Bienvenue sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Accueil du site > Histoire du 12ème siècle > Robert 1er de Dreux dit le Grand

Robert 1er de Dreux dit le Grand

mercredi 27 mai 2026, par lucien jallamion

Robert 1er de Dreux dit le Grand (vers 1125-1188)

Comte de Dreux

Cinquième fils de Louis VI le Gros, roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie.

En 1137, il reçoit en apanage le comté de Dreux [1], de son frère Louis VII devenu roi à la mort de leur père.

Il cédera ce titre à son fils Robert II en 1184. Par son mariage, en 1145, avec Harvise d’Évreux , il devient comte du Perche [2]. En 1152, à l’occasion de ses noces avec Agnès de Baudement , dont il adopte les armes, il reçoit le comté de Braine [3] et les seigneuries de Fère-en-Tardenois [4], d’Arcy [5], de Nesles [6], de Longueville [7], de Quincy-sous-le-Mont [8], de Savigny-sur-Ardres [9] de Baudement [10], de Torcy [11], de Chailly [12] de Longjumeau [13] et fonde la seigneurie de Brie-Comte-Robert [14].

Avec son frère le roi Louis VII, Robert 1er participe à la deuxième croisade [15] en 1147 et à l’échec du siège de Damas en 1148 [16]. Il revient en France avant la fin de la croisade, et fomente une conspiration contre son frère Louis VII, afin de lui prendre le pouvoir. Mais, son action est contrecarrée avec succès par l’abbé Suger de Saint-Denis, régent du royaume en l’absence du roi. Par la suite, il ne constitue plus une gène pour le roi son frère.

Il combat les Anglais pendant la guerre civile anglaise [17] et participe en 1154 au siège de Sées [18] en Normandie ;

Ce prince accorde en 1180 une charte communale à la ville de Dreux [19], déjà depuis longtemps érigée en commune, et fonde la ville de Brie-Comte-Robert, ainsi appelée de son nom. Il meurt en 1188, et est inhumé en l’Église abbatiale Saint-Yved de Braine [20].


Peut-être marié en premières noces vers 1140 avec Agnès de Garlande, fille d’Anseau de Garlande, sénéchal de France [21] et comte de Rochefort.

Marié en premières ou secondes noces vers 1144 avec Harvise d’Évreux , fille de Gautier d’Evreux, comte de Salisbury

Marié en deuxièmes ou troisièmes noces en 1152 avec Agnès de Baudement , comtesse de Braine, et fille de Guy de Baudemont , comte de Braine.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Jérôme Aymard, « Robert de France, comte de Dreux, une figure méconnue du règne de Louis VII (v. 1125-1188) », dans Philippe Bujak, éd. Histoire de Dreux et du Drouais. État des connaissances et perspectives de recherche : Actes du colloque de Dreux des 4 et 5 juin 2010 (Publications du CAHMER, no 26), 2013

Notes

[1] Le comté de Dreux est un ancien comté de France, nommé d’après la ville de Dreux, sa capitale, située au nord du pays chartrain, sur les confins de la Normandie et de l’Île-de-France, et dépendait originairement du duché de Normandie.

[2] Le comté du Perche est issu de l’union de deux seigneuries : celle de Mortagne-au-Perche, et celle de Nogent-le-Rotrou. Les seigneurs de Mortagne furent parfois qualifiés de comtes, mais pas de manière systématique. Ce fut le comte Geoffroy de Mortagne qui adopta le titre de comte du Perche, à la fin du XIIe siècle. À la mort de l’évêque Guillaume du Perche, en 1226, le comté fut réuni à la Couronne. Plus tard il fut donné en apanage à des princes du sang.

[3] Braine est une commune française située dans le département de l’Aisne. Un comté de Braine est constitué au 11ème siècle et relève du comté de Champagne. Au début du 13ème siècle, Robert II de Dreux, comte de Braine y établit un château ; château de la Folie d’Aigremont aujourd’hui sur la commune de Cerseuil.

[4] Le château de Fère-en-Tardenois est un ancien château fort, bâti à partir du début du 13ème siècle, dont les ruines se dressent sur la commune de Fère-en-Tardenois dans le département de l’Aisne. La terre de Fère est acquise, à la fin du 12ème siècle, des archevêques de Reims par Robert de Dreux, frère du roi de France Louis VII. Son fils, Robert II, comte de Dreux et de Braine commence à élever la forteresse à partir de 1206 ; la construction durera jusqu’en 1260. Il appartint à la première maison Valois-Orléans, Valois-Angoulême. En 1528, La mère de François 1er l’offre au connétable Anne de Montmorency pour son mariage. Celui-ci le fait transformer, ajoutant le grand pont couvert, attribué à l’architecte Jean Bullant. La Couronne le confisque après le supplice d’Henri II de Montmorency. Il est rendu peu après à Charlotte de Montmorency, épouse du Prince de Condé. Il passe ainsi à la branche cadette des Condé, les princes de Conti, et par la suite au duc d’Orléans, père de Philippe Égalité. Ce dernier le démolit en partie en 1779 et en vend les matériaux et les meubles. Ses créanciers s’emparent du reste et le vendent aux enchères, à Paris en 1793.

[5] Arcy-Sainte-Restitue est une commune française située dans le département de l’Aisne

[6] Seringes-et-Nesles est une commune française située dans le département de l’Aisne

[7] Longueville est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne

[8] Quincy-sous-le-Mont est une commune française située dans le département de l’Aisne

[9] Savigny-sur-Ardres est une commune française, située dans le département de la Marne

[10] Baudement est une commune française, située dans le département de la Marne

[11] Torcy est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne qui cumule les statuts de chef-lieu d’arrondissement et de canton.

[12] Chilly-Mazarin est une commune française située à dix-huit kilomètres au sud de Paris dans le département de l’Essonne. Reliée à Lutèce dès le 3ème siècle par un aqueduc, Chilly-Mazarin fut à partir du Moyen Âge le domaine de familles importantes puis de gentilshommes célèbres qui la dotèrent de châteaux, dont les héritiers du cardinal Jules Mazarin qui lui donnèrent son nom. Terres viticoles jusqu’au 18ème siècle, elle connut dès la fin du 19ème siècle une mutation démographique avec l’arrivée du chemin de fer puis au milieu du 20ème siècle de l’autoroute qui la transforma en banlieue résidentielle à la population multipliée par 2 en 4 décennies. La construction de l’aéroport Paris-Orly qui occupe une partie de son territoire acheva d’orienter l’économie locale vers le secteur tertiaire et notamment la logistique.

[13] Longjumeau est une commune française située à 19 kilomètres au sud de Paris dans le département de l’Essonne. Elle est le chef-lieu du canton de Longjumeau et le siège du doyenné de Longjumeau. Villa rustica gallo-romaine installée au débouché de la vallée de l’Yvette puis bourg commerçant et seigneurie maintes fois cédée sur l’importante route de Paris à Orléans, choisie pour devenir un chef-lieu de canton dès 1790 et une cité judiciaire importante de Seine-et-Oise, maintenue dans ses fonctions dans le récent département de l’Essonne.

[14] Brie-Comte-Robert nommée localement Brie, est une commune francilienne située à l’ouest du département de Seine-et-Marne. Capitale historique de la Brie française, la commune est située sur la bordure du plateau de la Brie. Brie-Comte-Robert possède plusieurs monuments historiques et organise des évènements comme la fête médiévale ou encore la fête des Roses, cette dernière étant organisée par l’association du Comité Fêtes des Roses. Depuis plus de 40 ans, la ville a trois fleurs sur quatre au concours des villes et villages fleuris, grâce à des équipements tels que ses espaces verts d’environ 50 hectares et son chemin des Roses.

[15] La deuxième croisade (1146-1149) est une expédition des chrétiens d’Occident vers la Terre sainte, lancée en décembre 1145 par le pape Eugène III à la suite de la prise d’Édesse par l’atabeg seldjoukide de Mossoul en 1144, suivi de la conquête du comté d’Édesse, qui met en danger les États latins d’Orient, issus de la première croisade (1095-1099). Prêchée en France et dans le Saint-Empire par Bernard de Clairvaux en 1146, l’expédition en Terre sainte commence, avec la participation du roi de France Louis VII, accompagné de son épouse Aliénor d’Aquitaine, et de l’empereur Conrad III, par la traversée de l’Empire byzantin par voie de terre. Arrivés sur place à la fin de 1147, les Croisés subissent plusieurs défaites face aux Turcs seldjoukides, puis à Damas, qu’ils ne parviennent pas à prendre (juillet 1148), de sorte que l’expédition s’achève en 1149 par un retour à la situation de 1146.

[16] Le siège de Damas eut lieu pendant la deuxième croisade. Il commença le 24 juillet 1148 et fut levé 4 jours plus tard. Ce siège fut le point final d’une défaite majeure des croisés et mena au démantèlement de la croisade.

[17] À la mort du roi Henri 1er Beauclerc, en 1135, son neveu Étienne de Blois s’empare du trône aux dépens de l’héritière légitime et désignée Mathilde l’Emperesse, la fille du défunt roi. En 1138, les partisans de l’Emperesse se déclarent, et un conflit ouvert éclate en Normandie, puis après le débarquement de celle-ci en Angleterre en 1139, sur le sol anglais. La guerre civile anglaise, aussi appelée Anarchie ou Naufrage (d’après le naufrage de la Blanche-Nef au cours duquel Henri 1er perd son seul fils légitime), dure de 1138 à 1153. Elle ne cesse qu’après la signature du traité de Wallingford en 1153 par lequel Henri II, duc de Normandie et fils de l’Emperesse, est désigné héritier et successeur par Étienne de Blois, qui meurt en 1154.

[18] Sées est une commune française située dans le département de l’Orne. Sées est le siège du diocèse de Séez.

[19] Dreux est une commune française située dans le département d’Eure-et-Loir. C’est la deuxième plus grande ville du département par sa population après Chartres. Elle est ville-centre de l’unité urbaine de Dreux et fait partie de l’aire d’attraction de Paris. Le patrimoine architectural de la commune comprend onze immeubles protégés au titre des monuments historiques, parmi lesquels peuvent être cités : l’église Saint-Pierre, la chapelle royale, l’ancien Hôtel-Dieu de Dreux, l’ancien pensionnat Saint-Pierre de Dreux, le sanatorium, l’ancien arsenal des pompiers, les anciennes imprimeries Lefèbvre et librairie Broult-Dividis et l’ancien Hôtel de la Caisse d’épargne de Dreux

[20] L’abbatiale Saint-Yved est une église de Braine, nécropole des comtes de Dreux. Elle fut consacrée à saint Yved dont les reliques furent amenées à Braine (Braisne) au 9ème siècle. Primitivement chapitre de chanoines séculiers, l’abbaye de Braine fut donnée à l’ordre des Prémontrés par l’évêque de Soissons en 1130. Braine, ancienne terre chargée d’histoire au croisement d’une antique voie romaine, fut très tôt la résidence de plaisance des premiers rois mérovingiens et carolingiens. D’héritage en héritage, elle finit par être la propriété des comtes de Dreux, la branche cadette des Capétiens. Cette dernière fortifie le château de la Folie que la Première Guerre mondiale transforme en ruines. Du château du bas, aujourd’hui disparu, il ne subsiste que les pilastres d’entrée et les celliers. Du Moyen Âge demeure également une maison à colombage, ainsi que l’église abbatiale Saint-Yved.

[21] L’office de sénéchal de France est entre le 10ème et le 12ème siècle le premier des grands offices de la couronne de France. Héritier lointain du Maire du Palais, le sénéchal est à l’origine le chef de la maison du roi mais ses attributions dépassent bien vite le cadre domestique pour en faire le personnage le plus puissant du royaume après le souverain. Il a notamment le contrôle des armées royales. Il avait la surintendance de la maison du roi, et donnait ordre aux vivres. En temps de guerre, il conduisait les troupes et réglait la dépense.