Michel IV le Paphlagonien (vers 1010-1041)
Empereur byzantin de1034 à 1041
Originaire de Paphlagonie [1] en Anatolie [2] il vint encore jeune à Constantinople [3] où son frère, Jean l’Orphanotrophe , occupait une position élevée à la cour. Celui-ci le présenta au couple impérial où il plut immédiatement à l’impératrice Zoé. S’affichant ensemble en public, le couple fut accusé par la rumeur publique d’avoir causé la mort de l’empereur Romain III Argyre .
La mort de l’empereur redonnait le pouvoir à l’impératrice Zoé Porphyrogénète, laquelle épousa son amant le jour même de la mort de l’empereur. Devenu empereur, Michel IV délaissa rapidement sa nouvelle épouse pour diriger lui-même la politique intérieure et extérieure de l’Empire laissant à son frère Jean la gestion des finances publiques. Pour faire face aux dépenses militaires croissantes, ce dernier augmenta considérablement les impôts, heurtant souvent les traditions locales bien ancrées. Il devait en résulter de nombreuses révoltes notamment chez les Serbes [4] et les Bulgares [5] où Pierre Deljan prit la tête d’un mouvement visant à rétablir l’Empire bulgare, maintenant intégré à l’Empire byzantin [6].
Souffrant depuis sa jeunesse d’épilepsie, mal auquel s’ajoutèrent à la fin de sa vie des œdèmes généralisés, l’empereur n’entreprit pas moins une campagne contre les Bulgares qu’il devait mener avec succès. Cette campagne finit par avoir raison de ses forces et, quelques mois après son retour triomphal à Constantinople, Michel IV meurt au monastère des Saints-Côme-et-Damien, non sans avoir abdiqué et fait adopter son neveu, Michel V , par l’impératrice Zoé.
Le futur empereur Michel IV naquit dans une famille travaillant dans le change des monnaies, métier considéré comme peu honorable car, selon Georges Cédrène, on y pratiquait souvent la contrefaçon. Ayant quitté très tôt sa Paphlagonie natale (d’où son surnom), il alla exercer son métier à Constantinople où se trouvait déjà son frère aîné Jean l’Orphanotrophe (directeur d’orphelinat) ou l’Eunuque ce qu’il était de même que ses frères Constantin et Georges).
Devenu parakimomène [7] :, Jean était devenu l’ami et le confident de l’empereur Romain III Argyre qui l’avait nommé directeur de l’orphelinat Saint-Paul de Constantinople [8]. Obsédé par le désir de placer les membres de sa famille dans des positions d’avenir, il réussit à obtenir pour son jeune frère Michel le poste de gentilhomme de la chambre de l’impératrice Zoé.
Michel Psellos , qui professe une grande admiration pour le futur Michel IV excusant volontiers ses crimes, le décrit comme d’une grande beauté physique, mais surtout d’une grande probité morale. Toutefois, le jeune homme souffrait d’épilepsie, maladie qui ira en s’aggravant par la suite et qui sera la cause des œuvres pieuses de tous genres qu’il accomplira au cours de son règne dans l’espoir d’être délivré de son mal.
Michel IV fut officiellement présenté au couple impérial en 1033. Si Romain ne lui jeta qu’un regard distrait, l’impératrice en tomba immédiatement follement amoureuse.
Devenu empereur en 1028, Romain Argyre, éparque [9] de Constantinople, alors déjà âgé et marié, avait dû épouser Zoé sur ordre de Constantin VIII lequel, sur son lit de mort, l’avait menacé de mort s’il ne divorçait pas de son épouse pour épouser la fille de l’empereur et assurer ainsi la survie de la dynastie macédonienne [10]. Très tôt l’empereur avait délaissé sa nouvelle épouse et aucune progéniture ne devait naître de leur union. D’abord résistant aux avances de l’impératrice, Michel se laissa vite gagner et bientôt leur relation devint évidente, Zoé embrassant son jeune partenaire aux yeux de tous. Romain ferma d’abord les yeux sur cette idylle, attachant même Michel à son service personnel. Lorsque le scandale éclata au grand jour grâce aux ragots de la sœur de l’empereur, Pulchérie, celui-ci confronta Michel qui jura sur de saintes reliques qu’il ne s’agissait que de calomnies. Amadoué par ces paroles et sensible à la terrible maladie qui frappait Michel depuis sa jeunesse, Romain III préféra fermer les yeux.
Bientôt, la maladie dont souffrait l’empereur et qui progressait fit oublier le scandale. Sa face s’enfla, son souffle se fit court, il perdit l’appétit et le sommeil.
Il n’en fallait pas moins pour qu’au palais on parlât d’empoisonnement, montrant du doigt l’impératrice Zoé. Le Jeudi saint 1034, alors qu’il se préparait pour les cérémonies du lendemain, l’empereur mourut dans un des bains du palais. Une chose est certaine toutefois : accourue sur les lieux, Zoé jeta un regard sur son époux et, assurée de sa mort prochaine, courut rejoindre son amant. Dès le lendemain (le Vendredi saint), le patriarche Alexis Studite fut convoqué au palais pour unir Zoé et Michel, de 40 ans plus jeune qu’elle, et oindre celui-ci comme empereur. Choqué par la vision de l’impératrice et de son amant revêtus tous deux des habits impériaux, le patriarche ne consentit selon Jean Skylitzès à cette union et au couronnement qui suivit qu’après avoir reçu de l’impératrice la promesse d’une somme de 50 livres d’or [11] pour lui et de 50 autres pour son clergé. Le même soir, les hauts dignitaires de l’Église et de l’État venaient rendre leurs hommages à la fois au nouveau couple impérial et à l’empereur décédé dont le cercueil fut conduit à l’église de la Vierge Peribleptos.
À son arrivée au pouvoir, l’Empire byzantin connaissait une époque faste. Depuis la mort de Basile II en 1025, il était à son apogée territorial, recouvrant des terres qu’il ne détenait plus depuis l’époque d’Héraclius. L’ensemble de la péninsule balkanique [12], l’Asie mineure [13], le nord de la Syrie [14] jusqu’à l’Arménie [15] étaient contrôlés par les Byzantins, de même que le sud de l’Italie. L’économie était florissante et la stabilité intérieure garantie par la solidité du régime impérial. Néanmoins, celle-ci reposait grandement sur la permanence de la dynastie macédonienne depuis maintenant 2 siècles. Or, tant Basile II que Constantin VIII n’avaient laissé aucune descendance mâle et Zoé et sa sœur Théodora Porphyrogénète étaient les dernières représentantes de cette dynastie et de sa légitimité dont aucune autre famille n’avait pu se prévaloir dans le monde byzantin jusque-là. L’extinction à venir de la dynastie constituait donc un facteur de fragilité et le mariage avec Zoé ou Théodora permettait, pour le moment, d’accéder au faîte du pouvoir.
Craignant que Zoé ne lui fît subir le sort qu’elle avait fait subir à Romain III Argyre, Michel IV mit fin à sa relation avec l’impératrice dès son arrivée au pouvoir et, lui ayant retiré sa liberté de mouvement, la confina au gynécée du palais où son frère Jean la fit constamment surveiller, lui retirant non seulement une partie de ses émoluments, mais également lui interdisant de recevoir ses amies sans sa permission.
Doué d’une grande perspicacité politique, mais de culture limitée, Michel IV se reposa ainsi presque entièrement dans les premiers mois sur son frère Jean qui devint son premier conseiller et prit charge du gouvernement. D’une grande intelligence et habile, celui-ci commença par accroître les revenus de l’État : il introduisit une nouvelle taxe, “l’aerikon”, ne reculant devant rien pour en rendre la perception plus efficace. C’est ainsi qu’il se mit à dos les Bulgares, les obligeant à payer leurs impôts en argent alors que Basile II avait sagement accepté lors de la conquête qu’ils pussent le faire, suivant leur coutume, en nature.
C’est également sous son administration que commença la dévaluation de la monnaie byzantine. Du même coup il accrut sensiblement les pouvoirs des fonctionnaires de la capitale se mettant à dos la noblesse terrienne et la noblesse militaire qui s’étaient affirmées sous les Macédoniens. De mauvaises récoltes, une famine causée par des intempéries et une invasion de sauterelles en 1035 ne firent qu’exacerber la situation et des révoltes se produisirent à Alep [16] Antioche [17], Nicopolis [18] et en Bulgarie.
Sérieux et déterminé à bien jouer son rôle, Michel IV se mit rapidement à la tâche. S’il laissa la gestion financière à son frère Jean, il reprit le contrôle de l’administration régionale et locale, des affaires étrangères et de l’armée dont il rétablit le moral chancelant. Psellos loue particulièrement le soin qu’il mit à faire des réformes graduelles, évitant d’abolir les coutumes bien assises, à ne promouvoir les fonctionnaires y compris les membres de sa famille contrairement à son frère Jean que s’ils avaient fait preuve de compétence et à ne pas renvoyer les conseillers d’expérience. Ses conseillers louaient sa capacité de travail, son sens politique, la rapidité avec laquelle il appréhendait les problèmes, et, en dépit de sa maladie, l’équilibre de son caractère qui lui permettait de ne jamais s’emporter ou d’élever la voix, ainsi que la douceur de ses manières.
Conséquence surtout de la politique fiscale de son frère, le règne de Michel IV fut marqué par plusieurs complots et rébellions. Dès 1034, Michel IV dut faire arrêter Constantin Dalassène soupçonné de trahison pour avoir fomenté une révolte à Antioche. En 1037, l’impératrice Zoé, lasse du traitement que lui infligeait Jean l’Orphanotrophe, tenta de faire empoisonner celui-ci. En 1038, le frère de Michel, Constantin dut réprimer une rébellion des armées de l’Anatolie. En 1040, une autre conspiration impliqua Michel 1er Cérulaire , alors haut fonctionnaire, lequel décida de se faire moine pour échapper à la justice impériale ; il deviendra patriarche de Constantinople [19] sous le successeur de Michel. En 1040, durant le soulèvement de Pierre Deljan en Bulgarie, Jean l’Orphanotrophe fit arrêter diverses personnes en Anatolie et à Constantinople soupçonnées de prendre avantage de cette rébellion ; il fut toutefois incapable de s’emparer du strategos [20] de Theodosiopolis [21] qui s’était joint à la rébellion et avait tenté de s’emparer de Thessalonique [22].
Malgré ce qu’en dit Psellos les débuts du règne de Michel IV furent témoins de nombreuses crises aux frontières : les Arabes pillèrent Myra [23] au sud-ouest de l’Anatolie, les Serbes sous la direction de Stefan Voislav , se soulevèrent vers 1034 et les Petchénègues [24] ravagèrent le nord-est de l’Empire parvenant presque aux portes de Thessalonique. Le règne de Michel IV constitua en fait le début d’un changement progressif de situation pour l’Empire byzantin. D’offensif durant le dernier siècle et demi, il passait peu à peu sur la défensive.
En Orient, l’Empire byzantin était au contact des puissances arabes et du Caucase chrétien, dans lequel il entendait affermir son influence. Ainsi, vers 1038-1039, il intervint pour soutenir les prétentions de Démétrius (fils de Georges Ier de Géorgie) au trône de Géorgie [25], alors occupé par Bagrat IV . Les Byzantins pouvaient alors compter sur le soutien d’un des plus puissants seigneurs géorgiens, Liparit IV de Kldekari , tombé en disgrâce peu de temps auparavant. Néanmoins, un accord est trouvé et Bagrat resta sur le trône.
Face aux Arabes, Michel IV dut défendre les dernières conquêtes impériales, en particulier la ville d’Édesse [26], prise sous Romain III. Elle est assiégée dès 1036 et ne tint que par l’intervention salvatrice du duc d’Antioche [27], Constantin Dalassène. 2 ans plus tard, il semblerait que des hommes armés tentèrent de s’emparer de la cité par surprise, sans qu’il soit possible de déterminer leur origine. Un peu plus au nord, les troupes de Michel IV parvinrent à s’emparer de la forteresse de Berkri qui permettait de contrôler la région du lac de Van [28], au terme d’un siège mené par Nicétas Pégonitès.
La cité d’Alep [29] constituait un autre point chaud de la frontière byzantino-musulmane. Tenue par les vassaux des Fatimides [30], elle était parfois soumise à la suzeraineté byzantine. Dès 1035, Michel IV parvint à un traité avec les Fatimides qui établissait une trêve de 10 ans, alors que les émirs d’Alep [31] renouvelèrent le protectorat byzantin sur leur territoire.
En Italie, Michel et son frère Jean ordonnèrent au général George Maniakès qui s’était illustré en 1030 en sauvant la ville de Telouche d’une attaque arabe et avait conquis Édesse, de mettre de l’ordre dans cette province byzantine. Celui-ci se rendit d’abord en Sicile [32] avec un contingent qui comprenait le prince de Norvège Harald Hardrada et 500 Normands. Il parvint à capturer Messine [33], puis les places fortes de l’ouest et du sud de l’île. En 1040, alors qu’il avait repris Syracuse [34] et s’apprêtait à chasser le reste des forces arabes de l’île, il se brouilla avec ses alliés lombards et les Normands, insatisfaits de leur paie, l’abandonnèrent pour inciter la population de l’Italie continentale à la révolte, provoquant ainsi la perte de Bari [35]. Maniakès s’apprêtait à aller mater cette rébellion lorsqu’il fut rappelé à Constantinople par Jean l’Orphanotrophe qui le soupçonnait de trahison. Après son rappel, les Byzantins perdirent la plupart des nouvelles conquêtes de Sicile, alors qu’une expédition contre les Normands subit plusieurs échecs avant que Bari ne soit à nouveau reprise.
Dans le nord, les invasions petchénègues avaient d’abord forcé les Serbes à demander la protection de l’Empire byzantin. Mais en 1040 tant les Serbes que les Bulgares se rebellèrent. Après avoir conduit une première révolte en 1037, avoir été capturé et emmené à Constantinople, Étienne Voislav s’était échappé, il devait reprendre le flambeau en 1040. Le gouverneur byzantin de la Dioclée [36], le général Théophile Érotikos fut chassé et Voislav établit une principauté indépendante qu’il agrandit en 1042 après avoir vaincu les forces du gouverneur de Dyrrachium [37] qui avait l’appui des princes de Rascie [38] et de Zachlumie [39].
Au même moment, en Bulgarie, Pierre Deljan conduisait une autre révolte après que Michel IV eut exigé que les Bulgares qui, jusque-là, pouvaient payer leurs impôts en nature, le fissent en argent. Pierre Deljan prit alors la tête d’un mouvement visant à rétablir un Empire bulgare indépendant. Il fut proclamé tsar [40] à Belgrade [41] et put reprendre Skopje [42]. Michel IV commit alors l’erreur de renvoyer le doux [43] de Dyrrachium, Basile Synadus, qui marchait contre Deljan, l’accusant de trahison. Les troupes du doux, en grande partie composées de Bulgares, se révoltèrent contre cette décision et se joignirent aux forces de Deljan. Celui-ci put alors prendre Dyrrachium, envoyer des troupes à Thèbes [44] et marcher sur Thessalonique [45] où se trouvait l’empereur Michel IV qui dut s’enfuir pendant que son chambellan, Manuel Ivats, passait du côté des rebelles avec le trésor de guerre impérial. Également outré par la pression fiscale exercé par Jean l’Orphanotrophe, le thème de Nikopolis se révolta à son tour contre Michel.
C’est alors que l’empereur, que l’épilepsie avait laissé à moitié paralysé et qui souffrait de plus d’un gonflement des jambes où se propageait la gangrène, annonça à la grande surprise de ses conseillers qu’il prendrait lui-même la tête de l’armée contre les Bulgares. En 1041, l’armée impériale se dirigea vers Mosynopolis [46] où elle devait rencontrer l’armée bulgare conduite maintenant par Alousianos qui, après avoir aveuglé Pierre Deljan, avait pris la tête de la révolte. Toutefois, peu avant la bataille finale, Alousianos abandonna ses troupes pour se rendre aux Byzantins. Michel IV lui accorda l’asile politique, mais s’empara de l’infortuné Pierre Deljan avant de continuer à travers la Bulgarie jusqu’à Prileps [47], campement fortifié commandé par le voïvode [48] Manuel Ivats qui fut également capturé. L’empereur put ainsi retourner à Constantinople en triomphe, tel les anciens empereurs romains.
L’empereur avait toutefois abusé de ses forces et il devint évident pour la cour et en particulier pour Jean l’Orphanotrophe qu’il allait mourir. Désirant garder le contrôle du gouvernement, ce dernier convainquit Michel IV de demander à l’impératrice Zoé d’adopter son neveu, également prénommé Michel (futur Michel V) et de proclamer celui-ci césar.
Tourmenté par la façon dont il était parvenu au pouvoir, Michel IV depuis nombre d’années s’était tourné vers la religion, implorant Dieu de le guérir de son mal en allant en pèlerinage au sanctuaire de Saint-Dimitri à Thessalonique [49] et en construisant de nombreuses églises dont celles des saints Anargyres [50], dans la banlieue de la capitale. Multipliant les donations en faveur des moines, il fit également construire un hospice pour les prostituées de la capitale et accueillait dans son entourage les miséreux couverts de plaies.
Il devait s’éteindre le 10 décembre 1041 après avoir abdiqué la couronne pour revêtir la robe de moine au monastère des Saints-Come-et-Damien et avoir refusé de voir l’impératrice Zoé qui le suppliait de la recevoir une dernière fois. Il devait être inhumé dans l’église des Saints-Anargyres qu’il avait fait construire et son neveu fut couronné sous le nom de Michel V.
Notes
[1] La Paphlagonie est une ancienne région de l’Asie Mineure, sur la côte nord, entre la Bithynie et le Pont, bornée au sud par la Galatie, qui avait pour capitale Amastris (Amasra) et comme villes principales Gangra (Çankırı) et Sinope (Sinop). Selon Hérodote, la Paphlagonie est au 6ème siècle av jc sous la domination de Crésus, roi de Lydie. En 480 av jc, elle envoie un contingent, dirigé par un certain Dotos, fils de Mégasidrès à Xerxès 1er pour son invasion de la Grèce. Après Alexandre le Grand, la Paphlagonie devint un royaume, dont le dernier roi Pylémène II, légua à sa mort, en 121 av jc, son territoire au père de Mithridate VI. Ce pays devint dès lors un sujet de guerre entre les rois du Pont et ceux de Bithynie. Les Romains, vainqueurs de Mithridate, la réduisirent en province romaine, et la réunirent à la province du Pont en 63 av jc. Elle en fut séparée et fit partie sous Dioclétien du diocèse du Pont.
[2] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie
[3] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.
[4] Parmi les tribus slaves en expansion à partir du 4ème siècle de notre ère, on trouve les Serbes blancs ou aujourd’hui Sorabes qui migrèrent d’abord vers l’ouest à travers la Pologne et la Tchéquie actuelles. Leurs descendants vivent aujourd’hui en Lusace, à l’est de l’Allemagne, plus exactement entre l’Elbe et la Saale, dans ce qui était jadis la Grande-Moravie. Cette région, s’appelle la « Serbie blanche », le blanc symbolisant l’ouest chez les Slaves. Au 7ème siècle, à l’époque de l’Empereur byzantin Héraclius, la majeure partie des serbes blancs migra en plusieurs vagues entre 610-641 vers la région centrale des Balkans où ils assimilèrent les Valaques et les Illyriens locaux, donnant ainsi naissance au peuple Serbe. Plusieurs principautés serbes furent fondées au 9ème siècle mais se disloquèrent à la fin du 12ème siècle. Le processus de christianisation fut engagé par les moines Cyrille et Méthode, qui évangélisèrent tous les peuples slaves, y compris les Serbes, et qui inventèrent l’alphabet cyrillique à partir des lettres grecques. Les premiers prénoms chrétiens, comme Stefan ou Petar firent alors leur apparition. La dynastie des Nemanjić, ou Némanides, qui régna sur la Serbie de 1170 à 1371 transforma l’État indépendant de Rascie (Raška) en un vaste empire.
[5] Le Premier Empire bulgare désigne un État médiéval chrétien et multiethnique qui succéda au 9ème siècle, à la suite de la conversion au christianisme du Khan Boris, au Khanat bulgare du Danube, fondé dans le bassin du bas Danube. Le Premier Empire bulgare disparut en 1018, son territoire au sud du Danube étant réintégré dans l’Empire byzantin. À son apogée, il s’étendait de l’actuelle Budapest à la mer Noire, et du Dniepr à l’Adriatique. Après sa disparition, un Second Empire bulgare renaquit en 1187.
[6] L’Empire byzantin ou Empire romain d’Orient désigne l’État apparu vers le 4ème siècle dans la partie orientale de l’Empire romain, au moment où celui-ci se divise progressivement en deux. L’Empire byzantin se caractérise par sa longévité. Il puise ses origines dans la fondation même de Rome, et la datation de ses débuts change selon les critères choisis par chaque historien. La fondation de Constantinople, sa capitale, par Constantin 1er en 330, autant que la division d’un Empire romain de plus en plus difficile à gouverner et qui devient définitive en 395, sont parfois citées. Quoi qu’il en soit, plus dynamique qu’un monde romain occidental brisé par les invasions barbares, l’Empire d’Orient s’affirme progressivement comme une construction politique originale. Indubitablement romain, cet Empire est aussi chrétien et de langue principalement grecque. À la frontière entre l’Orient et l’Occident, mêlant des éléments provenant directement de l’Antiquité avec des aspects innovants dans un Moyen Âge parfois décrit comme grec, il devient le siège d’une culture originale qui déborde bien au-delà de ses frontières, lesquelles sont constamment assaillies par des peuples nouveaux. Tenant d’un universalisme romain, il parvient à s’étendre sous Justinien (empereur de 527 à 565), retrouvant une partie des antiques frontières impériales, avant de connaître une profonde rétractation. C’est à partir du 7ème siècle que de profonds bouleversements frappent l’Empire byzantin. Contraint de s’adapter à un monde nouveau dans lequel son autorité universelle est contestée, il rénove ses structures et parvient, au terme d’une crise iconoclaste, à connaître une nouvelle vague d’expansion qui atteint son apogée sous Basile II (qui règne de 976 à 1025). Les guerres civiles autant que l’apparition de nouvelles menaces forcent l’Empire à se transformer à nouveau sous l’impulsion des Comnènes avant d’être disloqué par la quatrième croisade lorsque les croisés s’emparent de Constantinople en 1204. S’il renaît en 1261, c’est sous une forme affaiblie qui ne peut résister aux envahisseurs ottomans et à la concurrence économique des républiques italiennes (Gênes et Venise). La chute de Constantinople en 1453 marque sa fin.
[7] Parakimomène était un titre porté par un haut dignitaire du palais des empereurs byzantins. Il était conféré par édit impérial, c’est-à-dire que le titulaire était révocable au gré du souverain. C’était l’une des 10 charges palatiales par édit, et la plus haute, qui étaient tout spécialement réservées aux eunuques. C’était un responsable chargé tout particulièrement d’assurer la protection du souverain pendant la nuit (portant d’ailleurs une arme), et en qui celui-ci devait avoir toute confiance. À partir du 9ème siècle, plusieurs titulaires de cette charge jouèrent un rôle politique de premier plan.
[8] L’Orphelinat de Constantinople est une institution impériale byzantine, un établissement unique en son genre dans la documentation conservée. Son administrateur s’appelait l’« orphanotrophe ». Ces mots composés viennent du nom ὀρφανός, « orphelin », et du verbe τρέφειν, « entretenir, élever, nourrir ».
[9] Dans l’Empire byzantin, l’éparque est la dignité attribuée au préfet de Constantinople. Pendant le Bas Empire romain, l’éparque est le gouverneur d’une province.
[10] La dynastie macédonienne régna pendant presque deux siècles à Constantinople, soit de 867 à 1057. Elle doit son nom à son fondateur, Basile 1er qui naquit dans le thème byzantin de Macédoine (district administratif correspondant à la région d’Andrinople en Thrace). Elle a compté plus de 20 souverains, certains accédant au trône soit par usurpation, soit par mariage.
[12] Les Balkans sont une des trois « péninsules » de l’Europe du Sud, mais cette appellation traditionnelle est parfois contestée en l’absence d’un isthme : les géographes préfèrent le terme de « région ». Elle est bordée par des mers sur trois côtés : la mer Adriatique et la mer Ionienne à l’ouest, la mer Égée au sud et la mer de Marmara et la mer Noire à l’est. Au nord, on la délimite généralement par les cours du Danube, de la Save et de la Kupa. Cette région couvre une aire totale de plus de 550 000 km²
[13] L’Anatolie ou Asie Mineure est la péninsule située à l’extrémité occidentale de l’Asie. Dans le sens géographique strict, elle regroupe les terres situées à l’ouest d’une ligne Çoruh-Oronte, entre la Méditerranée, la mer de Marmara et la mer Noire, mais aujourd’hui elle désigne couramment toute la partie asiatique de la Turquie
[14] La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu’au Liban, les conditions d’une future indépendance politique.
[15] L’Arménie byzantine est le nom donné aux territoires de l’Arménie sous contrôle byzantin. D’abord organisé en provinces puis en thèmes, ce territoire a été par deux fois sous contrôle impérial avec une période intermédiaire de domination arabe commençant au milieu du 7ème siècle et se terminant au 9ème siècle. Traditionnellement située à l’extrémité est de l’Anatolie et à la frontière entre les mondes arabe et perse, l’Arménie byzantine est une zone tampon importante entre l’Islam et la chrétienté. La pression militaire exercée par les Byzantins, les Arabes et les Perses sassanides a souvent menacé la stabilité de la région, ce qui n’a pas empêché ce peuple de conserver sa langue, sa culture et sa religion unique. Géographiquement, la région est située au sud du Caucase, comprise entre le lac de Van et le lac Sevan. S’étendant de la mer Caspienne jusqu’à la Cappadoce. Cette même région est caractérisée par des plateaux montagneux, ce qui a pu contribuer au développement d’un pouvoir décentralisé. l’Arménie byzantine disparaît après la bataille de Manzikert en 1071, date de la perte de contrôle de ces territoires par les Byzantins.
[16] Alep est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman
[17] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.
[18] Le thème de Nicopolis est le nom de la province byzantine recouvrant la Grèce occidentale et englobant l’Étolie-Acarnanie ainsi que le sud de l’Épire.
[19] Le titre de patriarche de Constantinople est porté par le primat de la première juridiction autocéphale de l’Église orthodoxe qu’est le patriarcat œcuménique de Constantinople. Le titre de « patriarche » est traditionnellement porté par l’archevêché orthodoxe de Constantinople (actuelle ville d’Istanbul). Rome a joué pendant 1000 ans le rôle de primus inter pares (premier parmi les pairs) ; après son détachement de la Communion orthodoxe, c’est Constantinople qui a hérité de cet honneur, le nombre ordinal « premier » n’impliquant ici aucune distinction qualitative. Parmi les autres primats des Églises autocéphales formant l’Église orthodoxe, le patriarche de Constantinople n’exerce qu’une primauté de préséance ; la notion de « chef » de l’Église orthodoxe pour le patriarche de Constantinople est un abus de langage, puisque la doctrine orthodoxe stipule que « le Christ est le seul chef suprême de l’Église qui est son Corps », conformément aux textes des apôtres ; de même, le patriarche de Constantinople est souvent considéré à tort comme le chef spirituel des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde.
[20] gouverneur
[21] Hebenou est le nom égyptien de la capitale du 16ème nome de Haute-Égypte, dont le nom grec est Théodosiopolis. La ville n’a pas encore été localisée avec certitude, mais on la situe généralement à Minièh ou à Kôm ek-Ahmar au nord de Tell el-Amarna à environ 270 kilomètres au sud du Caire. L’emblème de ce nome (et peut-être de la ville) est un oryx ou une gazelle blanche (Ma-hedj ou Méhet), qui est un animal lié au dieu du désordre, Seth. C’est en ce lieu que Horus (incarné par Pharaon) rejouait la bataille mythique où il terrasse Seth (incarné par l’oryx). Il est probable qu’en ce lieu, Pharaon (ou l’un de ses représentants) prenait part à une chasse rituelle et que l’oryx sacrifié était offert au temple de la version locale d’Horus, connu sous le nom d’Horus de Hebenou.
[22] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.
[23] Myre est une ville antique de Lycie, au Sud-Ouest de l’Anatolie, sur le fleuve Myros. Elle s’appelle en latin et en anglais Myra. Il semble que ce nom soit lycie. Le site de Myre se situe aujourd’hui à Demre. Outre le tourisme, la principale activité économique repose sur la production de fruits et légumes des environs (citrons, grenades et cultures sous serres).
[24] Les Petchénègues ou Petchenègues sont un peuple nomade d’origine turque qui apparaissent à la frontière sud-est de l’empire khazar au 8ème siècle. Ils s’installent au 10ème siècle au nord de la mer Caspienne. Selon la légende, ils constituent la tribu Peçenek des Oghouzes, issue de Dağ Han (« prince montagne »).
[25] L’histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d’Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l’une des premières nations à avoir adopté le christianisme comme religion officielle, au début du 4ème siècle : elle a rejoint l’orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connut son apogée à la fin du 12 et au début du 13ème siècle. Confrontée tour à tour aux Romains, aux Perses, aux Mongols, aux Byzantins, et aux Ottomans, la Géorgie est annexée au début du 19ème siècle par la Russie impériale sous Paul 1er, mais retrouve son indépendance de 1918 à
[26] Édesse était la capitale de l’Osroène, un petit État d’abord indépendant de 132 av. jc à 216 ap. jc, devenu province romaine en 214, puis incorporé au diocèse d’Orient. Vers 204, Abgar IX se convertit au christianisme. C’est, dans l’histoire du christianisme, le premier roi chrétien. À la suite de cette conversion, le christianisme syriaque se développa autour d’Édesse et de nombreux monastères furent construits, en particulier celui de la colline, le Torâ d-Ourhoï. En 216, l’empereur Romain Caracalla s’empara définitivement du petit royaume, qui devint une province romaine. En 262, le roi des Perses sassanides Chahpuhr Ier occupa brièvement Édesse puis l’abandonna du fait de l’arrivée du roi de Palmyre Odenath II venu défendre la ville. Celui-ci, allié de l’empereur romain Gallien, avait en charge la défense de ses territoires en Orient. À partir de 250, Édesse, où le christianisme avait bien progressé, accueillit les chrétiens chaldéens, chassés de Perse par les Sassanides.
[27] Antioche, ou Antioche-sur-l’Oronte (en grec ancien : Ἀντιόχεια ἡ ἐπὶ Ὀρόντου / Antiókheia hē epì Oróntou ; en latin : Antiochia ad Orontem) afin de la distinguer des autres Antioche plus récentes, est une ville historique originellement fondée sur la rive gauche de l’Oronte dans la Syrie historique et qu’occupe la ville moderne d’Antakya, en Turquie. C’était l’une des villes d’arrivée de la route de la soie.
[28] Le lac de Van ou lac Van est le plus grand lac de Turquie et le deuxième plus grand lac d’Asie de l’Ouest (après le lac d’Ourmia). Il est situé dans le sud du haut-plateau arménien dans l’est de la Turquie. Il s’agit d’un lac salé endoréique.
[29] Alep est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d’Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l’Empire ottoman
[30] Les Fatimides (également appelés Obeydides ou Banu Ubayd depuis le manifeste de Bagdad ont formé une dynastie califale arabe chiite ismaélienne d’ascendance alide qui régna, depuis l’Ifriqiya (entre 909 et 969) puis depuis l’Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l’Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient. Issus de la branche religieuse chiite des ismaéliens pour laquelle le calife doit être choisi parmi les descendants d’Ali, cousin et gendre du prophète de l’islam Mahomet, les Fatimides considèrent les Abbassides sunnites comme des usurpateurs de ce titre. L’établissement de leur califat débute au Maghreb, grâce à l’appui des Berbères Kutama, grande tribu qui était établie à l’est de l’actuelle Algérie qui vont renverser le pouvoir local aghlabide. Après un intermède en Ifriqiya, ils finiront par s’établir dans la ville du Caire qui pendant leur règne prendra un essor considérable.
[31] En 637, le général arabe Khalid ibn al-Walid conquit la Syrie face aux Byzantins. D’abord partie intégrante du califat omeyyade, puis abbasside, la ville d’Alep est confiée à partir du 10ème siècle à des émirs qui se la transmettent héréditairement.
[32] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. Avec une superficie de 25 708 km², c’est la région la plus étendue de l’Italie et son territoire est constitué de neuf anciennes provinces à leur tour partagées en 390 municipalités. Elle est également la seule région italienne à compter 2 des 10 villes les plus peuplées du pays : Palerme et Catane. Son chef-lieu est Palerme.
[33] Messine est une ville italienne, chef-lieu de la province de même nom en Sicile. Messine est située à l’extrémité nord-est de la Sicile, sur la rive occidentale du détroit de Messine qui sépare la péninsule italienne (la pointe de Calabre) de la Sicile. La ville de Reggio di Calabria est située de l’autre côté du bras de mer.
[34] Syracuse fut fondée au 8ème siècle av. jc par des colons grecs venant de Corinthe. Elle est aujourd’hui la principale ville de la province de Syracuse. Cicéron la présenta comme la plus grande et la plus belle des villes grecques.
[35] Bari est une ville italienne, chef-lieu de la ville métropolitaine de Bari et de la région de Pouilles, sur la côte adriatique. Bari est connu pour être la ville où se trouvent les reliques de saint Nicolas. Ce privilège a fait de Bari et de la basilique de Bari l’un des centres importants de l’Église orthodoxe en Occident. Bari a une forte tradition marchande et est depuis toujours un centre névralgique du commerce et des échanges politico-culturels avec l’Europe et le Moyen-Orient. Son port est actuellement le plus grand port de passagers de la mer Adriatique.
[36] La Dioclée était un État médiéval Ilyrie méridional situé sur des terres incluant les territoires de la rivière Zeta, du lac de Skadar et des bouches de Kotor. Il était frontalier avec la Travonie à Kotor. La Dioclée fut, d’abord, une partie semi-indépendante de la Grande Principauté (Zhupanate) de Rascie, qui fut un vassal de l’Empire byzantin et plus tard directement mis sous la suzeraineté byzantine jusqu’à ce qu’elle gagne son indépendance au milieu du 11ème siècle, gouvernée par la Maison des Vojislavljević. La Dioclée ne désignait à l’origine que la ville de Doclea, fondée au début du 1er siècle et nommée d’après les Docleata, l’ancienne tribu illyrienne. Son nom a évolué à Diocleia par croisement avec le nom Dioclétien, empereur originaire de cette ville. En 297, Doclea, située près de l’actuelle Podgorica (anc. Birziminium), devint la capitale de la Prévalitaine romaine, puis de la Dioclée slave. Ensuite, la capitale de l’État se déplaça à Shkodër jusqu’à la fin du Moyen Âge. La capitale royale de Dioclée était Ston, ville en Croatie actuelle.
[37] Durrës est la deuxième plus grande ville d’Albanie après Tirana. Elle est le principal port du pays. Dans l’Antiquité, elle fut la capitale de la province d’Épire, sous les noms d’Épidamne ou Dyrrhachium. Au 9ème siècle, Dyrrachium devient la capitale d’un thème et plusieurs stratèges commandant ce thème sont connus par des sceaux. Le rôle stratégique de Dyrrachium perdure et la ville tient ainsi une place importante dans de nombreux épisodes militaires de l’Empire byzantin : lors des guerres de Basile II contre la Bulgarie, lors de la révolte de Deleanu, et comme siège des ducs Nicéphore Bryenne et Nicéphore Basilakios en révolte contre le pouvoir central à la fin du 11ème siècle. Pendant les siècles suivants, la possession de la ville fut disputée entre l’Empire byzantin, la Bulgarie, les Normands de Sicile commandés par Robert Guiscard y défirent l’empereur grec Alexis 1er Comnène en 1081
[38] La Rascie est l’une des plus importantes principautés serbes du Moyen Âge. Établie à la fin du 11ème siècle, c’est à partir de celle-ci qu’est constitué le royaume de Serbie puis l’Empire serbe, après l’arrivée au pouvoir des Nemanjić. Par la suite, le terme de Rascie reste utilisé pour désigner l’ancienne principauté aussi bien que la Serbie d’alors. Ainsi, au 14ème siècle, la principauté du knèze Lazar Hrebeljanović (Lazareva zemlja), est désignée par les Hongrois comme royaume de Rascie.
[39] La Zachlumie, Zahumlje ou Zachoulmie, connue également comme la Terre de Hum, Chelm et de Chelmia, fut une principauté serbe du sud médiévale située en Herzégovine (faisant partie de l’actuelle Bosnie-Herzégovine) plus précisément de l’Herzégovine, en Dalmatie du sud (faisant partie de l’actuelle république de Croatie).
[40] empereur
[41] Belgrade est la capitale et la plus grande ville de Serbie. Belgrade est l’une des plus anciennes cités d’Europe, avec une histoire qui s’étend sur plus de 7 000 ans. Selon les historiens, on évalue la destruction de la ville entre 28 et 33 fois, sa position stratégique en Europe étant son bonheur et son malheur
[42] Skopje est la capitale et la plus grande ville de la République de Macédoine. Après avoir été le lieu de diverses occupations préhistoriques, Skopje naît véritablement au 1er siècle avec la fondation d’une colonie romaine appelée « Scupi », qui est rattachée à l’Empire romain d’Orient en 395. La ville antique est détruite par un séisme en 518. Reconstruite quelques kilomètres plus loin et fortifiée, elle connaît de nombreuses invasions au cours des 10ème et 11ème siècles, entrant au 10ème siècle dans le Premier Empire Bulgare sous Siméon 1er de Bulgarie, pour revenir dans l’Empire Byzantin en 1018 après la défaite du dernier tsar bulgare Samuel par le Basileus Basile II et la disparition du Premier Empire Bulgare. La domination byzantine s’achève avec la conquête serbe en 1282, et Skopje devient brièvement la capitale de l’Empire serbe en 1346. L’État s’affaiblit toutefois rapidement et la ville est conquise par les Ottomans en 1392.
[43] le Duc
[44] Thèbes est une ville grecque de Béotie, siège d’un dème. Elle fut dans l’antiquité l’une des principales cités de Grèce, et était liée à de très nombreux mythes antiques.
[45] Thessalonique ou Salonique est une ville de Grèce, chef-lieu du district régional du même nom, située au fond du golfe Thermaïque. Aujourd’hui, elle est la capitale de la périphérie (région) de Macédoine centrale en Macédoine grecque mais aussi celle du diocèse décentralisé de Macédoine-Thrace.
[46] Mosynopolis, est une ancienne cité romaine puis byzantine située en Thrace (près de l’actuelle Komotiní). Jusqu’au 9ème siècle, elle est connue sous le nom de Maximianopolis ou Maximianopolis en Rhodopes.
[47] Prilep est une commune et une ville du centre-sud de la Macédoine du Nord. Prilep est surnommée « la ville sous les tours de Marko » à cause de la proximité des tours du roi Marc fils de Mournyav. C’est, avec Bitola, l’un des deux grands centres économiques du sud du pays. Prilep est surtout connue pour sa production de tabac. Son territoire est limitrophe de ceux des communes macédoniennes de Novaci, Mogila, Krivogaštani, Dolneni, Čaška et Kavadarci ainsi que de la Grèce.
[48] Voïvode est un terme d’origine slave, qui désigne au départ le commandant d’une région militaire. En Serbie, la région de Voïvodine porte son nom en souvenir de ce titre, porté par les différents princes serbes qui ont gouverné ce territoire. Malgré son origine slave, il est aussi utilisé en Roumanie, pays de langue romane, et en Hongrie, pays de langue finno-ougrienne
[49] La basilique Saint-Dimitri de Thessalonique est une église dédiée à saint Dimitri, patron de Thessalonique. Construite dans un style byzantin au 7ème siècle sur l’emplacement d’une première église datant du 4ème siècle, elle est l’une des plus grandes églises de Grèce et un des sanctuaires les plus importants de l’Église orthodoxe grecque.
[50] Le monastère du Cosmidion (est un établissement religieux chrétien de Constantinople durant le Moyen Âge. Il était consacré aux saints Côme et Damien, saints guérisseurs patrons de la médecine, aussi appelés Anargyres (« sans argent »). C’était un lieu de pèlerinage où l’on venait obtenir une guérison, et les bâtiments religieux étaient flanqués d’un hôpital.