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Nabuchodonosor s’empare de Jérusalem

mercredi 15 avril 2026, par lucien jallamion

16 mars 597 av. jc : Nabuchodonosor s’empare de Jérusalem

Intro

Le 16 mars 597 av. jc, Jérusalem [1] tombe pour la 2ème fois aux mains de Nabuchodonosor. Le puissant roi de Babylone [2] reçoit la soumission du royaume de Juda [3]. Mais celui-ci se révoltant une nouvelle fois, le roi va le détruire pour de bon en 586 av. jc.

Ce royaume était l’ultime survivance du royaume d’Israël [4] fondé 4 siècles plus tôt, selon la Bible [5], par Saül, David et Salomon. Sa ruine entraîne l’exil à Babylone [6] d’une bonne partie de sa population. L’exil, paradoxalement, va fortifier l’attachement des juifs à leur Dieu et à la loi de Moïse. À lui remonte le monothéisme rigoureux des juifs et tout ce qui fait la singularité de leur culture.


La vengeance de Nabuchodonosor

Premier siège de Jérusalem

Le roi Nabuchodonosor II s’empare de Jérusalem dès son avènement sur le trône de Babylone, en 605 av. jc et déporte un certain nombre d’habitants dans sa capitale. C’est la première déportation.

2ème siège de Jérusalem

Le roi de Juda Joachim ne supporte pas le protectorat babylonien et complote avec les Égyptiens.

Nabuchodonosor revient en force à Jérusalem 8 ans plus tard, en 597. Sitôt la ville entre ses mains, il procède à une deuxième déportation, toutefois limitée au roi, à sa famille et son entourage* (officiers de la cour, dignitaires, eunuques). À Babylone, le roi déchu est logé au palais royal.

3ème siège de Jérusalem

Nabuchodonosor place sur le trône Sédécias, le fils d’un ancien roi de Juda. Mais celui-ci, à son tour, ne tarde pas à intriguer contre son maître et forme même une coalition avec les Égyptiens et les habitants de Tyr*. On est en 586 av. jc quand Nabuchodonosor prend Jérusalem pour la troisième fois. La répression ne se fait pas attendre. Le roi Sédécias, qui a tenté de s’enfuir par une brèche de la muraille, est capturé près de Jéricho*, aveuglé et jeté au cachot en Babylonie* cependant que ses fils sont mis à mort.

Lors de cette troisième occupation, si l’on en croit la Bible, le Temple de Salomon est détruit de même que l’Arche d’Alliance* qui contenait les Tables de la Loi* sur lesquelles étaient gravés les Dix Commandements*. Toute la population juive de Jérusalem est chassée du pays. C’est la troisième déportation.

Une bonne partie des proscrits sont emmenés en Mésopotamie*. D’autres s’établissent autour de la Méditerranée et font souche jusqu’en Afrique du nord, formant la première diaspora.

Avec la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor, c’en est fini de l’indépendance d’Israël pour... 2500 ans, jusqu’à la résurrection de l’État hébreu et de la langue du même nom au 20ème siècle de notre ère si l’on met à part l’autonomie du royaume de Judée* sous les Asmonéens* ou Maccabées*, de 175 av. jc à la conquête romaine.


L’exil de Babylone

Les prophètes hébreux de l’époque, tels Jérémie et Ézéchiel, voient dans l’exil de Babylone la sanction méritée par le peuple hébreu pour avoir désobéi à Dieu.

À Babylone, cependant, les Juifs gagnent en prospérité et la religion israélite s’affermit.

Au bout de 50 ans, Cyrus II, le Grand Roi des Perses*, conquiert la Babylonie et une partie de la diaspora choisit de retourner en Judée tout en demeurant sous la tutelle des Perses.

Les Juifs de retour de Babylone reconstruisent le Temple dès 516 av. jc. À l’image de leurs cousins de Samarie*, ils adoptent la langue akkadienne* ou araméenne* comme langue d’usage. Leur langue ancestrale, l’hébreu, reste employée pour la liturgie.

Vers 440 av. jc, en présence du gouverneur Néhémie, le sacrificateur Esdras lit solennellement les livres de la Loi de Moïse*. De ce jour, ces 5 premiers livres de la Bible, ou Pentateuque* deviennent la loi de l’État.


Les Juifs rejettent les Grecs

Un siècle plus tard, l’empire perse s’effondre sous les coups que lui porte le Macédonien Alexandre le Grand. Ses officiers nobles prirent le pouvoir chacun dans son fief , ainsi que le rappelle le premier livre des Maccabées*, dans la Bible.

La Palestine* passe comme l’Égypte sous la tutelle des Lagides*, descendants de Lagos, général d’Alexandre, puis en 198 av.jc sous la tutelle des Séleucides* de Syrie*, descendants de Séleucos.

Sous le règne de ces souverains hellénistiques de langue grecque, les prêtres du temple de Jérusalem codifient les rites religieux dans l’un des futurs livres de la Bible, le Lévitique*. Des scribes* laïcs complètent par ailleurs les récits des origines du peuple juif dans le livre dit le Deutéronome*.

Les écrits bibliques prennent leur forme définitive et seront traduits en grec par les Septante* (72 Sages) à Alexandrie* entre 301 et 150 av. jc.


La tradition juive garde cependant un mauvais souvenir du roi Antiochus Epiphane qui détourne beaucoup de Juifs de leurs coutumes. De jeunes Juifs branchés osent même bâtir à Jérusalem un gymnase, autrement dit un lieu où l’on pratique des exercices sportifs en étant nus ! C’est un défi à la pudeur coutumière des habitants.

À la suite d’un soulèvement populaire, les Maccabées ou Asmonéens restaurent l’autonomie du pays sous un régime théocratique de 175 à 134 av. jc. Ils rétablissent les rites religieux juifs dans leur pureté.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alban Dignat/ .herodote/16 mars 597 av jc éventement/ 5970316

Notes

[1] Ville du Proche-Orient que les Israéliens ont érigée en capitale, que les Palestiniens souhaiteraient comme capitale et qui tient une place centrale dans les religions juive, chrétienne et musulmane. La ville s’étend sur 125,1 km². En 130, l’empereur romain Hadrien change le nom de Jérusalem en « AElia Capitolina », (Aelius, nom de famille d’Hadrien ; Capitolina, en hommage au dieu de Rome, Jupiter capitolin) et il refonde la ville. Devenue païenne, elle est la seule agglomération de la Palestine à être interdite aux Juifs jusqu’en 638. Durant plusieurs siècles, elle est simplement appelée Aelia, jusqu’en 325 où Constantin lui redonne son nom. Après la conquête musulmane du calife Omar en 638, elle devient Iliya en arabe, ou Bayt al-Maqdis (« Maison du Sanctuaire »), équivalent du terme hébreu Beit ha-Mikdash (« Maison sainte »), tous deux désignant le Temple de Jérusalem, ou le lieu du voyage et d’ascension de Mahomet, al-Aqsa, où se situait auparavant le temple juif

[2] Le royaume de Babylone s’est épanoui en Mésopotamie du sud du début du 2ème millénaire avant jc jusqu’en 539 av. jc, date de la prise de sa capitale par le roi Cyrus II de Perse. Cet État s’affirme à partir de la cité de Babylone dans le courant du 18ème siècle av. jc, sous l’impulsion du plus grand roi de sa première dynastie, Hammurabi. Après son pillage par les Hittites en 1595 av jc, Babylone passe sous l’autorité d’une dynastie d’origine kassite qui stabilise ce royaume pendant plus de quatre siècles. Cette période marque le début de la rivalité avec le royaume voisin situé au nord, l’Assyrie, qui marque les siècles suivants. Après plusieurs siècles d’instabilité entre 1100 et 800 av. jc, la Babylonie passe sous la coupe de l’Assyrie pendant plus un siècle (728-626 av. jc), avant d’initier une réaction qui aboutit à la destruction de l’Assyrie et à la formation de l’empire néo-babylonien (626-539 av. jc) par Nabopolassar et Nabuchodonosor II. Cette dernière phase de l’histoire du royaume de Babylone est brève, s’achevant en 539 av. jc par sa conquête par le roi perse Cyrus II. Dès lors, Babylone n’est plus dominée par une dynastie d’origine autochtone : aux Perses Achéménides (539-331 av. jc) succèdent les Grecs Séleucides (311-141 av. jc), puis les Parthes Arsacides (141 av. jc-224 ap. jc). La Babylonie conserve néanmoins sa prospérité jusqu’aux débuts de notre ère, tandis que sa culture millénaire s’éteint lentement.

[3] Le royaume de Juda est un petit royaume du Proche-Orient ancien établi par les Israélites à l’âge du fer. Selon la Bible, il existe de 931 à 586 av. jc, concomitamment avec le royaume d’Israël et en rivalité avec lui. L’archéologie permet de tracer l’existence de Juda en tant que royaume à partir du 8ème siècle av. jc. N Selon la Bible, sa création serait le résultat d’un schisme après la mort du roi Salomon. Après une période d’essor sous la domination de l’empire néo-assyrien, il est détruit par les Babyloniens sous le règne de Nabuchodonosor II dans un contexte de guerre entre Égyptiens et Babyloniens.

[4] Le royaume d’Israël est un royaume du Proche-Orient ancien établi par les Israélites à l’âge du fer. Il existe pendant environ 200 ans, de la fin du 10 au 8ème siècle av. jc (environ 930-720 av. jc). Les historiens le nomment souvent royaume de Samarie ou royaume du Nord pour le différencier du royaume de Juda, au sud. Selon la Bible hébraïque, il succède au grand royaume fondé par le roi David. Il est formé de 10 des 12 tribus d’Israël. Il est aussi appelé « Éphraïm ». Il est dirigé par plusieurs dynasties successives. Sa capitale est d’abord Sichem, avant que Baasa n’opte pour Tirça. Plus tard, Omri fonde la ville de Samarie qui est la capitale du royaume jusqu’à sa chute. La Bible donne une vision assez négative du royaume, sa population étant accusée de s’être éloignée de l’enseignement de Moïse en tombant dans l’idolâtrie. Le royaume d’Israël est conquis vers 720 av. jc par l’Empire assyrien.

[5] La Bible est un ensemble de textes sacrés pour les juifs et les chrétiens. Les diverses confessions peuvent inclure des livres différents dans leurs canons, dans un ordre différent. Les textes eux-mêmes ne sont pas toujours identiques d’une religion à l’autre. La Bible rassemble une collection d’écrits très variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientiaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, épîtres) dont la rédaction s’est échelonnée entre le 8ème siècle av. jc et le 2ème siècle av. jc pour l’Ancien Testament, et la deuxième moitié du 1er siècle, voire le début du 2ème siècle pour le Nouveau Testament.

[6] Babylone était une ville antique de Mésopotamie. C’est aujourd’hui un site archéologique majeur qui prend la forme d’un champ de ruines incluant des reconstructions partielles dans un but politique ou touristique. Elle est située sur l’Euphrate dans ce qui est aujourd’hui l’Irak, à environ 100 km au sud de l’actuelle Bagdad, près de la ville moderne de Hilla. À partir du début du 2ème millénaire av. jc, cette cité jusqu’alors d’importance mineure devient la capitale d’un royaume qui étend progressivement sa domination à toute la Basse Mésopotamie et même au-delà, sous le règne de Hammurabi dans la première moitié du 18ème siècle av. jc.