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Gaius Helvidius Priscus (philosophe stoïque)

mercredi 21 janvier 2026, par lucien jallamion

Gaius Helvidius Priscus (philosophe stoïque)

Philosophe stoïcien et homme d’État

 L'empire romain au début de notre èreIl vécut pendant les règnes de Néron, Galba, Othon, Vitellius et Vespasien.

Fils d’un Gaius Helvidius, centurion [1] primipile [2] originaire de Cluviae [3], dans le Samnium [4].

Il s’est marié avec Fannia, fille de Publius Clodius Thrasea Paetus et d’Arria la Jeune. Ils sont les parents de Gaius Helvidius Priscus.

Il est légat “quaestoricum” et légat [5] en Syrie [6] en 51, questeur [7] d’Achaïe [8] sous Néron, probablement de 54 à 56, tribun de la plèbe [9] en 56. Philosophe stoïque [10] pro-républicain, il est contraint à l’exil par Néron en 66.

Il revient à Rome après la destitution de ce dernier et son suicide en juin 68. Quand Galba fut mis à mort par les soldats révoltés, Helvidius Priscus obtient d’Othon la permission de faire ensevelir honorablement le corps du vieil empereur à qui il devait son rappel à Rome. Sous Vitellius en 69 il est préteur [11]. Mais il intervient fort librement face à l’empereur Vespasien à qui il ne donne jamais aucun de ses titres.

Au retour de la province de Syrie en 70, Helvidius fut le seul à saluer de son simple cognonem d’homme privé en l’appelant Vespasien.

Il ordonne donc d’abord son exil, puis son exécution, qui a dû avoir probablement lieu en 73.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l’époque impériale, Linacre College, Oxford University, coll. « Prosopographica & Genealogica », 2000, 597 p. (ISBN 1-900934-02-7)

Notes

[1] Le centurion était un des degrés de la chaîne de commandement de l’armée romaine. Il s’agit d’un officier qui peut (mais pas forcément) commander une centurie dans la légion romaine. Il y en avait 60 dans chaque légion. Celui de la 1re centurie, qui était le premier après les tribuns, s’appelait le centurion primipile. Le symbole de la dignité des centurions était un cep de vigne.

[2] Le centurion primipile ou primus pilus ("1er manipule") était le grade du centurion commandant la première cohorte d’une légion.

[3] Cluviae est un site archéologique situé dans les Abruzzes, en Italie. Il se trouve dans le district de la commune des Abruzzes de Casoli, dans la province de Chieti, près du hameau de Piano Laroma

[4] Le Samnium était une région du sud des Apennins en Italie que contrôlaient les Samnites, un groupe de tribus sabelliennes de 600 à 290 av.jc. Le Samnium était délimité par le Latium au nord, la Lucanie au sud, la Campanie à l’ouest et l’Apulie à l’est. Les principales cités de la région étaient Bovaiamom (renommée Bovianum Undecumanorum par les latins et Bojano aujourd’hui), Malventum rebaptisée Beneventum, Benevento aujourd’hui). La capitale de la fédération samnite était Bovaiamom, excepté sur une courte période entre le 4ème siècle av. jc et le 3ème siècle av jc , où elle était située à Aquilonia détruite par les Romains en 293av.jc.

[5] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[6] La Syrie est l’une des provinces les plus importantes de l’Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l’Euphrate, elle constitue un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d’entre eux. La Syrie est conquise par Pompée en 64 av. jc. En 63 av. jc, après avoir vaincu le roi Mithridate VI, il transforme le royaume de Syrie en province romaine, mettant ainsi fin à la dynastie séleucide. L’acquisition du territoire n’est cependant pas sa mission originelle. Le gouvernement de cette riche région constitue rapidement un enjeu majeur à Rome. Crassus, qui l’a obtenu, y trouve la mort en tentant une expédition militaire contre les Parthes en 53 av. jc, à Carrhes. Sous Auguste, la province est placée sous l’autorité d’un légat d’Auguste propréteur de rang consulaire, résidant à Antioche, la capitale. Les frontières de la province connaissent à plusieurs reprises des modifications. Le royaume de Judée, devenu province de Judée, est renommé Syrie-Palestine durant le règne de l’empereur Hadrien, mais n’appartient pas à la province de Syrie proprement dite. Les frontières varient aussi avec l’Arabie nabatéenne. La Syrie englobe l’Iturée et le territoire de Palmyre. Si les conquêtes de Trajan sont éphémères, la frontière sur l’Euphrate est durablement déplacée jusqu’à Doura Europos, lors de la guerre parthique de Lucius Verus, entre 161 et 166. À partir de la seconde moitié du 2ème siècle, le sénat romain comprend un nombre important de Syriens, comme Claudius Pompeianus ou Avidius Cassius sous Marc Aurèle. Dans la première moitié du 3ème siècle, des Syriens accèdent au pouvoir impérial, avec la dynastie des Sévères.

[7] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[8] L’Achaïe est une ancienne région de la Grèce antique, située au nord-ouest de la péninsule du Péloponnèse. Cette région s’étend sur plus de 6000 km², depuis le cap Avgo à l’est jusqu’au cap Araxos à l’ouest, du golfe de Corinthe jusqu’à la frontière avec Élis et l’Arcadie d’une part, et Sicyone d’autre part. L’Achaïe était organisée en villages, parfois protégés par des enceintes comme Araxos. Les villages se regroupèrent pour former des villes. Ainsi, selon la tradition, Patras fut formée par la réunion de sept villages. Le mouvement de concentration aboutit, au 5ème siècle av. jc, à la création de la Ligue achéenne, rassemblant 12 cités, sur une base sans doute plus religieuse que politique. Elle fut dissoute par les Macédoniens Démétrios 1er Poliorcète et Cassandre.

[9] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[10] Le stoïcisme est un courant philosophique occidental issu de l’école du Portique fondée en 301 av.jc à Athènes, par Zénon de Cition. Le stoïcisme a par la suite traversé les siècles, subi des transformations notamment avec Chrysippe de Soles en Grèce et à Rome avec Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle, puis exercé diverses influences, allant de la période classique en Europe en particulier au 17ème siècle, chez René Descartes jusqu’à nos jours. Un des points qui distingue le stoïcisme des autres courants philosophiques issus de l’époque hellénistique est sa psychologie qui est à la base des thérapies cognitivo-comportementales modernes

[11] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.