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Les Lucaniens

lundi 20 avril 2026, par lucien jallamion

Les Lucaniens

Introduction

Les Lucaniens (en latin, Lucanii) étaient un peuple italique qui habitait en Lucanie [1], une région à cheval sur les actuelles Basilicate [2] et Campanie [3], en Italie.

Leur genèse se fait au cours du 5ème siècle av. jc, soit par le biais d’une migration des Samnites [4] soit par une ethnogenèse spontanée à la suite de la chute de l’empire de Sybaris [5].


Le 5ème siècle av. jc est marqué, dans le territoire qu’ils contrôlent alors, par un fort développement des fortifications de hauteur, un changement dans les modes d’inhumation, et un développement de la céramique indigène à figures rouges.

Le territoire de la Lucanie n’est pas vide de peuplement au 5ème siècle av. jc, période au cours de laquelle les Lucaniens émergent comme une entité ethnique et politique distincte dans les sources. Le débat est depuis longtemps installé quant au mode d’arrivée des Lucaniens : migration des Samnites, ethnogenèse spontanée, confédération, autant de modèles auxquels les archéologues contribuent par les découvertes récentes.


Système institutionnel et mode de vie

Les Lucaniens avaient selon les sources adopté une constitution démocratique, sauf en temps de guerre, lorsqu’ils choisissent un roi parmi les magistrats ordinaires. On ne connaît qu’un seul nom de roi des Lucaniens, Lamiscos. Le système politique des Lucaniens reste cependant très mal connu. Les magistratures connues par les inscriptions en osque sont le kwaestor [6], l’archeis [7], le meddix [8]. Les cités connues pour l’époque "lucanienne" sont rares, mais on peut mentionner Grumentum [9], Bantia, Numistros, Acheruntia*, Potentia*, Volcei, et Forentum [10]. Hécatée de Milet évoque au 6èmee siècle av. jc une douzaine de cités dominées par Sybaris.

Les Lucaniens conquièrent assez rapidement plusieurs villes grecques de la façade tyrrhénienne : Paestum, et Laos notamment, et s’allient peut-être avec Vélia. Du fait de cette montée en puissance, ils s’opposent militairement aux cités du golfe ionien [11], notamment Tarente [12], et Thourioi [13], qui menèrent plusieurs expéditions contre eux, comme en 389 av. jc.

Leur présence à Métaponte [14] et à Siris est attestée par plusieurs tombes, rattachées à une tradition italique par l’armement qu’elles contiennent notamment.

Plusieurs grands sites fortifiés ont livré des vestiges s’apparentant à une vie urbaine en développement : Cività di Tricarico, Serra di Vaglio, par exemple. La région à l’époque archaïque compte peu de sanctuaires, mais avec l’époque lucanienne proprement dite, ces derniers se développent, notamment à Rossano di Vaglio, où un grand sanctuaire dédié à Méfitis a pu être considéré comme le sanctuaire fédéral des Lucaniens.


Relations politiques et militaires avec le reste de l’Italie

En 336 av. jc, les Lucaniens sont alliés de la colonie grecque de Tarente [15] lors de son conflit avec le roi Alexandre 1er d’Épire pour le contrôle de la Grande Grèce [16]. Tite-Live précise qu’en 298 av. jc, ils font alliance avec Rome, étendant l’influence romaine jusqu’à Venusia [17] en 291 av. jc. Mais en 281 av. jc, lorsque Pyrrhos d’Épire débarque en Italie, ils sont parmi les premiers à se déclarer en sa faveur. Au terme de la guerre, ils se soumettent à Rome en 272 av. jc, laissant aux Romains la maîtrise de Paestum [18] en 273 av. jc, et surtout la région de Tarente en 272 av. jc.

Pendant la 2ème guerre punique [19], espérant prendre leur revanche sur Rome, ils prennent parti pour Hannibal : la Lucanie est ravagée par les 2 armées pendant plusieurs campagnes. Dépeuplé, le pays ne se remet pas de ces désastres, et sous le gouvernement romain, la Lucanie entre en décadence.

La Guerre sociale [20] est une nouvelle occasion de tenter de s’émanciper de la tutelle romaine, mais Lucaniens et Samnites ne peuvent plus compter sur le soutien des villes grecques de la côte, qui avaient perdu de leur magnificence et de leur population, de sorte qu’ils sont vaincus : le pays s’appauvrit et se dépeuple encore plus, la campagne redevient friches et pâturages, les montagnes voient repousser les forêts peuplées de sangliers, d’ours et de loups. Les Lucaniens s’acculturent et sont progressivement romanisés.


Art et culture des Lucaniens

Il y a eu dans les cités grecques conquises par les Lucaniens une forme d’osmose entre la culture lucanienne, la culture grecque puis la culture latine.

La cuisine grecque antique a hérité d’eux les Λουκάνικα [21]. Par ailleurs, les casques ornés entre autres de ramures de cerf des Lucaniens ont inspiré, dès l’antiquité, le nom d’un coléoptère, comme le signalent Nigidius Figulus et Pline l’Ancien : le lucane cerf-volant [22].

Les Lucaniens de Paestum se faisaient parfois inhumer dans des grandes tombes à chambre, peintes sur les quatre parois, selon une tradition étrusco-campanienne que l’on retrouve par ailleurs à Nola [23], Capoue [24], ou Cumes [25].

En termes de productions céramiques, les Lucaniens utilisaient d’une part une céramique commune, dépurée, mais aussi une céramique dite à peintures mates ainsi que des vases à figures rouges.

Les armes lucaniennes

Le poète Léonidas de Tarente donne la parole à un capitaine grec, Agnon, qui consacre à Athéna Corèphasia les armes prises aux Lucaniens, combattants valeureux. Les armes sont par groupe de huit [26]. Dans la 2ème épigramme, les armes mêmes se mettent à parler : les lances et les boucliers capturés aux lucaniens se souviennent de chevaux et cavaliers, maîtres du passé, accablés par la mort. La victoire tarentine est mise encore plus en relief par la valeur des adversaires. Ce texte date probablement de 303 av. jc, et fait référence à la campagne de Cléonyme, allié de Tarente, contre Rome et les Lucaniens.

Au volume douzième de Justin résumant les œuvres de Trogue Pompée, figurent les guerres de Bactriane [27] et d’Inde d’Alexandre le Grand, et il fait sur l’époque de sa mort, des digressions sur les activités de son préfet Antipater en Grèce, sur Archidamos roi des Lacédémoniens [28], sur Alexandre le Molosse et sur leur venue en Italie, où les 2 ont été détruits avec leurs armées.

Sur Venosa et les peuples environnants

Dans l’intérieur, pour le Bruttium [29] on ne trouve que les Aprustans ; mais pour la Lucanie on trouve les Aténates, les Bantins, les Éburins, les Grumentins, les Potentins, les Sontins, les Sirins, les Tergilans, les Ursentins, les Volcentans, auxquels sont joints les Numestrans : en outre, Caton cite, comme ayant péri, une Thèbes de Lucanie ; et Théopompe dit qu’il y eut une ville Lucanienne appelée Pandosia [30], où mourut, Alexandre, roi d’Épire.

Ainsi il y a 3 peuples Apuliens : les Dauniens [31] , les Téaniens conduits par un chef grec, les Lucaniens subjugués par Calchas en des lieux maintenant occupés par les Atinates. Il y a chez les Dauniens, les colonies Luceria et Venusia, les villes de Canusium, d’Arpi, nommée jadis Argos Hippium par Diomède son fondateur, puis Argyrippa. Ce héros détruisit là les nations des Monades et des Dardes et deux villes, Apina et Trica, dont les noms figurent dans une plaisanterie proverbiale.


La société lucanienne

Les lucaniens sont hospitaliers et amis des étrangers, à tel point qu’une de leurs lois punit celui qui refuse d’accueillir un étranger qui demanderait l’hospitalité. On ne sait si les Lucaniens sont tenus d’observer cet usage par tradition ou du fait d’une influence grecque.

Ils sont contrastés, d’un côté violents et esclaves de leurs sens, de l’autre hospitaliers et justes, à commencer par leur roi Lamiscos. Certains sont des disciples de Pythagore.

Leurs différences avec les Brettiens, leur costume, leur mode de vie rural, leur amour de la chasse

Agathocle, roi de de Syracuse [32], ayant fait la paix avec les Carthaginois [33], soumit quelques-unes des villes qui, par confiance en leurs forces, avaient quitté son parti. Puis, se trouvant à l’étroit dans une île dont il n’avait pu d’abord espérer même en partie l’empire, il passe en Italie, à l’exemple de Denys qui y avait subjugué plusieurs peuples.

Les Lucaniens élevaient leurs enfants selon les lois de Lacédémone [34]. Dès l’âge le plus tendre, ils les laissaient dans les bois, parmi les pasteurs, sans esclaves pour les servir, sans vêtements pour se couvrir ou se coucher : ils les accoutumaient de bonne heure, loin du séjour et de l’aspect des villes, à une vie dure et frugale. Ils ne vivaient que de leur chasse, n’avaient pour boisson que du lait ou l’eau des fontaines. Ils se préparaient ainsi aux fatigues de la guerre.

Leur première guerre fut contre les Lucaniens, auteurs de leur origine. Fiers de leurs victoires, et d’un traité conclu à droits égaux avec l’ennemi, ils soumirent les autres voisins, et, par leurs rapides progrès, devinrent redoutables aux rois eux-mêmes. Alexandre, roi d’Épire, venu en Italie avec une puissante armée, pour secourir les villes grecques, fut défait par eux et périt avec toutes ses forces. Enorgueillis de tant de succès, ils furent longtemps l’effroi des nations voisines.


Leur fonctionnement démocratique et l’élection d’un roi en cas de crise

Pétélia [35] est la métropole des Lucaniens, fondée par Philoctète, comme Crimisa [36] ; à l’intérieur des terres il y a de petites villes comme Grumentum. Les Lucaniens, de souche samnite, vainquirent à la guerre des Poséidoniates et leurs alliés, et occupèrent leur ville. Leur forme de gouvernement était démocratique, mais durant les guerres ils élisaient un roi.


Rois et seigneurs des Lucaniens chez Pythagore

Il y a des rois et des seigneurs lucaniens parmi les disciples de Pythagore. La présence d’indigènes, certainement lucaniens, au début individuelle, limitée à l’aristocratie dominante, a pu déboucher, par la diffusion et l’application des connaissances acquises chez le savant, sur une croissance interne des communautés lucaniennes, vers une organisation politique, législatives et administrative efficace.


Les Lucaniens consacrant un cénotaphe à Palinuro

Le nom de Velia [37] est originaire des marais qui entoure la ville ; les Lucaniens consacrent un bosquet et érigent un cénotaphe [38] près de Velia pour apaiser Palinure*.


Les Lucaniens comme colons des Samnites

Les Sabins [39] sont une souche très ancienne ; leurs colonies sont les Picentes [40] et les Samnites, desquels sont issus les Lucaniens, et de ces derniers les Brettiens.


Leurs ambassades à Alexandre le Grand et à Syracuse

Une ambassade des Brettiens, des Lucaniens, et des Tyrrhéniens [41] se rend à Babylone [42] auprès d’Alexandre le Grand pour le féliciter et demander son amitié vers 323 av. jc probablement.

À l’époque de Timoléon un ambassadeur lucanien fut envoyé à Syracuse, où il se révéla être maître du grec dorien, et il fut apprécié des syracusains qui lui donnèrent plusieurs talents et lui érigèrent une statue. Cette évocation a tendance à gommer ce dualisme grecs indigènes, ou grecs barbares. C’est aussi une époque où les lucaniens maitrisent pleinement le registre formel et matériel de l’art grec, avec des peintures sur vase par exemple.


Les guerres des Lucaniens

Alexandre le Molosse, roi d’Epire [43] vint en Lucanie près de Paestum par la mer. Il passe un traité avec Rome en 332 av. jc. Alexandre était en Lucanie avec 15 navires de guerre, et beaucoup d’autres pour le transport des chevaux et des victuailles La bataille eut lieu près de Paestum, bien qu’on ne sache pas vraiment comment et contre qui, et que recouvre en réalité recouvre le terme Lucaniens.

À la même année se rapporte la fondation d’Alexandrie [44] en Égypte, et la mort d’Alexandre, roi d’Épire, tué par un exilé de Lucanie ; événement qui confirma les prédictions du Jupiter de Dodone [45]. Quand il fut appelé par les Tarentins en Italie, l’oracle lui dit "de se garder de l’eau achérusienne et de la ville de Pandosia : c’est là qu’était marqué le terme de sa destinée." Il se hâta donc de passer en Italie, pour s’éloigner le plus possible de la ville de Pandosia en Épire, et du fleuve Achéron [46] qui, sorti de Molossie [47], coule dans les lacs infernaux et se perd dans le golfe de Thesprotie [48]. Mais presque toujours, en fuyant sa destinée, on s’y précipite. Après avoir souvent battu les légions bruttiennes et lucaniennes ; pris aux Lucaniens Héraclée [49] colonie de Tarente, Sipontum, Consentia et Terina qui appartenaient aux Bruttiens, d’autres villes encore appartenant aux Messapiens et aux Lucaniens ; après avoir envoyé en Épire 300 familles illustres comme otages, il vint occuper non loin de Pandosia, ville voisine des confins de la Lucanie et du Bruttium, éminences, situées à quelque distance l’une de l’autre.

De là, il dirigeait des incursions sur tous les points du territoire ennemi. Il avait autour de lui environ 200 exilés lucaniens, qu’il croyait sûrs, mais comme il arrive, changeait avec la fortune. Des pluies continuelles avaient inondé toutes les campagnes, et rompu les communications entre les 3 armées, qui ne pouvaient plus se prêter secours. Les 2 postes, où le roi n’était pas, sont brusquement attaqués par l’ennemi, qui les enlève, les détruit, et réunit toutes ses forces pour investir le roi lui-même. Alors les exilés lucaniens envoient des messages à leurs compatriotes, et, pour prix de leur rappel, promettent de livrer le roi mort ou vif.

Lui cependant, avec une troupe choisie et dans l’élan d’une noble audace, se fait jour au travers de l’ennemi et tue le chef des Lucaniens qui s’avançait à sa rencontre ; puis, ralliant son armée dispersée et fugitive, gagne un fleuve, où les ruines récentes d’un pont entraîné par la violence des eaux, lui marquaient sa route. Comme sa troupe passait l’eau par un gué peu sûr, un soldat, rebuté du péril et de la fatigue, et maudissant l’abominable nom de ce fleuve, s’écria : Ce n’est pas sans raison qu’on t’appelle Achéron.

Ce mot arriva aux oreilles du roi, et lui rappela soudain sa destinée. Il s’arrête ; il hésite à passer. Alors Sotimus, un des jeunes serviteurs du roi, lui demande « ce qui peut le retenir dans un si pressant danger » et l’avertit que les Lucaniens cherchent l’occasion de le perdre. Le roi se retourne, et les voyant au loin venir en troupe contre lui, il tire son épée et pousse son cheval au milieu du fleuve. Il allait déjà prendre terre, quand un javelot lancé par un exilé lucanien vint lui percer le corps. Il tombe, et son cadavre inanimé où le trait tient encore est porté par le courant aux postes ennemis. Là, le cadavre subit une hideuse mutilation.


Contre Thourioi et contre Philoctète

Ammien se rappelle une vieille légende selon laquelle les romains, sous le commandement du consul Fabricius Luscino pour la défense de Thourioi contre les Lucaniens vers 282 av. jc furent aidés par le dieu Mars. L’épisode se situe au début de la guerre contre Tarente et Pyrrhus. Les romains furent cependant contraints d’abandonner Thourioi.

Philoctète, arrivé en Campanie, après une guerre contre les Lucaniens, s’établit à Crimisa près de Crotone et Thourioi, ou il fonda un sanctuaire à Apollon.


Contre Tarente et Pyrrhos, et contre Rome

Cinea, ministre de Pyrrhus, fit à Rome une proposition de paix, qui prévoyait la liberté pour les cités grecques, et la restitution aux lucaniens, aux bruttiens, aux samnites, et aux Dauniens de ce qu’ils avaient perdu à la guerre. Les propositions furent rejetées par Appius Claudius. Pyrrhus demande alors que les peuples grecs d’Italie jouissent d’une entière liberté et autonomie, et que les Samnites, Lucaniens, Brettiens, puissent se servir de leurs lois.

Retournement de certains Lucaniens contre Rome durant la seconde guerre punique

Certains Lucaniens se rebellent contre Rome durant la seconde guerre punique ; Sempronius Gracchus et attiré dans un guet-apens par le commandant lucanien Flavius, et il combat vaillamment jusqu’à la fin, gagnant ainsi l’admiration d’Hannibal en 212 av. jc. L’épisode est aussi relaté par Valère Maxime.

Les Lucaniens écrasent les Thouriens près de Laos

Les Lucaniens s’allient avec Denys 1er de Syracuse, impliqué dans des opérations militaires contre les Rhégiens, ils saccagent le territoire de Thourioi. Après quelques affrontements entre Thourioi et les Lucaniens, les Thouriens se lancent à l’assaut de Laos qui était alors une prospère cité lucanienne, mais ils subissent une lourde défaite. A Laos, dans une plaine entourée de plusieurs monts, les lucaniens entourèrent les grecs en occupant les hauteurs en 389 av. jc. Les grecs vaincus sont sauvés des Syracusains par Leptine, commandant de la flotte de Denys, qui convainc les lucaniens et les italiotes de signer la paix contre la volonté même du tyran.


Alliés des Romains contre les Samnites

Les Lucaniens, Bruttiens et Samnites font partie de l’armée de Pyrrhos à la bataille d’Ascoli [50]. Les Lucaniens et Bruttiens sont mis en fuite par la IVème légion de Rome, et marchent ensuite contre Thourioi saccageant le territoire et assiégeant la ville, entourant les murailles. Contre cette excursion est envoyé le consul Fabricius Luscinus. D’autres cités, comme Rhégion [51], demandent la tutelle du peuple romain. C’est un moment fort de crise pour les cités grecques d’Italie méridionale, attaquées par les populations italiques.

Le consul, éveillé par le tumulte, ordonne à 2 cohortes d’alliés, une de Lucaniens, l’autre de Suessans, qui se trouvaient le plus près, de protéger le prétoire [52] ; il amène les manipules des légions [53] dans la Voie principale. À peine armés, les soldats prennent leurs rangs ; ils reconnaissent les adversaires à leurs cris plus qu’à la vue ; on ne peut en estimer le nombre. Ils reculent d’abord, doutant de leur situation, et laissent entrer l’ennemi jusqu’au milieu du camp ; puis, comme le consul hurlait, leur demandant s’ils voulaient se laisser expulser de leurs retranchements pour attaquer ensuite leur propre camp, ils poussent leur cri de guerre et d’abord, d’un commun effort, résistent, puis avancent, pressent les ennemis, et, une fois qu’ils les ont ébranlés, les repoussent, frappés d’une frayeur semblable à celle qu’ils avaient d’abord éprouvée eux-mêmes, et les jettent hors de la porte et du retranchement.

Négociations avec les Samnites et les Étrusques contre les Romains (en 219)

Festus se rappelle des négociations entre Lucaniens, Samnites, et Etrusques contre les romains, racontées par Caton dans son livre 5. Le mot natinatio s’employait alors pour negotatio. De là on a dit natinatores pour séditieux.

Des Lucaniens dans l’aile gauche de l’armée de Pyrrhus

Dans l’armée de Pyrrhus, à la bataille d’Ascoli en 279, les Lucaniens sont postés sur la gauche. Les tarentins, dont la mollesse est proverbiale, au centre : Pyrrhus, combattant pour les Tarentins, près d’Asculum [54], suivit le précepte d’Homère, qui met au centre les plus mauvais soldats : il plaça à l’aile droite les Samnites et les Épirotes, à la gauche les Bruttiens, les Lucaniens et les Salentins, au centre les Tarentins, et fit de la cavalerie et des éléphants son corps de réserve. De leur côté, les consuls distribuèrent sagement leur cavalerie aux deux ailes, et rangèrent les légions au front de bataille et à la réserve, en y mêlant les auxiliaires. Il y avait, le fait est avéré, 40 000 la perte ne fut que de 5 000 hommes.

Traités et alliances avec les Romains

Un traité romano-lucanien fut passé vers 330 av. jc. On fit consuls L. Papirius Crassus pour la 2ème fois, et L. Plautius Venox. Au commencement de cette année, des députés volsques [55] de Fabrateria et des Lucaniens, vinrent demander à Rome d’être admis sous sa tutelle : si on les protégeait contre les armées des Samnites, ils promettaient obéissance et fidélité à la domination du peuple romain. Le sénat envoya des députés enjoindre aux Samnites de s’interdire toute violation du territoire de ces 2 peuples. Cette députation réussit, moins parce que les Samnites voulaient la paix que parce qu’ils n’étaient point encore préparés pour la guerre.

Les Lucaniens et les Apuliens, peuples avec qui Rome n’avait jamais eu affaire jusqu’à ce jour, vinrent demander son alliance et promirent des armes et des hommes pour la guerre : par un traité, on les reçut donc en amitié vers 326 av. jc.

La même année, quand la seule guerre des Samnites, sans compter la défection soudaine des Lucaniens et la complicité de Tarente dans cette défection, eût suffi pour mettre en peine le sénat, on apprit encore que le peuple vestin se joignait aux Samnites.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de A. Pontrandolfo Greco, I Lucani (« Biblioteca di Archeologia », 5), Milan, 1982.

Notes

[1] Les Lucaniens étaient un peuple italique qui habitait en Lucanie, une région de Basilicate en Italie. La langue parlée par les Lucaniens est une langue indo-européenne osque qu’ils écrivaient avec des caractères grecs. Vers le milieu du 5ème siècle av. jc, les Lucaniens ont poussé les peuples indigènes de la région de l’actuelle Basilicate vers les montagnes intérieures. Ils avaient adopté une constitution démocratique, sauf en temps de guerre, lorsqu’ils choisissent un dictateur parmi les magistrats ordinaires. En 336 av.jc, ils sont alliés de la colonie grecque de Tarente lors de son conflit avec le roi Alexandre 1er d’Épire pour le contrôle de la Grande Grèce.

[2] La Basilicate est une région enclavée, malgré deux façades maritimes au sud-est sur la mer Ionienne et à l’ouest sur la mer Tyrrhénienne, située entre les régions des Pouilles, de Campanie et de Calabre. Mais à part une plaine maraichère à l’est (Métaponte), la région est avant tout montagneuse (Apennins de Lucanie), et caractérisée par des sols calcaires pauvres (plateau des Murge) ainsi qu’un climat méditerranéen très sec en été.

[3] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[4] Les Samnites sont des tribus sabelliennes établies dans le Samnium (région montagneuse d’Italie centrale) du 7ème à la fin du 3ème siècle av. jc. La première mention écrite des Samnites remonte à 354 av. jc dans un traité conclu avec les Romains.

[5] Sybaris était une colonie grecque du sud de l’Italie (en Calabre actuelle), fondée au 8ème siècle av. jc dans le cadre du mouvement d’établissement et d’essaimage des Grecs vers l’Occident, particulièrement en Grande-Grèce. Réputée dès l’Antiquité pour sa richesse devenue proverbiale, ainsi que pour son emprise sur les peuples voisins et différentes cités grecques de son voisinage, elle est détruite à l’issue d’une guerre qui l’oppose à Crotone à la fin du 6ème siècle av. jc, et enfouie sous les eaux du fleuve Crathis (aujourd’hui Crati), avant de voir son site réoccupé, 60 ans plus tard, par la colonie panhellénique de Thourioï. Enseveli sous près d’une dizaine de mètres de sédiments, le site archaïque de Sybaris reste encore aujourd’hui largement inexploré du fait que les alluvions de la plaine où elle se situe sont gorgées d’eau.

[6] équivalent au questeur romain

[7] l’archonte

[8] institution osque, probablement le stratège, en tout cas assez sûrement un chef militaire

[9] Grumentum est une ancienne ville datant de l’Antiquité, située au centre de la Lucanie, à l’emplacement actuel de la commune de Grumento Nova. Cette ville fut le lieu de nombreux conflits sous la Rome antique, incluant entre autres Hannibal. Elle représenta pendant quelques décennies un des centres les plus importants de la Lucanie. Les ruines de Grumentum font l’objet de fouilles archéologiques depuis de nombreuses années.

[10] dont la localisation est débattue

[11] Le golfe ionien fait partie de la mer Ionienne, qui est une section de la mer Méditerranée. Cette mer est bordée à l’ouest par la péninsule italienne et la Sicile, et à l’est par l’Albanie et la Grèce. Le golfe Ambracien, également connu sous le nom de golfe d’Arta, est le plus grand golfe de cette région, mesurant environ 40 km de long et 15 km de large. Il est situé au nord-ouest de la Grèce et est entouré de marais et de rivières, ce qui contribue à sa biodiversité.

[12] Tarente est un port du sud de l’Italie construit sur le golfe de Tarente. La vieille ville, la città Vecchia, ou encore Borgo Antico, héritière de la colonie spartiate qui fut dans l’Antiquité l’une des cités les plus riches de la Grande Grèce, a été établie sur une île rectangulaire qui commande le chenal d’accès à la rade, appelée Mare Piccolo.

[13] Thourioi, Thurii ou Thurium était une ville de la Grande Grèce sur le Golfe de Tarente, près du site antique de Sybaris. La fondation de la ville remontait à 452 av. jc et était l’œuvre d’exilés de Sybaris et de leurs descendants qui souhaitaient repeupler le site de l’antique Sybaris. Une colonie panhellénique est fondée entre 446 et 443 av. jc, sur les ruines de l’ancienne Sybaris, sur des plans d’Hippodamos. Cette colonie est issue de la politique extérieure de Périclès, durant une période d’impérialisme athénien. Les colons sont originaires des cités de la mer Egée alors sous domination d’Athènes au travers de la ligue de Délos.

[14] Métaponte ou Metapontion ou Metapontum, aujourd’hui Metaponto / Bernalda, dans la province de Matera, en Basilicate, était une cité grecque du sud de l’Italie antique, aux confins orientaux du golfe de Tarente. Il s’agissait d’une des plus importantes colonies grecques de la Grande Grèce, fondée vers la fin du 8ème siècle av. jc. Florissante et parée de nombreux monuments, Métaponte fut à la pointe des relations entre Grecs et Indigène d’Italie méridionale, notamment avec les Oenotres, puis les Lucaniens à la suite de leur formation au 5ème siècle. Les Romains s’emparèrent de la ville en 270 av. jc, après avoir conquis toute l’Italie méridionale au cours des guerres l’opposant à Pyrrhus d’Epire et la prise de Tarente en 272 av. jc. Pendant la deuxième guerre punique, elle se rallia à Hannibal en 215 av. jc, et fut de nouveau prise par les Romains en 207 av. jc. Les esclaves révoltés dirigés par Spartacus la saccagèrent en 73 ou 72 av. jc.

[15] Tarente est un port du sud de l’Italie construit sur le golfe de Tarente. La vieille ville, la città Vecchia, ou encore Borgo Antico, héritière de la colonie spartiate qui fut dans l’Antiquité l’une des cités les plus riches de la Grande Grèce, a été établie sur une île rectangulaire qui commande le chenal d’accès à la rade, appelée Mare Piccolo.

[16] Grande-Grèce ou Grande Grèce est le nom que les Grecs de l’Antiquité utilisaient pour désigner les côtes méridionales de la péninsule italienne (Campanie, Calabre, Basilicate, Pouilles, Sicile). Certaines colonies grecques dans d’autres régions italiennes n’ont jamais fait partie de la Grande Grèce.

[17] Venosa est une commune italienne située dans la province de Potenza, dans la région Basilicate, en Italie méridionale.

[18] Poséidonia était une colonie grecque fondée en 600 av. jc sur la côte tyrrhénienne, au sud de Salerne. Après la soumission de l’Italie du sud par Rome, marquée par la prise de Tarente, la cité devient une colonie romaine, déduite et rebaptisée à l’occasion Paestum en 273-272 av. jc, nom le plus couramment utilisé pour désigner le site de nos jours. Elle se trouve sur le territoire de la commune actuelle de Capaccio-Paestum, en Campanie. C’est aujourd’hui un important parc archéologique

[19] La Deuxième Guerre punique, (218-202 av. jc) est le 2ème des 3 conflits connus sous le nom de guerres puniques, qui opposent Rome à Carthage. Plus précisément, ce conflit a lieu au 3ème siècle av. jc, de 219 à 203 av. jc en Europe, puis de 203 à 202 av. jc en Afrique. Cette guerre a commencé à l’initiative des Carthaginois, qui ont voulu prendre leur revanche suite à leur défaite lors de la 1ère guerre punique.

[20] La guerre sociale, ou guerre marsique ou encore guerre italique, oppose la République romaine et les alliés italiens entre 90 et 88 av jc. Elle éclate à la suite de l’assassinat du tribun de la plèbe Livius Drusus en octobre 91 av. jc, alors qu’il tentait de faire obtenir la citoyenneté romaine aux Italiens alliés de Rome. À la suite de cette guerre, l’Italie romaine est unifiée administrativement sous un régime juridique, et tous les hommes libres obtiennent la citoyenneté romaine.

[21] saucisses aux herbes, en grec Lukanika

[22] Lucanus cervus est une espèce de coléoptères de la famille des Lucanidae, sous-famille des Lucaninae, de la tribu des Lucanini et du genre Lucanus, vivant en Europe. Il est couramment appelé Cerf-Volant (pour le mâle) ou Grande Biche (pour la femelle) ; Lucane est la forme française du nom générique Lucanus donné par Giovanni Antonio Scopoli. Dans certaines campagnes françaises (Poitou ou Limousin, par exemple), il est également désigné sous le nom vernaculaire de cornard

[23] Nole, ou Nola en italien, est une ville de la ville métropolitaine de Naples, en Campanie (Italie), dont le centre est située à 23 km à l’est du centre de Naples et à 20 km au nord de Pompei.

[24] Capoue est une commune, située dans la province de Caserte en Campanie, dans l’Italie méridionale. Rattachée à Salerne par le traité de 849 entre Salerne et Bénévent, elle parvient à s’en affranchir vers 861.

[25] Cumes est une ancienne cité de la Grande-Grèce, située au bord du golfe de Gaète (mer Tyrrhénienne), à 12 km à l’ouest de Naples, en Campanie. C’est aujourd’hui une zone archéologique de première importance, qui présente des vestiges nombreux et variés, dont le plus illustre est l’antre de la Sibylle.

[26] huit boucliers longs, huit casques, huit épées, huit cuirasses de cuir

[27] La Bactriane ou Bactrie est une région à cheval sur les États actuels d’Afghanistan, du Pakistan, de la Chine, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et aussi un peu du Turkménistan, située entre les montagnes de l’Hindū-Kūsh et la rivière Amou-Daria. Elle était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes : au sud les Paropamisades et l’Inde ; au nord, la Sogdiane ; à l’est, la Scythie extra Imaum ; à l’ouest, l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens.

[28] Sparte

[29] Les Bruttiens (ou Brutiens, ou encore Brettiens, latin : Bruttii ou Brettii) étaient une tribu antique, de langues osque et grec ancien, issue du peuple des Lucaniens, eux-mêmes d’origine samnite. Cette tribu est à l’origine du nom de la région romaine du Bruttium (ou ager Bruttius), correspondant à la Calabre actuelle.

[30] Pandosie ou Pandosia était une ville grecque antique, colonie d’Élis en Épire, appartenant aux Cassopéens peuple resté fixé dans la haute Acarnanie et dans la haute Étolie et qui sont eux-mêmes Thesprotes d’origine dans l’actuel nome de Thesprotie et située sur le fleuve Achéron. Démosthène rapporte dans sa septième Philippique que Philippe II de Macédoine la ravagea avec d’autres petites cités de Cassopie, Buchéta et Élatée, avant de les livrer à son beau-frère Alexandre qui devient roi d’Épire en 342 av. jc. D’après les historiens romains Justin et Tite-Live une prophétie funeste de l’oracle de Dodone aurait averti ce dernier contre la cité de Pandosia et le fleuve Achéron et, croyant échapper à son destin, il s’éloigna en Italie où coule un fleuve du même nom, près de la ville homonyme de Pandosia près desquels il trouva la mort

[31] Les Dauniens étaient un peuple antique d’Apulie, l’actuelle région des Pouilles, en Italie.

[32] Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe. Elle est aujourd’hui la principale ville de la province de Syracuse. Cicéron la présenta comme la plus grande et la plus belle des villes grecques.

[33] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[34] Sparte

[35] Petilia Policastro est une commune italienne de la province de Crotone dans la région Calabre.

[36] Krimisa ou Crimisa était une petite ville antique de la Grande-Grèce datant probablement du 7ème siècle av. jc, située sur le promontoire de Punta Alice au nord de Cirò Marina (province de Crotone en Calabre)

[37] Élée ou Vélia pour les Romains était une cité grecque de la côte tyrrhénienne, en Campanie, près du golfe de Salerne. C’est dans celle-ci que fut créée l’école éléatique, école philosophique fondée par Parménide et Xénophane et suivie par Zénon d’Élée et Mélissos.

[38] Un cénotaphe est un monument funéraire qui ne contient pas de corps contrairement au mausolée, élevé à la mémoire d’une personne ou d’un groupe de personnes, et dont la forme rappelle celle d’un tombeau. Le monument aux morts est une forme de cénotaphe.

[39] Les Sabins sont un peuple d’Italie établi au nord-est de Rome a l’époque archaïque, au sud des Ombriens. Il s’agit d un peuple indo-européen, du groupe osco-ombrien. Ils sont célèbres pour leur bravoure, la simplicité de leurs mœurs et leur grand respect de la religion. De nombreuses traditions romaines, relatives en particulier aux institutions religieuses, indiquent qu’un élément sabin est présent aux premiers temps de Rome, dû sans doute à l’assimilation plutôt qu à la conquête. Selon une tradition familiale, la gens Claudia était une famille sabine qui, à une époque reculée, s était installée à Rome avec l accord des Romains.

[40] Les Picentes, Picènes, Picentins ou Picéniens furent des peuples italiques vivant dans le Picénum, sur la côte de la mer Adriatique du 9 au 3ème siècle av. jc, et dont un rameau d’origine sabine fut détaché des Picentins de l’Adriatique par les Romains, pour être transféré en Campanie sur la côte de la mer Tyrrhénienne. L’art de la guerre tient une place prépondérante chez les Picentes. Il semble qu’il y ait eu une activité mercenaire importante. La preuve est que les fouilles archéologiques ont révélé la présence de nombreuses armes variées.

[41] Tyrrhéniens ou Tyrsènes est un xénonyme qu’ont employé les Grecs de l’antiquité pour désigner un peuple étranger dont l’écriture présente des similarités avec celle des langues tyrséniennes que sont l’étrusque, le rhétique et le lemnien.

[42] Babylone était une ville antique de Mésopotamie. C’est aujourd’hui un site archéologique majeur qui prend la forme d’un champ de ruines incluant des reconstructions partielles dans un but politique ou touristique. Elle est située sur l’Euphrate dans ce qui est aujourd’hui l’Irak, à environ 100 km au sud de l’actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla. À partir du début du 2ème millénaire av. jc, cette cité jusqu’alors d’importance mineure devient la capitale d’un royaume qui étend progressivement sa domination à toute la Basse Mésopotamie et même au-delà, sous le règne de Hammurabi dans la première moitié du 18ème siècle av. jc.

[43] Région montagneuse des Balkans, partagée entre la Grèce et l’Albanie. Épire se traduit par "Continent" en français. Ses habitants sont les Épirotes. Le terme peut désigner plus particulièrement :
- la périphérie d’Épire, l’une des 13 périphéries de la Grèce. Elle est bordée à l’ouest par la Mer Ionienne ; elle est limitrophe au sud-ouest de l’Albanie, au nord de la région de Macédoine de l’Ouest, à l’est de la région de Thessalie. La périphérie (capitale Ioannina (57 000 habitants) est divisée en 4 préfectures : Thesprotie, Ioannina, Arta et Preveza.
- l’Épire du Nord, une région d’Albanie La dynastie des rois éacides du peuple des Molosses y fonda un royaume puissant au 5ème siècle av. jc, avec les autres peuples Chaones, et Thesprôtes. Pyrrhus est un des membres de cette dynastie, ainsi qu’Olympias, la mère d’Alexandre le Grand.

[44] Alexandrie est une ville en Égypte. Elle fut fondée par Alexandre le Grand en -331 av. jc. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque, qui fonda sa notoriété. La ville d’Alexandrie est située à l’ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.

[45] Dodone est un sanctuaire oraculaire grec dédié à Zeus et à la Déesse-Mère, révérée sous le nom de Dioné. Les prêtres et les prêtresses du bosquet sacré interprétaient le bruissement des feuilles de chêne sous le vent. Le sanctuaire est situé en Épire, sur les pentes du mont Tomaros, au sud du lac Pamvotida, à 22 km au sud de Ioannina. D’après Hérodote, ce serait le plus vieil oracle grec, remontant peut-être au 2ème millénaire av. jc, et l’un des plus célèbres, avec ceux de Delphes et d’Ammon. Se trouvant très à l’écart des cités grecques (Thèbes, Athènes, Sparte, , etc.), il pâtit du développement de l’oracle de Delphes à l’époque classique, mais reste néanmoins important jusqu’à l’époque romaine. Le mât du navire Argo, qui transporta les Argonautes à la recherche de la Toison d’or, est censé avoir été taillé dans un chêne de la forêt sacrée de Dodone.

[46] L’Achéron est un fleuve côtier d’Épire, en Grèce. Il se jette dans la mer Ionienne à huit kilomètres de Párga, dans la baie de Phanari. Il est aussi appelé (à l’époque moderne) Phanariotikos et Mavropotamos. Dans la mythologie grecque, l’Achéron est une branche de la rivière souterraine du Styx, sur laquelle Charon transportait en barque les âmes des défunts vers les Enfers. Il reçoit deux affluents en sens contraire : le Cocyte et le Phlégéthon. En tant que dieu fleuve, il est fils d’Hélios (le Soleil) et de Gaïa (la Terre)1 et est marié à la nymphe Orphné. Il est le père d’Ascalaphe. Zeus le précipita aux Enfers pour avoir étanché la soif des Titans. Charon manœuvre sa barque sur l’Achéron qui charrie d’énormes blocs de rochers. Il est représenté sous l’apparence d’un vieil homme aux vêtements humides, appuyé sur une urne noire, d’où sort une eau bouillonnante. Il est marié à la nymphe Orphné, également appelée Gorgyra, qui donnera naissance à leur fils Ascalaphe

[47] Les Molosses étaient l’une des principales ethnè (tribus/peuplades) grecques d’Épire, gouvernés par la dynastie des Éacides. Situé dans le massif du Pinde, le territoire des Molosses, ou Molossie, était centré sur la plaine du lac Ioannina qui reliait deux lieux stratégiques : Passaron et Dodone, sanctuaire panhéllenique de Zeus. Les Molosses prétendaient descendre de Molossos, l’un des trois fils de Néoptolème (le fils d’Achille et de Déidamie) et d’Andromaque. Selon la mythologie grecque, après la chute de Troie, Néoptolème et ses armées s’établissent en Épire où ils se mêlent à la population dorienne locale et repoussent les tribus barbares vers le Nord. Molossos hérite du royaume d’Épire à la mort d’Hélénos, le fils de Priam et d’Hécube de Troie. Olympias, la mère d’Alexandre le Grand, est une princesse molosse.

[48] Le nome de Thesprotie est une des quatre préfectures de la périphérie d’Épire en Grèce, qui porte le nom de la tribu antique des Thesprotes. Sa capitale est Igoumenitsa. La Thesprotie partage ses frontières avec les districts albanais de Gjirokastre et de Vlorë au nord et avec les préfectures grecques d’Ioannina à l’est et du nome de Préveza au sud. Le nome de Thesprotie est bordé par la mer Ionienne à l’Ouest.

[49] Héraclée du Pont ou Héraclée Pontique était une ville grecque de Bithynie située sur le Pont-Euxin. Elle a fait place à l’actuelle ville de Karadeniz Ereğli (Ereğli de la Mer Noire) dans la province de Zonguldak en Turquie. Située à environ 200 km à l’est du Bosphore, la ville fut fondée vers le 6ème siècle av. jc (-560/-558) par des colons de Mégare et de Béotie et fut nommée d’après Héraclès, dont les Grecs pensaient qu’il pénétra dans les Enfers via une grotte par laquelle l’Achéron les rejoignait. La ville devint rapidement prospère et établit ses propres colonies, dont Callatis, Chersonèse et Cidros - suscitant la convoitise de la Bithynie et de la Galatie voisines. Alliée de Rome en 185 av.jc, elle souffrit grandement des guerres de Mithridate. Prise et détruite par le proconsul Marcus Aurelius Cotta en 73av.jc, puis reconstruite, elle ne recouvra jamais sa prospérité d’antan.

[50] Ascoli Piceno, chef-lieu de la province d’Ascoli Piceno dans la région des Marches en Italie. La commune porte le surnom de « ville aux cent tours » en raison de ses nombreux édifices médiévaux de ce type (tours, clochers) construits en travertin.

[51] Rhêgion ou Rhegium est une colonie grecque d’Italie fondée vers 723 av. jc par des Zancléens secondés des Chalcidiens menés par Antimnestos, peut-être accompagnés de Messéniens du Péloponnèse sous la conduite d’Alcidamidas. C’est aujourd’hui Reggio de Calabre. Cette fondation jouit d’une position stratégique face au détroit de Messine et complète ainsi Zancle fondée quelques années auparavant. Elle est soumise par Denys l’Ancien, tyran de Syracuse de 388 à 351 av. jc, puis par les Romains en 270 av. jc.

[52] Le Prétoire était à l’origine le nom du quartier général de la légion romaine. Le prétoire était en fait la tente du général en chef d’une armée ; il tire son nom directement des premiers temps de Rome où le consul qui commandait l’armée recevait le titre de « préteur » (en latin : prætor). La tente de ce dernier se trouvait dans une fortification romaine, un castra ou castellum. Le préteur (« le chef ») était à l’origine le titre donné au fonctionnaire le plus haut gradé de la République romaine, mais il est devenu plus tard une position subalterne du grade de consul. Sous la République, c’est dans le prétoire que se trouvaient les officiers et les licteurs chargés de protéger les consuls, ou un détachement protégeant le commandant du camp. La garde rapprochée du Général était connue sous le nom de cohors prætoriæ. Ces prétoriens sont à l’origine de la garde prétorienne de l’Empereur. Du temps d’Auguste, la tente de l’empereur dans le camp s’appelait prætorium augustale. C’était également la demeure du procurateur (gouverneur) d’une province, l’endroit par conséquent où il rendait justice. Il y avait un prétoire dans toutes les villes de l’Empire romain

[53] Le manipule est une subdivision de la légion romaine antique. Il se compose de deux centuries, au sein d’une même cohorte, pour un effectif qui a varié entre 120 et 200 hommes au cours de la République romaine.

[54] Ascoli Piceno, chef-lieu de la province d’Ascoli Piceno dans la région des Marches en Italie. La commune porte le surnom de « ville aux cent tours » en raison de ses nombreux édifices médiévaux de ce type (tours, clochers) construits en travertin.

[55] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie