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Ailill Molt ou Oilioll Molt mac Dathí

mardi 5 mai 2026, par lucien jallamion

Ailill Molt ou Oilioll Molt mac Dathí (mort en 482)

Roi de Connacht-Ard ri Érenn semi-légendaire

Les ard rí étaient traditionnellement intronisés sur la colline de Tara. La Lia Fáil (photo) était supposée crier le nom du roi légitime lorsque celui-ci posait son pied sur elle.Il est considéré comme l’un des 5, ou peut-être plus, fils de Dathí c’est-à-dire Nath Í mac Fiachrach , ancêtre éponyme Uí Fiachrach [1] rois de Connacht [2]. Sa mère est réputée être Ethne ingen Chonrach Caisa. Selon les listes royales médiévales, Ailill Molt est le dernier Ard ri Erenn [3] qui ne serait pas un descendant deNiall Noigiallach, l’ancêtre éponyme des Uí Néill [4]. Son surnom signifie bélier ou temps mais on ne sait pas pourquoi il lui a été attribué.


Successeur du cousin germain de son père Lóegaire mac Néill le fils de Niall Noigiallach, il aurait régné une vingtaine d’années sur l’Irlande comme Ard ri Erenn. On estime désormais que les listes d’Ard ri occultent le règne de Coirpre mac Néill vers 485 comme successeur de son frère Lóegaire.

Les annalistes relèvent qu’il a célébré la fête païenne de Tara [5] en 467, 469 et 470. Ses défaites et ses victoires contre le Leinster [6] ; respectivement à Duma Aichir en 468 et à Bri Eile en 475 ainsi que sa défaite finale et sa mort à la bataille d’Ocha devant une vaste coalition qui rassemblait selon les Annales des quatre maîtres [7] : Lugaid mac Lóegairi , son beau-frère et le fils de son prédécesseur ; Muirchertach Mac Ercae, le cousin du précédent Fiachra mac Lóegairi, roi de Dál nAraidi [8] ; Crimthann mac Énnai, roi de Leinster.

Ce combat, qui permit aux Uí Néill [9] de s’imposer à la royauté de Tara, dut laisser une grande trace dans les mémoires car il sert de repère dans plusieurs synchronismes dont ceux de Flann Manistreach [10]. Lugaid mac Lóegairi lui succéda comme roi de Tara.


Selon les généalogies Ailill Molt épousa Uchdelb fille de Óengus mac Nad Froích Eóganachta [11] roi de Munster [12].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Philip Irwin « Ailill Molt (d.c. 482) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.

Notes

[1] les Uí Fiachrach sont une dynastie royale dont les descendants règnent sur le coicead ou cinquième de Connacht, une province de l’ouest de l’Irlande, à différentes époques à partir du milieu du premier millénaire. Ils prétendaient êtres issu de Fiachrae, un demi-frère aîné de Niall Noigiallach ou « Niall aux neuf otages ». Fiachrae et ses deux frères germains, Brion et Ailill, furent les ancêtres de la dynastie des rois de Connacht qui donna ensuite son nom à la province ; Leur mère fut Mongfind.

[2] Connacht ou Connaught est une province de la République d’Irlande située à l’ouest sur la côte atlantique. La province comprend les cinq comtés de Galway, Leitrim, Mayo, Roscommon et Sligo. Après la première intervention des barons anglo-normands en Irlande Guillaume du Bourg reçoit vraisemblablement le titre de « seigneur de Connaught » mais il ne peut pas prendre possession de son domaine qui demeure entre les mains des Uí Conchobair jusqu’en 1224/1235. À cette date Richard Mor de Burgh se prévalant des droits de son père réclame l’investiture sur le Connacht. Il reçoit l’appui de son parent Hubert de Burgh qui est « Justicier d’Irlande » et qui l’autorise à effectuer une levée féodale parmi les barons normands pour conquérir le Connacht à partir de 1227. Après avoir vaincu Felim mac Cathal Crobderg Ua Conchobair roi de Connacht issu des Uí Conchobair qui ne conserve plus comme vassal du roi d’Angleterre que cinq cantons de son ancien royaume Richard de Burgh se proclama seigneur de Connaught en 1235.

[3] Le Ard rí Érenn désigne, dans la mythologie celtique et l’histoire médiévale de l’Irlande, le souverain qui règne sur la totalité de l’île. Ard rí signifie « roi suprême » et « Érenn » provient de la déesse Ériu, véritable personnification du pays

[4] Les Uí Néill étaient une grande dynastie irlandaise. Il signifiait les « descendants de Niall Noigiallach », et se rapportait à un groupe de parenté irlandais. Les Uí Néill n’étaient ni une tribu, ni une confédération de tribus, mais une dynastie, c’est-à-dire qu’ils étaient composés, dès le 6ème siècle, de quelques douzaines de personnes réparties sur un vaste territoire au nord et au centre de l’Irlande. Ils devinrent à partir de la seconde moitié du 6ème siècle la dynastie dominante de la moitié nord de l’Irlande. Ses diverses branches donnèrent un certain nombre de hauts rois d’Irlande entre les 7ème et 11ème siècles.

[5] Tara est un site archéologique d’Irlande dans le comté de Meath. Dans la mythologie celtique irlandaise, Tara est la capitale mythique de l’Irlande, située dans la cinquième province de Mide, dans le centre du pays : c’est la colline des rois. Le récit Suidigud Tellach Temra (« Fondation du domaine de Tara ») expose la suprématie de la ville sur le reste de l’île. Elle voisine d’autres sites archéologiques majeurs, dont Brú na Bóinne.

[6] Le Leinster est une des quatre provinces traditionnelles de l’Irlande. Recouvrant la partie orientale de l’île

[7] Les Annales des quatre maîtres ou, de façon plus complète, les Annales du royaume d’Irlande par les quatre maîtres sont des chroniques de l’histoire médiévale irlandaise. Les entrées couvrent la période allant du Déluge en 2242 de l’âge du monde, soit 2 958 av. jc à 1 616. Toutefois, les entrées les plus anciennes ne datent que de 550. Les annales consistent principalement en une compilation d’annales plus anciennes, bien qu’il y ait un peu de travail original. Cette compilation eut lieu entre 1632 et 1636 dans le monastère franciscain du comté de Donegal. Les entrées du 12ème siècle et précédentes ont été collectées dans de vieilles annales monastiques. Les entrées ultérieures ont été prises dans les registres de l’aristocratie irlandaise, comme les Annales d’Ulster, et enfin, les entrées du 17ème siècle viennent de souvenirs et d’observations personnelles.

[8] Dál nAraidi ou Dalaradia, était un royaume cruthin, ou peut-être une confédération de tribus cruthines, dans le nord-est de l’Irlande au Moyen Âge. Il faisait partie du sur-royaume d’Ulaid, et ses rois se disputaient souvent avec le Dál Fiatach pour la sur-royauté de la province. Dans sa plus grande étendue, les frontières du Dál nAraidi correspondaient à peu près à celles du comté d’Antrim, et elles semblaient occuper la même superficie que le Robogdii antérieur de la géographie de Ptolémée, une région partagée avec le Dál Riata. Leur capitale était Ráth Mór à l’extérieur d’Antrim, et leur ancêtre éponyme est revendiqué comme étant Fiachu Araide.

[9] Les Uí Néill étaient une grande dynastie irlandaise. Il signifiait les « descendants de Niall Noigiallach », et se rapportait à un groupe de parenté irlandais. Les Uí Néill n’étaient ni une tribu, ni une confédération de tribus, mais une dynastie, c’est-à-dire qu’ils étaient composés, dès le 6ème siècle, de quelques douzaines de personnes réparties sur un vaste territoire au nord et au centre de l’Irlande. Ils devinrent à partir de la seconde moitié du 6ème siècle la dynastie dominante de la moitié nord de l’Irlande. Ses diverses branches donnèrent un certain nombre de hauts rois d’Irlande entre les 7ème et 11ème siècles.

[10] Les Synchronismes de Flann Mainistreach sont une compilation chronologique rédigée dans l’Irlande médiévale.

[11] Les Eóganachta (ou Eoghanachta), fondés, selon la tradition, par Éogan Mór, roi de Munster, fils aîné du semi-mythique roi du 3ème siècle Oilill Ollum, était une dynastie irlandaise, centrée autour de Cashel, qui domina le sud de l’Irlande du 5 au 16ème siècle.

[12] Situé dans le sud-ouest de l’île, le Munster, est l’une des quatre provinces d’Irlande. Il comprend six comtés. Au début du Moyen Âge, la plus grande partie de la province actuelle faisait partie du Royaume de Munster, dirigé par Eóganachta, qui succeda aux Dáirine et Corcu Loígde à partir du 7ème siècle. Les trois couronnes du drapeau de Munster ressemblent à celles du drapeau de Dublin et du blason de sudédois, elles représentent les trois royaumes issus de la séparation de la province au 12ème siècle : Thomond (nord), Desmond (sud), et Ormond (est). Ces derniers royaumes furent eux-mêmes absorbés par renonciation et restitution dans le Pairage d’Irlande comme comtés. Ces noms n’existent plus qu’indirectement aujourd’hui, en particulier pour le comté de Thomond.