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L’histoire pour le plaisir

Chute de Massada

par Fabienne Manière

mercredi 21 janvier 2026, par lucien jallamion

2 mai 73 : Chute de Massada

Introduction :

Le 2 mai 73, la forteresse de Massada [1] tombe aux mains des légionnaires. C’en est fini de la première guerre juive [2], en réaction à l’occupation du pays par les Romains. Selon l’historien juif Flavius Josèphe, les derniers combattants de la forteresse se seraient suicidés pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi...


L’ultime résistance

Construite au 2ème siècle av. jc, au temps des Maccabées [3] ou Asmonéens [4], la forteresse de Massada surplombe de 400 mètres les rives sauvages de la mer Morte [5]. C’est le dernier îlot de résistance juive à l’occupation romaine.

Des membres de la secte extrémiste des zélotes [6] s’y réfugient après avoir fait régner la terreur dans le pays. Armés d’un poignard, ils avaient coutume d’assassiner leurs compatriotes suspectés de collaboration avec l’occupant ! On les avait surnommés pour cette raison sicaires, du latin sica, qui signifie poignard.

Au nombre d’un millier, avec leurs femmes et leurs enfants, sous la conduite d’un chef nommé Eleazar ben Jair, ces Zélotes ou sicaires vont résister pendant 3 ans aux Romains.

Ces derniers vont mettre un point d’honneur à s’emparer de cette forteresse en plein désert, bien qu’elle n’ait aucun intérêt stratégique pour eux... Le légat [7] deJudée Lucius Flavius Silva en organise méthodiquement le siège avec les 15 000 hommes de la Xème Légion Fretensis [8].

Pour éviter des assauts inutiles et meurtriers, il fait ériger par une armée d’esclaves une rampe artificielle depuis le pied du rocher. Sur cette rampe, il peut ainsi amener une tour d’assaut et un bélier au pied des murailles.

Le seul récit que l’on ait du siège nous vient de l’historien juif Flavius Josèphe, qui assiste le légat romain. Quand les assiégeants pénètrent dans la forteresse, ils doivent affronter l’incendie allumé par les Zélotes avant de découvrir les cadavres de ceux-ci. D’après l’historien, qui n’a pas lui-même vu l’intérieur de la forteresse, 10 des assiégés auraient tué les autres avant de se suicider eux-mêmes. Tous seraient morts à l’exception de 2 femmes et 5 enfants.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Fabienne Manière/ herodote.net /2 mai 73/evenement/730502/ Publié ou mis à jour le : 02/01/2023

Notes

[1] Le siège et la prise de Massada, forteresse surplombant la Mer morte, fut le dernier engagement de grande ampleur de l’armée romaine en Judée. Cette victoire romaine mit fin à une guerre sanglante qui avait duré huit ans ( de 66 à 74) malgré l’écrasante supériorité romaine et qui avait requise pas moins de cinq généraux successifs.

[2] La première guerre judéo-romaine, qui s’est déroulée entre 66 et 73., parfois appelée la Grande Révolte, fut la première des trois révoltes des juifs de la province de Judée contre l’Empire romain, telle que relatée principalement par Flavius Josèphe. Elle commença en 66, à la suite des tensions religieuses croissantes entre Grecs et Juifs. Elle s’acheva lorsque les légions romaines de Titus assiégèrent, pillèrent puis détruisirent Jérusalem et le temple d’Hérode en 70 (en 68 selon les sages du Talmud) puis les places fortes des Juifs (principalement Gamla en 67 et Massada en 73).

[3] Les Maccabées, Macabées, Machabées ou Macchabées sont une famille juive qui mena la résistance contre la politique d’hellénisation pratiquée par les Séleucides au I2ème siècle av. jc et soutenue par une partie des élites juives hellénisées. Ils fondèrent la dynastie des Hasmonéens.

[4] Les Hasmonéens sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de la révolte des Maccabées, que Mattathias un prêtre de la lignée sacerdotale de Yehoyarib lance en 168-167 av. jc et auxquels se joignent les hassidéens. Dans les livres qui n’ont été conservés que par la tradition chrétienne, cette dynastie est aussi appelée Maccabées. Mattathias meurt un an après le déclenchement de la révolte. Son fils Judas Maccabée, qui n’est pas l’aîné, lui succède. Après plusieurs batailles, il parvient à s’emparer de Jérusalem et rétablit le culte juif au Temple en décembre 164 av. jc. Le premier à régner avec le titre de Grand-prêtre est son successeur Jonathan.

[5] La mer Morte est un lac salé du Proche-Orient partagé entre Israël, la Jordanie et la Cisjordanie. D’une surface approximative de 810 km², il est alimenté par le Jourdain. Alors que la salinité moyenne de l’eau de mer oscille entre 2 et 4 %, celle de la mer Morte est d’approximativement 27,5 % (soit 275 grammes par litre). Aucun poisson ni aucune algue macroscopique ne peuvent subsister dans de telles conditions, ce qui lui vaut le nom de « mer morte ». Néanmoins des organismes microscopiques (plancton, bactéries halophiles et halobacteria, etc.) s’y développent normalement. Elle est identifiée au lac Asphaltite de l’Antiquité. Flavius Josèphe dans la Guerre des Juifs utilise cette dénomination

[6] Les Zélotes, sont les groupes qui combattent le pouvoir romain les armes à la main pendant la Première Guerre judéo romaine. Appelés aussi Galiléens, ils se révoltent initialement contre le recensement de Quirinius en 6 : le recensement viole d’une part un interdit biblique (seul Dieu est le comptable autorisé des âmes) mais d’autre part prépare l’institution de l’impôt « par tête ». En se radicalisant, ils finissent par s’attaquer aussi bien à leurs compatriotes jugés timorés ou soupçonnés de collaborer avec les Romains, qu’aux païens qui pensent-ils souillent la Terre promise par leur seule présence. Les Zélotes constituent un des courants actifs du judaïsme du premier siècle. Secte juive anti-romaine, ils sont les principaux instigateurs de la révolte contre Rome : ils se défendent contre Titus avec acharnement, pendant le siège et après la prise de Jérusalem, en 70. La répression romaine est sans appel : ceux qui sont faits prisonniers sont crucifiés. Beaucoup préfèrent mourir dans des suicides collectifs

[7] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[8] La Legio X Fretensis fut une légion de l’armée romaine créée en 41 ou 40 av. jc par Octave, héritier de Jules César, dans le cadre de la guerre civile qui l’opposait à Sextus Pompée. Après la bataille d’Actium, la légion fut envoyée en Macédoine avant d’être transférée dans la province romaine de Syrie pour mettre fin à la révolte des Juifs qui suivit la mort d’Hérode le Grand. Il est probable que la légion prit ensuite part à la campagne de Lucius Vitellius contre l’empire parthe en 37/38 ; il est certain toutefois qu’elle était sous les ordres de Corbulon, lorsque la guerre reprit avec les Parthes dans les années 60 au sujet de l’Arménie. Cette légion est surtout connue pour le rôle qu’elle joua dans la première guerre judéo-romaine. Après avoir conquis diverses villes de Galilée et de Judée elle participa, sous les ordres du commandant en chef Titus, au siège de Jérusalem où l’utilisation de ses machines de guerre sophistiquées pour l’époque s’avéra déterminante dans l’issue du conflit. Après la chute de Jérusalem, elle participa également au siège de Massada où, encore une fois, ses catapultes assurèrent la victoire des armées romaines. La légion devait demeurer plus d’un siècle et demi en Judée où elle avait comme tâche de maintenir la paix à Jérusalem alors que la construction par l’empereur Hadrien d’un temple dédié à Jupiter provoqua une révolte conduite par Simon bar Kokhba qui fit de lourdes pertes parmi les Romains et obligea à faire venir en renfort des troupes du Danube.