Les Xiongnu
Les Xiongnu sont une confédération de peuples nomades venue de l’actuelle Mongolie [1], nomadisant dans les steppes entre le lac Baïkal [2] et la Chine du Nord. Ils sont mentionnés par des sources chinoises pour la première fois vers 245 av. jc et disparaissent définitivement à la fin de la seconde moitié du 5ème siècle. Selon les sources chinoises, l’empire Xiongnu aurait été fondé par le Modu Chanyu connu sous le nom de Mete Khan, qui devient le premier chef suprême de cette confédération en 209 av. jc.
Après que leurs précédents rivaux, les Yuezhi [3], ont migré en Asie centrale au cours du 2ème siècle av. jc, les Xiongnu deviennent la puissance dominante dans les steppes du nord-est de l’Asie centrale [4], leur territoire étant centré sur la région qui sera connue plus tard sous le nom de Mongolie. Les Xiongnu sont alors également actifs dans les régions qui font aujourd’hui partie de la Sibérie [5], de la Mongolie-Intérieure [6], du Gansu [7] et du Xinjiang [8]. Leurs relations avec les dynasties chinoises, leurs voisins immédiats du sud-est, sont complexes, avec des périodes répétées de conflits et d’intrigues, alternant avec des échanges commerciaux, des versements de tribut et des mariages.
Pendant la période des Seize Royaumes [9], ils sont également connus comme étant l’un des Cinq Barbares qui prennent part à un soulèvement contre la domination chinoise connu sous le nom de Soulèvement des Cinq Barbares [10].
Un des premiers textes à faire référence aux Xiongnu est le Shiji [11], un livre rédigé par Sima Qian, un historien de la dynastie Han [12]. Dans ses écrits, Qian sépare de manière distincte le peuple Huaxia [13] sédentaire, vus comme étant les porteurs de la civilisation, et les nomades pastoraux [14], assimilés à une société non civilisée. Ce concept de séparation et d’opposition entre les Chinois et le reste du monde porte le nom de distinction Hua-Yi [15]. Les sources pré-Han classent souvent les Xiongnu comme étant un peuple Hu, qui est un terme générique pour qualifier tous les peuples nomades. Ce n’est que sous les Han que ce terme devient un ethnonyme désignant les Xiongnu.
Les dynasties et États de la Chine antique sont souvent en contact avec les Xianyun et les Xirong, 2 peuples nomades. Durant les siècles suivants, l’historiographie chinoise en vient à considérer que les Xiongnu descendent de l’un ou l’autre de ces peuples. Ces peuples nomades se sont régulièrement retrouvés en conflit avec les dynasties chinoises Shang [16] et surtout Zhou [17], qui les ont souvent conquis et asservis durant leurs périodes d’expansion. Pendant la période des Royaumes combattants [18], les armées des États de Qin [19], Zhao [20] et Yan [21] annexent plusieurs territoires habités par divers peuples Hu. C’est dans ce cadre qu’il est fait mention pour la première fois des Xiongnu dans les archives chinoises, lorsqu’en 318 av. jc ils participent à une coalition des États de Wei [22], Han [23] et Zhao contre Qin, puis en 245 av. jc, à l’occasion d’un affrontement contre le royaume de Zhao.
Le sinologue Edwin Pulleyblank soutenait que les Xiongnu faisaient partie d’un groupe Xirong appelé Yiqu, ayant vécu dans le Shanbei [24] où ils auraient été influencés par la Chine pendant des siècles, avant d’être chassés par la dynastie Qin. Ce qui est sûr, c’est que la campagne des Qin contre les Xiongnu étend le territoire des premiers aux dépens des seconds. En effet, à cette époque, les Xiongnu semblent être gouvernés par un homme que les Chinois appellent “Touman” . Ce nom propre étant apparenté au turco-mongol tümen [25], ce serait plutôt un titre militaire [26] interprété comme un nom propre par les Chinois de l’époque. Qin Shi Huang, qui vient juste de finir d’unifier la Chine, ne supporte pas que Touman lance des attaques régulières contre la Chine. Aussi, en 215av. jc, il envoie le général Meng Tian conquérir les terres des Xiongnu et chasser ces derniers de la région de la boucle de l’Ordos [27], ce qu’il accomplit un peu plus tard cette année-là. Après avoir subi une défaite catastrophique face à Meng Tian, Touman est contraint de s’enfuir loin sur le plateau mongol. Pour protéger ces terres nouvellement conquises, Qin Shi Huang fait construire la première grande muraille de Chine, en reliant ensemble des murailles érigées par les royaumes qu’il vient de conquérir, puis en les prolongeant plus loin vers l’Ouest. L’empire Qin est donc devenu une menace pour les Xiongnu, ce qui finit par conduire à la réorganisation des nombreuses tribus en une confédération.
En 209 av. jc, trois ans avant la fondation de la dynastie Han*, les Xiongnu sont réunis en une puissante confédération par un nouveau chanyu, le fils aîné et successeur de Touman : Modu qui accède au trône en assassinant son père. Il règne de 209 à 174 av. jc, en portant le titre chēnglí gūtú shànyú [28]. La puissance des Xiongnu s’accroit considérablement sous le règne de ce souverain, qui réorganise l’armée en introduisant une discipline stricte. Il crée aussi une cavalerie légère armée de puissants arcs composites. Son campement est alors situé au sud-est des monts Khangaï [29], au centre de la Mongolie. Cette nouvelle unité politique et cette réorganisation militaire transforment les Xiongnu en un puissant État, en permettant la formation d’armées plus importantes et en leur donnant la capacité d’exercer une meilleure coordination stratégique. Les Xiongnu adoptent de nombreuses techniques agricoles chinoises, telles que l’esclavage pour les travaux lourds, portent de la soie comme les Chinois et vivent dans des maisons de style chinois. La raison de la création de cette confédération n’est pas encore claire. Parmi les suggestions, on peut citer la nécessité d’un État plus fort pour faire face à la Chine unifiée par les Qin après la défaite de 215 av. jc, qui a privé les nomades de leurs pâturages sur le fleuve Jaune [30].
Après avoir unifié son peuple, le Modu Chanyu étend son empire de tous côtés. Au nord, il conquiert un certain nombre de peuples nomades, dont les Dingling du sud de la Sibérie. Il écrase les Donghu de l’est de la Mongolie et de la Mandchourie [31] ainsi que les Yuezhi en 176 av. jc. Il s’agit de Tokhariens [32], originaires de l’ouest de la province de Gansu et vivant dans le corridor du Hexi, qui ont fondé le premier empire connu de l’Asie centrale. Selon une histoire peut-être en partie légendaire, Modu avait été envoyé en otage chez eux sous le règne de Touman. La victoire de Modu pousse les Yuezhi à émigrer vers le Tian Shan [33], dans l’actuel Kirghizistan [34], et permet aux Xiongnu de contrôler 39 États de l’Asie centrale. La plupart d’entre eux sont situés sur la Route de la soie [35]. Les nomades sont alors les maîtres des territoires de l’Ouest. Enfin Modu réoccupe toutes les terres précédemment conquises par le général Meng Tian. Dès lors, les Xiongnu deviennent une menace pour la nouvelle dynastie Han, qui règne sur la Chine depuis la fin du chaos provoqué par la chute de la dynastie Qin.
Liu Bang, le fondateur de la dynastie Han, réagit à cette nouvelle menace en organisant une grande expédition militaire contre les nomades, mais en 200 av. jc, les Xiongnu parviennent à l’encercler et le vaincre lors de la bataille de Baideng [36] au Shanxi [37]. 2 ans plus tard, un traité de paix est signé avec la Chine : Les Xiongnu reconnaissent la souveraineté des Han sur tous les territoires au sud de la Grande Muraille [38], mais en échange les Chinois doivent donner une princesse en mariage au chanyu et fournir une grande quantité de soie, de produits artisanaux, de riz et d’or. C’est une sorte de tribut à payer pour avoir la paix.
Modu meurt en 174 av. jc et c’est son fils, Laoshang, qui lui succède et règne jusque vers 161 av jc.
Continuant la politique de son père, il remporte une victoire définitive contre les Yuezhi, les poussant à émigrer vers la Bactriane [39]. Le roi des Yuezhi est tué.
Les Xiongnu sont alors reconnus comme étant le plus puissant des peuples nomades qui bordent l’empire des Han et, pour un temps, c’est eux qui tiennent le haut du pavé face aux Chinois. Selon le Livre des Han [40], cité plus tard dans le Youyang zazu [41] de Duan Chengshi .
Après la mort de Modu, ses successeurs créent un système d’organisation politique dualiste, avec les Xiongnu divisés en branches de gauche et de droite, sur une base régionale. Le chanyu, ou shanyu, est le souverain des Xiongnu. D’un rang équivalent à l’empereur de Chine, il exerce une autorité directe sur le territoire central de la confédération.
Sous lui se trouvent les rois Tuqi [42] de gauche et de droite, celui de gauche étant normalement l’héritier présomptif du chanyu. Plus bas dans la hiérarchie se trouvent d’autres dirigeants, dont les postes vont également par paires de gauche et de droite : les guli, les commandants de l’armée, les grands gouverneurs, les dunghu et les gudu. Sous eux se trouvent les commandants de détachements de 1 000, de 100 et de 10 hommes. Cette nation de nomades, un peuple en marche, est organisée comme une armée.
Durant l’hiver 200 av. jc, à la suite du siège de Taiyuan [43] par les Xiongnu, l’empereur Han Gaozu mène personnellement une campagne militaire contre le Chanyu Modu. Lors de la bataille de Baideng, il est pris en embuscade par la cavalerie Xiongnu. Coupé de ses approvisionnements et de tous renforts pendant 7 jours, Gaozu n’échappe que de justesse à la capture.
C’est à la suite de cette défaite que le stratège Shenping suggère à l’empereur de mettre en place une politique d’alliance matrimoniale entre les 2 empires, avec les Han envoyant des princesses épouser les chefs xiongnu, ainsi que des cadeaux visant à soudoyer les Xiongnu afin qu’ils cessent d’attaquer la Chine. Sa proposition est adoptée et mise en œuvre avec l’envoi de Liu Jing à la cour du Chanyu en 198 av. jc., pour négocier un traité. Un accord de paix est finalement conclu entre les parties, qui comprend le mariage d’une princesse Han avec le Chanyu [44] ; des dons périodiques aux Xiongnu de soie, de boissons distillées et de riz par les Chinois ; un statut égal entre les deux États et la reconnaissance mutuelle de la Grande Muraille comme frontière entre les 2 empires.
Ce premier traité pose les bases des relations entre les Han et les Xiongnu pendant 60 ans. Jusqu’en 135 av. jc, le traité est renouvelé 9 fois, chaque fois avec une augmentation des "cadeaux" chinois à l’Empire Xiongnu. En 192 av. jc, Modun demande même la main de l’impératrice Lü Zhi, la veuve de l’empereur Han Gaozu. Son fils et successeur, l’énergique Jiyu, connu sous le nom de Chanyu Laoshang, poursuit la politique expansionniste de son père. Laoshang réussit à négocier avec l’empereurHan Wendi, et à des conditions très avantageuses pour les Xiongnu, le maintien d’un système de marchés à grande échelle soutenu par le gouvernement. C’est via ces marchés que les Xiongnu commercent avec les Chinois, d’où l’intérêt pour le Chanyu de les garder ouverts.
Si les Xiongnu tirent un grand profit de ces traités, du point de vue chinois ils sont coûteux, très humiliants et inefficaces. En effet, le Chanyu Laoshang montre à plusieurs reprises qu’il ne prend pas le traité de paix au sérieux. En une occasion, ses éclaireurs pénètrent jusqu’à un point proche de Chang’an [45], la capitale des Han. En 166 av. jc, il conduit personnellement 140 000 cavaliers pour envahir Anding [46], et avance jusqu’à la retraite impériale de Yong. En 158 av. jc, son successeur envoie 30 000 cavaliers pour attaquer Shangdang [47] et 30 000 autres à Yunzhong [48].
Les Xiongnu pratiquent également des alliances matrimoniales, en mariant des princesses Xiongnu avec des officiers et des fonctionnaires de la dynastie Han qui ont fait défection à leur profit. Ainsi, le général Zhao Xin, le marquis de Xi, un Xiongnu qui sert la dynastie Han, épouse la sœur aînée d’un Chanyu. Après sa reddition et sa défection, le général chinois Han Li Ling épouse la fille d’un autre Chanyu.Li Guangli, un général Chinois impliqué dans la guerre des chevaux célestes [49], épouse également la fille d’un Chanyu après avoir fait défection.
Cette pratique ne prend pas fin avec la chute de la confédération XIongnu et perdure encore durant plusieurs siècles. Ainsi, lorsque la dynastie Jin de l’Est [50] prend fin, les Xianbei [51] de la dynastie Wei du Nord [52] accueillent Sima Chuzhi, un prince chinois issu de la dynastie déchue, comme réfugié. Une princesse Xei du Nord épouse Sima Chuzhi, donnant naissance à Sima Jinlong. Ce dernier finit par épouser la fille de Juqu Mujian, le roi de la dynastie Xiongnu du Liang septentrional [53].
La dynastie Han commence à se préparer à la guerre contre les Xiongnu lorsque l’empereur Han Wudi envoie l’ambassadeur Zhang Qian explorer les mystérieux royaumes de l’ouest et former une alliance avec le peuple Yuezhi afin de combattre les Xiongnu. Comme il doit traverser le territoire des Xiongnu pour se rendre en Bactriane, où se trouvent les Yuezhi, il est capturé et reste 10 ans prisonnier à la cour du Chanyu. Pendant cette période, Zhang épouse une femme Xiongnu, qui lui donne un fils, et gagne la confiance du chef Xiongnu. Il finit par s’échapper et arriva chez les Yuezhi vers 128 av. jc, mais il échoue dans sa mission diplomatique. Sur le chemin du retour, il est de nouveau capturé, mais il ne reste prisonnier qu’un an, puis réussit à revenir en Chine.
Bien que Zhang Qian n’ait pas réussi à établir une alliance avec les Yuezhi, ses rapports sur l’Occident incitent encore plus Wudi à contrer la mainmise des Xiongnu sur les routes de l’Ouest situées hors de Chine. Dès lors, les Chinois se préparent à monter une attaque à grande échelle, en utilisant la branche nord de la route de la soie pour déplacer des hommes et du matériel.
Même si la Chine des Han prépare à un affrontement militaire, la rupture ne se produit qu’en 133 av.jc, à la suite de l’échec d’une embuscade tendue par les troupes chinoises au chanyu à Mayi [54]. À ce moment-là, l’empire Han est consolidé politiquement, militairement et économiquement, et est dirigé par une faction de la Cour favorable à la guerre. Cette année-là, l’empereur Wudi revient sur la décision qu’il avait prise l’année précédente de renouveler le traité de paix.
Une guerre totale éclate à l’automne 129 av. jc, lorsque 40 000 cavaliers chinois lancent une attaque surprise contre les Xiongnu sur les marchés frontaliers. La première défaite grave des Xiongnu survient en 127 av. jc, lorsque le général Wei Qing reprend les Ordos. En 121 av. jc, ils subissent un autre revers lorsque Huo Qubing, à la tête d’une troupe de cavalerie légère, part vers l’ouest de Longxi et, en 6 jours, se fraie un chemin à travers 5 royaumes Xiongnu. Hunye, 1 des 2 rois Tuqi, est forcé de se rendre avec 40 000 hommes. En 119 av. jc, Huo et Wei repartent tous deux au combat, chacun d’entre eux ayant sous ses ordres 50 000 cavaliers et 100 000 fantassins mobiles. Avançant sur des routes différentes, ils forcent le Chanyu et sa cour à fuir au nord du désert de Gobi [55]. Cependant, des difficultés logistiques majeures limitent la durée et la poursuite à long terme de ces campagnes. Selon l’analyse de Yan You, les difficultés sont doubles. Tout d’abord, il y a le problème de l’approvisionnement en nourriture sur de longues distances. Deuxièmement, le climat dans les terres nordiques des Xiongnu est difficile pour les soldats Han, qui ne peuvent jamais transporter suffisamment d’approvisionnement. Selon les rapports officiels de l’époque, les Xiongnu ont perdu 80 000 à 90 000 hommes lors des combats, et sur les 140 000 chevaux que les troupes Han ont amenés dans le désert, moins de 30 000 sont retournés en Chine.
En 104 et 102 av. jc, les Han livrent et gagnent la guerre des chevaux célestes contre le royaume de Dayuan [56]. Les Han récupèrent ainsi de nombreux chevaux de Ferghana [57] qui les aident dans leur combat contre les Xiongnu. À la suite de ces batailles, les Chinois contrôlent la région stratégique allant de l’Ordos et du corridor du Hexi, jusqu’au Lop Nor [58]. Ils réussissent à séparer les Xiongnu de leurs principaux alliés, les peuples Qiang du sud, et obtiennent également un accès direct aux régions occidentales, qu’ils contrôlent via un protectorat. À la suite de ces défaites, les Xiongnu sont trop affaiblis pour représenter une menace pour les Chinois de la dynastie Han. Pire, les peuples qu’ils avaient soumis du temps de leur puissance commencent à se rebeller. En 80 av. jc, les Wusun [59], un puissant peuple nomade du Tian Shan qui avait été soumis lors de la victoire de Modu sur les Yuezhi, font sécession. 2 autres peuples vassaux, les Dingling et les Wuhuan [60], se rebellent en 62 av. jc.
Notes
[1] La Mongolie est un pays d’Asie situé entre la Russie au nord et la Chine au sud. Sa capitale et plus grande ville est Oulan-Bator, la langue officielle est le mongol et la monnaie le tugrik. La Mongolie fut le centre de l’Empire mongol au 13ème siècle et fut ensuite gouvernée par la dynastie mandchoue Qing de la fin du 17ème siècle à 1911, date à laquelle l’indépendance de la Mongolie fut proclamée à la faveur de la chute de l’Empire chinois.
[2] Le lac Baïkal, aussi appelé la mer sacrée, est le plus profond lac du monde. Il se situe dans le sud de la Sibérie orientale, à cheval sur l’oblast d’Irkoutsk et la république de Bouriatie, deux sujets asiatiques de la fédération de Russie. C’est le lac de loin le plus profond du monde (1,7 km de profondeur), et son volume important (quasiment égal à celui de la mer Baltique) en fait la plus grande réserve d’eau douce liquide à la surface de la Terre. Il est aussi, par sa surface de 31 722 km2 (comparable à celle de la Belgique), le deuxième plus grand lac d’Eurasie après la mer Caspienne. Il est également le plus ancien du monde : 25 millions d’années.
[3] Durant l’Antiquité, à une date inconnue, les Yuezhi également parfois appelé en chinois Rouzhi, ont fondé le premier empire connu de l’Asie centrale. C’est un peuple indo-européen relevant du groupe des Tokhariens. Ce peuple vivait dans l’ouest de l’actuelle province chinoise du Gansu, où se trouve Dunhuang, ville dont le nom est probablement d’origine yuezhi. De mode de vie nomade, ils déplaçaient leurs troupeaux en été vers les pâturages des monts Qilian, qui bordent le Gansu au sud. Le nom de ces montagnes serait aussi d’origine yuezhi et signifierait « céleste ». Les Chinois de l’Antiquité, qui n’ont jamais dû les affronter, les connaissaient surtout comme étant des pourvoyeurs de chevaux, dont ils disposaient sûrement en grand nombre.
[4] L’Asie centrale est une sous-région du continent asiatique qui s’étend de la mer Caspienne à l’ouest à la Mongolie à l’est, et de la Russie au nord à l’Iran et l’Afghanistan au sud. Elle regroupe cinq anciennes républiques soviétiques : l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et le Turkménistan, ainsi que certaines parties de l’ouest et du nord de la Chine continentale.
[5] La Sibérie est une région d’Asie, située en Russie et s’étendant sur une surface de 13,1 millions de kilomètres carrés, très riche en ressources naturelles mais extrêmement peu densément peuplée. Située dans le Centre et l’Est de la fédération de Russie, elle s’étend de l’Oural à l’ouest jusqu’à l’océan Pacifique à l’est (Extrême-Orient russe) et de l’océan Arctique au nord jusqu’aux frontières du Kazakhstan au sud-ouest, à la Mongolie au sud et à la Chine au sud-est. Constituant la partie nord de l’Asie, la Sibérie représente 77 % de la surface de la Russie, mais seulement 27 % de sa population, et se caractérise par un climat froid et continental avec un paysage au relief modéré sillonné par des fleuves imposants. Habitée par des populations pastorales de langues ouraliennes, altaïques, paléosibériennes, elle a été progressivement colonisée par des civilisations turco-mongoles qui ont été supplantées par l’Empire russe à partir du 17ème siècle avec la conquête de la Sibérie.
[6] La région autonome de Mongolie-Intérieure ou simplement la Mongolie-Intérieure est une des cinq régions autonomes de la Chine avec le Guangxi, le Níngxià, le Tibet et le Xinjiang. La Mongolie-Intérieure est la partie méridionale de la Mongolie, région dans le Centre-Est de l’Asie. C’est une région qui est principalement désertique, couverte notamment par le désert de Gobi. La Mongolie-Intérieure est distincte de la Mongolie extérieure, qui était un terme utilisé par la république de Chine et les gouvernements précédents pour se référer à ce qui est maintenant l’État indépendant de Mongolie et les républiques russes de Touva et de Bouriatie. La Mongolie-Intérieure est limitrophe des provinces chinoises du Heilongjiang, du Jilin, du Liaoning, du Hebei, du Shanxi, du Shaanxi, de la Région autonome Hui du Níngxià et du Gansu, et a des frontières communes avec la Mongolie et la Russie. Vaste de 1,18 million de kilomètres carrés. Sa capitale est Hohhot
[7] Le Gansu est une province du nord-ouest de la République populaire de Chine. Longue province étroite, coincée entre le plateau de Mongolie au nord et les contreforts du plateau Tibétain au sud, épousant le tracé principal de l’ancienne route de la soie. La capitale, Lanzhou, est située dans le sud-est de la province.
[8] Le Xinjiang, ou Sin-kiang, officiellement la Région autonome ouïghoure du Xinjiang, est une des cinq régions autonomes de la République populaire de Chine. Situé à son extrême ouest, il s’étend sur 1 660 001 km² et occupe un sixième du territoire chinois. Cette région était également connue sous le nom de Dzoungarie, une région de ce que les Occidentaux dénommaient la Tartarie chinoise, puis vers la fin du 19ème siècle, sous le nom de Turkestan oriental.
[9] les Seize Royaumes, nommé par les Chinois seize pays/royaumes des Cinq barbares, étaient un ensemble de royaumes à la durée de vie très courte qui ont été fondés en Chine du Nord de 304 à 439, entre la retraite de la dynastie Jin vers le Sud et l’établissement de la dynastie des Wei du Nord, qui marque le passage dans la période des dynasties du Nord et du Sud (420-589). À l’origine, le terme vient de la compilation historique aujourd’hui perdue Shiliuguo Chunqiu (Annales des Printemps et des Automnes des Seize Royaumes), de Cui Hong, qui ne présentait que seize royaumes. Le terme a par la suite été élargi pour inclure l’ensemble des royaumes de Chine du Nord de l’époque 304-439, qui sont en fait une vingtaine. L’histoire de cette période est avant tout reconstituée par le Livre des Jin (Jin Shu), rédigée par les historiens officiels de la dynastie Tang au 7ème siècle, qui considèrent les royaumes de cette époque, vus comme « barbares », comme illégitimes, la seule dynastie légitime de l’époque à leurs yeux étant celle des Jin, alors représentée par les Jin de l’Est, qui dominent le Sud de la Chine. Pratiquement tous les dirigeants de ces royaumes, appelés tantôt « rois » tantôt « empereurs », appartenaient à des ethnies non-chinoises, « Barbares » (désignées globalement par le terme Wu Hu, « les cinq barbares ») par la tradition chinoise. Les Chinois han fondèrent les États du Liang occidental, du Liang postérieur et du Ran Wei. Les 2e et dernier empereurs du Yan septentrional étaient han. Cette période se situe à une époque où l’ancien empire Han s’étant fragmenté, on assiste à plus de 3 siècles de séparation entre la Chine du Nord et la Chine du Sud. Au cours de cette époque mouvementée, la période des Trois Royaumes (220-265 : 45 ans) est suivie de la dynastie des Jin occidentaux ou Jin antérieurs (265-316 : 51 ans, capitale Luoyang), de la dynastie des Jin orientaux en Chine du Sud (317-420 : 103 ans) et de l’époque des « Six Dynasties » (316-589) au Sud, tandis qu’au même moment en Chine du Nord la période des « Seize Royaumes » voit s’affronter ces seize royaumes de 304 à 439, soit 135 ans. Cette longue période de fragmentation se poursuit durant l’époque des « dynasties du Nord et du Sud » (420-589 : 169 ans). Elle s’achève avec la réunification entreprise sous les Sui et achevée sous les Tang. La période des Seize Royaumes est une ère très troublée, marquée par de nombreux conflits entre différents royaumes qui ne parviennent pas à subsister durablement : fondés par des généraux après une série de victoires, ils s’éteignent généralement après deux ou trois générations, quand un autre chef de guerre victorieux s’en empare. Les conséquences politiques et sociales de cet état de guerre continuel sont importantes : absence de structures administratives solides, importantes migrations de populations, notamment en direction du Sud, repli des communautés sur des habitats fortifiés, déclin des villes et de l’économie. La vie culturelle de la période est généralement considérée comme peu brillante en dehors de la présence de penseurs bouddhistes importants, mais elle est très mal connue car peu de textes de cette période sont parvenus jusqu’à nos jours. Les découvertes archéologiques et artistiques sont également limitées pour cette époque. Elle s’inscrit néanmoins dans une période cruciale de l’histoire de la Chine médiévale, durant laquelle s’amorce une hybridation entre Chinois et non-Chinois, qui triomphe surtout sous les Wei du Nord, unificateurs de la Chine du Nord durant la première moitié du 5ème siècle.
[10] Le Bouleversement des Cinq Barbares ou la Révolte des Cinq Barbares est une expression chinoise utilisée pour désigner une période chaotique de guerre de 304 à 316 durant la chute de la dynastie Jin occidentale. En chevauchant avec la guerre des Huit Princes, ces conflits, impliquant des groupes non Han vivant en Chine, finirent par chasser la cour impériale Jin du nord et du sud-ouest de la Chine. Les « Cinq Barbares » étaient les Xiongnu, Jie, Qiang, Di et Xianbei, dont beaucoup s’étaient réinstallés en Chine au cours des siècles précédents. Malgré le nom de la période, de nombreux Han chinois et autres peuples tribaux comme les Wuhuan étaient également impliqués, vacillant leur soutien entre les Jin et les régimes séparatistes. Des années de mauvaise administration et de guerres civiles entre les princes régnants laissèrent l’empire exposé à ses sujets mécontents et opportunistes. Les tensions ethniques dans la région de Guanzhong entre les Han et les tribus, principalement les Qiang et les Di, ont conduit à d’importantes révoltes qui ont entraîné un exode de réfugiés vers le sud-ouest de la Chine. Les tentatives pour les repousser à Guanzhong rencontrèrent de la résistance et aboutirent à la rébellion du réfugié Ba-Di, Li Te, en 301.
[11] les « Mémoires historiques de Sima Qian
[12] La dynastie Han régna sur la Chine de 206 av. jc à 220 apr. jc. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221 - 206 av. jc) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220 - 265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d’origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta 28 empereurs.
[13] chinois
[14] Xiongnu
[15] La distinction Hua-Yi est un concept de la Chine ancienne qui différencie une culture définie comme chinoise nommée hua ou huaxia ou xia, en opposition à une culture ou ethnie extérieure nommée yi. Bien que le yi soit souvent traduit par barbare, il peut se référer de manière générique à des autres, c’est-à-dire tout groupe perçu comme culturellement différent, non-chinois ou étranger.
[16] La dynastie Shang, (de 1767 à 1122 av.jc selon la chronologie traditionnelle, ou de 1570 à 1045 av.jc selon la sinologie moderne). Elle suit la dynastie Xia et précède celle de Zhou. Cette période correspond à l’âge du bronze en Chine et marque une transition entre l’histoire légendaire et les faits archéologiques. C’est en effet la première dynastie qui ait laissé des témoignages écrits et dont l’existence soit par conséquent prouvée. Ces témoignages ne proviennent toutefois que de ses derniers souverains, à partir de Wu Ding.
[17] La dynastie Zhou est selon l’historiographie traditionnelle la 3ème dynastie chinoise. Dirigée par des rois appartenant au clan Jī , elle prend le pouvoir au 11ème siècle av. jc (vers 1046 av. jc), faisant suite à la dynastie Shang, et reste en place jusqu’en 256 av. jc, date à laquelle s’achève le règne du dernier empereur des Zhou. Elle s’éteint en 256 av. jc puis son territoire est intégré au royaume de Qin en 249 av. jc. Cette longévité fait de la dynastie Zhou la plus longue de toutes celles qui se sont succédé ou concurrencées durant l’Histoire de la Chine.
[18] La période des Royaumes combattants, s’étend en Chine, du 5ème siècle av. jc à l’unification des royaumes chinois par la dynastie Qin en 221 av. jc. Ce nom lui est donné tardivement, par référence aux Stratagèmes des Royaumes combattants, ouvrage portant sur cette période. Elle correspond dans la chronologie dynastique à la fin de la période des Zhou orientaux (771-256 av. jc). Cette chronologie, qui repose sur l’historiographie traditionnelle, ne correspond pas nécessairement à la datation précise des évolutions sociales, politiques, économiques et culturelles : ce qui caractérise les Royaumes combattants date principalement du début du 4ème siècle av. jc.
[19] L’État de Qin ou Ts’in (vers 771 av. jc - 207 av. jc) apparaît au début de la dynastie des Zhou Orientaux, dans la vallée de la Wei (actuelle province du Shaanxi). État semi-barbare aux confins occidentaux de la Chine des Zhou, son influence s’accroît au cours de la période des Printemps et Automnes et surtout des Royaumes combattants, à la fin de laquelle le roi de Qin, ayant annexé ses 6 principaux rivaux (Qi, Chu, Han, Yan, Zhao, et Wei) fonde la dynastie Qin (221 av. jc-207 av. jc). La famille régnante du Qin portait le nom de Ying
[20] Le Zhao était l’un des 7 États qui composaient la Chine antique pendant la Période des Royaumes combattants. Initialement clan de grands feudataires de l’Hégémonie de Jin, le Zhao fut l’un des 3 États créés par la partition de celui-ci par les trois familles en 403 av. jc. D’abord de faible importance, le Zhao sut se développer jusqu’à devenir l’un des royaumes majeurs, avant d’être finalement détruit par le royaume de Qin. Son territoire s’étendait sur les provinces actuelles de la Mongolie-Intérieure, du Hebei, du Shanxi et du Shaanxi. Les frontières de cet État touchaient le pays des Xiongnu ainsi que les royaumes du Qin, du Wei et du Yan.
[21] Yan est un État de la Chine pendant la dynastie Zhou, les périodes des Printemps et des Automnes et des Royaumes combattants, c’est-à-dire du 11ème siècle av. jc à 222. Sa capitale est Liulihe puis Ji (Pékin). Elle est parfois supplantée par Xiadu, alors probablement la plus grande ville du monde avec 300 000 habitants au 4ème siècle av. jc. En raison de sa position la plus septentrionale par rapport aux autres États chinois de l’époque, le Yan subit de nombreuses invasions venues du nord. Les États du Qi, du Qin et du Zhao sont ses principaux ennemis, et le Zhao tente notamment de l’envahir à plusieurs reprises. Néanmoins, il survit durant la plus grande partie de la période des Royaumes combattants et était l’un des sept principaux États. En 227 av. jc, le prince Dan du Yan envoya un assassin nommé Jing Ke pour tuer le roi Shi Huangdi du Qin, sans succès.
[22] Également appelé État Liang à partir de 340 av. jc, l’État Wei (445 à 225 av. jc) était un État de la Chine pendant la période des Royaumes combattants. Initialement clan de grands feudataires de l’État de Jin, le Wei fut l’un des trois États créés par la partition de celui-ci par les Trois familles en 403 av. jc.
[23] Le Han était un État de la période des Royaumes combattants de la Chine (453/403 à 230 av. jc). Initialement clan de grands feudataires de l’État de Jin, l’État Han fut l’un des trois États créés par la partition de celui-ci par les Trois familles en 403 av. jc. Placé entre le puissant État du Qin et la plaine de Chine du Nord, qui constituait un objectif militaire de ce dernier, il fut l’objet de nombreuses opérations militaires de la part de son voisin. Bien que le Han ait tenté plusieurs réformes, notamment sous l’égide du philosophe légiste Shen Buhai, il ne parvint jamais à surpasser le Qin. De fait, il fut le premier État conquis par le Qin à la fin de la période des Royaumes combattants.
[24] Le Shanbei est une aire culturelle de Chine, située sur le plateau de Lœss. Son nom est par opposition à celle du sud de la province située en dehors du plateau. C’est une région paysanne, pratiquant l’agriculture en terrasses, et l’élevage de chèvres. Elle est classée en Chine dans les cultures du Xibei. C’est un important berceau de la civilisation chinoise, et on y trouve encore le mausolée de l’empereur Jaune, Huángdì líng, Huángdì.
[25] dix mille
[26] général d’une armée de 10 000 hommes
[27] Le plateau d’Ordos est un plateau situé en Mongolie-Intérieure, en république populaire de Chine, dont la limite Nord, d’Ouest en Est est délimitée par la boucle du fleuve Jaune située dans une partie de la région de Hetao et la frontière Sud par l’intersection de la Grande Muraille et du plateau de Lœss. Son nom provient du terme mongol ordo.
[28] ce titre peut être traduit par shanyu, fils du ciel
[29] Les monts Khangaï sont un massif montagneux de Mongolie, à 400 km environ à l’ouest d’Oulan-Bator. Ils s’étendent sur environ 500 km d’est en ouest et 300 km du nord au sud, et culminent au mont Otgontenger. Les rivières Orkhon, Selenga (par une de ses sources, l’Ider), Zavkhan, Orog, Ongi, Tchuluut, Tes et Böön Tsagaan en sont issues. À l’ouest et au sud, les monts Khangaï se rattachent au système de l’Altaï, et au nord, aux monts Saïan. À l’est et au sud-est, ils touchent au désert de Gobi.
[30] Le fleuve Jaune est le deuxième plus long fleuve de Chine après le Yangzi Jiang. Long de 5 464 kilomètres, il prend sa source dans le plateau tibétain et après avoir traversé les provinces de Gansu, Ningxia, Mongolie-Intérieure, Shaanxi, Shanxi, Henan et Shandong il se jette dans la mer de Bohai, dans la mer Jaune. Le bassin versant du fleuve d’une superficie de 752 443 km² est caractérisé par un climat en grande partie semi-aride qui explique le débit modéré du fleuve à son embouchure (2 571 m3/s). Le fleuve Jaune a joué un rôle crucial dans l’histoire de la Chine car la civilisation chinoise est née au confluent du fleuve et de son affluent le Wei He puis s’est développée le long de son cours.
[31] La Mandchourie est un vaste territoire au nord-est de l’Asie, dont la plus vaste extension couvre le Nord-Est de la Chine (environ 1 550 000 km²), et l’Est de la Russie sur l’océan Pacifique (environ 1 000 000 km²). La Mandchourie a été le berceau des peuples xianbei, khitan et jurchen. Ces derniers ont fondé plusieurs dynasties en Mandchourie comme dans d’autres régions de Chine. La Dynastie Jin (1115-1234) qui prit le pouvoir sur les Khitans, fut écrasée par les Mongols à l’époque de Gengis Khan. La plus récente et la plus célèbre fut, lors de la Dynastie des Jin postérieurs, leur prise de pouvoir sur l’ensemble de Chine au 17ème siècle (dynastie Qing, parfois Tsing), où ils furent rebaptisés Mandchous. Ils donnèrent leur nom à la région
[32] Les Tokhariens étaient un peuple indo-européen d’Asie centrale qui a habité le bassin du Tarim, c’est-à-dire l’actuelle région autonome du Xinjiang (Turkestan oriental), en Chine, et a disparu il y a environ un millénaire. Leur civilisation a été redécouverte par les Occidentaux il y a près d’un siècle, mais elle reste relativement méconnue.
[33] monts Célestes
[34] Le Kirghizistan, Kirghizstan ou Kirghizie, est un pays d’Asie centrale. Extrêmement montagneuse, peuplée à l’origine par des populations nomades. Sa capitale, qui est également sa plus grande ville, est Bichkek.
[35] La route de la soie est un réseau ancien de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe, reliant la ville de Chang’an (actuelle Xi’an) en Chine à la ville d’Antioche, en Syrie médiévale (aujourd’hui en Turquie). Elle tire son nom de la plus précieuse marchandise qui y transitait : la soie.
[36] La bataille de Baideng fut un conflit militaire entre la Chine Han et les Xiongnu en 200 av. jc. La dynastie Han a envahi le territoire des Xiongnu en 200 avant JC en tentant de les subjuguer. Cependant, les Xiongnu unirent leurs forces sous Modu Shanyu et encerclèrent l’empereur Han Gaozu à Baideng. Le siège n’a été levé qu’au bout de 7 jours lorsque la cour royale des Han, sur la suggestion de Chen Ping, a envoyé des espions pour soudoyer la femme de Modu.
[37] Le Shanxi est une province du nord-est de la Chine, dont le chef-lieu est Taiyuan. Elle est située à l’ouest de Taihangshan. Elle ne doit pas être confondue avec la province voisine au nom, homophone au ton près, de Shaanxi.
[38] La Grande Muraille est un ensemble de fortifications militaires chinoises construites, détruites et reconstruites en plusieurs fois et à plusieurs endroits entre le 3ème siècle av. jc et le 17ème siècle pour marquer et défendre la frontière nord de la Chine. C’est la structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Populairement, on désigne sous le nom de « Grande Muraille » la partie construite durant la dynastie Ming qui part de Shanhaiguan sur le territoire de la ville de Qinhuangdao dans la province du Hebei à l’Est pour arriver à Jiayuguan dans la province du Gansu à l’Ouest. Sa longueur varie selon les sources. Selon un rapport de 1990, la longueur totale des murs serait de 6 259,6 km.
[39] La Bactriane ou Bactrie est une région à cheval sur les États actuels d’Afghanistan, du Pakistan, de la Chine, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan et aussi un peu du Turkménistan, située entre les montagnes de l’Hindū-Kūsh et la rivière Amou-Daria. Elle était beaucoup plus grande autrefois. Elle avait pour bornes : au sud les Paropamisades et l’Inde ; au nord, la Sogdiane ; à l’est, la Scythie extra Imaum ; à l’ouest, l’Hyrcanie, et contenait, entre autres contrées, la Margiane, la Guriane, la Bubacène, le pays des Tochares et des Marucéens.
[40] Le Han shu ou Livre des Han est un livre classique d’histoire chinoise qui couvre l’histoire des Han occidentaux de 206 av. jc à 25 ap . jc. On l’appelle aussi parfois Livre des Han antérieurs pour le distinguer du Livre des Han postérieurs qui couvre l’histoire des Han orientaux (25-220). Cette histoire fut commencée par Ban Biao. À sa mort, Ban Gu le fils aîné de Ban Biao, a continué à travailler à l’ouvrage qui finit par atteindre cent volumes, incluant des sections sur le droit, les sciences, la géographie et la littérature. Sa soeur Ban Zhao termina le Livre en 111, 19 ans après l’emprisonnement de son frère. Elle rédigea aussi les volumes mineurs de chronologie (vol. 13-20) et d’astronomie (vol. 26).
[41] Variétés de Youyang
[42] Prince
[43] Taiyuan, jadis Jinyang et Bingzhou, est à la fois une ville-préfecture et la capitale de la province du Shanxi, dans le quart Nord-Est de la Chine. Importante région industrielle et commerciale, on y trouve aussi une des quatre bases spatiales chinoises, à 250 km de la ville.
[44] une pratique appelé heqin
[45] Autrefois nommé Hao ou Zongzhou, pendant la dynastie Zhou, elle fut la capitale de la Chine pour la période des Zhou occidentaux. Suite à la folie du roi Zhou Youwang, la ville fut incendiée et pillée par les barbares Rong. Xi’an est l’extrémité est de la route de la soie considérée comme ayant été « ouverte » par le général chinois Zhang Qian au 2ème siècle av. jc. C’était l’une des Quatre Grandes Capitales Anciennes car ce fut la capitale de la Dynastie Qin, des Han, alors connue sous le nom de Chang’an
[46] Le district de Anding est un district de la municipalité spéciale de Tainan. Le territoire est dans un premier temps connu sous le nom de Backloan, et était habité par la tribu des Tackalan, une branche des aborigènes Siraya. Lorsque les Han s’installent sur l’île de Taïwan, ils y établissent un port appelé Litoubiao sur les rives de la mer intérieure de Taijiang. Les quais de Taijiang deviennent ainsi une des étapes principales de la route commerciale maritime locale
[47] Le xian de Shanghang est un district administratif de la province du Fujian en Chine. Il est placé sous la juridiction de la ville-préfecture de Longyan. C’est dans ce district que s’est tenue en décembre 1929 la Conférence de Gutian qui a vu l’adoption de la résolution de Mao Zedong définissant les principes de base pour la construction du parti communiste et de l’armée
[48] La commanderie de Yunzhong était une commanderie historique de la Chine. Ses territoires se situaient entre la Grande Muraille et les monts Yin, et correspondent à une partie des préfectures actuelles de Hohhot, Baotou et Ulanqab en Mongolie intérieure. La commanderie a été créée sous le règne du roi Wuling de Zhao après une campagne victorieuse contre les peuples Linhu et Loufan. Après l’établissement de la dynastie Han, la commanderie devint la frontière entre les Han et les Xiongnu. Au début de la dynastie Han, la région a connu de fréquentes incursions Xiongnu. Cependant, à partir du règne de l’empereur Wu, elle devint une base importante d’opérations militaires dans les guerres contre les Xiongnu. En 127 av. jc, c’est depuis Yunzhong que le général Wei Qing mena une cavalerie forte de 40 000 hommes et conquit les régions modernes de Hetao et Ordos. En 2, la commanderie administrait 11 comtés
[49] La guerre des chevaux célestes ou la guerre Han-Dayuan est un conflit militaire qui s’est déroulé entre 104 et 102 av. jc entre la dynastie chinoise des Han et le royaume hellénisé connu des Chinois sous le nom de Dayuan, dans la vallée de Ferghana, à l’extrémité orientale de l’ancien Empire perse, maintenant la partie orientale de l’Ouzbékistan. Le résultat fut une victoire Han et une expansion temporaire de son hégémonie en Asie centrale. L’empereur Han Wudi avait été informé par le diplomate Zhang Qian que le Dayuan possédait des chevaux grands et puissants (chevaux célestes) qui pourraient l’aider à lutter contre les Xiongnu. Il envoya des ambassadeurs inspecter la région et acheter ces chevaux. Le Dayuan refusa l’accord, entraînant la mort de l’un des ambassadeurs Han, et confisqua l’or qui devait payer les chevaux
[50] La dynastie Jin de l’Est ou Jin orientaux est une dynastie chinoise qui domina la Chine du Sud entre 317 et 420. Elle constitue avec la dynastie Jin de l’Ouest (265-317) qui la précéda une séquence de deux dynasties successives portant le nom de Jin, que l’historiographie traditionnelle chinoise reconnaît parfois comme une seule dynastie Jin, fondées par des membres de la famille militaire des Sima. Cette dynastie fut fondée à la suite de l’effondrement de la dynastie Jin de l’Ouest (265-317) qui dominait toute la Chine, dont le centre de l’empire, situé en Chine du Nord à Luoyang, tomba aux mains de peuples non-Chinois qui se partagèrent le Nord durant la période des Seize Royaumes (317-439). Un prince issu du clan impérial de la dynastie Jin, les Sima, réussit à prendre le pouvoir dans le Sud, et avec l’aide d’aristocrates qui s’étaient réfugiés auprès de lui il parvint à maintenir son indépendance, inaugurant ainsi une longue période de séparation entre la Chine du Nord et la Chine du Sud, qui devait durer jusqu’à la réunification par la dynastie Sui en 589.
[51] Les Xianbei sont les repr&sentants d’une tribu proto-turco-mongole venue du haut Amour et établie en Mongolie actuelle au 2ème siècle. Leur chef Tanshihuai, qui règne de 156 à 181, leur donne l’hégémonie sur la Mongolie orientale au détriment des Xiongnu septentrionaux.
[52] Les Wei du Nord sont une dynastie des périodes des Seize Royaumes (316-439) et des dynasties du Sud et du Nord (420-589), qui régna en Chine du Nord de 386 à 534. Elle fut fondée par un peuple turc, les Tabghatch, appelés encore Tuoba en pinyin, qui faisaient eux-mêmes partie du peuple appelé Xianbei par les sources chinoises médiévales, comprenant également d’autres groupes (comme les Murong). Dominant au départ le nord du Shanxi actuel, jouant un rôle secondaire dans le contexte des premiers royaumes guerriers fondés par des dynasties non-chinoises en Chine du Nord à partir du début du 4ème siècle, ils réunifièrent toute la Chine du Nord entre 424 et 439 sous la direction de Tuoba Tao (l’empereur Taiwu). Ils s’étendirent également en direction de l’Asie centrale et luttèrent au Nord contre les Ruanruan. Progressivement, cette dynastie d’origine « barbare » se sinisa en adoptant les institutions traditionnelles de la Chine impériale, notamment à la suite d’importantes réformes à la fin du 5ème siècle sous le règne de l’empereur Xiaowen, qui virent la dynastie changer de capitale en 494, délaissant Pingcheng (Datong) au Nord pour Luoyang dans la plaine Centrale chinoise, qui fut ,l’espace de trois décennies, une métropole gigantesque. En 523, éclata une guerre civile entre l’aristocratie sinisée de la nouvelle capitale et les troupes frontalières du Nord restées fidèles à la culture des steppes. Ce conflit plongea la dynastie dans une série de troubles qui se soldèrent par la mise à sac de sa capitale en 528, et la division de l’empire en deux branches dans les années 532-534 : les Wei de l’Ouest (Xi Wei), en Chine du Nord-Ouest (trois empereurs) et les Wei de l’Est (Dong Wei), en Chine du Nord-Est (un seul empereur).
[53] Le Liang septentrional (397-439) était un État de la période des Seize Royaumes de la Chine. Il a été fondé par la famille Juqu des Xiongnu. Tous les dirigeants du Liang septentrional se sont dits de la noblesse Wang. Bien que Duan Ye de l’ethnie Han chinoise ait été initialement intronisée en tant que souverain du Liang du Nord avec le soutien du clan Juqu, Duan a ensuite été renversé en 401 et Juqu Mengxun a été proclamé monarque. La plupart des historiens chinois considèrent le Liang du Nord comme ayant pris fin en 439, lorsque sa capitale Guzang dans le Wuwei moderne, Gansu, tomba aux mains des forces du Wei du Nord et le souverain, Juqu Mujian, fut capturé.
[54] La bataille de Mayi est une embuscade organisée par la dynastie Han contre le Chanyu des Xiongnu, qui finit par avorter. Elle marque la fin de la paix de jure entre les Han et les Xiongnu et pousse la Cour des Han à mettre l’accent sur l’usage de la cavalerie et à débuter une politique agressive basée sur la multiplication des offensives militaires.
[55] Le désert de Gobi est une vaste région désertique comprise entre le nord de la Chine et le sud de la Mongolie. Il englobe environ un tiers de la surface de la Mongolie. Le bassin désertique est délimité par les montagnes de l’Altaï, la steppe de Mongolie, le plateau tibétain et la plaine du Nord de la Chine
[56] Dayuan est l’exonyme chinois d’un royaume qui a existé dans la vallée de Ferghana en Asie centrale, décrit dans les ouvrages historiques chinois des archives du grand historien et du livre de Han . Il est mentionné dans les récits du célèbre explorateur chinois Zhang Qian en 130 avant notre ère et des nombreuses ambassades qui l’ont suivi en Asie centrale. Le royaume de Dayuan est généralement accepté comme se rapportant à la vallée de Ferghana, contrôlée par la polis grecque Alexandrie Eschate ( Khujand moderne, Tadjikistan. Ces récits chinois décrivent les "Dayuan" comme des habitants urbanisés aux traits caucasiens, vivant dans des villes fortifiées et ayant des "coutumes identiques à celles de la Daxia " ou des Gréco-Bactriens, un royaume hellénistique qui régnait à l’époque sur la Bactriane dans le nord de l’Afghanistan. Les Dayuan sont également décrits comme des artisans et de grands amateurs de vin. Les Dayuan étaient les descendants des Grecs réinstallés de force dans la région par l’Empire perse, ainsi que les colons grecs ultérieurs qui ont été installés par Alexandre le Grand dans le Ferghana en 329 avant notre ère, et qui prospérèrent entre le royaume hellénistique les Séleucides et les Gréco-Bactriens, jusqu’à ce qu’ils soient isolés des autres royaumes hellénistiques par les migrations des Yuezhi vers 160 avant notre ère et des Scythes en 140.
[57] Le cheval de Ferghana est un type de chevaux qui semble avoir été importé massivement en Chine depuis l’Asie centrale, comme l’illustrent les nombreuses représentations de poteries à l’époque de la dynastie Tang. D’après les textes chinois, cette mesure résulte d’une volonté de l’empereur Han Wudi, désireux de protéger les caravanes marchandes le long de la route de la soie.
[58] Le Lob Nor débouché du fleuve Tarim à l’est du désert du Taklamakan, est un immense marécage salé dont la superficie diminue au fil des siècles. Il est situé au sud de Tourfan et au nord de l’ancienne ville de Miran, dans la préfecture autonome mongole de Bayin’gholin de la région autonome chinoise du Xinjiang. Les anglophones l’appellent Lop Nur et l’on rencontre aussi le nom de Lop Nor en français.
[59] Les Wūsūn était un peuple nomade ou semi-nomade qui aurait habité à l’ouest de l’actuelle province du Gansu, entre les Monts Qilian et Dunhuang, au nord de la Chine. Ils étaient des voisins du peuple Yuezhi, situés notamment dans le corridor du Hexi.
[60] Le peuple Wuhuan, également appelé Wuwan ou Guwan, est un peuple issu de la chute et la division de l’Empire Donghu à la suite de la conquête de celui-ci par Modu Chanyu, empereur des Xiongnu vers la fin de 174 av. jc. Certains historiens estiment qu’ils étaient des Proto-Mongols, tandis que d’autres estiment qu’ils étaient des Proto-Turc