son château de Fushimi.
En 1593 naît son second fils, Hideyori. Hideyoshi accuse son fils adoptif, Hidetsugu, de trahison pour donner le pouvoir à Hideyori. Hidetsugu, déshonoré, se fait seppuku.
En 1597, poursuivant la persécution antichrétienne, Hideyoshi fait crucifier les 26 Martyrs de Nagasaki, presque tous Japonais, sur une colline de la ville, acte public destiné à décourager les conversions au christianisme au sein du peuple, et qui ouvre une série de violentes persécutions qui dureront jusqu’en 1637.
Sentant sa fin proche et ayant peur pour la vie du jeune enfant qu’était Hideyori, Hideyoshi confie son fils qu’il avait désigné comme héritier exclusif, aux 5 sages, ses grands conseillers dont Ieyasu qui prendra le pouvoir peu après la bataille de Sekigahara [47] en 1600.
Notes
[1] Un daimyo ou daïmio est un titre nobiliaire japonais. Ce terme désigne les principaux gouverneurs de provinces issus de la classe militaire qui régnaient sur le Japon sous les ordres du shogun, de l’époque de Muromachi (1336-1573), à celle d’Edo (1603-1868).
[2] L’époque de Muromachi est l’une des 14 subdivisions traditionnelles de l’histoire du Japon, qui s’étend entre 1336 et 1573. Elle correspond à l’époque de « règne » des shoguns Ashikaga. Le nom de cette période vient du quartier de Muromachi, site choisi à Kyōto par les Ashikaga pour y installer à compter de 1378 le siège de leur gouvernement. Elle est classiquement divisée en plusieurs sous-périodes. Ashikaga Takauji avait participé activement à la chute du shogunat de Kamakura en 1333 pour le compte de l’empereur Go-Daigo, qui exerça le pouvoir durant la courte période de la Restauration de Kenmu (1333-1336), mais il choisit finalement de rompre avec son autorité pour prétendre à la fonction de shogun, en s’appuyant sur la branche de la famille impériale rivale de celle de l’empereur en titre. Cela marqua le début de la période des Cours du Sud et du Nord, Nanboku-chō (1336-1392), durant laquelle deux lignées revendiquaient le trône impérial, celle qui était de fait sous la coupe des Ashikaga triomphant finalement. Cette période fut marquée par de nombreux conflits récurrents, certes de dimension encore limitée, mais parfois très destructeurs localement, et vit l’affirmation dans les provinces des gouverneurs militaires (shugo) au service du shogunat. Après avoir réunifié les deux cours impériales, le shogun Ashikaga Yoshimitsu consolida l’hégémonie du pouvoir shogunal. La période d’une durée d’un siècle environ qui suivit est considérée par certains comme la période de Muromachi à proprement parler, en tout cas celle durant laquelle l’autorité des shoguns Ashikaga n’est pas contestée.
[3] Le terme Momoyama (la colline au pêcher) vient du lieu où il fit construire son dernier château
[4] l’actuelle Préfecture d’Aichi
[5] Le château de Kiyosu ( Kiyosu-jō ?) sert de base d’opérations à Oda Nobunaga durant la seconde moitié de l’époque Sengoku (16ème siècle) du Japon féodal. Il se trouve dans la ville de Kiyosu (préfecture d’Aichi) au Japon.
[6] Le château de Nagahama (Nagahama-jō ?) est un hirashiro, c’est-à-dire un château japonais de plaine situé à Nagahama dans la préfecture de Shiga au Japon.
[7] aristocrate, noblesse de Cour
[8] litt. maison guerrière, c’est-à-dire noblesse d’épée, les samouraïs
[9] Paulownia, les paulownias, est un genre de plantes à fleurs de la famille des Paulowniacées. Ce sont des arbres originaires d’Asie. Ces essences sont principalement utilisées pour leur bois, pour stabiliser les sols ou fournir du fourrage, mais aussi comme arbre d’ornement, notamment l’espèce communément nommée paulownia : Paulownia tomentosa. En raison de leur forte absorption de dioxyde de carbone liée à sa croissance rapide, ils présentent un intérêt particulier dans le cadre de la lutte contre le changement climatique.
[10] Le clan Saitō (Saitō-shi ?) est un clan japonais originaire de la province de Mino. Le clan émergea lors de la période Sengoku. Au début de cette période, il était relativement puissant. Son dirigeant de l’époque, Saitō Dōsan, attaqua le clan Oda (mené par Nobuhide Oda) mais celui-ci résista. Le clan Saitō s’allia avec le clan Oda en mariant la fille de Dōsan, Nō-hime, au fils de Nobuhide, le célèbre Oda Nobunaga.
[11] Le koku est une unité de mesure japonaise traditionnelle de volume, encore en usage dans certains cas. Le koku permettait de mesurer la richesse et le nombre de personnes à la disposition des seigneurs qui cherchaient à étendre leurs terres et leur pouvoir. En effet la forme usuelle pour employer un samouraï ou un serviteur était de lui allouer une rente en koku, en guise de salaire. Le koku était donc une mesure de la force humaine (militaire ou civile) qu’un seigneur pouvait mobiliser.
[12] Le siège du château d’Odani (Odani-jō no Tatakai ?) de 1573 est le dernier combat du clan Azai, un des principaux adversaires d’Oda Nobunaga. Nobunaga s’empare du château d’Odani qu’occupe Azai Nagamasa, qui, laissé sans autre choix, se suicide avec son fils. Sa femme, Oichi, sœur de Nobunaga, et ses trois filles sont confiées à Nobunaga, étant donné qu’elles sont de sa famille. Deux des filles de Nagamasa épouseront plus tard des membres de puissantes familles. Leur évasion du château assiégé est devenu une scène sentimentale assez courante dans l’art japonais traditionnel Avant qu’Azai Nagamasa ne commette seppuku, il décide de poser un dernier siège sur le camp principal de Nobunaga ; à la fin, cependant, il échoue et à la place est capturé. Azai sait depuis le début qu’il va perdre cette bataille, aussi avant sa mort, il envoie sa femme et ses filles à Nobunaga afin de leur sauver la vie.
[13] Le clan Mōri (Mōri-shi ?) est un clan japonais qui descend de Ōe no Hiromoto et qui établit son pouvoir dans la province d’Aki. Après de nombreuses conquêtes, le clan Mōri s’impose comme l’un des clans les plus puissants du Japon. Il possède l’une des armées les plus importantes lors de la bataille de Sekigahara en 1600 avec 15 000 hommes. Cependant celle-ci est engagée dans le camp des perdants. Après cette bataille, le clan perd 3 des provinces qu’il gouverne et doit déplacer sa capitale de Hiroshima à Hagi. Il ne reste au clan que la province de Suō et celle de Nagato, appelée domaine de Chōshū. Après l’abolition du système han en 1871, le clan Mōri devient une lignée de ducs grâce au système nobiliaire kazoku. Une partie des sépultures de la famille de cette période se situe dans le temple Rurikō-ji à Yamaguchi.
[14] Le siège du château de Takamatsu de 1582 est mené par Toyotomi Hideyoshi contre le château de Takamatsu contrôlé par le clan Mōri. Il détourne une rivière voisine avec des digues pour entourer et inonder le château, menant à une reddition relativement rapide. Il construit également des tours sur des barges à partir desquelles ses arquebusiers peuvent garder un roulement constant de tirs sans être eux-mêmes gênés par l’inondation. Tandis que la bataille se fait plus intense, la garnison reçoit des renforts des clans Mōri, Kikkawa et Kobayakawa et Hideyoshi demande de l’aide de son seigneur Oda Nobunaga. En réponse, Nobunaga envoie un contingent d’hommes à l’ouest pour qu’ils fassent route vers Takamatsu, tandis que lui-même s’arrête au Honnō-ji pour un temps ; pendant ce séjour, il est trahi et assassiné. Hideyoshi apprend rapidement la mort de son seigneur lors de l’incident du Honnō-ji, ce qui l’encourage à accélérer la disposition des termes de la reddition. Shimizu Muneharu, le commandant du château, est contraint de se suicider à la vue de tous dans un bateau sur le lac artificiel créé par les inondations.
[15] Le hara-kiri ou harakiri ou seppuku, est une forme rituelle de suicide masculin par éventration, apparue au Japon vers le 12ème siècle dans la classe des samouraïs. Ce rituel est officiellement abandonné par les Japonais en 1868.
[16] La bataille de Yamazaki (Yamazaki no tatakai ?) se tient en 1582 à Yamazaki au Japon, dans ce qui correspond de nos jours à la préfecture de Kyoto. Cette bataille est parfois appelée « bataille du mont Tennō » (Tennō-zan no tatakai). Lors de l’incident du Honnō-ji, Akechi Mitsuhide, un des vassaux d’Oda Nobunaga, l’attaque tandis qu’il se repose au Honnō-ji et le contraint au seppuku. Mitsuhide s’empare ensuite du pouvoir et de l’autorité de Nobunaga dans la région de Kyoto. 13 jours plus tard, Toyotomi Hideyoshi rencontre Mitsuhide à Yamazaki et le défait, venge son maître Nobunaga et s’arroge le pouvoir et la puissance de Nobunaga pour lui-même.
[17] La bataille de Shizugatake (Shizugatake no tatakai) a opposé les partisans de Hideyoshi Toyotomi à ceux d’Oda Nobutaka pendant l’époque Azuchi Momoyama. En mai 1583, Katsuie Shibata, un ancien général de Nobunaga, coordonne des attaques simultanées sur Shizugatake, sur des forts tenus par des généraux de Hideyoshi. Sakuma Morimasa attaque sur les ordres de Katsuie et tue Nakagawa Kiyohide, mais les défenses des forteresses ne cédant pas, Katsuie ordonne à Sakuma de retirer ses troupes dangereusement isolées mais Sakuma, n’obéit pas aux ordres de son seigneur et prépare une autre offensive. Les troupes de Hideyoshi étaient au moins à 4 jours de marche au moment de l’attaque de Sakuma. Mais, dès que Hideyoshi apprend l’offensive de Sakuma, il ordonne une marche forcée et ses hommes atteignent Shizugatake en un jour et demi. Sakuma lance ses troupes mais les forces de Hideyoshi l’emportent facilement et poursuivent l’armée de Sakuma jusqu’au château de Kitanosho (Fukui) dans la province d’Echizen. Ils s’emparent du château incendié pourtant par Katsuie, qui finit par se suicider après avoir tué sa famille. À la suite de cette bataille, les sept généraux de Hideyoshi gagnent une importante renommée. Leurs faits d’armes leur valent le nom de Shizugatake no shichi-hon yari* (les sept lances de Shizugatake). Certains de ces généraux comme Kiyomasa Kato deviendront des piliers du pouvoir de Hideyoshi.
[18] conseiller d’État
[19] Osaka ou Ōsaka (Ōsaka-shi ?) est une ville désignée de la région du Kansai, sur l’île de Honshū au Japon. Capitale et ville la plus peuplée de la préfecture du même nom, elle est la troisième ville la plus peuplée du Japon après Tokyo et Yokohama, sur les rives de la baie d’Osaka de la mer intérieure de Seto. Osaka était traditionnellement considérée comme le centre économique du Japon. Dès la période Kofun (300-538), elle s’était développée en un port régional important et, aux 7 et 8ème siècles, elle servit brièvement de capitale impériale. Osaka continua de prospérer durant l’époque d’Edo (1603-1868) et devint un centre culturel japonais reconnu. Après la restauration de Meiji, Osaka connut une expansion considérable et une industrialisation rapide.
[20] La bataille de Komaki et Nagakute est une succession de batailles au cours de l’année 1584 entre les forces de Hashiba Hideyoshi (le futur Toyotomi Hideyoshi en 1586) et celles d’Oda Nobukatsu et Tokugawa Ieyasu. Hideyoshi et Ieyasu ont tous deux servi Oda Nobunaga et n’étaient pas en conflit auparavant, ce sera en fait leur seule période d’hostilité. Bien que cet épisode de l’histoire est plus communément connu par les deux batailles les plus importantes, l’événement est aussi parfois appelé Campagne de Komaki.
[21] Le naidaijin (littéralement ministre du Centre) est un ministre impérial japonais de l’ère Taihō, inférieur aux sadaijin et udaijin (un officier de troisième rang), toujours prêt à assister un des ministres supérieurs en cette hiérarchie. C’est l’homme d’affaires de l’empereur. Quand un des trois ministres du kugyō ne peut vaquer à son emploi, c’est le naidaijin qui le remplace. À cette époque, il y a en tout 8 rangs de fonctionnaires eux-mêmes divisés en échelons, plus un de début, le daijō-daijin, ministre des Affaires suprêmes, ou Premier ministre.
[22] Shikoku est l’une des quatre grandes îles du Japon avec Honshù, Hokkaidô et Kyùshù. Elles forment, avec les archipels Nansei et Nanpô, l’archipel japonais.
[23] La province d’Etchū (Etchū no kuni ?) est une ancienne province du Japon qui fait partie de l’actuelle préfecture de Toyama. Elle était située au centre de Honshū, au bord de la mer du Japon. Elle était bordée par les provinces d’Echigo, de Shinano, de Hida, de Kaga et de Noto. L’ancienne capitale de la province était Takaoka, mais durant la période Sengoku la région était habituellement contrôlée par des daimyos de provinces voisines telles qu’Echigo et Kaga et visaient le contrôle de la ville de Toyama qui avait pris de l’importance au 16ème siècle
[24] Echigo est une ancienne province du Japon. Elle était entourée par les provinces de Dewa, Mutsu, Kozuke, Shinano et Etchū, avec au large la province de Sado. Cette province occupait une région qui est aujourd’hui une partie de la préfecture de Niigata. Pendant la période Sengoku, la province a été gouvernée par Kenshin Uesugi et sa famille, qui en a pris le contrôle en 1551, après en avoir commencé la conquête en 1543. Avant d’appartenir au clan Uesugi, la province d’Echigo appartenait au clan Nagao.
[25] Le shogunat Ashikaga (Ashikaga bakufu ?, 1336-1573) ou shogunat des Ashikaga est le gouvernement militaire féodal qui règne sur le Japon de 1336 à 1573. L’époque des shoguns du clan Ashikaga est aussi connue sous le nom de « période Muromachi », du nom du quartier de Kyoto où le troisième shogun Ashikaga Yoshimitsu établit sa résidence.
[26] Le clan Fujiwara (Fujiwara-shi ?) est une famille de la noblesse japonaise qui a donné de nombreux régents aux empereurs japonais pendant les périodes Nara (Nara jidai ?) et Heian (Heian jidai ?), soit du 8 au 12ème siècle du calendrier grégorien. Le clan a existé de l’époque Kodai à l’époque Kinsei , mais des branches du clan ont continué à jouer un rôle important dans l’aristocratie japonaise jusqu’à l’époque contemporaine. À l’époque de Heian, le nom de famille officiel était Fujiwara, mais après la période Kamakura (Kamakura jidai ?), chaque famille garda son nom originel, Fujiwara n’étant plus utilisé que pour des raisons officielles. Le nom Fujiwara signifie « champ de glycines »
[27] Le ritsuryō est l’ancien système de lois du Japon antique basé sur le confucianisme et sur le légisme venus de Chine. Le système politique qui en découle est appelé ritsuryō-sei. On désigne par kyaku les amendements du ritsuryō et par shiki ses différentes promulgations. Le ritsuryō définit à la fois un code pénal (ritsu ?) et un code administratif (ryō ?). À la fin de la période Asuka et pendant la période Nara (710-794), la cour impériale, qui tentait alors de reproduire le système politique rigoureux de la Chine des Tang, créa et enrichit certains volumes du ritsuryō, en s’inspirant partiellement du code Tang. Ainsi, en 645, la réforme de Taika (Taika no kaishin ?) fut le premier texte codifiant ce nouveau système.
[28] Le clan Toyotomi au Japon, est originaire de la province d’Owari. Il fut fondé par un militaire de talent (plus tard connu sous le nom de Toyotomi Hideyoshi) d’origine sociale très modeste (son père était un simple ashigaru, un paysan-soldat), né en 1537. Le jeune Kinoshita Tokichiro s’engagea d’abord comme soldat au service d’un petit seigneur d’Owari, Matsushita Yukitsuna, un vassal du clan Imagawa, puis passa au service d’Oda Nobunaga, qui récompensa ses remarquables dispositions militaires (notamment après la défaite complète du puissant clan Imagawa) en favorisant son ascension sociale. Il prit ainsi le nom de Hashiba Hideyoshi en 1567, lorsqu’il devint l’un des principaux généraux d’Oda Nobunaga (après le siège victorieux du château d’Inabayama, largement dû à ses talents militaires et diplomatiques). Nobunaga l’éleva ensuite au rang de seigneur (daimyo) de plusieurs provinces. Après l’assassinat de Nobunaga, Hideyoshi élimina rapidement le général félon (Akechi Mitsuhide), et prit l’ascendant sur le clan Oda, puis se fit adopter par un noble de la cour impériale, Konoe Sakihisa, membre du clan Fujiwara, nommer régent (kampaku) en 1585, et, en 1586, il obtint de l’empereur Go-Yōzei un nouveau nom comme fondateur de clan, et devint donc Toyotomi Hideyoshi à l’âge de 48 ans.
[29] shinbutsu
[30] Le clan Hata (Hata-uji ?) est un clan immigré actif au Japon depuis la période Kofun selon le récit épique Nihonshoki. « Hata » est la lecture japonaise du nom chinois (« État et dynastie ») donné à la dynastie Qin (le vrai nom de famille est « Ying ») et donné à leurs descendants installés au Japon. Le Nihonshoki présente le clan comme un clan ou une maison mais pas comme une tribu. Par ailleurs, seuls les membres de la famille principale ont le droit d’utiliser le nom « Hata ». Les Hata peuvent être comparés aux autres familles originaires du continent durant la période Kofun : les descendants de la dynastie Han de Chine par le prince Achi no Omi, ancêtre des clans Yamato no Aya, Sakanoue, Tamura, Harada et Akizuki, également les descendants de la dynastie chinoise Cao Wei par le clan Takamuko. Les descendants du Baekje (Kudara en japonais) qui ont cherché refuge au Japon, le Yamato no Fubito par exemple (qui reçoit plus tard un autre nom, Takano no Asomi le clan Kudara no Konikishi,et le clan Sue.
[31] premier ministre
[32] partie du Kagoshima actuel
[33] La campagne du Kyūshū de 1586-1587 est une des campagnes militaires de Toyotomi Hideyoshi qui cherche à dominer le Japon à la fin de la période Sengoku. Ayant soumis l’essentiel du Honshū et de Shikoku, Hideyoshi tourne son attention vers la plus au sud des principales îles japonaises, Kyūshū, en 1587.
[34] Nagasaki est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l’île de Kyushu. Fondée dans la seconde moitié du 16ème siècle, c’était à l’origine un village isolé. C’est l’arrivée d’explorateurs européens au milieu du 16ème siècle, quand un navire portugais s’échoua accidentellement sur les rives de la préfecture de Kagoshima en 1543, qui en provoqua la naissance et l’essor. Le missionnaire jésuite François Xavier arriva au Japon en 1549, mais bien qu’il partît pour la Chine en 1551 et y mourût peu de temps après, ses disciples restèrent au Japon et y convertirent plusieurs daimyō (chefs de guerre). Le plus important fut Ōmura Sumitada qui fit un grand profit de sa conversion, car il reçut une part du commerce des navires portugais dans un port qu’ils établirent à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville, avec son accord. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus.
[35] Bushi, aussi lu de façon archaïque « mononofu », est un terme d’origine japonaise signifiant littéralement « guerrier gentilhomme » en japonais. Le terme apparaît pour la première fois dans le livre d’histoire japonaise Shoku nihongi écrit sous l’ère Heian, vers 800. Il provient du chinois wushi ( pinyin « wǔshì ». Bushi et samouraïs sont souvent confondus mais ils correspondent à des périodes et à des fonctions différentes. Les bushi étaient des cavaliers en armure dont l’arme principale était le yumi (arc). Ils étaient chargés de la protection des clans familiaux appelés uji. C’est cette proximité avec la noblesse qui est à l’origine de leur nom de « guerrier gentilhomme ». Sous l’ère Heian, une scission s’opère entre la noblesse à part entière, la très raffinée aristocratie impériale (kuge) et la classe des bushi (mi-guerrière, mi-noble et surtout moins raffinée).
[36] gouvernement militaire
[37] fiefs des daimyō
[38] régions de l’Est
[39] Le 3ème siège d’Odawara eut lieu en 1590 et fut le point culminant de la campagne de Toyotomi Hideyoshi visant à éliminer le clan Go-Hōjō qui menaçait son pouvoir. Durant les mois menant au siège, à mesure que les intentions d’Hideyoshi se faisaient plus claires, des améliorations hâtives mais néanmoins majeures aux défenses du château furent effectuées. Ainsi, malgré l’ampleur des forces levées par Hideyoshi, le siège ne donna lieu qu’à peu de combats.
[40] Le clan Hōjō postérieur est l’un des clans de guerriers les plus puissants de la période Sengoku. L’histoire du clan commence au début du 14ème siècle, lorsque Hōjō Sōun, connu de son vivant sous les noms de Ise Shinkurō, Ise Shozui ou encore Ise Nagauji, se met à conquérir des terres dans la province de Sagami et à étendre son pouvoir. Son fils choisit le nom de Hōjō, d’après le nom d’une famille illustre de l’époque de Kamakura. Il devient ainsi Hōjō Ujitsuna, et son père, Ise Shinkurō, est renommé Hōjō Sōun à titre posthume. Le clan Go-Hōjō, parfois appelé « Odawara-Hōjō » d’après le nom de leur château d’Odawara, n’a aucun lien avec le premier clan Hōjō. Leur pouvoir rivalise avec celui du clan Tokugawa, mais Toyotomi Hideyoshi met fin à leur règne au cours du 3ème siège d’Odawara, expulsant Hōjō Ujinao et sa femme Toku Hime (l’une des filles de Tokugawa Ieyasu) au mont Kōya, où Ujinao meurt en 1591.
[41] titre honorifique donné à un kampaku en semi-retraite, qui exerce toujours la tutelle de son successeur
[42] située dans l’ancienne province d’Hizen
[43] La Corée est une région d’Asie de l’Est divisée en 1945 en deux zones d’occupation, puis en 1948 en deux États souverains et antagonistes, la Corée du Sud (république de Corée) et la Corée du Nord (république populaire démocratique de Corée), qui revendiquent la représentation de l’ensemble de la Corée. Depuis 2024, la Corée du Nord a abandonné l’idée de la réunification et désigne explicitement son homologue du sud par "l’État hostile". Le territoire de la Corée a des frontières terrestres avec la Chine et la Russie, une frontière maritime avec le Japon, et trois façades maritimes sur la mer Jaune à l’ouest, le détroit de Corée au sud et la mer du Japon à l’est que les Coréens appellent mer de l’Est. Il occupe une superficie de 220 258 km2. La Corée s’étend principalement sur la péninsule de Corée, entourée de nombreuses îles ainsi que des terres situées entre l’isthme de Corée et les fleuves Yalou et Tumen.
[44] Les invasions japonaises de la Corée se sont produites entre 1592 et 1598. Ce conflit a opposé la Corée de la dynastie Chosŏn et l’empire chinois au Japon. Il a été causé par le désir du régent Toyotomi Hideyoshi de conquérir la Chine. Cette guerre provoqua une crise financière au sein de la dynastie Ming. La Corée connut des pertes humaines sans précédent et vit s’illustrer l’amiral Yi Sun-sin lors des batailles navales. Du côté du Japon, Tokugawa Ieyasu préserva sa force lors de la guerre, et réussit à battre ses rivaux Konishi Yukinaga et Mitsunari Ishida. Ce conflit est connu sous le nom de guerre d’Imjin en Corée (imjin correspond à la désignation coréenne de l’année du dragon d’eau, le nom porté par l’année 1592 dans le cycle sexagésimal chinois), des batailles de Bunroku et de Keicho au Japon et de la campagne de Corée de l’ère Wanli en Chine.
[45] roi-nation, c’est-à-dire féal direct et partenaire de l’Empereur de Chine, assumant le rôle de Roi des rois
[46] L’empereur du Japon (Tennō ?, littéralement Souverain du ciel ou Souverain céleste) est le chef de l’État monarchique du Japon. Selon la Constitution promulguée en 1947 lors de l’occupation ayant suivi la Seconde Guerre mondiale, le monarque a un rôle uniquement symbolique (en tant que symbole du Japon et de l’unité du peuple japonais) et détient sa fonction des citoyens japonais.
[47] La bataille de Sekigahara, qui s’est déroulée les 20 et 21 octobre 1600, est un événement majeur de l’histoire du Japon. Elle marque la fin de l’époque Sengoku et le début de l’époque d’Edo. Elle est d’ailleurs surnommée Tenka wakeme no kassen , (la bataille qui décida de l’avenir du pays »). Cet affrontement ouvrit le chemin vers le shogunat à Tokugawa Ieyasu. Bien qu’il ait fallu à Tokugawa 3 ans de plus pour consolider sa position au pouvoir contre le clan Toyotomi et les daimyos, la bataille de Sekigahara est généralement considérée comme le début non officiel du shogunat Tokugawa. À Sekigahara, dans l’actuelle préfecture de Gifu, les forces de Tokugawa Ieyasu combattirent celles d’Ishida Mitsunari, loyales au fils et héritier de Toyotomi Hideyoshi, Hideyori. Le cours de la bataille changea lorsque Kobayakawa Hideaki, allié à Ishida, trahit ce dernier en plein combat. Bien qu’au début Kobayakawa se soit contenté de rester aux limites de la zone de combats sans prendre part à la bataille, il finit par passer dans le camp Tokugawa. Cette trahison conduisit à la victoire décisive d’Ieyasu et à la fin du go-tairō (Conseil des cinq Anciens).