Caelius Aurelianus ou Célius Aurélien
dimanche 1er février 2026, par lucien jallamion
Caelius Aurelianus ou Célius Aurélien (5ème siècle)
Médecin romain
Originaire de Sicca Veneria [1] en Afrique romaine [2]. Ses conceptions médicales étaient celles de la secte des Méthodiques [3].
Son œuvre constitue une source essentielle pour la connaissance de cette école de médecine antique. Il a notamment traduit en latin les ouvrages médicaux grecs de Soranos d’Éphèse qui était un contemporain de Galien. La part d’adaptation et d’originalité de Caelius dans cette traduction reste cependant discutée.
Caelius est plus qu’un simple traducteur : si ses textes et son style sont difficiles, il fournit une foule de renseignements sur les médecins méthodistes, leur technique et leur pratique, comme sur les théories et les philosophies médicales [4].
Son œuvre nous est essentiellement connue par les éditions qui en furent faites à l’époque de la Renaissance.
P.-S.
Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Françoise Gaide, « Les Maladies aiguës et les Maladies chroniques de Caelius Aurelianus comme histoire des mots. », dans Nommer la maladie. Recherches sur le lexique gréco-latin de la pathologie, centre Jean-Palerne, Saint-Étienne, 1998
Notes
[1] Sicca est une cité antique mentionnée par Polybe dans ses Histoires (guerre des Mercenaires) et par Salluste dans la Guerre de Jugurtha. La plupart des historiens la situent sur le site de l’actuelle ville du Kef, dans le nord de la Tunisie, qui s’appellera d’ailleurs plus tard Sicca Veneria et Colonia Iulia Veneria Cirta Nova. Pour d’autres chercheurs, le site de Sicca serait toujours inconnu puisque la ville du Kef occuperait le site de Cirta, la capitale de la Numidie. Cette controverse est connue sous le nom de problème de Cirta
[2] L’Afrique ou Afrique proconsulaire, est une ancienne province romaine qui correspond à l’actuelle Nord et sud Est Tunisien, plus une partie de l’Algérie et de la Libye actuelle. La province d’Afrique est créée en 146 av. jc, après la destruction de Carthage, au terme de la 3ème guerre punique ; ayant Utique pour capitale, elle est séparée du royaume de Numidie par une ligne de démarcation, la fossa regia. En 46 av. jc, Rome annexe la Numidie avec le nom de « nouvelle province d’Afrique » (Africa Nova) pour la distinguer de la première (Africa Vetus). Vers 40-39 av. jc, les deux provinces sont réunies dans la province dite d’Afrique proconsulaire ; ayant Carthage pour capitale, elle s’étend, d’ouest en est, de l’embouchure de l’Ampsaga (auj. l’Oued-el-Kebir, en Algérie) au promontoire de l’Autel des frères Philènes (auj. Ras el-Ali, en Libye). En 303, celle-ci est divisée par Dioclétien en trois provinces : la Tripolitaine, la Byzacène et l’Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.
[3] L’école méthodique fut une école médicale de la Rome Antique, souvent qualifiée de secte méthodiste ou méthodique, qui mettait l’accent sur l’observation des malades, à la recherche de points communs permettant de classer les maladies, et par là d’instaurer un même traitement pour un même groupe de maladies ; plutôt que sur les cas individuels et les particularités de chaque patient. Ce méthodisme médical apparaît vers le 2ème siècle av. jc et se termine dans l’Antiquité tardive. Un méthodisme ou néo-méthodisme médical réapparaît à la Renaissance pour prendre fin au début du 19ème siècle.
[4] rapport entre philosophie et rhétorique en médecine, théories de la perception, du rêve et de la mémoire