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L’histoire pour le plaisir

Henri Murdac

jeudi 19 février 2026, par lucien jallamion

Henri Murdac (mort en 1153)

Abbé de Vauclair de 1134 à 1143-Abbé de Fountains de 1144 à 1153-Archevêque d’York de 1147 à 1153

Originaire du Yorkshire*, il descend d’une riche famille de Compton Murdac [1] dans le Warwickshire [2].

C’est un ami de l’archevêque Thurstan d’York, qui l’emploie à la cathédrale d’York [3] et dans son diocèse [4]. Murdac est sans conteste un érudit, et il est sollicité par Bernard de Clairvaux qui le presse d’abandonner ses livres et de rejoindre la vie monastique.

Il démissionne peu de temps après et devient moine cistercien à Clairvaux [5]. Il se lie d’amitié avec le futur pape Eugène III]. En 1134, Bernard de Clairvaux lui confie la tâche de devenir le premier abbé de Vauclair [6] dans le diocèse de Laon [7]. Il reste à la tête de cette abbaye pendant 9 ans, puis en 1143, il retourne dans le Yorkshire alors que Richard, le deuxième abbé de Fountains [8] vient de mourir. L’intention de Bernard de Clairvaux est que Murdac soit élu par les moines de Fountains comme leur nouvel abbé, et il donne des directives dans ce sens. Murdac est élu fin 1143 ou début 1144.

Murdac devient immédiatement le chef de file du mouvement réformiste qui demande la déposition de Guillaume FitzHerbert du siège archiépiscopal d’York [9]. FitzHerbert est accusé d’avoir été imposé par le roi Étienne d’Angleterre ; de simonie [10] d’avoir une vie insuffisamment chaste.

Murdac incarne tellement l’opposition à FitzHerbert que ses partisans, en 1146, organisent un raid sur son abbaye et détruisent plusieurs bâtiments. FitzHerbert, qui avait été suspendu de ses fonctions peu avant par le pape Eugène III et officiellement déposé lors du concile de Reims de 1148 [11]. À ce même concile, auquel Murdac assiste, le pape ordonne qu’une nouvelle élection soit organisée, et Murdac est nommé au siège archiépiscopal.

Il ne renonce pourtant pas à la fonction d’abbé de Fountains et la gère à travers des abbés suffragants jusqu’à sa mort. Sous son autorité, l’influence de Fountains s’étend, et des maisons-filles sont établies à Woburn [12] en 1145, Lyse [13] en1146, Barnoldswick [14], Vaudey [15] en 1147 et Meaux [16] en 1151.

Les électeurs réunis à Richmond [17] en juin 1147 n’arrivent pas à se mettre d’accord. Le premier parti soutient Hilaire qui deviendra plus tard évêque de Chichester [18], et le second soutient Murdac. Comme ils n’arrivent pas à s’entendre, ils en appellent au pape Eugène III pour trancher. Celui-ci choisi Murdac, le consacre et lui remet en personne son Pallium [19] à Trèves [20] le 7 décembre 1147.

Il devient alors le premier évêque cistercien d’Angleterre, mais également le premier évêque ou archevêque nommé sans l’approbation du roi depuis la conquête normande de l’Angleterre [21]. D’ailleurs, celui-ci refuse de reconnaître son élection, et le chapitre d’York est divisé. Lorsqu’il tente, en 1148, de rentrer dans la ville d’York [22], les habitants, qui sont restés loyaux à FitzHerbert l’en empêche.

Il doit se retirer d’abord à Beverley, puis dans le manoir épiscopal de Ripon [23]. Pour se venger, Murdac excommunie Hugues du Puiset , trésorier d’York, et Guillaume le Gros, comte d’York [24], ses principaux ennemis. Il place aussi la ville sous un interdit. Puiset excommunie l’archevêque en retour et ordonne que les offices soient tenus comme d’habitude.

Comme Étienne refuse de reconnaître sa nomination, Murdac se tourne vers ses adversaires dans la guerre civile qui agite le royaume. À Carlisle [25], il rencontre le roiDavid 1er d’Écosse et Henri Plantagenêt, le fils de Mathilde l’Emperesse. Le roi écossais lui explique son plan d’envahir York en 1149, et qu’il aura besoin de son appui. Murdac choisit de s’allier aux Écossais dans le but de conserver l’indépendance de York vis-à-vis de Cantorbéry [26]. Murdac espère que David pourra l’installer définitivement à York.

Étienne sentant venir le danger, et étant toujours incapable d’imposer sa loi dans le Yorkshire décide de se réconcilier avec Murdac au début de l’année 1151. Avec le soutien du roi, l’archevêque peut enfin rentrer dans la ville et être introniser le 25 janvier 1151. Étienne espère aussi et surtout qu’avec le soutien d’Henri Murdac il pourra obtenir le consentement du pape pour faire couronner son fils Eustache IV de Boulogne , et ainsi assurer sa succession. Il se réconcilie aussi avec le comte d’York qui établit l’abbaye cistercienne de Meaux comme une abbaye-fille de Fountains.

À Pâques de l’année 1151, Murdac est à Rome pour obtenir du pape la permission de couronnement d’Eustache.

En 1153, Puiset est élu évêque de Durham [27], ce qui offense Murdac qui n’a pas été consulté. Il excommunie le prieur et les archidiacres de Durham, qui se rendent à York pour l’implorer de reconnaître cette élection et de lever leur excommunication. S’attirant à nouveau l’hostilité des habitants d’York, il est à nouveau obligé de se retirer à Beverley, où il refuse de revenir sur ses décisions.

Henri meurt à Beverley le 14 octobre 1153. À la suite de sa mort, Guillaume FitzHerbert redevient archevêque et fait la paix avec la communauté de Fountains. Murdac est enterré à York Minster [28].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de John C. Appleby, Paul Dalton, Government, Religion and Society in Northern England 1000–1700, Stroud : Sutton Publishing, 1997 (ISBN 0-7509-1057-7).

Notes

[1] aujourd’hui Compton Verney

[2] le Warwickshire est un comté britannique situé au centre de l’Angleterre. Le Warwickshire est limité au nord-ouest par le comté des Midlands de l’Ouest et le Staffordshire, au nord-est par le Leicestershire, à l’est par le Northamptonshire, au sud par l’Oxfordshire, au sud-ouest par le Gloucestershire et à l’ouest par le Worcestershire.

[3] La cathédrale d’York est située dans la ville d’York dans le nord de l’Angleterre. C’est, devant la cathédrale d’Uppsala, le plus grand édifice gothique d’Europe du Nord, le siège de l’archevêque d’York, second dans la hiérarchie de l’Église anglicane, et la cathédrale du diocèse d’York. Elle est présidée par un doyen et un chapitre. Son appellation formelle est : « cathédrale et église métropolitaine de Saint-Pierre à York ».

[4] L’archevêque d’York est le troisième personnage de l’Église d’Angleterre, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque) et l’archevêque de Cantorbéry (le primus inter pares de tous les primats anglicans).

[5] L’ancienne abbaye de Clairvaux située à Ville sous la Ferté, dans l’Aube (région Champagne-Ardenne), à quinze kilomètres de Bar-sur-Aube, était un monastère cistercien fondé en 1115 par Bernard de Clairvaux et quelques compagnons, envoyés par Étienne Harding, abbé de Cîteaux. La personnalité de saint Bernard lui donna un rayonnement considérable. Avec La Ferté, Pontigny, et Morimond elle forme le groupe des quatre filles « majeures » (premières fondations) de Cîteaux, toute première abbaye de l’ordre cistercien. C’est de loin la plus prolifique, avec quatre-vingts abbayes-filles. Elle est supprimée lors de la Révolution française (1789).

[6] L’abbaye de Vauclair (ou aussi Vauclerc) est une ancienne abbaye de moines cisterciens, située sur le territoire de la commune de Bouconville-Vauclair, dans le département de l’Aisne. Elle fut fondée en 1134 par Bernard de Clairvaux à la demande de Barthélemy de Jur, l’évêque de Laon auquel il était apparenté. Elle fut construite à une quinzaine de kilomètres au sud de Laon dans la vallée de l’Ailette au pied du versant nord du Chemin des Dames (Aisne), sur un lieu où se trouvait déjà une église et que l’évêque céda à saint Bernard avec tous ses droits et dépendances. L’abbaye est grandement détruite lors de la bataille du Chemin des Dames, en avril 1917.

[7] L’évêché de Laon a été fondé au 4ème siècle. C’est l’un des diocèses les plus prestigieux jusqu’à la Révolution française. Il englobe le nord du département sauf le Vermandois qui appartient au diocèse de Noyon. Avant sa fondation, le diocèse de Laon a été évangélisé par Saint-Bienheuré envoyé en tant que missionnaire à une date inconnue. Le diocèse a été créé à partir d’une partie de l’archidiocèse de Reims en 487 par Saint Rémi qui confie le diocèse à l’un de ces neveux, Saint Génebaud. L’évêque de Laon est un pair de France en l’an 1300 et il est à la tête d’un duché-pairie. Lors des sacres des rois de France, il a une fonction importante car c’est lui qui porte la Sainte Ampoule.

[8] L’abbaye de Fountains dans le Yorkshire du Nord (Angleterre) à 3 km au SO de Ripon, est une ancienne abbaye cistercienne aujourd’hui en ruine, fondée en 1132 dans la vallée boisée de la petite rivière Skell. L’abbaye de Fountains est l’un des principaux établissements cisterciens et l’un des mieux préservés en Angleterre.

[9] L’archevêque d’York est le troisième personnage de l’Église d’Angleterre, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque) et l’archevêque de Cantorbéry (le primus inter pares de tous les primats anglicans).

[10] La simonie est, pour les catholiques, l’achat et la vente de biens spirituels, tout particulièrement d’un sacrement et, par conséquent, d’une charge ecclésiastique.

[11] Ce concile est réuni le 22 mars 1148 où le pape Eugène III continue la réforme de Grégoire VII. Éon de l’Étoile, condamné par le concile, est arrêté et soumis à la question. Le sentiment Gilbert de la Porrée sur l’essence divine est condamné et ses écrits lacérés. Le pape présidait devant plus de 400 évêques.

[12] L’abbaye de Woburn près de Woburn, dans le Bedfordshire en Angleterre, est une ancienne abbaye et actuel château, le siège du duc de Bedford et la localisation du Woburn Safari Park. Fondée en 1145 à partir d’une colonie de moines en provenance de l’abbaye de Fountains. Au début du 14ème siècle, un templier y fut accueilli pour y finir ses jours à la suite de la dissolution de l’ordre du Temple

[13] L’Abbaye de Lyse ou Lysekloster est un monastère cistercien aujourd’hui en ruines, situé dans la commune de Os, au sud de la ville de Bergen (Norvège). Il fut à l’origine en 1207 de la fondation de l’abbaye de Tautra. L’abbaye a été fondée en 1146 par Sigurd, évêque de Bergen, sur les terres d’une ferme qu’il possédait, alors que la christianisation du pays était presque complète. Les premiers moines sont venus de l’abbaye de Fountains en Angleterre. Il s’agit de la première abbaye cistercienne de Norvège, construite sur le modèle de celles existantes à l’époque en France et en Angleterre.

[14] plus tard Kirkstall

[15] L’abbaye de Vaudey (Vallis Dei) est une ancienne abbaye cistercienne située dans la ville de Bourne (dans le comté du Lincolnshire), en Angleterre. Comme la plupart des abbayes britanniques, elle a été fermée par Henry VIII à la fin de la campagne de dissolution des monastères. Le site, aujourd’hui entièrement rasé, est situé dans le parc du château de Grimsthorpe. L’abbaye est fondée par Guillaume le Gros comte d’Aumale et d’York en 1147 ; celui-ci fait venir 13 moines plus l’abbé Warin de l’abbaye de Fountains, qui fondent tout d’abord leur monastère à Bytham (hameau situé à l’ouest de Bourne). Cependant, le lieu se révèle inadapté et les moines se voient invités en 1149 à déménager sur l’emplacement actuel, dans le hameau d’Edenham, avec la permission du hobereau local, Geoffrey de Brachecourt, vassal de Gilbert de Gand

[16] L’abbaye de Meaux (Melsa) est une ancienne abbaye cistercienne située dans la commune éponyme dans le comté du Yorkshire de l’Est, en Angleterre. Comme la plupart des abbayes britanniques, elle a été fermée par Henri VIII à la fin de la campagne de dissolution des monastères. Le nom de Meaux, à consonance française, vient de la ville francilienne de Meaux ; des aventuriers venus de cette ville, sous la conduite de Gamel, fils de Quétel, avaient en effet combattu aux côtés de Guillaume le Conquérant ; en remerciement, il leur avait octroyé ces terres situées dans l’actuel Yorkshire. Et ceux-ci, en souvenir de leur terre natale, lui avaie*nt donné le nom de leur ville d’origine

[17] Richmond est une ville située dans le Yorkshire du Nord en Angleterre, au Royaume-Uni. Elle est rattachée administrativement au district du Yorkshire du Nord.

[18] L’évêque de Chichester est le prélat de l’Église d’Angleterre qui se trouve à la tête du diocèse de Chichester. Son siège est la cathédrale de Chichester. Le diocèse est créé en 1075, lorsque l’évêque Stigand quitte Selsey pour Chichester.

[19] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.

[20] Le diocèse de Trèves est une Église particulière de l’Église catholique dans le land de Rhénanie-Palatinat, en Allemagne. Trêves est la plus ancienne ville d’Allemagne et un diocèse également très ancien élevé au rang d’archidiocèse au 8ème siècle. L’archevêque est l’un des huit Prince Électeurs de l’Empire.

[21] La conquête normande de l’Angleterre est l’invasion du royaume d’Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant en 1066 et son occupation du pays dans les années qui suivent. Le roi d’Angleterre Édouard le Confesseur meurt au début de l’année 1066 sans laisser d’enfant. Son beau-frère Harold Godwinson est choisi pour lui succéder, mais d’autres prétendants se font connaître. L’un d’eux, le roi norvégien Harald Hardrada, débarque en Angleterre au mois de septembre. Il est vaincu et tué par Harold à la bataille de Stamford Bridge, le 25 septembre. Guillaume, duc de Normandie, débarque à son tour dans le Sussex quelques jours plus tard. Harold se porte à sa rencontre et l’affronte à la bataille d’Hastings le 14 octobre. Cet affrontement décisif voit la mort d’Harold et la victoire de Guillaume, qui est sacré à l’abbaye de Westminster le jour de Noël. La disparition des principaux rivaux de Guillaume n’apporte pas la tranquillité à l’Angleterre, qui est secouée par de nombreuses révoltes jusqu’en 1072. Pour mieux contrôler son royaume, Guillaume fonde de nombreux châteaux à des endroits stratégiques et redistribue à ses fidèles normands les terres confisquées à la noblesse anglo-saxonne ou danoise. L’invasion normande a des conséquences profondes pour l’histoire de l’Angleterre où la nouvelle classe dominante tient ses fiefs directement du roi et parle normand. Aux échelons inférieurs de la société, l’esclavage disparaît dans les décennies qui suivent la conquête, mais il s’agit peut-être de l’accélération d’un processus déjà en cours.

[22] York est une ville du nord de l’Angleterre. Située à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, elle donne son nom au comté du Yorkshire. Fondée par les Romains sous le nom d’Eboracum, elle est l’une des villes majeures du royaume anglo-saxon de Northumbrie, puis la capitale du royaume viking de Jórvík. Elle est également le siège d’un archevêché de l’Église d’Angleterre. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, York devint l’une des principales villes du royaume de Northumbrie sous le nom vieil anglais Eoforwic. Le roi Edwin y fut baptisé en 627. Elle devint le siège d’un évêché, puis d’un archevêché en 735. Tombée aux mains de la Grande Armée en 866, elle fut la capitale d’un royaume viking de 876 à 954 sous le nom de Jórvík, date de sa conquête définitive par le royaume d’Angleterre. Le 20 septembre 1066, Harald Hardrada s’empara de la ville, mais fut tué cinq jours plus tard par le roi Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge, vainqueur qui devait périr à son tour à la bataille de Hastings peu de temps après. En 1190, Richard de Malbis et d’autres nobles d’York qui envisageaient de se joindre à Richard dans la troisième croisade profitèrent d’un incendie qui avait éclaté en ville pour faire courir une rumeur contre les Juifs. Les maisons de Benoît et Joce furent attaquées et ce dernier obtint la permission du gardien du château d’York d’y évacuer sa famille et l’ensemble des Juifs, probablement dans la tour de Clifford. Assaillis par la foule, les Juifs prirent peur et ne laissèrent pas rentrer le gardien qui avait quitté la tour. Il en appela au shérif, qui fit venir la milice du Comté. La tour de Clifford fut assiégée plusieurs jours. Un moine fit la cérémonie de sacrement chaque matin autour des murs comme pour sacraliser la lutte. Il fut écrasé d’une pierre jetée par les Juifs assiégés ; la colère de la foule devint alors une folie forcenée. Quand les Juifs de la tour de Clifford virent qu’ils n’avaient aucune alternative autre que de se soumettre au baptême ou périr aux mains de la foule, Yom-Tob ben Isaac de Joigny, tossafiste français et nouveau chef de la communauté, les exhorta à se tuer eux-mêmes plutôt que de succomber à la cruauté de leurs ennemis. Ceux qui étaient en désaccord furent autorisés à se retirer. Les autres se donnèrent la mort, après avoir mis le feu à leurs vêtements et marchandises pour éviter que ceux-ci ne tombent dans les mains de la foule.

[23] Ripon est une ville d’Angleterre, dans le Yorkshire du Nord, qui possède le statut de Cité (historiquement associé à la présence d’une cathédrale).

[24] Le titre de comte d’York n’a été créé et attribué qu’une fois, dans la pairie d’Angleterre. En 1138, Guillaume le Gros, comte d’Aumale, mène victorieusement les troupes royales du roi Étienne d’Angleterre contre celle de David 1er d’Écosse à la bataille de l’Étendard. En récompense, Étienne fait de lui l’un des plus puissants barons du royaume en lui donnant ce titre. Le successeur d’Étienne, Henri II, lui reprendra ce titre, dans le cadre de la restauration de l’autorité royale dans le royaume après la période d’anarchie du règne d’Étienne. Toutefois, bien qu’il n’y ait jamais eu de comtes d’York auparavant, la ville a été le siège des rois vikings d’York (Jorvik) jusqu’en 954. Par la suite, la ville est tenue soit par les comtes de Northumbrie ou par ceux qui ont réussi à la prendre. En 1385, le titre est rattaché à celui de duc d’York pour Edmond de Langley, le quatrième fils survivant du roi Édouard III.

[25] Carlisle est une ville britannique située dans le Cumbria (Angleterre), à 15 km de l’Écosse. Les quatre siècles de présence romaine furent, pour Carlisle, suivis de cinq siècles de déclin, puis de quatre siècles de différends frontaliers et de guerre entre l’Angleterre et l’Écosse.

[26] Canterbury, ou parfois en français Cantorbéry est une cité du Kent, dans l’extrémité sud-est de l’Angleterre, sur la rivière Stour, à 86,4 km de Londre. Ancienne capitale du royaume de Kent, elle est l’une des villes les plus anciennes du pays. Augustin de Cantorbéry convertit la ville, ainsi que le roi Aethelbert de Kent et en fait pour lui un siège épiscopal en 597. La ville devient rapidement le siège de l’archevêque primat d’Angleterre. Les neuf premiers archevêques sont canonisés, ainsi qu’Adrien de Cantorbéry. Les autres archevêques canonisés sont les saints Dunstan, Alphège, Anselme et Thomas Becket. La cité devient un grand centre de pèlerinage durant le Moyen Âge, ce qui inspira les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer. Depuis le 16ème siècle, la ville est le siège du chef spirituel de l’Église d’Angleterre et de l’anglicanisme.

[27] L’évêché de Durham est d’une importance particulière dans le Royaume d’Angleterre, car 15 ans après la conquête normande, le nord du royaume est toujours plus ou moins hors du contrôle royal. En 1069-1070, le Conquérant avait mené une campagne sanglante et dévastatrice dans le nord afin de le soumettre, mais la région n’était toujours pas pacifiée.

[28] la Cathédrale d’York