Ladislas (archevêque de Salzbourg) ou Władysław de Wroclaw (vers 1237-1270)
Chancelier du roi Ottokar II de Bohême-Archevêque de Salzbourg en 1265
Issu de la dynastie des Piast [1], il est devenu, régent du duché de Wrocław [2] en 1266 et administrateur apostolique du diocèse de Wrocław [3] en 1268.
Fils cadet du duc polonais Henri II dit le Pieux et de son épouse Anna, la fille du roi Ottokar 1er de Bohême.
Lorsque son père est tué à la bataille de Legnica en 1241 [4], il est encore un enfant. Pour éviter de devoir partager le territoire d’Henri II entre tous ses fils, sa mère et ses frères aînés décident d’une carrière religieuse pour lui et son frère Conrad II de Głogów.
Władysław est envoyé à l’étranger pour faire des études. Contrairement à Conrad qui va revendiquer sa part d’héritage, il se tourne vers l’Église et étudie à Padoue [5]. Lorsqu’il atteint sa majorité en 1248, il devient symboliquement duc de Wrocław [6] à côté de son frère Henri le Blanc ; tous deux accordent à Wrocław le statut urbain de Magdebourg [7] en 1261.
Władysław, se contentant de rester dans l’ombre de son frère et approuvant ses décisions, a passé la plus grande partie de son temps à la cour d’Ottokar II de Bohême à Prague [8]. Celui-ci l’aide à faire une carrière fulgurante au sein de l’Église, carrière qu’il commence en tant que prévôt [9] au Chapitre [10] de Vyšehrad [11] en 1255. En 1256, il devient chanoine [12] au diocèse de Bamberg [13], mais, vu sa jeunesse, sa succession pour le poste de l’évêque Heinrich von Bilversheim , mort en 1257, n’était pas possible faute de dispense papale. En 1262, Ladislas revient au chapitre de Wrocław en tant que scolastique [14].
En 1265, alors que son frère Conrad venait de refuser le poste, le pape Clément IV nomme Władysław évêque de Passau [15] et, peu de temps après, archevêque de Salzbourg [16]. Władysław est arrivé à Salzbourg au printemps 1266. La même année, à la mort d’Henri le Blanc en décembre, il devient le seul duc de Wrocław. Il prend sous sa protection son jeune neveu Henri IV dit le Juste, sans renoncer à son archidiocèse.
En 1267, il réussit à mener à bien le procès en canonisation de sa grand-mère Edwige de Silésie . Un an plus tard, il est nommé à la tête du diocèse de Wrocław. Archevêque de Salzbourg, il ne peut en même temps être évêque de Wrocław. Officiellement, il devient l’administrateur apostolique du diocèse.
Il décède le 27 avril 1270 laissant par testament la moitié du duché de Wrocław à laquelle il avait droit à son neveu Henri le Juste. Władysław est enterré dans la cathédrale Saint-Rupert de Salzbourg [17].
Notes
[1] La dynastie Piast est une lignée de rois et de ducs qui ont gouverné la Pologne depuis son apparition en tant qu’État indépendant, de 960 jusqu’en 1370. Les descendants des Piast ont continué à régner sur les différents duchés provenant de la fragmentation du territoire polonais, en Mazovie jusqu’en 1526 et en Silésie jusqu’en 1675.
[2] Wrocław est l’une des villes la plus ancienne de Pologne, fondée vers le 9ème /10ème siècle). Située au sud des monts des Chats, au nord des Sudètes, la ville est traversée par le fleuve Oder.
[3] L’archidiocèse de Wrocław est un archidiocèse de rite romain de l’Église catholique. Il a pour cathédrale Wrocław en Pologne. Depuis sa création en évêché en l’an mil jusqu’à 1821, il dépendait de l’archidiocèse de Gniezno en Grande-Pologne. De 1821 à 1930 il dépendait directement du Siège apostolique. Entre 1821 et 1972, il était appelé officiellement archidiocèse de Breslau.
[4] La Bataille de Legnica ou Bataille de Liegnitz s’est déroulée en 1241 à Legnica, à proximité de la ville de Legnica (en Basse-Silésie) et a opposé les envahisseurs mongols (Tatars) aux Polonais commandés par Henri II le Pieux, renforcés par de nombreux chevaliers européens (y compris les Teutoniques) accourus pour défendre l’Europe contre les infidèles, et par des paysans et des mineurs. Elle clôt la première vague d’invasion de la Pologne par les Mongols.
[5] Padoue est une ville italienne de la région de la Vénétie, située au nord de la péninsule dans la plaine du Pô, à 40 kilomètres de Venise, sur la rivière Bacchiglione. À partir de 1405 la ville fut sous la domination vénitienne. Durant une brève période, pendant la guerre de la Ligue de Cambrai en 1509, la ville changea de mains. Le 10 décembre 1508, les représentants de la papauté, de la France, du Saint Empire romain germanique et de Ferdinand II d’Aragon conclurent une alliance (la Ligue de Cambrai) contre la République. L’accord prévoyait le démembrement complet du territoire de Venise en Italie et son partage entre les signataires : l’empereur Maximilien 1er de Habsbourg devait recevoir Padoue, en plus de Vérone et d’autres territoires. En 1509, Padoue passa pendant quelques semaines sous le contrôle des partisans de l’Empire. Les troupes vénitiennes récupérèrent rapidement la ville qui fut défendue avec succès durant le siège de Padoue par les troupes impériales en 1509. Entre 1507 et 1544, Venise construisit à Padoue de nouveaux murs, agrémentés d’une série de portes monumentales.
[6] Le duché de Breslau est un ancien duché vassal silésien dont la capitale était Breslau (Wrocław), ville de Basse-Silésie. Créé en 1248 par la division de la Silésie, un fief du royaume de Pologne, le duché de Breslau est un duché séculier sous le règne des Piast silésiens. Le territoire épiscopal des évêques de Breslau était la principauté de Neisse. Le duché est soumis à la suzeraineté des rois de Bohême à partir de 1327 ; après la mort du duc Henri VI le Bon en 1335, il revient à la couronne de Bohême en tant que fief éteint.
[7] La principauté archiépiscopale de Magdebourg ou archevêché de Magdebourg fut un État du Saint-Empire romain germanique. Les archevêques de Magdebourg qui relevaient du duché de Saxe, obtinrent l’immédiateté impériale comme seigneurs temporels de la principauté épiscopale au 12ème siècle. Le siège de la principauté et de l’archidiocèse aujourd’hui disparu était à Magdebourg sur l’Elbe. Les frontières de la principauté et de l’archidiocèse ne coïncidaient pas. Dans le périmètre de l’archidiocèse fondé en 968, l’autorité spirituelle de l’archevêque, en tant qu’évêque métropolite, s’étendait à proprement parler sur la province ecclésiastique, de laquelle dépendaient au Moyen Âge central les diocèses de Brandebourg, de Havelberg, de Zeitz, de Mersebourg et de Meissen (Misnie). Les archevêques faisaient partie du collège des princes ecclésiastiques à la Diète d’Empire. Lors de la diète à Augsbourg en 1500, la principauté archiépiscopale de Magdebourg rejoint le Cercle de Basse-Saxe. Après la guerre de Trente Ans et les décisions prises dans les traités de Westphalie, la principauté ecclésiastique fut sécularisée en 1680 et devint alors le duché de Magdebourg, un fief de l’État de Brandebourg-Prusse.
[8] Prague est la capitale et la plus grande ville de la République tchèque, en Bohême. Située au cœur de l’Europe centrale, à l’ouest du pays, la ville est édifiée sur les rives de la Vltava. Capitale historique du royaume de Bohême, berceau du peuple tchèque, Prague connaît son apogée au 14ème siècle sous le règne du roi de Bohême et empereur germanique Charles IV qui en fait la capitale de l’Empire. Elle est alors un centre culturel et religieux de première importance, où naissent les balbutiements de la réforme protestante lorsque Jan Hus prêche contre les abus de la hiérarchie catholique et le commerce des indulgences. Brièvement redevenue capitale impériale et culturelle au tournant des 16ème et 17ème siècles sous le règne de Rodolphe II, Prague perd progressivement en importance jusqu’à la Renaissance nationale tchèque au 19ème siècle puis la création de la Tchécoslovaquie au lendemain de la Première Guerre mondiale, en 1918, dont elle devient la capitale.
[9] Prévôt est le titre donné à des dignitaires de différentes Églises chrétiennes. Le terme correspondant est prevosto en italien, provost en anglais, Propst en allemand.
[10] Dans la tradition catholique, le chapitre d’un ordre ou d’une congrégation religieuse est l’assemblée des religieux, clercs, frères ou religieuses, réunie dans des conditions et pour des raisons définies par la règle. Chaque abbaye a son chapitre à intervalles réguliers, voire quotidiens. Tous les membres de la communauté y prennent part. Les instituts religieux ont leur chapitre, au niveau régional (appelé chapitre provincial) ou général (chapitre général) à intervalles fixés par leurs statuts propres.
[11] Vyšehrad est un quartier au sud du centre historique de Prague où se situe le château fort (hrad) éponyme, construit sous le règne des Přemyslides au 10ème siècle sur une colline qui domine la Vltava, au confluent de la rivière Botič. Depuis, la forteresse a subi plusieurs transformations ; l’apparence actuelle est en grande partie le résultat d’une reconstruction dans le style baroque au 17ème siècle.
[12] Un chanoine est un clerc (voire laïc) appartenant à un chapitre ou à une congrégation, et consacré à la prière liturgique au chœur, voire à l’enseignement, à la prédication, au secours des pauvres, au chœur professionnel (le « bas-chœur ») et à la maîtrise, etc. Au haut Moyen Âge, le mot pouvait désigner certains membres du personnel laïc des églises. Aujourd’hui, il existe des chanoines ecclésiastiques (séculiers ou réguliers), des chanoines laïcs et des femmes religieuses régulières (chanoinesses)
[13] L’archidiocèse de Bamberg est un archidiocèse métropolitain de rite romain créé le 1er avril 1818, succédant au diocèse de Bamberg. L’archidiocèse est situé dans la ville de Bamberg, en Allemagne. Son nom latin est Archidioecesis Bambergensis.
[14] La scolastique est la philosophie développée et enseignée au Moyen Âge dans les universités : elle vise à concilier l’apport de la philosophie grecque (particulièrement l’enseignement d’Aristote et des péripatéticiens) avec la théologie chrétienne héritée des Pères de l’Église et d’Anselme. De ce fait, on peut dire qu’elle est un courant de la philosophie médiévale.
[15] Le diocèse de Passau est une église particulière de l’Église catholique en Allemagne. Érigé au 8ème siècle, il est un des diocèses historiques de la Basse Bavière. De 1217 à 1803, ses évêques sont princes évêques du Saint Empire romain germanique. Son siège est la cathédrale Saint-Étienne. Il est suffragant de l’archidiocèse de Munich et Freising.
[16] L’archidiocèse de Salzbourg remonte au 7ème siècle avec la venue de Rupert qui est devenu le saint-patron de Salzbourg. Le diocèse fut créé en 739 et élevé au rang d’archidiocèse le 20 avril 798. Jusqu’en 1803, ils ont régné sur la principauté de Salzbourg.
[17] L’église originelle connut au moins trois campagnes d’extension de construction ou de reconstruction au cours du haut Moyen Âge, le résultat final étant une sorte de basilique romane ad hoc. Une crypte archéologique ouverte au public permet d’avoir un aperçu de ces strates antérieures. L’actuelle cathédrale Saint-Rupert de Salzbourg est une cathédrale baroque du 17ème siècle située dans la ville de Salzbourg en Autriche. Elle est dédiée à saint Rupert de Salzbourg. C’est dans cette cathédrale qu’a eu lieu le baptême de Mozart.